Rwanda_CranesLa justice belge libére Sœur Marie Kisito mais refuse de l'expulser vers le Rwanda
(L'Express 15/06/2007)

Sœur Marie Kisito, qui fut condamnée en 2001 à 12 ans de prison ferme pour sa participation au génocide en 1994 au Rwanda, lors du premier procès sur ce drame en Belgique, a été libérée mercredi, a-t-on appris de source officielle.

Selon un communiqué du Tribunal d'application des peines de Mons, la religieuse a été libérée conformément à la loi belge qui autorise la libération d'un détenu après que celui-ci a purgé la moitié de sa peine de prison.

Sœur Marie Kisito vient de passer 6 ans à la prison de Namur en Belgique.

Mais les autorités belges se sont heurtées à un problème majeur, à savoir que la religieuse ne peut être expulsée vers le Rwanda où elle risque d'être jugée et condamnée à mort.

Par ailleurs, aucun autre pays au monde n'a accepté de l'accueillir.

En conséquence, la justice belge a été contrainte de l'assigner à résidence, pour une durée indéterminée, dans une abbaye de Belgique.

Sœur Kisito avait comparu en 2001 devant la cour d'Assises de Bruxelles avec 3 autres accusés, parmi lesquels une autre religieuse rwandaise, pour avoir participé au génocide.

A l'issue du procès qui dura plus de deux mois, les 4 accusés furent condamnés à de lourdes peines de prison. Plus de 200 témoins, venus notamment du Rwanda, avaient comparu à la barre dans le cadre de ce procès historique, parce qu'il fut le premier à être organisé sur la base de la loi de compétence universelle en vertu de laquelle les tribunaux belges peuvent juger, en Belgique, des étrangers pour crimes contre l'humanité commis à l'étranger.

C'est sur la base de cette même loi que se déroule depuis 8 semaines, devant la cour d'Assises de Bruxelles, le procès du major Bernard Ntuyahaga, accusé d'avoir participé, entre autres, au massacre des 10 paras belges le 7 avril 1994 au camp Kigali.

Après la comparution de plusieurs témoins, rien n'indique que l'accusé a participé à la tuerie des 10 casques bleus, membres du contingent belge de
la Mission militaire de l'ONU au Rwanda (MINUAR).

Selon les témoignages, Bernard Ntuyahaga a conduit effectivement les soldats belges au camp Kigali et il se trouvait sur les lieux du massacre, sans toutefois porter lui-même les coups sur les victimes.

En revanche, d'autres témoignages ont montré que lors du génocide, Ntuyahaga a assassiné, avec son arme, des Rwandais, notamment lorsqu'il fut muté de Kigali à Butaré.

Le procès doit se poursuivre jusqu'à la fin du mois de juin.

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