cfaBELGIQUE - 18 juin 2007
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La justice belge a saisi, dans un garage à Bruxelles, des caisses contenant 300 millions de faux billets de 10.000 CFA, l'équivalent de 4,5 milliards d'euros, a annoncé lundi à la presse le substitut du procureur du Roi, Frédéric Van Leeuw.

Chargé de ce dossier, le magistrat a expliqué le déroulement de la longue enquête ayant abouti à l'ouverture du procès la semaine dernière devant la 50ème chambre du Tribunal correctionnel de Bruxelles où ont comparu 7 membres présumés du réseau des faux monnayeurs.

L'affaire a-t-il indiqué, a commencé en 2002 lorsqu'un Français a échangé dans un bureau de change à Bruxelles, une somme de 30 millions de faux billets de 10.000 CFA contre 45.000 euros.

Poursuivant ses opérations, le bureau de change remit, à son tour, en échange des euros, une partie des faux billets à un homme d'affaires africain, qui, à son retour dans son pays d'origine en Afrique de l'Ouest, se fit arrêter.

Reconduit à Bruxelles et confronté à l'agent du bureau de change, celui-ci prouva sa bonne foi en montrant aux enquêteurs belges les machines dont il dispose pour détecter les faux billets. Les faux CFA étaient si parfaitement imités qu'il était impossible de détecter qu'ils étaient contrefaits.

En Belgique, les banques ne font pas d'opérations de change portant sur des CFA. Seuls quelques rares bureaux de change se risquent à échanger des CFA contre des euros.

Un mois plus tard, le Français, ayant réalisé une très bonne opération, repassa par le même bureau de change pour échanger des nouvelles coupures de faux billets de 10.000 CFA. C'est alors qu'il se fit arrêter par les enquêteurs qui étaient à sa recherche.

De Bruxelles, le prévenu français fut conduit en Slovénie où il fit découvrir aux enquêteurs belges, l'atelier de fabrication de faux billets de CFA. Des dizaines des milliers de faux billets de CFA étaient enfermés dans des caisses prêtes à être expédiées en Afrique. Et sur l'une des rotatives, les enquêteurs ont trouvé des billets portant la dernière mention adoptée par la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).

Au total ce sont 24 personnes qui sont citées dans cette affaire, a fait savoir le substitut du procureur du Roi, Frédéric Van Leeuw, qui a révélé que le cerveau du réseau est un citoyen britannique qui se cache à Beyrouth, au Liban, où s'est rendu une commission rogatoire à qui la justice libanaise a refusé toute collaboration. Le cerveau est connu pour être un grand trafiquant de diamant et un proche de l'ancien président libérien, Charles Taylor, à qui il fournissait notamment des armes.

Les investigations ont montré que le réseau des faux monnayeurs avait envoyé des centaines de milliers de faux billets de 10.000 CFA, en Côte d'Ivoire peu avant la tentative de coup d'Etat de 2002.

Après l'ouverture du procès la semaine dernière, le Tribunal correctionnel de Bruxelles a remis la prochaine audience au 1er septembre, a indiqué le magistrat belge.