16 juin 2007
Projet politique des Chrétiens Démocrates Fédéraux (CDF-FCD)
CE QUE NOUS CROYONS...
Projet politique des Chrétiens Démocrates Fédéraux
Le présent document définit les lignes de force de la pensée politique
du CDF, sur lesquelles s’articuleront ses orientations programmatiques
et ses choix politiques. Il sera soumis, après consultation, à
l’approbation du Congrès fondateur du parti.
Par ailleurs, la
pensée du CDF se veut ouverte, évolutive et dynamique. C’est pourquoi
le présent projet politique est destiné à s’enrichir de diverses
contributions ultérieures.
A l’aube du troisième millénaire,
de multiples signes indiquent que l’humanité entre dans une ère
nouvelle. Face aux défis qui se posent à notre temps, il nous faut
inventer de nouvelles voies de réponse. Le CDF veut poser un regard
neuf sur la gestion de la chose publique et lui insuffler des
orientations et des pratiques nouvelles. Après avoir milité de
nombreuses années pour la défense des convictions auxquelles nous
croyons et que certains estiment aujourd’hui dépassées au nom de la
modernité, deux possibilités s’offraient à nous : soit renier ce que
nous avions défendu pour suivre la mode, soit au contraire nous
interroger sur notre idéal politique d’inspiration chrétienne et la
façon de le transmettre en réaffirmant de façon renouvelée nos choix
politiques.
C’est ainsi que nous avons décidé de créer le CDF (Chrétiens Démocrates Fédéraux).
Le CDF est :
- Un parti chrétien
: car il fonde son action politique sur les valeurs du christianisme et
les principes de la doctrine sociale chrétienne. Ces valeurs et ces
principes, inscrits dans les racines de notre culture européenne,
forment un patrimoine commun aux croyants et aux non-croyants. Tous
ceux qui partagent l’idéal de paix et de fraternité humaine que résume
le sigle « chrétien » trouveront donc leur place au CDF. Nous ne
confondons pas les sphères religieuses et politiques, qui se déploient
dans des registres différents. Mais notre vision du bien commun a
besoin d’un courant inspirateur pour éclairer notre regard sur le
monde, nourrir nos réflexions et faire grandir notre espérance.
Notre projet politique se veut attentif à tous les hommes et aussi à tout l’homme, y compris dans sa composante spirituelle. En effet, de nombreux défis se développent dans les sphères culturelle, morale, éducative, économique ou politique pour lesquels la prise en compte des valeurs chrétiennes est précieuse pour guider la recherche de solutions.
- Un parti démocrate
: car notre projet politique est fondé sur la reconnaissance de l’égale
dignité de tous les êtres humains. Les droits de chacun sont
indépendants de sa naissance, de sa condition, de sa race, de son sexe,
de ses convictions,… : le seul fait d’être un homme l’emporte sur toute
distinction entre les hommes. Le CDF estime que chacun mérite une
attention particulière, à commencer par les plus faibles.
Un parti démocrate défend aussi le pluralisme des convictions au sein de notre société. Un tel objectif ne peut être atteint que si chaque personne est pleinement reconnue dans son identité et dans sa différence et peut s’exprimer selon ce qu’elle est. Si tel n’est pas le cas, si sous prétexte d’ouverture ou de tolérance on interdit l’expression des convictions particulières, alors le pluralisme ne désigne qu’une forme de pensée unique, car ce n’est jamais par la négation des identités que l’on promeut le respect des différences.
Enfin le CDF, comme parti démocrate, entend être réellement au service de tous les citoyens et assurer un vrai droit de parole à chacun de ses membres.
- Un parti fédéral : parce que le CDF s’inscrit résolument dans un fédéralisme d’union dans lequel la cohabitation entre les communautés francophone, néerlandophone et germanophone doit se développer dans le respect de leurs identités et la volonté de promouvoir l’appartenance à un même pays.
1. La primauté de la personne
Dans une optique personnaliste chrétienne, ce qui compte le plus pour
nous, c’est la personne, sa dignité, son épanouissement libre. C’est en
ce sens que doit être comprise la recherche du bien commun, finalité de
l’action politique.
La dignité de la personne implique tout
d’abord de miser sur la vie, depuis la conception jusqu’à la mort
naturelle, ainsi que de refuser toute chosification ou
instrumentalisation de l’être humain.
La primauté de la
personne implique aussi l’égalité de tous et donc le refus de toute
exclusion sociale grâce au développement de mécanismes de justice
sociale dans un esprit de solidarité et de partage. L’égalité des
chances implique que chacun puisse accéder au marché de l’emploi,
bénéficier d’une formation, trouver un toit, avoir accès aux soins de
santé et terminer sa vie dans de bonnes conditions.
La
primauté de la personne implique également la liberté de pouvoir
déterminer ses options philosophiques, le type d’enseignement que l’on
choisit, la possibilité de développer un réseau associatif à vocation
sociale ou culturelle. La liberté, c’est aussi la possibilité d’innover
et d’entreprendre : l’initiative privée est l’élément majeur permettant
de créer de l’emploi et de contribuer au bien être de chacun.
L’égalité et la liberté ne peuvent néanmoins se développer l’une sans
l’autre ou se comprendre sans responsabilité. En effet, l’être humain
ne peut se réaliser que dans une communauté humaine. Pour respecter à
la fois la liberté d’initiative et la responsabilité au sein de cette
communauté humaine, nous voulons promouvoir le principe de
subsidiarité. Celui-ci garantit que les niveaux de responsabilité et
d’autorité soient situés le plus près possible du citoyen et
privilégient l’initiative privée partout où elle se révèle plus
efficace que l’intervention des pouvoirs publics.
2. La famille
La famille, fondée sur l’engagement de fidélité d’un homme et d’une
femme, constitue le socle de la société. Tout doit donc être mis en
œuvre pour revaloriser le mariage et les responsabilités parentales, en
donnant aux parents la possibilité de consacrer à la famille le temps
et l’énergie qu’elle requiert et qu’ils souhaitent y consacrer. Cela
suppose le développement d’une politique familiale, indépendante et
complémentaire aux mécanismes classiques de solidarité.
Une telle politique familiale suppose notamment :
- De donner les moyens aux parents d’accueillir et d’éduquer leurs enfants dans les meilleures conditions ;
- d’offrir à chaque jeune la possibilité de recevoir la formation et l’éducation nécessaires au développement de ses talents ;
- de prévenir activement les situations de détresse familiale.
3. L’éducation et l’enseignement
Immédiatement après la famille, la valeur d’une société repose sur la
qualité de l’éducation et de l’enseignement qu’elle dispense. Il est
donc urgent de revaloriser le rôle de l’école et de préciser ses
missions. Afin d’accroître la qualité de notre enseignement, nous
défendons les principes suivants :
- les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants ; ils délèguent la mission d’instruction aux écoles qu’ils doivent pouvoir organiser et choisir librement ;
- les écoles s’organisent en établissant elles-mêmes leurs projets pédagogiques et reçoivent à cet effet la totalité des subventions accordées pour chaque enfant ;
- l’autonomie et la cohésion des équipes pédagogiques doivent être garanties par l’élargissement de la liberté d’embauche des pouvoirs organisateurs ;
- cette liberté d’organisation doit avoir pour corollaire :
- le respect des programmes décidés par la Communauté ;
- le respect des exigences légales concernant la formation des enseignants ;
- l’obligation d’accueillir tout étudiant désireux de s’inscrire dans le projet pédagogique de l’école ;
- grâce à l’application stricte du principe d’égalité, les parents pourront déterminer librement l’école de leur choix ;
- le principe de gratuité garantit pour chaque enfant une liberté de choix identique, sans exclure que des établissements confrontés à des difficultés particulières puissent bénéficier d’une aide supplémentaire.
4. Le monde du travail et de l’économie
L’être humain ne peut s’épanouir que dans un tissu de relations qui
interpellent sa responsabilité : il est acteur et non spectateur de sa
destinée personnelle et de l’évolution de la société. Au-delà de ses
engagements familiaux, chacun s’engage également dans la société à
travers ses activités professionnelles.
Le monde du travail
est essentiellement régulé par les mécanismes du marché. L’économie de
marché, qui ne constitue qu’un mécanisme de production de biens et
services, ne signifie nullement que les valeurs matérielles priment sur
d’autres valeurs. Bien au contraire, le marché ne peut fonctionner dans
le long terme sans un environnement de valeurs privilégiant l’honnêteté
et l’intégrité dans les rapports sociaux. L’activité économique n’a par
ailleurs de sens que si elle est portée par une éthique, une conscience
et l’idéal du bien commun.
Ainsi, un de nos objectifs majeurs
est de contribuer à la réduction de la pauvreté et au progrès de
l’humanité, tant chez nous que dans le monde. Le marché est le moyen
privilégié d’y parvenir : en créant de l’emploi, en procurant un
bien-être maximum, en générant les ressources nécessaires au soutien de
ceux qui en ont besoin. Dans cette optique, le rôle de l’État consiste
essentiellement à définir et préserver le cadre dans lequel se
développent les initiatives privées.
Par ailleurs, le travail
ne se limite pas aux activités professionnelles rémunérées : il
désigne, plus largement, toute activité humaine par laquelle l’homme
s’épanouit et apporte sa contribution au développement de la société.
Il convient donc d’inclure dans le travail non seulement les secteurs
dits marchands et non marchands qui désignent des activités rémunérées,
mais encore un grand nombre d’activités non rémunérées comme par
exemple l’éducation des enfants, les mouvements de jeunesse, l’aide aux
personnes âgées, le soutien aux personnes en difficultés, ainsi que
bien d’autres engagements bénévoles qui n’en sont pas moins essentiels
à la prospérité de la société. Nous considérons que ces activités non
lucratives doivent être revalorisées, en raison de leur apport réel à
la société.
Enfin, le monde du travail doit aussi intégrer les
exigences liées à la qualité de la vie et de l’environnement. Le CDF
s’engage à cet égard à promouvoir une écologie fondée sur les
impératifs de développement d’une humanité libre et responsable.
5. Le rôle de l’État
La première mission de l’État consiste à assurer la paix civile et
sociale, à garantir la sécurité des personnes et des biens, ainsi que
le respect des libertés constitutionnelles et de la règle de droit par
une justice et une police efficaces.
L’État doit aussi
garantir les conditions de justice économique et sociale nécessaires au
fonctionnement d’un marché équitable. Il doit donc veiller à garantir
le respect des règles de concurrence et de transparence ainsi que la
prise en compte, par le marché, des exigences de la justice sociale et
de la solidarité. Il doit donc garantir la protection des plus faibles
et, au besoin, assurer lui-même le soutien des plus démunis.
Enfin, il appartient à l’État de remplir subsidiairement les missions
de service public que l’initiative privée ne peut assurer efficacement.
Dans cet esprit, toutes formes de partenariat privé-public doivent être
encouragées, en vue de démultiplier les services rendus à la
collectivité.
Dans l’accomplissement de ces différentes
missions, comme dans la gestion des deniers publics, l’État doit
rechercher l’efficience maximale afin de favoriser le plus possible la
prospérité liée à la rentabilité des activités économiques.
6. La Belgique au cœur de l’Europe et du monde.
Au-delà de la famille et des divers engagements professionnels et
associatifs, nous participons aussi à la construction d’une communauté
plus large : celle de la Belgique au cœur de l’Europe.
Conscient du désir d’un grand nombre de citoyens de revaloriser la
notion de civisme, le CDF souhaite mettre en exergue ce qui unit les
Belges plutôt que ce qui les divise. C’est la raison pour laquelle,
nous défendrons avec détermination la Belgique en tant qu’Etat fédéral
et la monarchie comme garante de l’unité nationale.
Loin de
considérer cet attachement à notre pays comme un repli sur soi, nous y
voyons au contraire le gage d’une intégration européenne harmonieuse.
En effet, c’est en respectant nos identités culturelles que nous
apprendrons à respecter naturellement les autres cultures. Pour le CDF,
le pluralisme ne consiste pas à nier les identités, mais au contraire à
promouvoir un authentique respect des différences. En ce sens, nous
considérons que ceux qui se revendiquent de leur identité pour
justifier la disparition de la Belgique vont à l’encontre de la
construction européenne riche de l’addition des différences. Cette
construction européenne, le CDF la souhaite plus démocratique, plus
transparente et plus efficace, fondée sur le principe de subsidiarité
qui suppose le maintien des instances intermédiaires comme relais
privilégié des citoyens.
Plus largement, le CDF entend aussi
aborder les problèmes liés à la mondialisation et aux migrations
qu’elle engendre. A cet égard, nous estimons que migration et
coopération sont intimement liées. Seule une action volontariste en
matière de coopération permettra de faire évoluer de façon
satisfaisante les rapports Nord-Sud et de répondre au défi que
représentent l’insécurité politique et matérielle qui conduit à
l’émigration. Sans rejeter l’accueil d’une population précarisée qui
vit chez nous et qui n’a souvent eu d’autre solution que de venir
chercher refuge dans nos pays, il importe donc de tout mettre en oeuvre
pour améliorer les conditions de vie dans les pays d’origine. C’est
pourquoi le CDF souhaite que les institutions internationales
concentrent leurs efforts sur les défis que constituent le maintien de
la paix et le développement durable de toutes les nations.
7. La responsabilité citoyenne
Le CDF ne soutiendra ni un monde à deux vitesses, ni une citoyenneté
bradée. C’est pourquoi, nous estimons que tous ceux qui résident dans
notre pays et qui souhaitent participer aux élections, comme électeurs
ou comme candidats, doivent manifester leur adhésion aux droits et aux
devoirs attachés à la citoyenneté par l’acquisition de la nationalité
belge.
Par ailleurs, il importe de renforcer les liens de
responsabilité mutuelle entre les citoyens et l’État, ainsi que des
citoyens entre eux. L’éthique de la responsabilité signifie que chacun
est à la fois sujet de droit et de devoirs à l’égard de la
collectivité. C’est pourquoi les exigences de la solidarité nationale
et internationale supposent en contrepartie l’engagement de chacun pour
le bien de tous.
Enfin, en vue d’assumer les exigences
politiques d’un engagement fondé sur les valeurs qu’il défend, le CDF
entend mener son action au sein des différentes instances
représentatives en respectant les principes éthiques suivants :
- Concevoir l’action politique comme un service ;
- Informer, dire la vérité, respecter l’électeur en toutes circonstances ;
- Être fidèle aux valeurs défendues et tenir nos engagements ;
- Proposer comme objectifs que ce qui est réaliste et maîtrisable ;
- Défendre nos valeurs dans le respect de nos adversaires.
Pour réaliser ce programme, les mandataires du CDF s’engagent à :
- Exercer leur mandat dans le respect des principes et du projet politique du parti ;
- Exécuter correctement leur mandat et faire rapport de leur travail, au moins une fois par an, devant les membres du parti ;
- Renoncer au cumul de fonctions à des niveaux de pouvoirs où le mandataire serait à la fois contrôleur et contrôlé, juge et partie.
C’est pour assumer nos responsabilités de citoyens engagés que nous
avons osé lancer notre nouveau parti, le CDF. Avec vous, nous voulons
construire une société digne de la personne humaine, une vraie culture
de liberté.
Siège du CDF-Liège :
Adresse : 7, Avenue Alfred Deponthière - 4431 Ans
Tél : + 32 (0) 4 263 59 44
Email : jean.crismer@skynet.be
Site : http://cdfliege.lalibreblogs.be
Siège du CDF National
Adresse : 11, Rue Fernand Mélard - 1200 Bruxelles
Tél : + 32 (0) 494 39 20 21
Fax : + 32 (0) 654 16 86
Email : pa.demaere@belgacom.net
Site : www.cdf-info.be
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