Joseph_Kabila 

Joseph Kabila, Chef de l’Etat congolais vient d’accorder une interview à la revue internationale Jeune Afrique Intelligent.
Kinshasa, 14/06/2007 / Politique

Dans cet entretien à bâtons rompus, le Président Kabila a donné sa lecture de principaux points qui focalisent l’actualité nationale. En donnant des réponses aux nombreuses questions qui, dans les salons huppés de la capitale, alimentent les conversations.

Faute de vous proposer dans cette édition l’intégralité de ladite interview, « Le Palmarès », votre journal préféré, se fait fort de vous livrer ici le condensé des réponses données par J. Kabila, à notre confrère, lesquelles se rapportent au retour de J.P. Bemba, à la situation de Kahemba, à l’Est du pays, aux cinq chantiers du Chef de l’Etat.

Sur la question relative au retour de J.P. Bemba au pays, après les trois mois de soins médicaux passés au Portugal, J. Kabila n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour évoquer les évènements douloureux du 22 et du 23 mars derniers. Les responsabilités de ces événements, a-t-il dit, doivent être établies.

Lors de son point de presse tenu il y a plus de deux mois au Palais de la nation, le Président Kabila, sur le même chapitre, n’avait pas eu les mots tendres à l’égard de son challenger à la dernière présidentielle. Et de marteler à cette occasion : « Quelqu’un doit répondre de ces actes ». Pour cette fois, il a dit : « Il faut mettre fin à l’impunité ». Voilà un bout de phrase qui ne va pas sans dévoiler les desseins cachés du pouvoir.

Ce dernier, en effet, ne semble pas du tout chaud avec le retour du chairman du Mlc. D’où, des points d’interrogation, des suspicions et des craintes dans le camp de l’opposition, en l’occurrence l’Union pour la nation « Un ». Surtout à l’idée que c’est la justice qui s’occupera de J.P. Bemba. Comme il l’avait bien dit à Brazzaville, il y a quelques jours, J. Kabila s’est appesanti sur les conditions de départ de J.P. Bemba de la capitale.

L’on se souvient que l’autorisation d’aller se faire soigner au Portugal lui a été accordée par le Sénat sous le président provisoire du bureau, honorable Mbuetshi. Comme pour dire, J.P. Bemba peut retourner dans son pays comme il en était parti, le pouvoir n’ayant rien à dire quant à ce. Or, la démarche du Mlc est que J.P. Bemba rentre au pays en homme libre afin de prendre sa place au Sénat.

S’agissant de Kahemba, le Chef de l’Etat a dit que cette localité se trouve à une centaine de kilomètres entre 
la Rdc et l’Angola. Et de préciser que ce sont des villages de la frontière partageant avec ceux de l’Angola, les mêmes réalités linguistiques et culturelles qui posent problème. J. Kabila s’en est remis à un règlement technologique par l’élucidation du dossier autour du parallèle querellé. 

Cela dit, la question est désormais de savoir à quand le dénouement définitif de cette rocambolesque affaire qui n’a fait que trop soulever les passions.

Abordant le problème de l’insécurité à l’Est du pays, plus particulièrement dans les deux provinces du Nord et du Sud-Kivu, il a quasiment donné la même réponse qu’à Brazzaville, en plaidant pour le départ des Fdlr, des « Ambaroro », bref de toutes les forces négatives d’origine étrangère.

Quant à L. Nkundabatware, J. Kabila n’a cessé de préconiser une solution à long terme. A Brazzaville, c’était le lieu d’actionner le mécanisme du bâton et de la carotte.

Pour ce qui est du bilan de l’action de J. Kabila, 6 mois après, le moment ne s’y prête pas encore. Il donne un délai de 4 mois à tous ceux qui sont pressés de dresser un bilan, ne serait-ce que partiel, de son action à la tête de 
la Rd-Congo, depuis son investiture en tant que Président élu, le 6 décembre 2006 par la Cour suprême de justice. L’on se souvient que 3 mois déjà, soit lors du dernier point de presse présidentiel au Palais de la nation, la préoccupation sur la réalisation de 5 chantiers avait été exprimée.

Pour le Chef de l’Etat, c’était encore trop tôt. N’en déplaise à ceux qui, déjà, ont mis leurs compteurs en marche.

© Le Palmarès
14/06/2007 13:57:40