01 juillet 2007
Génocide rwandais : ce que savait l'Elysée

Il est
question de massacres, de réfugiés et de soldats français en ce 29 juin 1994,
dans la salle où se tient un conseil des ministres restreint autour de François
Mitterrand. Il est question du Rwanda, où la France vient de lancer l'opération humanitaire "Turquoise".
La machine génocidaire, lancée le 6avril et qui fera entre 700 000 et 900 000
morts, tourne encore.
"Historiquement,
la situation a toujours été périlleuse, dit François Mitterrand lors de ce conseil. Avant
l'assassinat du président Habyarimana [dans l'attentat du 6 avril], on
ne m'avait pas signalé de drames à l'intérieur du pays."
C'est
faux. A partir de la fin de l'année 1990, plus de trois ans avant le
déclenchement du génocide, l'Elysée avait reçu des signaux d'alerte
diplomatiques et militaires.
Des
signaux aussitôt négligés, au nom d'une vision conservatrice façonnée par
l'histoire coloniale de la politique africaine de la France. La preuve en
est fournie par plusieurs volumes d'archives de l'Elysée transmis au tribunal
aux armées, dont Le Monde a eu connaissance.
Ces
archives dessinent bien une France "mithridatisée" à son
sommet, c'est-à-dire accoutumée volontairement au poison, selon le mot de la
mission parlementaire à deux questions-clés : Que savait la France des préparatifs de
l'entreprise génocidaire ? Quelle était la nature de la coopération militaire
décidée par l'Elysée ?
13 octobre
1990
"Des
groupes d'autodéfense armés d'arcs et de machettes"
La version
officielle de l'Etat français a toujours été la suivante : la présence
militaire au Rwanda, à partir du dernier trimestre 1990, avait pour but non pas
de soutenir unilatéralement le régime d'Habyarimana, mais de le pousser à un
partage du pouvoir, tout en empêchant l'avancée militaire du Front patriotique
rwandais (FPR) de Paul Kagamé, soutenu par l'Ouganda.
Le 3
octobre 1990, le régime rwandais sollicite l'appui de la France contre l'offensive
conduite par le FPR. François Mitterrand décide de l'envoi d'une compagnie du
2e régiment étranger de parachutistes afin de protéger, voire d'évacuer, les
Français sur place. Le détachement Noroit restera trois ans. Ses effectifs
monteront jusqu'à 680hommes, soit quatre compagnies.
Déjà, les
prémices du génocide étaient visibles. En ce début octobre 1990, plusieurs
milliers de personnes sont arrêtées arbitrairement dans la capitale; elles ont
le tort d'être tutsies ou d'avoir des intérêts communs avec des Tutsis. La France fournit néanmoins
des munitions en masse à l'armée régulière, les Forces armées rwandaises (FAR).
Le 12
octobre, le colonel Galinié, attaché de défense à Kigali, s'alarme dans un
télégramme diplomatique de la multiplication de ces arrestations. "Il
est à craindre que ce conflit finisse par dégénérer en guerre ethnique",
ajoute-t-il.
Le
lendemain, son supérieur, l'ambassadeur Georges Martres, précise : "Les
paysans hutus organisés par le MRND [parti du président] ont intensifié
la recherche des Tutsis suspects dans les collines. Des massacres sont signalés
dans la région de Kibilira." Les paysans, fidèles au régime, "participent
de plus en plus à l'action militaire à travers des groupes d'autodéfense armés
d'arcs et de machettes".
Février
1991
La France décide de "durcir le dispositif rwandais"
Et à
l'Elysée ? On pense stratégie, front contre front. Il faut aider Habyarimana
coûte que coûte et endiguer l'influence anglo-saxonne dans la région portée par
l'Ouganda qui soutient la rébellion tutsie.
Une
assistance militaire technique a été décidée. Ses effectifs seront portés à 80
conseillers, qui jouent un rôle actif dans la formation des forces armées
rwandaises. Le lieutenant-colonel Gilbert Canovas exerce même la fonction de
conseiller du chef d'état-major.
Le 30
janvier 1991, François Mitterrand suggère par écrit à son homologue rwandais
plusieurs conditions à un règlement politique de la crise. Cette approche non
contraignante est accompagnée d'un soutien militaire massif.
Le 3
février, l'amiral Jacques Lanxade, chef d'état-major des armées, soumet à
François Mitterrand les différentes options envisagées, notamment l'envoi d'un
détachement d'assistance militaire et d'instruction (DAMI) qui devrait "renforcer
la coopération" et "durcir le dispositif rwandais".
Ces
mesures, note le haut gradé, comportent le risque d'être interprétées par les
autorités rwandaises comme un "soutien inconditionnel à leur
politique". Le 21 mars, le DAMI est envoyé.
Mais la
situation se dégrade. Le soutien français au régime n'apporte pas de résultats.
"La guerre déstabilise et radicalise de plus en plus" le
Rwanda, affirme même Paul Dijoud, le directeur des affaires africaines du Quai,
dans une note du 11 mars 1992 qui appelle à un renforcement de l'appui de la France à Kigali. Les
livraisons d'armes s'accélèrent.
19
janvier 1993
Le
pouvoir de Kigali voudrait "procéder à un génocide systématique",
écrit l'ambassadeur
Face à
l'avancée de la rébellion, Juvénal Habyarimana est contraint d'envisager des
négociations. La position de la
France n'est guère aisée. Le 19 janvier 1993, l ambassadeur Martres
envoie un télégramme après sa rencontre avec Jean Carbonare, président du
mouvement Survie et membre de la
Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).
Celle-ci
est sur le point de publier un rapport accablant. Elle dispose, explique M.
Martres, du témoignage d'un ancien membre des escadrons de la mort chargés des
exactions, du nom de Janvier Afrika.
Selon ce
dernier, le président rwandais aurait lui-même donné le signal de départ de
massacres après une réunion avec ses collaborateurs. Il aurait intimé "l'ordre
de procéder à un génocide systématique en utilisant, si nécessaire, le concours
de l'armée et en impliquant la population locale dans les assassinats",
écrit l'ambassadeur.
Février
1993
"Exactions
malheureuses commises par les extrémistes hutus", pour l'Elysée; "programme
de purification ethnique ", selon la DGSE Comme tout
l'entourage du président Mitterrand, obsédé par la préservation de l'influence
française dans la région, le diplomate Bruno Delaye décèle une autre urgence
que ces alertes.
Dans une
note du 15 février 1993, le conseiller Afrique de l'Elysée s'alarme du fait que
le FPR est "en mesure de prendre Kigali", bénéficiant entre
autres de la "complicité bienveillante du monde anglo-saxon"
et d'un "excellent système de propagande qui s'appuie sur les exactions
malheureuses commises par les extrémistes hutus".
La notion
d'"exaction malheureuse" n'est pas développée. "Nous
sommes aux limites de la stratégie indirecte d'appui aux forces armées
rwandaises", note-t-il. Il faudra évacuer Kigali "à moins de
devenir cobelligérants".
Les
analyses provenant du terrain sont de plus en plus inquiétantes. Le 18 février, la DGSE signe
une note sur les "véritables massacres ethniques" et les
300morts dénombrés au cours des semaines précédentes. Une des explications
avancées par le service extérieur français est glaciale : "Il s'agirait
d'un élément d'un vaste programme de purification ethnique dirigé contre les
Tutsis", fomenté au sommet de l'Etat.
Le
lendemain, le général Christian Quesnot, chef d'état-major particulier de
François Mitterrand, ainsi que le numéro 2 de la cellule Afrique de l'Elysée,
Dominique Pin, présentent différentes options au président.
La
première consiste à évacuer les Français et à retirer le dispositif Noroit. Les
auteurs la rejettent aussitôt : "C'est l'échec de notre présence et de
notre politique au Rwanda. Notre crédibilité sur le continent en
souffrirait."
Dans une
autre note, M. Pin assure que les massacres ethniques s'amplifieront si la
rébellion prend Kigali; il faut donc accroître l'effort comme jamais.
La France lance l'opération "Chimère". "Du 20février au 20mars 1993, la présence militaire française au Rwanda a franchi un cap qu'elle n'aurait pas dû dépasser", résumera la mission parlementaire en 1998, qui soulignera les "nouvelles missions" des soldats français : "Les patrouilles, les contrôles de zone autour de la capitale et les vérifications d'identité aux points d'accès" de la capitale.
3 mars
1993
"Exiger
une réorientation forte et immédiate des médias"
Cet
engagement radical de la cellule de l'Elysée ne fait pas l'unanimité. Le
malaise gagne les rangs du gouvernement. Dans une note au président du 26
février, Pierre Joxe, ministre de la défense, se dit "préoccupé"
par la position française et estime que l'envoi de deux compagnies
supplémentaires ne serait pas "la meilleure façon" d'amener le
président rwandais à "faire les concessions nécessaires".
Mais
autour de François Mitterrand, dans ce palais hermétique, on veut défendre une
autre perspective et justifier, à tout prix, la politique française. Le 3 mars,
pour renverser les charges, le général Quesnot propose au président
d'incriminer la rébellion en exigeant "une réorientation forte et
immédiate de l'information des médias [français] sur notre politique au
Rwanda en rappelant notamment (…) les graves atteintes aux droits de l'homme du
FPR : massacres systématiques de civils, purification ethnique, déplacement de
population…".
Le 7 mars
1993, un accord est enfin trouvé entre les deux parties en conflit. Il prévoit
un cessez-le-feu et le départ des deux compagnies françaises; il ouvre la voie
aux négociations politiques, qui aboutiront aux accords d'Arusha, le 4 août.
La France, elle, est entrée en cohabitation. Le 2avril, un conseil des ministres restreint a pour thème le Rwanda. La droite découvre un dossier sans issue. Le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, est tranchant. "Il y a des risques de massacres si nous partons et un risque de défiance africaine vis-à-vis de la France. Mais par contre, si nous renforçons nous nous enfonçons dans ce dossier. Nous ne pouvons pas partir."
Le premier
ministre, Edouard Balladur, envisage d'envoyer 1000 hommes de plus. François
Mitterrand est d'accord et théorise : "La règle est qu'il n'y a
d'intervention française que s'il y a agression extérieure et non pas s'il y a
un conflit tribal. Ici, c'est mélangé, car il y a le problème tutsi."
Après un
an de négociations infructueuses, les accords d'Arusha sont enfin signés. Ils
prévoient le partage du pouvoir et des élections dans les vingt-deux mois à
venir. Une force internationale neutre, sous égide des Nations unies, doit être
mise en place. Le 15 décembre 1993, la présence française retrouve son niveau
du 1eroctobre 1990, soit 24 assistants militaires. Pourtant, rien n'est réglé.
12
janvier 1994
"Eliminer
1000 d'entre eux dès la première heure"
Dans un télégramme
diplomatique du 12 janvier, l'ambassadeur à Kigali rapporte les confidences
d'un informateur du représentant des Nations unies. Celui-ci a livré les
détails "graves et plausibles" d'un plan de déstabilisation
radicale du pays. Il commencerait par des provocations contre les troupes du
FPR à Kigali, pour susciter une riposte.
"Les
victimes rwandaises que ne manqueraient pas de provoquer ces réactions seraient
alors le prétexte à l'élimination physique des Tutsis de la capitale, explique le diplomate. Selon
l'informateur de la Minuar,
1700 Interhamwe [membres des milices populaires] auraient reçu une
formation militaire et des armes pour cela, avec la complicité du chef
d'état-major FAR. La localisation précise des éléments tutsis de la population de
Kigali devrait en outre permettre d'éliminer 1000 d'entre eux dans la première
heure après le déclenchement des troubles."
Trois mois
plus tard, le 6 avril, un missile abat l'avion transportant le président
Juvénal Habyarimana. En quelques heures, la machine génocidaire se met en
marche comme prévu.
"Matignon
et le Quai d'Orsay souhaitent, dans cette nouvelle crise rwandaise, qui risque
d'être très meurtrière, que la
France ne soit pas en première ligne", écrit Bruno Delaye à François
Mitterrand, le lendemain de l'attentat. La priorité est l'évacuation des
Français. Elle s'effectue en quelques jours. La communauté internationale est
paralysée et aphone.
L'ambassadeur
de France au Rwanda, Jean-Michel Marlaud, lui, à l'instar de la cellule de
l'Elysée, refuse d'accabler seulement les Hutus : "Tant qu'ils auront
le sentiment que le FPR essaie de prendre le pouvoir, [ils] réagiront
par des massacres ethniques", écrit-il le 25avril.
Le
génocide est donc présenté comme une réaction spontanée, et non un plan. Trois
jours plus tard, Bruno Delaye reconnaît que les massacres se déroulent "avec
une ampleur horrifiante : de l'ordre de 100 000 morts, selon les responsables
du CICR (…). Les milices hutues, armées de grenades et de machettes, massacrent
les Tutsis qui n'ont pas pu trouver refuge dans la zone FPR ou bénéficier de la
protection de la Minuar".
6 mai
1994
Vers "un
Tutsiland avec l'aide anglo-saxonne et la complicité objective de nos faux
intellectuels"
La ligne
française demeure marquée par ses pesanteurs historiques, quitte à nier la
réalité. Le 6mai, le général Quesnot résume le danger d'une victoire militaire
éventuelle du FPR, sa hantise. "Le président [ougandais]
Museveni et ses alliés auront ainsi constitué un Tutsiland avec l'aide
anglo-saxonne et la complicité objective de nos faux intellectuels,
remarquables relais d'un lobby tutsi auquel est également sensible une partie
de notre appareil d'Etat."
Quatre
jours plus tard, à la télévision, François Mitterrand résume la prudence
française en une phrase : "Nous ne sommes pas destinés à faire la
guerre partout, même lorsque c'est l'horreur qui nous prend au visage."
Pourtant,
la prise de conscience internationale commence à s'opérer. Le 17mai, à la
demande de la France,
une résolution de l'ONU est adoptée, imposant la création de zones humanitaires
sûres et un embargo sur les armes. Le lendemain, en conseil des ministres,
Alain Juppé brave l'interdit : "Au Rwanda, le mot de génocide n'est pas
trop fort."
Mais à
l'Elysée, l'entourage de François Mitterrand s'accroche à ses présupposés. Le
24mai, le général Quesnot s'alarme une nouvelle fois des ambitions du FPR. "L'arrivée
au pouvoir dans la région d'une minorité dont les buts et l'organisation ne
sont pas sans analogie avec le système des Khmers rouges est un gage
d'instabilité régionale."
Dans les
conversations informelles à l'Elysée, le général parle des "Khmers
noirs" de Kagamé.
21 juin
1994
"Le
passé est le passé"
La
pression diplomatique monte, face à l'ampleur des massacres. Les ONG mettent en
cause la France. Le
19 juin, l'Elysée publie même un communiqué exceptionnel, pour dénoncer les "procès
sommaires" qui lui sont faits. Les médias n'auraient rien compris : la France serait au contraire
à louer pour son engagement. L'opération
humanitaire "Turquoise" est lancée; elle va durer jusqu'au
22août. "Toute cette mission doit être présentée comme une étape
nouvelle de notre politique : le passé est le passé ", écrit Bruno
Delaye le 21juin.
Mais il
est difficile d'imposer l'idée d'une virginité en matière de politique
africaine, après plus de trois ans d'étroite coopération avec Kigali. Au cours
d'une réunion avec des représentants du FPR, le 22 juin, Philippe Baudillon,
conseiller à Matignon, assure que le gouvernement de droite a développé une
nouvelle approche vis-à-vis du continent.
Il
souligne la volonté d'Edouard Balladur d'établir des "relations
claires" avec les pays africains, rapporte Bruno Delaye dans une note
au président. "Votre interprétation des intentions françaises au Rwanda
n'est pas la bonne, aurait dit le conseiller du premier ministre à ses
interlocuteurs du FPR. Elle est en contradiction avec ce qui s'est fait depuis
un an." François Mitterrand enrage à cette lecture et ajoute à la main
: "Inadmissible. Protester à Matignon."
Le 14 juillet,
le président parle à la télévision à l'occasion de sa dernière fête nationale
en pleine lumière. François Mitterrand livre, une nouvelle fois, sa version de
l'histoire. "Les Français sont partis plusieurs mois avant le
déclenchement de ce génocide qui a suivi l'assassinat des présidents du Rwanda
et du Burundi. A ce moment-là, on nous a suppliés de revenir en nous disant :
Sauvez les casques bleus, ramenez les Français, les Belges, les étrangers qui
se trouvent au Rwanda , ce que nous avons fait. (…) Nous avons sauvé des
dizaines, des milliers de gens, de pauvres gens qui avaient déjà supporté
beaucoup de souffrances."
© Piotr
Smolar
Les incantations du « raïs »
Les incantations du « raïs »
« Formule magique, chantée ou récitée pour obtenir un effet
surnaturel ». Telle est la définition du vocable « incantation ».
Qui rédige les allocutions prononcées par Joseph Kabila ?
la RD Congo
Comment peut-on rester
unis dans un pays où certaines provinces ou ethnies n’ont plus qu’un vague
sentiment d’appartenance à la grande famille nationale ?
C’est le cas notamment des provinces du Kivu, du Kasaï, du
Bas-Congo et de l’Equateur. Les dernières nominations dans l’armée et la police
démontrent bien la volonté de privilégier certaines entités au détriment
d’autres. Depuis dix ans, les Congolais du Nord et du Sud-Kivu sont abandonnés
à leur triste sort. L’Etat en tant que pouvoir politique, en charge de la
sécurité des personnes et des biens, a démissionné. Faute de volonté politique.
Des miliciens étrangers et locaux, manipulés par des Etats voisins (c’est le
cas du Rwanda et de l’Ouganda), y sèment le désordre. En toute impunité. La
mort est banalisée.
Au pouvoir depuis bientôt sept ans, Joseph paraît dépassé
par l’ampleur de la crise. D’aucuns vont plus loin en l’accusant d’être tout
simplement de connivence avec les « forces négatives » proches de Laurent
Nkunda et de Ignace Murwanyashyaka. Le « raïs » n’avait-il pas pris
l’engagement de s’occuper « personnellement » de la situation dans les deux
Kivu ?
N’avait-il pas annoncé avec fracas sa volonté d’installer
son « QG » à Bukavu pour « anéantir » les combattants hutus des FDLR (Forces
démocratiques pour la libération du Rwanda) et ceux du « général » mutin Nkunda
? Où en est-on ? Incantation. Rien que des incantations. Kabila semble croire
qu’il suffit d’énoncer un souhait, un voeux pour que la solution se manifeste.
Par enchantement. Comment peut-on être déterminés et mobilisés dans un pays où
la solidarité économique, la justice sociale et l’égalité de chance sont des
valeurs superbement ignorées par les gouvernants ? Des gouvernants qui donnent
la forte impression d’être au service exclusif des membres de leur famille tant
biologique que politique et régionalo-tribale. La grande tribu « Luba » du
Kasaï oriental n’a pas un seul représentant au sein du gouvernement à Kinshasa.
Les ressortissants du Bas-Congo sont encore traumatisés par
le massacre de 134 adeptes du mouvement politico-religieux « Bundu dia Kongo ».
En imposant le huis clos au débat ouvert à l’Assemblée nationale sur cette
affaire, le pouvoir parait décidé à dissimuler la vérité sur ce qui s’est
réellement passé le 31 janvier et le 1er février 2007 dans cette partie du
pays. Voudrait-on diluer les responsabilités ?
Depuis les derniers affrontements ayant opposé les éléments
de la garde présidentielle aux soldats chargés de la sécurité rapprochée de
Jean-Pierre Bemba Gombo, les anciens militaires des ex-Forces armées zaïroises
vivent dans la clandestinité dans leur propre patrie. Etre originaire de la
province de l’Equateur est devenue une « circonstance aggravante » pour les
anciens membres de la
Division La RD Congo
Peut-on décemment inviter la population à rester « unis,
déterminés et mobilisés » dans un pays à la cohésion nationale aussi implosée ?
La République
B. Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2007
Les crimes de la Belgique coloniale au Congo. Devoir de mémoire
la Belgique
Les crimes de
© Éric Toussaint
1er juillet 2007
Exposé d’Eric
Toussaint, Liège, mardi 12 juin 2007
En premier lieu, je voudrais aborder la question du contexte
historique dans lequel le Congo devient un Etat soumis à la Belgique
La démarche du CADTM, qui co-organise cette activité avec
différentes associations liégeoises, se situe dans le cours et le moyen terme.
Il s’agit de lancer un débat absolument nécessaire sur la mémoire, sur le rôle
de la Belgique
Ce soir, nous allons aborder la période du Congo soumis à
Léopold II (1885-1908). L’idée est d’organiser une série d’activités dans les
huit ou neuf mois qui viennent pour décrire la situation jusqu’à aujourd’hui.
Après cette soirée, nous aborderons la période 1908 à 1960
quand le Congo passe de Léopold II à la Belgique la
Belgique
Nous pensons convoquer des activités non seulement à Liège
mais à Bruxelles, à Mons, à Ostende et dans d’autres villes, parce que ce pays
est empli de symboles qui renvoient à la période de Léopold II. Des symboles
qui, pour la plupart, comme la plaque de bronze de l’hôtel de ville de Liège,
ont été construits, créés dans les années 1930, dans un contexte bien
précis : il fallait faire oublier les atrocités de l’époque léopoldienne.
En effet, au début du 20e siècle, dans le cadre d’une
campagne internationale de protestation contre les crimes dont se rendait
coupable le régime de Léopold II au Congo, une période d’opprobre frappe
Léopold II. Puis, on enregistre au cours des années 1930, une sorte de réhabilitation
de Léopold II : on érige des statues équestres de Léopold II et on
inaugure des plaques « commémoratives » dans une série de lieux
publics extrêmement importants au niveau de la mémoire, comme le hall de
l’hôtel de ville de Liège.
Nous voulons aborder d’une manière tout à fait critique,
avec un parti pris de mise en cause, ces aspects de l’Histoire de manière à ce
que la Belgique la Belgique
Il s’agit d’un travail qui s’étendra sur plusieurs mois.
Nous convoquerons, avec d’autres organisations, une journée d’étude à Bruxelles
où nous ferons appel à une série d’historiens en leur donnant le temps
d’exposer les faits et de débattre. Je précise que moi-même, je ne suis pas
docteur en histoire, je suis historien de l’école normale de Jonfosse et
docteur en Sciences politiques de l’université de Liège et de l’université de
Paris VIII.
Mise en perspective
historique de la colonisation du Congo
A la fin du 18e siècle, soit plus d’un siècle avant le
démarrage de la colonisation léopoldienne du Congo, les 13 colonies
britanniques d’Amérique du Nord, suite à une guerre d’indépendance, se libèrent
de la couronne britannique. La Grande-Bretagne
Je mentionne tout cela parce que, à la fin du 18e siècle et
au début du 19e siècle, alors que toute une série de pays conquièrent leur
indépendance aux Amériques, l’Afrique subsaharienne est encore largement non
colonisée par les Européens. Cela ne l’empêche pas d’avoir subi les effets de
la colonisation des autres continents par le biais du commerce triangulaire et
de la traite des Noirs. Plusieurs dizaines de millions d’Africains sont réduits
en esclavage et transportés de force aux Amériques entre le 17e siècle et le
milieu du 19e siècle.
C’est dans le quatrième quart du 19e siècle que l’Afrique
subsaharienne tombe complètement sous le joug colonial des pays
européens : Grande-Bretagne, France, Portugal, Allemagne, Belgique ...
principalement.
Léopold II, deuxième roi des Belges, cherche à doter son
pays d’une colonie
Léopold II envisage de coloniser une partie de l’Argentine,
puis il se tourne vers les Philippines et il en demande le prix aux Espagnols.
Ce prix est trop élevé, il ne peut pas le payer. Finalement, il jette son
dévolu sur l’immense bassin du fleuve Congo. Pour ce faire, il utilisera la
ruse afin de ne pas entrer en conflit avec les grandes puissances européennes
qui sont déjà, elles, d’importantes puissances coloniales et qui auraient les
moyens de réduire à néant les ambitions coloniales de la Belgique
Avant de devenir roi, Léopold II avait parcouru une partie
importante du monde colonial : Ceylan, l’Inde, la Birmanie
Java était pour lui le modèle à suivre et c’est ce qu’il
appliquera lors de sa colonisation au Congo. Le modèle javanais reposait sur la
main d’oeuvre forcée.
Au 19e siècle, les arguments utilisés par les Européens pour
coloniser l’Afrique et l’Asie étaient principalement les suivants :
christianiser les païens ;
apporter à tout le monde les bénéfices du libre commerce
(cela reste très actuel...)
et, dans le cas de l’Afrique subsaharienne, en finir avec la traite des
esclaves par les Arabes.
A partir de 1865, quand Léopold II accède au trône, il
entreprend de nombreuses initiatives pour doter la Belgique
Par exemple, en 1876, il organise au palais royal une
conférence géographique internationale. Selon lui, l’objectif - et c’est
cohérent par rapport au prétexte qui était utilisé à l’époque - est :
« Ouvrir à la civilisation la seule partie de notre globe où elle n’ait
point encore pénétré, percer les ténèbres qui enveloppent des populations
entières, c’est, j’ose le dire, une croisade digne de ce siècle de progrès.
(...) Il m’a paru que la
Belgique la Belgique
Très peu de temps après, il embauche l’explorateur Stanley
qui venait de traverser l’Afrique d’est en ouest en suivant le fleuve Congo
jusqu’à son embouchure.
La conférence de Berlin de 1885 et la création de l’Etat
indépendant du Congo
En 1885, après de multiples manoeuvres diplomatiques,
Léopold II obtient à Berlin l’autorisation de créer un État indépendant du
Congo. Le chancelier Bismarck dit en clôture de la conférence de Berlin en
février
1885 : « Le nouvel État du Congo est destiné à
être un des plus importants exécutants de l’oeuvre que nous entendons
accomplir, et j’exprime mes meilleurs voeux pour son développement rapide et
pour la réalisation des nobles desseins de son illustre créateur. »
Parallèlement à ses discours dans les grandes conférences,
Léopold II tient un autre type de propos : les documents qu’il envoie à
ceux qu’il délègue dans l’État indépendant du Congo pour le mettre en valeur,
ou les déclarations qu’il fait à la presse. Par exemple, le 11 décembre 1906,
paraît une interview au journal new-yorkais Publisher’s Press où il dit - je le
cite et ayons à l’esprit que nous sommes en 1906, plus de vingt ans après la
conférence de Berlin : « Quand on traite une race composée de
cannibales depuis des milliers d’années, il est nécessaire d’utiliser des
méthodes qui secoueront au mieux leur paresse et leur feront comprendre
l’aspect sain du travail ».
Dès le moment où, en 1885, Léopold II peut créer de toutes
pièces l’État indépendant du Congo qui est SON État personnel, il prend un
premier décret fondamental : toutes les terres considérées vacantes
deviennent propriété de l’État. Il s’approprie les terres alors que l’objectif
de l’État indépendant du Congo était de permettre aux chefs congolais de
s’entendre et de se défendre par rapport aux Arabes qui les réduisaient en
esclavage. En réalité, il passe une série de traités, via Stanley, avec une
série de chefs coutumiers du Congo, par lesquels ces chefs coutumiers
transfèrent la propriété des terres de leurs villages ou de leurs domaines au
chef de l’État indépendant du Congo, Léopold II. Les autres terres, un immense
territoire, sont déclarées vacantes et deviennent donc aussi la propriété de
l’État indépendant du Congo.
Le modèle javanais appliqué par la Belgique
C’est alors que Léopold II applique le modèle de
l’exploitation hollandaise de Java : il exploite systématiquement la
population qu’il réussit à dominer notamment par la création de la Force
Par tête d’habitant, il fallait ramener tant de caoutchouc.
Pour forcer les chefs de villages et les hommes à partir à la cueillette, on
emprisonnait leurs femmes dans des camps de concentration où elles étaient
régulièrement soumises à des sévices sexuels de la part des colons ou des
Congolais de la Force la Force
La vision, la politique de Léopold II, roi des Belges et
représentant des intérêts de la
Belgique
Manifestement la part qui revient au Congolais, c’est le
travail forcé, la chicote et les mains coupées.
Sur la question de l’exploitation sauvage du caoutchouc, je
donnerai seulement quelques chiffres : l’exploitation du caoutchouc
commence en 1893 et est liée aux besoins en pneumatiques de l’industrie
automobile naissante et du développement de la bicyclette. On produit 33.000
kilos de caoutchouc en 1895, on en récolte 50.000 kilos en 1896, 278.000 kilos
en 1897, 508.000 kilos en 1898... Les récoltes absolument énormes vont donc
rapporter des bénéfices extraordinaires aux sociétés privées que Léopold II a
créées, et dont il est l’actionnaire principal, pour gérer des affaires de
l’État indépendant du Congo. Le prix du kilo de caoutchouc à l’embouchure du
fleuve Congo est de 60 fois inférieur au prix de vente en Belgique. Cela
rappelle aussi des choses très actuelles avec les diamants ou le coltan
collectés aujourd’hui.
La campagne internationale contre les crimes de la Belgique
Cette politique a finalement donné naissance à une immense
campagne internationale contre les crimes perpétrés par le régime léopoldien. Ce
sont des pasteurs noirs des Etats-Unis qui s’insurgent contre cet état de
chose, puis le fameux Morel. Celui-ci travaille pour une société britannique à
Liverpool et est amené à voyager régulièrement à Anvers. Il fait le constat
suivant : alors que Léopold II prétend que la Belgique
Cependant, les critiques prennent de l’ampleur, avec des
livres comme celui de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres, et Le crime du Congo
belge, un livre trop méconnu de Arthur Conan Doyle, l’écrivain qui a inventé
Sherlock Holmes. Une campagne internationale contre l’exploitation du Congo se
traduit par des manifestations aux Etats-Unis ainsi qu’en Grande-Bretagne et
finit par produire des effets. Léopold II se voit obligé de constituer une
commission d’enquête internationale en 1904 qui se déplace sur place, au Congo,
pour récolter des témoignages. Les témoignages que cette commission
internationale récolte sont accablants. On les trouve tous sous une forme
manuscrite dans les archives de l’État belge.
Aujourd’hui, le devoir de mémoire par rapport aux crimes
contre l’humanité commis au Congo
Au cours des vingt dernières années, beaucoup de conférences
ont été données, des livres ont été publiés pour dénoncer le type d’Etat que
Léopold II, Roi des Belges, avait instauré au Congo. Bref, une ample
littérature sérieuse s’est ajoutée aujourd’hui aux documents d’époque.
On y apprend par exemple que la part du budget que l’Etat
indépendant du Congo destinait aux dépenses militaires oscillait bon an mal an
entre 38% et 49% des dépenses totales. C’est dire l’importance de la chicotte, l’importance
des fusils modernes pour instaurer une dictature utilisant systématiquement
l’arme de la brutalité et des assassinats...
On peut considérer, sans risque d’erreur, que le Roi des
Belges et l’Etat indépendant du Congo, qu’il dirigeait avec l’accord du
gouvernement et du parlement belges de l’époque, sont responsables de
« crimes contre l’humanité » commis de manière délibérée. Ces crimes
ne constituent pas des bavures, ils sont le résultat direct du type
d’exploitation auquel le peuple congolais était soumis. Certains auteurs, et
non des moindres, ont parlé de « génocide ». Je propose de ne pas
engager un débat qui se focalise sur cette question parce qu’il est difficile
d’établir exactement des données chiffrées. Certains auteurs sérieux estiment
que la population congolaise en 1885 atteignait 20 millions et qu’au moment où
Léopold II doit transmettre à la
Belgique la Belgique
Au lieu de millions de victimes, si le nombre de celles-ci
s’élevait à des dizaines de milliers ou à des centaines de milliers de victimes
innocentes de l’activité coloniale de Léopold II, il n’en resterait pas moins
qu’il s’agit de crimes contre l’humanité et qu’il est fondamental de rétablir
la vérité historique. Des citoyens, et notamment des jeunes, entrant dans le
hall de l’hôtel de ville de la ville de Liège, ou allant de la rue du Trône
vers la place Royale à Bruxelles, passent devant la plaque saluant l’œuvre
coloniale ou devant la statue équestre de Léopold II. Des citoyens passent
devant la statue de Léopold II érigée à Ostende en front de mer. Ils voient un
Léopold II majestueux avec, en contrebas, des Congolais reconnaissants, tendant
leurs mains reconnaissantes vers lui avec pour seul commentaire le rôle
civilisateur de Léopold II pour libérer les Congolais de la traite des
esclaves... Il est urgent de rétablir la vérité historique et d’arrêter de
mentir à nos enfants, de mentir aux citoyens belges, d’arrêter d’insulter la
mémoire des victimes, des descendants des victimes et des descendants des
Congolais qui ont subi dans leur chair, dans leur dignité, une domination
absolument terrible.
Ce devoir de mémoire, il doit être fait ailleurs aussi.
Qu’on évite un débat du type : « vous ne faites que critiquer la Belgique la
Grande-Bretagne la Caraïbe la Belgique.
CADTM
www.cadtm.org/article.php3?id_article=2727
3o juin à Bruxelles
C'est avec grand succès que les
mamans congolaises conduites par Christine TSHITENDE et Thérèse KOLOMONI ont
remercié l'assistance masculine devant l'ambassade des USA à Bruxelles.
Il était 12H00 quand le dispositif militaire avait
quadrillé le quartier où est situé l'ambassade des USA en Belgique pour empêcher
le débordement des enfants terribles de la diaspora congolaise.
Il faut noter que la mobilisation était de 3 jours et
malgré cela les vrais fils du pays dont on peut compter jours et nuits étaient
là, avec en tête les Bana Congo du président CIBAYI, Aubin KIKONKA et Patrick
KANKU, La toute puissante Dynamique UDPS Liège en tenue du parti conduite par
Jean de Dieu MITIMA, Samy MUSAMPA et Ange PABOLANGI. Comme par surprise
générale on a remarque le retour de Didier RAMAZANI après un long temps de
combine avec les Kabilistes. La
Dynamique UDPS
Selon les organisatrices du Sit-in, cela peut s'appeler
rentrée politique dans la manière où un calendrier est déjà établi pour de
nouvelles manifestations.
A tout moment qu'on sera en prison, on saura pourquoi la défense
des opprimés est un devoir patriotique, UDPS qui aligne des multitudes de
combattants en prison sait de quoi il parle. C'est ainsi que nous lançons un
appel vibrant à tous les combattants de regarder toujours de l'avant car sur le
champ de bataille il y aura ceux qui vont tomber par des balles des ennemis et
cela ne peut nous enlever notre détermination de vaincre l'oppression KANAMBISTE.
Les images seront publiées sur www.udpsliege.
Samy Musampa Batena Babo
Liège
Belgique
Notre E-mail: sammusampa@hotmail.
Notre Blog : http://udpsliege.
Des archives de l'Elysée sur l'intervention au Rwanda ont été transmises à la justice

Florence Michon, la juge
d'instruction du Tribunal aux armées de Paris (TAP), a reçu par courrier un
cédérom passionnant, mercredi 27 juin. Son contenu est une page d'histoire : il
s'agit d'une grande partie des archives de l'Elysée sur le Rwanda.
Ces centaines de documents divers
– télégrammes diplomatiques, notes des conseillers du président, procès-verbaux
des conseils des ministres, etc. – avaient été entreposés à l'Institut
François-Mitterrand.
Certains avaient été exploités en
1998 par la mission d'information parlementaire dirigée par Paul Quilès,
d'autres, de façon partielle, par Pierre Péan dans son livre Noires fureurs,
blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005) qui visait à réhabiliter
l'action de la France
au Rwanda.
Ces documents – dont certains
n'avaient encore jamais été rendus publics – ont été envoyés à Me
Antoine Comte, l'un des avocats des rescapés tutsis du génocide qui ont déposé
plainte au TAP contre l'armée française, en février 2005.
Une information judiciaire pour "complicité
de crimes contre l'humanité" et "complicité de génocide",
visant le rôle de l'armée lors de l'opération humanitaire Turquoise, entre le
22 juin et le 22 août 1994,
a été ouverte en décembre 2005.
Remise en cause
Aujourd'hui, à la lumière des
documents qu'il a transmisà la juge, Me Comte réclame les auditions
des principaux responsables politiques et militaires qui y apparaissent.
Sont notamment cités dans la
lettre que l'avocat a transmise au juge : Pierre Joxe, ministre de la défense,
qui exprima des réserves sur l'engagement français en 1993, Alain Juppé,
ministre des affaires étrangères en 1994, et les principaux conseillers de
François Mitterrand à l'Elysée : le spécialiste de l'Afrique Bruno Delaye, le
chef d'état-major particulier, le général Christian Quesnot, le chargé de
mission Dominique Pin, et le secrétaire général de l'Elysée, Hubert Védrine.
L'avocat souhaite que soient aussi entendus Georges Martres, ambassadeur à
Kigali (1989-1993), et son successeur Jean-Michel Marlaud (mai 1993-avril
1994).
Ces archives remettent en cause la
version officielle de la France
sur sa présence au Rwanda, déjà ébréchée par la mission d'information
parlementaire. Cette version stipulait que la France avait eu pour seul objectif de pousser le
gouvernement rwandais à ouvrir des négociations politiques avec les rebelles du
Front patriotique rwandais (FPR), tout en poursuivant une coopération militaire
classique.
"Il est patent que, tout au
long de la période allant de 1993 jusqu'à l'attentat du 6 avril 1994 [contre
l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana], la préoccupation
centrale des autorités françaises est de soutenir inconditionnellemen
Plusieurs hauts responsables
militaires français de l'époque ont été entendus ces derniers mois par la
brigade criminelle, à Paris. Le général Jean-Claude Lafourcade, commandant de
l'opération Turquoise, le lieutenant-colonel Jacques Hogard, commandant du
groupement Ouest, et le colonel Patrice Sartre, chef du groupement Nord, n'ont
guère varié dans leurs déclarations, par rapport à celles recueillies en 1998
par la mission d'information parlementaire, indique-t-on de source policière.
Selon eux, la France
peut s'enorgueillir de son action humanitaire lors de l'opération Turquoise, en
1994.
L'Etat français ne semble pas
disposé à favoriser les investigations en cours. Le 13 février 2006, la juge
Brigitte Reynaud, qui a précédé Florence Michon au TAP, avait signé une
commission rogatoire internationale à destination du Rwanda. Elle demandait aux
autorités de Kigali de lui fournir tous documents ou auditions "permettant
d'identifier les régiments et services français présents au Rwanda en
1994" et d'autoriser une mission sur place des policiers français.
Pendant six mois, cette commission
rogatoire est restée dans un tiroir du Quai d'Orsay, chargé de l'envoi. Le 24
novembre 2006, le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France à la suite de
l'émission de mandats d'arrêt contre des proches du président Paul Kagamé, dans
l'enquête de Jean-Louis Bruguière sur l'attentat contre Juvénal Habyarimana.
Le 13 février, le ministère a
retourné la commission rogatoire à la juge Michon, en soulignant que nulle
entraide n'était désormais possible entre les deux pays. La magistrate a donc
choisi de transmettre directement le document aux autorités rwandaises, mais
elle a manifesté sa "plus profonde surprise" au sujet de
l'inaction du Quai dans une lettre adressée au procureur du TAP.
© Piotr Smolar
Les 7 vérités de Bernard Ntuyahaga
Les 7 vérités de Bernard Ntuyahaga
L’Avocat général fait son office
Vendredi 29 juin,
c’était au tour de l’Avocat général de la Cour d’Assises de Bruxelles de revenir
sur cette page sombre de notre histoire au travers du rôle - crucial selon lui -
du major Bernard Ntuyahaga dans les assassinats des dix casques bleus belges et
de la Première ministre rwandaise, le 7 avril 1994.
M. Ntuyahaga ! Vous
n’êtes pas un bouc émissaire
Cette phrase l’Avocat général près la Cour
d’Assises de Bruxelles l’a répétée, comme un leitmotiv, a plusieurs reprises au
Major Bernard Ntuyahaga. L’accusation s’est évertuée à mettre en évidence les
variations, les (...)
lire la
suite de l'article
3o juin sanglant à Londres
3o juin sanglant à Londres.
Des congolais membres du PPRD ont été sérieusement
molestés dans la capitale Londonienne ce samedi 30 juin 2007. Des
« combattants » membres de la « résistance
congolaise » de Londres se sont particulièrement déchaînés contre
l’un de ces « collabos » entendez membres du PPRD –AMP qui a eu
l’imprudence de les menacer avec une arme blanche (un couteau) au cours
d’une manifestation organisée lors des commémorations du 30 juin.
Celui-ci, Monsieur DIEUDONNE KABENGELE ensanglanté a été pris à partie et n’a
eu la vie sauve que grâce à l’arrivée de la police qui l’a récupéré dans un
état déplorable après une pluie de coups de plusieurs congolais. Certaines
sources affirment que son état de santé est préoccupant depuis. Il a d’abord
été amené au poste de police avec un journaliste congolais qu’il venait de
blesser avec son couteau. Monsieur Kabengele s’est retrouvé particulièrement en
mauvaise posture parce que les jeunes congolais présents auraient eu
l’information qu’il faisait partie des troupes qui ont procédé aux coupures
d’électricité à kinshasa et dans le Bas congo lors de l’invasion rwandaise
(coupures qui occasionnèrent de nombreuses victimes dans les hôpitaux
congolais).
Plusieurs personnes présentes lors de ces festivités
organisées par l’association congolaise CCUK ont également subi les foudres de
ce groupe de congolais tandis que le reste de la salle prenait la fuite pour
avoir participé à cette manifestation jugée pro-kabiliste. Non sans avoir été
corrigé au passage pour quelques uns d’entre eux par la jeunesse
congolaise de Londres.
Chose nouvelle, Mr Ackys Kituba du PPRD a même reçu des
gifles d’un homme de Dieu.
Alors que l’on annonce la venue prochaine du chef de l’Etat
congolais pour une tournée dans plusieurs capitales occidentales, les congolais
de la diaspora paraissent particulièrement décidés à en découdre désormais avec
tous ceux qui s’assoient en première loge pour participer ou assister à la
vente et à la destruction du territoire congolais. Et ce ne sont pas les
charters prévus pour les congolais dans les jours à venir qui devraient faire
danser Kanambe de joie car tous ces jeunes congolais sont en situation
régulière et l’attendent de pied ferme pour lui indiquer le chemin le plus
court pour retourner à Kigali et lui signifier son arrêté de reconduite à la
frontière délivré par le peuple congolais. En effet tout le monde s’accordent à
dire qu’il est plus que temps de mettre un terme aux aventures en RDC de
Kanambe le kamikaze rwandais. ça promet.
© M.K.
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Interview de Me Marie-Thérèse NLANDU sur Congo Net Radio
Après sa
sortie de la prison et son départ du Congo, Marie-Thérèse Nlandu vient de
donner une interview sur Congonetradio. (Cette grande radio est en train de
jouer un rôle déterminant pour notre devenir commun !) Ecouter cette
interview devrait être un devoir citoyen pour des Congolais(es) responsables. A
travers cette interview, il y a lieu de palper du doigt la maturité politique
d’une fille de notre peuple qui ne doit sa vie sauve qu’à la main
toute-puissante de Dieu et au volontarisme politique de certains hommes et
femmes de notre monde.
I.
« Maman, oyeli biso nini ? » (Maman, que nous as-tu
apporté ?)
A entendre
parler Maître Marie-Thérèse Nlandu, on dirait qu’on a affaire à une future Ségolène
Royal congolaise. Sa référence aux valeurs lui permet de mettre au banc des
accusés le peuple congolais dont le degré de prévarication a dépassé le seuil
du tolérable. Ce peuple traîné dans la boue de l’histoire est aussi responsable
de sa misère : il ne pense pas ses choix et il est facilement corruptible.
Pendant que Marie-Thérèse Nlandu faisait sa campagne électorale à la présidence
de la République
Il est rare
que les journalistes congolais, critiques sévères de l’élite politique et
intellectuelle mettent en cause ce peuple ‘sado-masochiste’ et irresponsable.
Malgré le fait qu’il prie du matin au soir et du soir au matin, il n’a pas
réussi à comprendre cette parole de son ami Jésus : « L’homme ne vit
pas seulement du pain. » Notre peuple meurt à cause de sa boulimie
toujours de pain. Il est capable de pactiser avec le diable pour avoir du pain.
Quitte à accuser après Dieu, le diable lui-même, le sourcier, l’homme politique
ou l’élite intellectuelle de ne l’avoir pas contraint à refuser le cadeau
empoisonné !
L’une de
grandes révélations de cette interview est que « le pouvoir de Kabila
tue ». A Kin-Mazière comme à la prison de Makala. A Kin-Mazière, il a été
ordonné que les gens soient tués au moment où Marie-Thérèse y était. Au moment
où elle faisait son interview, elle entendait encore « les cris de ces
gens torturés et tués » par les bourreaux formé à l’école du colonel Raüs.
A la prison de Makala, affirme Marie-Thérèse, on va chercher les gens à quatre
heures du matin pour aller les tuer.Elle-même a failli être tuée à Makala. Elle
a eu la vie sauve grâce à (Dieu !) l’un des ses bourreaux l’ayant placée
dans une chambre inconnue des autres au cours de la nuit prévue pour la triste
besogne. Pour elle, le démantèlement de Kin-Mazière, de la DEMIAP
Elle est
d’avis que la banalisation de la mort par Kabila a le soutien des élites
politiques et intellectuelles congolaises travaillant avec lui. Marie-Thérèse
Nlandu affirme que « notre pays ne nous appartient pas » et qu’il est
du devoir des Congolais(es) d’étudier des stratégies pouvant les aider à récupérer
ce pays.
En effet,
écouter le témoignage d’une prisonnière politique de la trempe de Marie-Thérèse
Nlandu est une chance énorme. Cela permet d’apprendre et de confirmer certaines
« prophéties ». Mais aussi de confirmer certaines thèses défendues
par certaines élites politiques et intellectuelles congolaises constituant ce
« petit reste » dont le scepticisme sur l’avenir d’un bonheur
collectif partagé au Congo est une constante.Elles-
L’interview
de Marie-Thérèse Nlandu revient sur certains lieux communs comme ceux-ci :
le manque d’organisation au niveau de la diaspora et de l’opposition
congolaise est criante ; la nécessité de concevoir subrepticement les
stratégies (secrètes) de notre lutte ardente et idéaliste pour notre
autodirection est indispensable ; etc.
Comme
beaucoup d’autres analystes politiques congolais, Marie-Thérèse Nlandu est
convaincue que le problème du Congo est fondamentalement spirituel. Elle
propose d’allumer une bougie à la fin de chaque mois pour demander que la
lumière chasse les ténèbres congolaises.
A ce point
précis, si Marie-Thérèse Nlandu allie notre manque d’organisation à notre
problème spirituel, son interprétation du « fondamentalement
spirituel » mérite d’être enrichi. Si les Congolais(es) ont besoin de
faire et de refaire « l’opération vérité » avec leur Dieu afin qu’ils
(elles) vivent des « valeurs douces » de la paix, de l’honnêteté, de
l’amour mutuel, du travail bien fait, du respect de la vie, etc., ils (elles)
souffrent d’un sérieux « viol de l’imaginaire ». Le Congolais moyen a
des difficultés à comprendre que c’est lui le responsable numéro un de son
devenir. Il a vendu son cœur et son esprit ; il est devenu esclave du « petit
dieu » argent, pouvoir et jouissance. Il croit, malgré les preuves
historiques tangibles que ce sont les autres, ses parrains (qu’il nomme
« bienfaiteurs », « partenaires » « bailleurs de
fonds ») qui finiront par l’aider à sortir de l’auberge.
L’une de ces
preuves est que le refoulement des Congolais(es) « sans-papiers » de la Grande-Bretagne
Prenons
quelques deux ou trois exemples. Si Joseph Kabila arrive à faire sortir les
prisonniers de Kin-Mazière ou de la prison de Makala pour qu’ils soient tués,
il ne le fait pas lui-même : il a des émissaires congolais fabriqués à
l’image et à la ressemblance des bourreaux de leurs frères et sœurs. Pendant
que l’Amérique Latine rompt avec les mécanismes de l’impérialisme en cherchant
à créer la Banque la Banque
Donc, la
crise spirituelle n’est pas à réduire à sa dimension religieuse. Elle est
principalement le déficit de la capacité propre à un être humain normalement
constitué de formater spirituellement un monde simplement humain, à partager
avec ses frères et ses sœurs en humanité. C’est au niveau de ce déficit que le
reformatage doit être amorcé. Il n’a rien à voir avec les slogans lancés par
les bourreaux de notre pays du genre : « Changeons les
mentalités », sans qu’un état des lieux sur la question auquel « la
population du dessous » devrait prendre la parole soit fait.
II.
« Etre maîtres, chez vous, là »
Il y a un
travail supplémentaire à faire au niveau de notre esprit et de notre cœur.
Laurent-Désiré Kabila en parlait souvent : « Etre maîtres, chez vous,
là. » Malheureusement, il n’a pas su emprunter la voie menant
collectivement à la maîtrise de notre destinée commune : il est tombé dans
l’idolâtrie de l’argent et du pouvoir. « Etre maîtres, chez nous,
là » nous exigera, dans notre immense majorité, d’être les acteurs majeurs
de futurs changements à amorcer au niveau de la gestion politique de la
res publica. Le perpétuel danger que nous courrons à ce point nommé,
est de croire facilement en des « libérateurs-parachut
Au jour
d’aujourd’hui, le Congo dispose d’une Constitution (mal faite) ayant l’avantage
de traduire en justice un ‘garant de la nation’ ayant abusé de son
pouvoir.(Même si la justice nationale est prisonnière de l’exécutif, le recours
à la Cour Pénale
L’actuelle
Constitution, malgré ses limites, laisse des marges suffisantes aux actions
citoyennes révolutionnaires. La liberté de pensée et d’expression, la liberté
d’association et de manifestation y sont garanties. Les différentes
associations des journalistes congolais en ont fait usage dernièrement en
organisation un marche pour protester contre les assassinats des journalistes.
Le dernier Forum Social Congolais est une preuve suffisante que nous disposons
des marges de manœuvre qu’il nous suffit d’exploiter. Donc, il y a lieu de
recourir à cette Constitution pour construire, petit à petit, un autre Congo et
même pour mettre hors d’état de nuire les bourreaux de notre peuple. (Même si
la question de savoir combien de Congolais(es) se sont donnés la peine de lire,
en français et/ou en langue nationale cette Constitution reste posée !)
« Etre
maîtres, chez nous, là » est un travail de longue haleine. Il devrait
bénéficier des brèches qu’ouvre régulièrement le système actuel de gestion de
la chose publique, de l’organisation-é
Communiqué Apareco Italie
Vu le message de soi disant APARECO/ITALIE à la date du 20
juin 2007 lancé sur le Net dénonçant un complot sur la conférence que nous
avons conçu et préparé pour la date du 30 juin 2007dont jusqu'à présent aucune
preuve n'est encore présentée ou établie pour affirmer ou confirmer ce complot;
Vu le message reçu encore aujourd'hui (secrétaire
particulier de l'ambassadeur chassé...), 05/07/3007, venant de la même
organisation;
Vu la course aux armements stratégiques et informatiques
dont l'APARECO/ITALIE s'est lancé sans pour autant mesurer la proportionnalité
de son action et le dommage qu'elle peut causer contre la personnalité des
autres compatriotes, spécialement notre ambassadeur et l'aumônerie congolaise;
Vu les préoccupations de nos conférenciers, amis étudiants
et compatriotes sur le motif du report de la conférence déjà citée ci haut;
En notre qualité qualité de secrétaire de la Jeunesse Estudiantine
En un mot la conférence fut reportée parce que le lieu prévu
pour sa tenue était soumis aux réparations accidentelles qui devraient être
faites nécessairement. Quand au complot dénoncé par l'APARECO/ITALIE contre
nous, nous tenons à vous dire que ceux qui parlent dudit complot ou ont cherché
à nuire à la réputation des autres ( à notre ambassadeur ou au révérend père
BITA) ont tort. Parce que jusqu'à la preuve du contraire aucune culpabilité
sociale n'est encore établie.
Pour ce qui est de notre absence à la messe organisée et
consacrée au 30 juin 2007, cela est une
question de procédure et de principe. Procédure: parce
que nous n'avons pas reçu de la part de l'équipe chargée du protocole de notre
ambassade une invitation de sa part comme ça été prévue. Et deuxièmement
l'ambassade n'a pas respecté le sacro-saint principe constitutionnel ( voir
article premier de la constitution de la
RDC la
RDC
NB: Un conseil entre patriote, il ne faut jamais croire ou
accepter une chose ou une information sans au préalable chercher à vérifier la
source de la dite information. Au lieu de tomber dans l'ignorance comme les
autres, vaut mieux se taire plutôt que d'induire les compatriotes dans
l'erreur.
Sincèrement votre compatriote
© Gaulthier TSHITENGE (milckshaeck@yahoo.fr)
téléphone: (0039) 3207130797









