gizenga_maladePRIMATURE
Antoine Gizenga en Belgique pour un contrôle médical

Kinshasa, 15/06/2007 / Politique 

Le Premier ministre s’est envolé pour la Belgique juste pour un contrôle médical de routine au niveau de ses yeux. Pas de panique. Antoine Gizenga va bien,  a déclaré Godefroid Mayobo, porte-parole du Premier Ministre.

Par ailleurs, le porte-parole du Premier ministre rejette, avec force arguments, les critiques d’immobilisme portée contre son Gouvernement. Faux, le Gouvernement ne sombre pas dans l’im­mobilisme. Car, en un semestre Le cabinet Gizenga s’est employé d’abord à solder les comptes du pouvoir précédent. Lequel a laissé le pays dans un état financier terriblement déficitaire.

Qui plus est, l’action posi­tive amorcée depuis mars et occultée par le déficit laissé par le régime 1+4 ne pouvait pas se faire sentir dès l’entrée en fonction du Gouvernement Gizenga. Pour le moment, soit après un trimestre d’exercice des responsabilités, la mobilité des ministres à l’intérieur comme à l’extérieur, des actions comme la voirie ur­baine à Kinshasa (réfections des routes) contredisent la thèse d’immobilisme... Enfin au plan social, ainsi qu’il laisse entrevoir le budget, le Gouvernement s’approche du 1er palier de Mbudi. Et, il entend concrétiser les innovations que sont notamment, la bourse d’études pour les étudiants finalistes des universités et Instituts Supérieurs publics, le Fonds pour l’habitat, le fonds pour les artistes...

S’il se refuse à se voir ap­pliquer la tradition de 100 jours, le Gouvernement n’ayant pas trouvé grand chose avec une administra­tion déréglée -Godefroid Mayobo, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a tout de même sacrifié à ce rituel. Car, l’en­tretien que le ministre près le Premier Ministre a accordé hier à la presse dans le jardin de
la Primature portait bien sur l’action du Gouvernement  au terme de ses 100 jours. Et c’est un Godefroid Mayobo visiblement sûr de son fait qui a décliné les différentes actions du cabinet Gizenga dont la priorité était d’abord de faire l’état des lieux, de mettre de l’ordre dans les finances, ensuite élaborer un programme d’actions et le projet de bud­get. En somme, il s’est agi essentiellement de préparer le cadre normal pour redémar­rer.

Et s’il reconnaît que le budget n’est pas à la hauteur de la taille du pays et donc des attentes de la population, c’est aussitôt pour remettre les cho­ses dans leur contexte. « On aurait bien voulu avoir un bud­get de 10,15 ou même 100 milliards de dollars. Mais, on doit savoir d’où nous partons », fait remarquer non sans per­tinence le porte-parole du Premier Ministre.

« Sur base de quoi allons­-nous passer d’un budget des pauvres à celui des riches? », s’interroge cet ingénieur dont on dit que la rationalité est sa seconde nature. « Nous ne voulons vendre les illusions à notre peuple, renchérit le mi­nistre Mayobo. Comme pour mettre un terme aux critiques jugées excessives sur le bud­get, Godefroid Mayobo à cette observation : « Ce bud­get comme point de départ est supérieur à tous les budgets que le pays a connus jus­qu’ici ».

Reste que l’action déclarée du Gouvernement souffre en­core du déficit de communication qui semble caractéri­ser le pouvoir en RDC. A cette préoccupation, le Porte-pa­role du Premier Ministre es­time d’abord que la phase con­ceptuelle qui a marqué les premiers pas du Gouverne­ment ne requérait pas beaucoup de déclarations.

Si cette posture a permis à l’Exécutif de ménager, sans trop de tapages, sa monture pour mieux sauter, elle n’en a pas moins donné libre cours aux rumeurs et autres campa­gnes de dénigrement contre l’action gouvernementale. D’où, notamment l’impression d’immobilisme mise en exergue par les opposants de tout bord. Et des affaires comme Kahemba, la situation sécuritaire à l’Est ont été in­terprétées en sens divers à cause, en partie, du silence du Gouvernement.

Sur Kahemba, précisé­ment, le ministre Mayobo qui a répété la position du Gou­vernement se fondant à la fois sur des données militaires et techniques, dit attendre les conclusions de l’Assemblée Nationale.

Et concernant le Kivu, Godefroid Mayobo déclare que l’objectif du Président de
la République et du Gouver­nement est de ramener la paix. Pour y arriver, il est essentiel de découpler les différents problèmes (Cas Nkunda, présence des Interahamwe et Fdlr et cohabitation entre différen­tes communautés).

En un mot comme en mille, l’Exécutif issu des élections n’est pas resté inactif. Sans doute que le bien faire ne s’est pas accompagné du faire sa­voir. Maillon essentiel dans le dispositif de communication du nouveau pouvoir, Godefroid Mayobo a promis de commu­niquer. A en juger par son oral d’hier, ce fidèle d’entre les fi­dèles d’Antoine Gizenga a du bagou.

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