assemblee_nationale_rdcL’Assemblée nationale décrète que le leadership de l’opposition soit assumé dorénavant avec un sens élevé de responsabilité

Kinshasa, 15/06/2007 / Politique

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L’opposition politique en Rdc est exorcisée de ses démons avec la loi portant son statut qui va notamment obliger tout prétendant chef de file de ladite opposition à ne plus se croire tout permis mais à se plier à des devoirs. Les députés nationaux ont adopté jeudi 14 juin 2007 à Kinshasa la loi instituant le statut juridique de l’Opposition politique, ayant pour objet de la définir, de déterminer les droits et devoirs liés à son existence, à ses activités et à sa lutte pour la conquête démocratique du pouvoir.

Cette loi organique, induite par l’article 8 de
la Constitution, règle le statut de l’opposition politique « en­tendue à la fois comme opposition parlementaire et extra-parlementaire », selon l’exposé des motifs.

 

Il est bien entendu qu’autant l’institution d’un parti unique par la majorité au pouvoir constitue une infraction imprescriptible de haute trahison punie par la loi (art. 7), de même les droits liés à l’existence de l’Opposition politique, à ses activités et à sa lutte pour la conquête démocratique du pouvoir sont sacrés (art. 8).

Ayant à l’esprit ces deux dispositions constitu­tionnelles, les députés ont, après un travail laborieux au niveau de la commission PAJ et divers amendements consensuels acceptés en plé­nière, fait montre d’un sens élevé de responsabilité en débattant mercredi et jeudi sur une question extrême­ment sensible.

Pour la première fois, la RDC dispose d’une loi qui fixe les droits et devoirs de l’Opposition politique et qui détermine les peines à infli­ger aux auteurs de violations de la Constitution et des dis­positions légales. Fussent-ils autorité publique ou privée, agent de l’administra­tion publique, agent déposi­taire de l’autorité publique, responsable ou membre de l’Opposition politique.

 

Cette loi a aussi l’avantage d’interpeller l’ac­teur politique sur sa pleine responsabilité dans la pro­motion de la culture démo­cratique par la tolérance et le soutien du principe de l’al­ternance dans le cadre d’une politique pacifique.

Dès lors, le leader d’opinion est appelé a pren­dre conscience de sa mis­sion légale de concourir, par la libre expression, à la for­mation et à l’information de ses militants sur les ques­tions touchant à la vie publi­que.

On attend également de lui la culture de la non ­violence, en privilégiant le dialogue et la concertation sur les grandes questions d’intérêt national et dans la résolution des différends politiques.

Toutefois, la concerta­tion ne doit pas être consi­dérée par l’Opposition poli­tique comme étant une com­promission avec le pouvoir.

A ce propos, l’histoire nous renseigne que l’homme politique congolais est, de­puis des lustres, prompt à sacrifier l’intérêt supérieur de
la Nation pour des inté­rêts personnels et éminem­ment égoïstes.

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