KivuSituation dans le Nord et et le Sud-Kivu
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Ce n’est pas de sitôt que l’on cessera de parler de la situation, déjà explosive, qui prévaut dans l’Est de la République démocratique du Congo. Plus particulièrement dans le Nord et le Sud-Kivu. Chaque jour qui passe, la tension ne fait que monter, l’insécurité s’accroît pendant que l’éclatement d’une nouvelle guerre s’y précise davantage. Au point que le Kivu ressemble à une véritable poudrière.

Il y a de raisons de craindre pour l’avenir proche de la partie orientale de la République démocratique du Congo. De gros nuages noirs planent depuis quelques temps sur le Nord et le Sud Kivu. Les échos en provenance de cette partie du territoire national n’ont rien de rassurant. Surtout lorsqu’on sait que les bruits de botte constituent l’essentiel du décor que des forces négatives et autres groupes armés sont en train d’y planter.

Dans tous les cas, si rien n’est fait pour ramener la paix dans le Kivu, toute cette région court le risque de vivre une situation catastrophique dont les premières victimes vont devoir être les populations locales. Une situation qui pourrait avoir des répercussions sur la stabilité politique du pays alors qu’il se trouve engagé dans un laborieux processus de consolidation de ses nouvelles institutions issues des élections.

Problème d’approche


De partout en République démocratique du Congo, avec une mobilisation beaucoup plus forte dans le Kivu, des voix s’élèvent pour condamner de la manière la plus énergique toutes les actions et autres manœuvres menées ça et là dont la conséquence est de plonger le Nord et le Sud Kivu dans un cycle de violence qui n’en finit pas avec sa cohorte de malheurs : massacres, viols, déplacements de la population en plusieurs dizaines de milliers, insécurité persistante, etc.


Dans la foulée, on sait que des députés ressortissants de ces deux provinces sont montés au créneau, prenant d’ « assaut » l’Assemblée nationale. Dans un mémo, ils ont dénoncé, en des termes virulents, le drame qui se joue dans les deux Kivu. Bien avant, les ecclésiastiques de cette même région, la société civile et les autres strates de la population, ont fait la même chose. Prenant à témoin la communauté internationale face à la situation d’insécurité et de violence dans laquelle sont enfermés les habitants du Grand Kivu, tout en demandant, avec insistance, au gouvernement de trouver rapidement des solutions idoines afin de mettre fin à cet état de choses.


C’est ici où se pose le problème d’approche dans la résolution de l’équation que représentes les groupes armés et les forces négatives qui causent impunément la désolation dans le Kivu.


Il n’y a pas longtemps, une tripartite a eu lieu à Lubumbashi. Avec au centre, la sécurité dans l’Est de
la RDC et la présence des Interhamwe et autres Fdlr dans le Nord et le Sud-Kivu. A l’issue de ces travaux, une option a été levée, celle de donner une dernière chance aux Fdlr et autres forces négatives de rentrer volontairement dans leur pays ; au cas contraire, ils seront boutés hors du territoire national en utilisant à leur encontre la force militai res.

Lorsqu’on regarde, par contre, la déclaration des ecclésiastiques tout comme le mémo des députés, on se rend compte que le problème pour le Kivu, ce n’est pas seulement les Fdlr, mais c’est aussi et beaucoup plus les troupes mixées de Laurent Nkundabatware.

Ce n’est pas trop tard


Tout compte fait, on a la nette impression que les uns dirigent leurs regards vers les Fdlr, tandis que les autres culpabilisent Laurent Nkundabatware. Dont le processus de mixage – en lieu et place du brassage - n’est venu en fait que pour renforcer ses hommes, créer des misères à la population et ouvrir la voie à la guerre en RDC.


Selon des sources bien informées, il y a des indications que la guerre risque d’éclater bientôt. Les ingrédients sont presque réunis. D’un côté ou de l’autre, on assisterait à un renforcement de positions, renseigne la même source. Outre qu’il va avoir de graves conséquences sur les populations civiles, un tel conflit risque de se régionaliser…


Devant cette bien malheureuse perspective, une certaine opinion estime qu’il n’est pas encore trop tard de sauver le Kivu et le pays d’une nouvelle conflagration aux risques incalculables. « L’option militaire pourrait même paraître la moins bonne », se défend-on, tout en appelant à une solution négociée. « Si les dernières négociations ont échoué, c’est peut-être parce qu’on ne s’y était pas bien pris », laisse-t-on entendre, en proposant des négociations qui se déroulent, non pas en catimini, mais au niveau national, avec comme toile de fond une politique nationale bien pensée et qui engage toute 
la Nation.

C’est à ce prix, pense-t-on, que l’on pourra faire vivre une nouvelle ère, faite de paix, au Nord et au Sud Kivu.

Source: www.lepotentiel.com
14 juin 2007