29 juin 2007
Le père Wenceslas jugé en France ?
La France "n'a pas d`autorité
morale" pour juger des accusés du TPIR (Kigali)
Arusha(Tanzanie),
23/06
La France
"n`a pas d`autorité morale pour juger une affaire dans laquelle ses
propres autorités, politiques et militaires, sont co-accusées", a déclaré samedi
le représentant de Kigali auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda
(TPIR). La France
"n`a pas d`autorité morale pour juger une affaire dans laquelle ses
propres autorités, politiques et militaires, sont co-accusées", a affirmé
à l`AFP le représentant du gouvernement rwandais auprès du TPIR, Aloys
Mutabingwa, joint par téléphone depuis Arusha, où siège le TPIR. "Après le génocide, les autorités françaises ont continué à couvrir leurs
complices génocidaires en leur permettant d`entrer et séjourner en
France", a-t-il accusé, affirmant que Paris a rejeté "toutes les
requêtes en vue de les arrêter et les transférer au TPIR".
Le procureur en chef du TPIR, Hassan Bubacar Jallow, a déposé la semaine
dernière des requêtes demandant aux juges de l`autoriser à renvoyer devant la
justice française les dossiers de deux accusés exilés en France, l`abbé
Wenceslas Munyeshyaka et l`ex-préfet de Gikongoro (sud du Rwanda) Laurent
Bucyibaruta.
Le
père Wenceslas jugé en France ?
La Libre Belgique
Mis
en ligne le 22/06/2007
Le TPIR a rendu public son dossier d'accusation, tenu secret
depuis deux ans. Kigali s'indigne du projet prévoyant de le faire juger par la
justice française.
Les
autorités judiciaires françaises ont accepté, à la demande du procureur du
tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), de juger deux Rwandais
accusés de génocide et réfugiés en France. Cette demande requiert cependant
encore l'accord d'une chambre du TPIR. Elle résulte de l'obligation, pour
celui-ci, de terminer tous ses procès en première instance pour la fin 2008, ce
qui le pousse à faire juger certains accusés par des tribunaux nationaux.
Le père
Wenceslas
Du coup, le
TPIR a rendu publics, cette semaine, les actes d'accusation contre deux
personnes dont on ignorait jusqu'ici qu'elles étaient poursuivies. Il s'agit du
père Wenceslas Munyeshyaka, dont l'acte d'accusation, resté secret, avait été
rédigé en juillet 2005. Le second est l'ex-préfet de Gikongoro, Laurent
Bucyiabaruta.
Le père
Wenceslas est un personnage très connu de la tragédie rwandaise. Ayant fui le
Rwanda pour le Zaïre lors de la victoire du Front patriotique contre les
génocidaires, il fut accueilli en France dès octobre 1994, comme diacre d'une
paroisse ardéchoise. Très vite, des jeunes Rwandaises l'accusent d'avoir,
durant le génocide, abusé de sa position de vicaire de la paroisse
Sainte-Famille, où s'étaient réfugiés des centaines de Tutsis, en exigeant
leurs faveurs sexuelles en échange de sa protection; celles qui refusaient ses
avances étaient livrées aux milices extrémistes hutues.
Le TPIR
l'accuse de génocide, viol, assassinat et extermination. On lui reproche
le viol, entre avril et juin 1994, de quatre Tutsies dans son presbytère;
d'avoir aidé et encouragé les milices extrémistes hutues Interahamwe à
commettre des viols, donné l'ordre de commettre des assassinats et assassiné
lui-même trois Tutsis.
Kigali
indigné
Le
procureur général du Rwanda, Martin Ngoga, s'est indigné de la démarche du TPIR
: Kigali considère Paris comme complice du génocide, pour avoir appuyé et armé
le gouvernement génocidaire en 1994.
En outre,
depuis 1995, des plaintes ont été déposées en France contre l'abbé, sans autre
suite que 15 jours de prison pour lui en août 1995.
M.F.C.
(avec Hirondelle)
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