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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

01 juillet 2007

Génocide rwandais : ce que savait l'Elysée

Rwanda_genocide© LE MONDE | 02.07.07 | 10h48  •  Mis à jour le 02.07.07 | 10h48

Il est question de massacres, de réfugiés et de soldats français en ce 29 juin 1994, dans la salle où se tient un conseil des ministres restreint autour de François Mitterrand. Il est question du Rwanda, où la France vient de lancer l'opération humanitaire "Turquoise". La machine génocidaire, lancée le 6avril et qui fera entre 700 000 et 900 000 morts, tourne encore.

"Historiquement, la situation a toujours été périlleuse, dit François Mitterrand lors de ce conseil. Avant l'assassinat du président Habyarimana [dans l'attentat du 6 avril], on ne m'avait pas signalé de drames à l'intérieur du pays."

C'est faux. A partir de la fin de l'année 1990, plus de trois ans avant le déclenchement du génocide, l'Elysée avait reçu des signaux d'alerte diplomatiques et militaires.

Des signaux aussitôt négligés, au nom d'une vision conservatrice façonnée par l'histoire coloniale de la politique africaine de la France. La preuve en est fournie par plusieurs volumes d'archives de l'Elysée transmis au tribunal aux armées, dont Le Monde a eu connaissance.

Ces archives dessinent bien une France "mithridatisée" à son sommet, c'est-à-dire accoutumée volontairement au poison, selon le mot de la mission parlementaire à deux questions-clés : Que savait la France des préparatifs de l'entreprise génocidaire ? Quelle était la nature de la coopération militaire décidée par l'Elysée ?

13 octobre 1990

"Des groupes d'autodéfense armés d'arcs et de machettes" 

La version officielle de l'Etat français a toujours été la suivante : la présence militaire au Rwanda, à partir du dernier trimestre 1990, avait pour but non pas de soutenir unilatéralement le régime d'Habyarimana, mais de le pousser à un partage du pouvoir, tout en empêchant l'avancée militaire du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagamé, soutenu par l'Ouganda.

Le 3 octobre 1990, le régime rwandais sollicite l'appui de la France contre l'offensive conduite par le FPR. François Mitterrand décide de l'envoi d'une compagnie du 2e régiment étranger de parachutistes afin de protéger, voire d'évacuer, les Français sur place. Le détachement Noroit restera trois ans. Ses effectifs monteront jusqu'à 680hommes, soit quatre compagnies.

Déjà, les prémices du génocide étaient visibles. En ce début octobre 1990, plusieurs milliers de personnes sont arrêtées arbitrairement dans la capitale; elles ont le tort d'être tutsies ou d'avoir des intérêts communs avec des Tutsis.

La France fournit néanmoins des munitions en masse à l'armée régulière, les Forces armées rwandaises (FAR).

Le 12 octobre, le colonel Galinié, attaché de défense à Kigali, s'alarme dans un télégramme diplomatique de la multiplication de ces arrestations. "Il est à craindre que ce conflit finisse par dégénérer en guerre ethnique", ajoute-t-il.

Le lendemain, son supérieur, l'ambassadeur Georges Martres, précise : "Les paysans hutus organisés par le MRND [parti du président] ont intensifié la recherche des Tutsis suspects dans les collines. Des massacres sont signalés dans la région de Kibilira." Les paysans, fidèles au régime, "participent de plus en plus à l'action militaire à travers des groupes d'autodéfense armés d'arcs et de machettes".

Février 1991

La France décide de "durcir le dispositif rwandais"

Et à l'Elysée ? On pense stratégie, front contre front. Il faut aider Habyarimana coûte que coûte et endiguer l'influence anglo-saxonne dans la région portée par l'Ouganda qui soutient la rébellion tutsie.

Une assistance militaire technique a été décidée. Ses effectifs seront portés à 80 conseillers, qui jouent un rôle actif dans la formation des forces armées rwandaises. Le lieutenant-colonel Gilbert Canovas exerce même la fonction de conseiller du chef d'état-major.

Le 30 janvier 1991, François Mitterrand suggère par écrit à son homologue rwandais plusieurs conditions à un règlement politique de la crise. Cette approche non contraignante est accompagnée d'un soutien militaire massif.

Le 3 février, l'amiral Jacques Lanxade, chef d'état-major des armées, soumet à François Mitterrand les différentes options envisagées, notamment l'envoi d'un détachement d'assistance militaire et d'instruction (DAMI) qui devrait "renforcer la coopération" et "durcir le dispositif rwandais".

Ces mesures, note le haut gradé, comportent le risque d'être interprétées par les autorités rwandaises comme un "soutien inconditionnel à leur politique". Le 21 mars, le DAMI est envoyé.

Mais la situation se dégrade. Le soutien français au régime n'apporte pas de résultats. "La guerre déstabilise et radicalise de plus en plus" le Rwanda, affirme même Paul Dijoud, le directeur des affaires africaines du Quai, dans une note du 11 mars 1992 qui appelle à un renforcement de l'appui de la France à Kigali. Les livraisons d'armes s'accélèrent.

19 janvier 1993

Le pouvoir de Kigali voudrait "procéder à un génocide systématique", écrit l'ambassadeur

Face à l'avancée de la rébellion, Juvénal Habyarimana est contraint d'envisager des négociations. La position de la France n'est guère aisée. Le 19 janvier 1993, l ambassadeur Martres envoie un télégramme après sa rencontre avec Jean Carbonare, président du mouvement Survie et membre de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).

Celle-ci est sur le point de publier un rapport accablant. Elle dispose, explique M. Martres, du témoignage d'un ancien membre des escadrons de la mort chargés des exactions, du nom de Janvier Afrika.

Selon ce dernier, le président rwandais aurait lui-même donné le signal de départ de massacres après une réunion avec ses collaborateurs. Il aurait intimé "l'ordre de procéder à un génocide systématique en utilisant, si nécessaire, le concours de l'armée et en impliquant la population locale dans les assassinats", écrit l'ambassadeur.

Février 1993

"Exactions malheureuses commises par les extrémistes hutus", pour l'Elysée; "programme de purification ethnique ", selon la DGSE

Comme tout l'entourage du président Mitterrand, obsédé par la préservation de l'influence française dans la région, le diplomate Bruno Delaye décèle une autre urgence que ces alertes.

Dans une note du 15 février 1993, le conseiller Afrique de l'Elysée s'alarme du fait que le FPR est "en mesure de prendre Kigali", bénéficiant entre autres de la "complicité bienveillante du monde anglo-saxon" et d'un "excellent système de propagande qui s'appuie sur les exactions malheureuses commises par les extrémistes hutus".

La notion d'"exaction malheureuse" n'est pas développée. "Nous sommes aux limites de la stratégie indirecte d'appui aux forces armées rwandaises", note-t-il. Il faudra évacuer Kigali "à moins de devenir cobelligérants".

Les analyses provenant du terrain sont de plus en plus inquiétantes. Le 18 février, la DGSE signe une note sur les "véritables massacres ethniques" et les 300morts dénombrés au cours des semaines précédentes. Une des explications avancées par le service extérieur français est glaciale : "Il s'agirait d'un élément d'un vaste programme de purification ethnique dirigé contre les Tutsis", fomenté au sommet de l'Etat.

Le lendemain, le général Christian Quesnot, chef d'état-major particulier de François Mitterrand, ainsi que le numéro 2 de la cellule Afrique de l'Elysée, Dominique Pin, présentent différentes options au président.

La première consiste à évacuer les Français et à retirer le dispositif Noroit. Les auteurs la rejettent aussitôt : "C'est l'échec de notre présence et de notre politique au Rwanda. Notre crédibilité sur le continent en souffrirait."

Dans une autre note, M. Pin assure que les massacres ethniques s'amplifieront si la rébellion prend Kigali; il faut donc accroître l'effort comme jamais.

La France lance l'opération "Chimère". "Du 20février au 20mars 1993, la présence militaire française au Rwanda a franchi un cap qu'elle n'aurait pas dû dépasser", résumera la mission parlementaire en 1998, qui soulignera les "nouvelles missions" des soldats français : "Les patrouilles, les contrôles de zone autour de la capitale et les vérifications d'identité aux points d'accès" de la capitale.

3 mars 1993

"Exiger une réorientation forte et immédiate des médias" 

Cet engagement radical de la cellule de l'Elysée ne fait pas l'unanimité. Le malaise gagne les rangs du gouvernement. Dans une note au président du 26 février, Pierre Joxe, ministre de la défense, se dit "préoccupé" par la position française et estime que l'envoi de deux compagnies supplémentaires ne serait pas "la meilleure façon" d'amener le président rwandais à "faire les concessions nécessaires".

Mais autour de François Mitterrand, dans ce palais hermétique, on veut défendre une autre perspective et justifier, à tout prix, la politique française. Le 3 mars, pour renverser les charges, le général Quesnot propose au président d'incriminer la rébellion en exigeant "une réorientation forte et immédiate de l'information des médias [français] sur notre politique au Rwanda en rappelant notamment (…) les graves atteintes aux droits de l'homme du FPR : massacres systématiques de civils, purification ethnique, déplacement de population…".

Le 7 mars 1993, un accord est enfin trouvé entre les deux parties en conflit. Il prévoit un cessez-le-feu et le départ des deux compagnies françaises; il ouvre la voie aux négociations politiques, qui aboutiront aux accords d'Arusha, le 4 août.

La France, elle, est entrée en cohabitation. Le 2avril, un conseil des ministres restreint a pour thème le Rwanda. La droite découvre un dossier sans issue. Le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, est tranchant. "Il y a des risques de massacres si nous partons et un risque de défiance africaine vis-à-vis de la France. Mais par contre, si nous renforçons nous nous enfonçons dans ce dossier. Nous ne pouvons pas partir."

Le premier ministre, Edouard Balladur, envisage d'envoyer 1000 hommes de plus. François Mitterrand est d'accord et théorise : "La règle est qu'il n'y a d'intervention française que s'il y a agression extérieure et non pas s'il y a un conflit tribal. Ici, c'est mélangé, car il y a le problème tutsi."

Après un an de négociations infructueuses, les accords d'Arusha sont enfin signés. Ils prévoient le partage du pouvoir et des élections dans les vingt-deux mois à venir. Une force internationale neutre, sous égide des Nations unies, doit être mise en place. Le 15 décembre 1993, la présence française retrouve son niveau du 1eroctobre 1990, soit 24 assistants militaires. Pourtant, rien n'est réglé.

12 janvier 1994

"Eliminer 1000 d'entre eux dès la première heure" 

Dans un télégramme diplomatique du 12 janvier, l'ambassadeur à Kigali rapporte les confidences d'un informateur du représentant des Nations unies. Celui-ci a livré les détails "graves et plausibles" d'un plan de déstabilisation radicale du pays. Il commencerait par des provocations contre les troupes du FPR à Kigali, pour susciter une riposte.

"Les victimes rwandaises que ne manqueraient pas de provoquer ces réactions seraient alors le prétexte à l'élimination physique des Tutsis de la capitale, explique le diplomate. Selon l'informateur de la Minuar, 1700 Interhamwe [membres des milices populaires] auraient reçu une formation militaire et des armes pour cela, avec la complicité du chef d'état-major FAR. La localisation précise des éléments tutsis de la population de Kigali devrait en outre permettre d'éliminer 1000 d'entre eux dans la première heure après le déclenchement des troubles."  

Trois mois plus tard, le 6 avril, un missile abat l'avion transportant le président Juvénal Habyarimana. En quelques heures, la machine génocidaire se met en marche comme prévu.

"Matignon et le Quai d'Orsay souhaitent, dans cette nouvelle crise rwandaise, qui risque d'être très meurtrière, que la France ne soit pas en première ligne", écrit Bruno Delaye à François Mitterrand, le lendemain de l'attentat. La priorité est l'évacuation des Français. Elle s'effectue en quelques jours. La communauté internationale est paralysée et aphone.

L'ambassadeur de France au Rwanda, Jean-Michel Marlaud, lui, à l'instar de la cellule de l'Elysée, refuse d'accabler seulement les Hutus : "Tant qu'ils auront le sentiment que le FPR essaie de prendre le pouvoir, [ils] réagiront par des massacres ethniques", écrit-il le 25avril.

Le génocide est donc présenté comme une réaction spontanée, et non un plan. Trois jours plus tard, Bruno Delaye reconnaît que les massacres se déroulent "avec une ampleur horrifiante : de l'ordre de 100 000 morts, selon les responsables du CICR (…). Les milices hutues, armées de grenades et de machettes, massacrent les Tutsis qui n'ont pas pu trouver refuge dans la zone FPR ou bénéficier de la protection de la Minuar".
 

6 mai 1994

Vers "un Tutsiland avec l'aide anglo-saxonne et la complicité objective de nos faux intellectuels"

La ligne française demeure marquée par ses pesanteurs historiques, quitte à nier la réalité. Le 6mai, le général Quesnot résume le danger d'une victoire militaire éventuelle du FPR, sa hantise. "Le président [ougandais] Museveni et ses alliés auront ainsi constitué un Tutsiland avec l'aide anglo-saxonne et la complicité objective de nos faux intellectuels, remarquables relais d'un lobby tutsi auquel est également sensible une partie de notre appareil d'Etat."

Quatre jours plus tard, à la télévision, François Mitterrand résume la prudence française en une phrase : "Nous ne sommes pas destinés à faire la guerre partout, même lorsque c'est l'horreur qui nous prend au visage."

Pourtant, la prise de conscience internationale commence à s'opérer. Le 17mai, à la demande de la France, une résolution de l'ONU est adoptée, imposant la création de zones humanitaires sûres et un embargo sur les armes. Le lendemain, en conseil des ministres, Alain Juppé brave l'interdit : "Au Rwanda, le mot de génocide n'est pas trop fort."  

Mais à l'Elysée, l'entourage de François Mitterrand s'accroche à ses présupposés. Le 24mai, le général Quesnot s'alarme une nouvelle fois des ambitions du FPR. "L'arrivée au pouvoir dans la région d'une minorité dont les buts et l'organisation ne sont pas sans analogie avec le système des Khmers rouges est un gage d'instabilité régionale."

Dans les conversations informelles à l'Elysée, le général parle des "Khmers noirs" de Kagamé.

21 juin 1994

"Le passé est le passé" 

La pression diplomatique monte, face à l'ampleur des massacres. Les ONG mettent en cause la France. Le 19 juin, l'Elysée publie même un communiqué exceptionnel, pour dénoncer les "procès sommaires" qui lui sont faits. Les médias n'auraient rien compris : la France serait au contraire à louer pour son engagement.

 L'opération humanitaire "Turquoise" est lancée; elle va durer jusqu'au 22août. "Toute cette mission doit être présentée comme une étape nouvelle de notre politique : le passé est le passé ", écrit Bruno Delaye le 21juin.

Mais il est difficile d'imposer l'idée d'une virginité en matière de politique africaine, après plus de trois ans d'étroite coopération avec Kigali. Au cours d'une réunion avec des représentants du FPR, le 22 juin, Philippe Baudillon, conseiller à Matignon, assure que le gouvernement de droite a développé une nouvelle approche vis-à-vis du continent.

Il souligne la volonté d'Edouard Balladur d'établir des "relations claires" avec les pays africains, rapporte Bruno Delaye dans une note au président. "Votre interprétation des intentions françaises au Rwanda n'est pas la bonne, aurait dit le conseiller du premier ministre à ses interlocuteurs du FPR. Elle est en contradiction avec ce qui s'est fait depuis un an." François Mitterrand enrage à cette lecture et ajoute à la main : "Inadmissible. Protester à Matignon."

Le 14 juillet, le président parle à la télévision à l'occasion de sa dernière fête nationale en pleine lumière. François Mitterrand livre, une nouvelle fois, sa version de l'histoire. "Les Français sont partis plusieurs mois avant le déclenchement de ce génocide qui a suivi l'assassinat des présidents du Rwanda et du Burundi. A ce moment-là, on nous a suppliés de revenir en nous disant : Sauvez les casques bleus, ramenez les Français, les Belges, les étrangers qui se trouvent au Rwanda , ce que nous avons fait. (…) Nous avons sauvé des dizaines, des milliers de gens, de pauvres gens qui avaient déjà supporté beaucoup de souffrances."

© Piotr Smolar

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Les incantations du « raïs »

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Les incantations du « raïs »
« Formule magique, chantée ou récitée pour obtenir un effet surnaturel ». Telle est la définition du vocable « incantation ».

Qui rédige les allocutions prononcées par Joseph Kabila ?

Celui-ci se donne-t-il la peine de lire et relire le texte lui proposé afin de l’adapter éventuellement à sa personnalité ? Lorsqu’on analyse les discours du numéro un Congolais, ce qui frappe avant tout c’est le fossé béant existant entre les beaux principes énoncés – unité nationale, respect des droits de l’Homme, bonne gouvernance etc. - et les réalités socio-politiques sur le terrain. Le vécu quotidien. Depuis six ans, « Joseph » donne de lui l’image peu élogieuse d’un « réciteur » de ce qu’on veut bien lui souffler. A l’occasion de la célébration du 47ème anniversaire de l’indépendance de

la RD Congo

, le « raïs » a, dans un message à la nation, diffusé samedi 30 juin, invité ses concitoyens à rester « unis, déterminés et mobilisés ».

Comment peut-on rester unis dans un pays où certaines provinces ou ethnies n’ont plus qu’un vague sentiment d’appartenance à la grande famille nationale ?

C’est le cas notamment des provinces du Kivu, du Kasaï, du Bas-Congo et de l’Equateur. Les dernières nominations dans l’armée et la police démontrent bien la volonté de privilégier certaines entités au détriment d’autres. Depuis dix ans, les Congolais du Nord et du Sud-Kivu sont abandonnés à leur triste sort. L’Etat en tant que pouvoir politique, en charge de la sécurité des personnes et des biens, a démissionné. Faute de volonté politique. Des miliciens étrangers et locaux, manipulés par des Etats voisins (c’est le cas du Rwanda et de l’Ouganda), y sèment le désordre. En toute impunité. La mort est banalisée.

Au pouvoir depuis bientôt sept ans, Joseph paraît dépassé par l’ampleur de la crise. D’aucuns vont plus loin en l’accusant d’être tout simplement de connivence avec les « forces négatives » proches de Laurent Nkunda et de Ignace Murwanyashyaka. Le « raïs » n’avait-il pas pris l’engagement de s’occuper « personnellement » de la situation dans les deux Kivu ?

N’avait-il pas annoncé avec fracas sa volonté d’installer son « QG » à Bukavu pour « anéantir » les combattants hutus des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) et ceux du « général » mutin Nkunda ? Où en est-on ? Incantation. Rien que des incantations. Kabila semble croire qu’il suffit d’énoncer un souhait, un voeux pour que la solution se manifeste. Par enchantement. Comment peut-on être déterminés et mobilisés dans un pays où la solidarité économique, la justice sociale et l’égalité de chance sont des valeurs superbement ignorées par les gouvernants ? Des gouvernants qui donnent la forte impression d’être au service exclusif des membres de leur famille tant biologique que politique et régionalo-tribale. La grande tribu « Luba » du Kasaï oriental n’a pas un seul représentant au sein du gouvernement à Kinshasa.

Les ressortissants du Bas-Congo sont encore traumatisés par le massacre de 134 adeptes du mouvement politico-religieux « Bundu dia Kongo ». En imposant le huis clos au débat ouvert à l’Assemblée nationale sur cette affaire, le pouvoir parait décidé à dissimuler la vérité sur ce qui s’est réellement passé le 31 janvier et le 1er février 2007 dans cette partie du pays. Voudrait-on diluer les responsabilités ?

Depuis les derniers affrontements ayant opposé les éléments de la garde présidentielle aux soldats chargés de la sécurité rapprochée de Jean-Pierre Bemba Gombo, les anciens militaires des ex-Forces armées zaïroises vivent dans la clandestinité dans leur propre patrie. Etre originaire de la province de l’Equateur est devenue une « circonstance aggravante » pour les anciens membres de

la Division

spéciale présidentielle de Mobutu. Il ne se passe pas un jour sans que les associations de défense des droits de l’Homme dénoncent la « chasse l’homme » que mènent des membres du GSSP à l’encontre des originaires de l’Equateur, suspectés d’être des partisans du leader du MLC.

La RD Congo

serait-elle l’unique Etat où la responsabilité pénale est collective?

Peut-on décemment inviter la population à rester « unis, déterminés et mobilisés » dans un pays à la cohésion nationale aussi implosée ?

La République

démocratique du Congo a besoin d’un chef d’Etat et non d’un prédicateur de la bonne parole. Ce pays a besoin d’un "capitaine" ayant des convictions fortes. Un chef d’Etat qui prêche par l’exemple comme disait Napoléon : « L’action est la meilleure des communications ».

B. Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2007

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Les crimes de la Belgique coloniale au Congo. Devoir de mémoire

leopoldLes crimes de

la Belgique

coloniale au Congo. Devoir de mémoire
©  Éric Toussaint


1er juillet 2007

Exposé d’Eric Toussaint, Liège, mardi 12 juin 2007

En premier lieu, je voudrais aborder la question du contexte historique dans lequel le Congo devient un Etat soumis à

la Belgique

par l’intermédiaire de son roi, Léopold II. Ensuite, j’analyserai une série d’éléments sur l’exploitation du Congo.

La démarche du CADTM, qui co-organise cette activité avec différentes associations liégeoises, se situe dans le cours et le moyen terme. Il s’agit de lancer un débat absolument nécessaire sur la mémoire, sur le rôle de

la Belgique

, très concret, à l’égard du peuple congolais, de la fin du 19e siècle jusqu’à aujourd’hui.

Ce soir, nous allons aborder la période du Congo soumis à Léopold II (1885-1908). L’idée est d’organiser une série d’activités dans les huit ou neuf mois qui viennent pour décrire la situation jusqu’à aujourd’hui.

Après cette soirée, nous aborderons la période 1908 à 1960 quand le Congo passe de Léopold II à

la Belgique

, l’indépendance du Congo en 1960, les circonstances de cette indépendance, l’assassinat du premier ministre congolais Patrice Lumumba, le rôle de

la Belgique

dans le soutien et dans l’organisation de cet assassinat, son soutien à la dictature de Mobutu ; la fin du régime de Mobutu et la période ouverte par la fin de Mobutu, c’est-à-dire, la période actuelle qui s’étale sur dix ans, de 1997 à 2007.

Nous pensons convoquer des activités non seulement à Liège mais à Bruxelles, à Mons, à Ostende et dans d’autres villes, parce que ce pays est empli de symboles qui renvoient à la période de Léopold II. Des symboles qui, pour la plupart, comme la plaque de bronze de l’hôtel de ville de Liège, ont été construits, créés dans les années 1930, dans un contexte bien précis : il fallait faire oublier les atrocités de l’époque léopoldienne.

En effet, au début du 20e siècle, dans le cadre d’une campagne internationale de protestation contre les crimes dont se rendait coupable le régime de Léopold II au Congo, une période d’opprobre frappe Léopold II. Puis, on enregistre au cours des années 1930, une sorte de réhabilitation de Léopold II : on érige des statues équestres de Léopold II et on inaugure des plaques « commémoratives » dans une série de lieux publics extrêmement importants au niveau de la mémoire, comme le hall de l’hôtel de ville de Liège.

Nous voulons aborder d’une manière tout à fait critique, avec un parti pris de mise en cause, ces aspects de l’Histoire de manière à ce que

la Belgique

assure réellement un devoir de mémoire, une obligation de mémoire. Comme le disait José Mukadi qui a introduit cette soirée, des débats ont agité en Belgique, dans les huit derniers mois, sur la question de savoir s’il fallait permettre à un nouvel élu municipal de siéger dans un conseil communal alors qu’il niait le génocide arménien du début du 20e siècle. Par contre, le silence est de mise lorsqu’il s’agit des actions du Roi des Belges au Congo de la fin du 19e siècle au début du 20e siècle. Il y a là une mémoire tout à fait sélective des mandataires politiques belges, de la presse, de certains professeurs d’université. Notre rôle consiste à réintroduire dans le débat, dans les questions de société, la responsabilité de

la Belgique

à l’égard du peuple congolais.

Il s’agit d’un travail qui s’étendra sur plusieurs mois. Nous convoquerons, avec d’autres organisations, une journée d’étude à Bruxelles où nous ferons appel à une série d’historiens en leur donnant le temps d’exposer les faits et de débattre. Je précise que moi-même, je ne suis pas docteur en histoire, je suis historien de l’école normale de Jonfosse et docteur en Sciences politiques de l’université de Liège et de l’université de Paris VIII.

Mise en perspective historique de la colonisation du Congo

A la fin du 18e siècle, soit plus d’un siècle avant le démarrage de la colonisation léopoldienne du Congo, les 13 colonies britanniques d’Amérique du Nord, suite à une guerre d’indépendance, se libèrent de la couronne britannique.

La Grande-Bretagne

, dans une autre partie de la planète, renforçait son emprise, en imposant la colonisation de l’Asie du Sud, l’Inde au sens large, de la fin du 18e siècle jusqu’au milieu du 20e siècle. De leur côté, les Hollandais renforçaient leur domination sur l’Indonésie. Ceux qui luttaient pour la libération, pour la suppression des colonies, ne se limitaient pas aux descendants européens - récemment immigrés - qui ont obtenu l’indépendance des 13 colonies britanniques d’Amérique du Nord pour fonder ensemble, en 1776, les Etats-Unis d’Amérique du Nord. Un peuple extrêmement courageux, un peuple noir descendant direct d’Africains, le peuple d’Haïti, conquiert aussi son indépendance en 1804 contre la domination française. Au cours des vingt années suivantes, des guerres d’indépendance sont livrées en Amérique Latine. Elles sont dirigées par des personnes comme Simon Bolivar qui va défaire, en plusieurs batailles, les troupes espagnoles qui dominent une grande partie de l’Amérique Latine.

Je mentionne tout cela parce que, à la fin du 18e siècle et au début du 19e siècle, alors que toute une série de pays conquièrent leur indépendance aux Amériques, l’Afrique subsaharienne est encore largement non colonisée par les Européens. Cela ne l’empêche pas d’avoir subi les effets de la colonisation des autres continents par le biais du commerce triangulaire et de la traite des Noirs. Plusieurs dizaines de millions d’Africains sont réduits en esclavage et transportés de force aux Amériques entre le 17e siècle et le milieu du 19e siècle.

C’est dans le quatrième quart du 19e siècle que l’Afrique subsaharienne tombe complètement sous le joug colonial des pays européens : Grande-Bretagne, France, Portugal, Allemagne, Belgique ... principalement.

Léopold II, deuxième roi des Belges, cherche à doter son pays d’une colonie

Léopold II envisage de coloniser une partie de l’Argentine, puis il se tourne vers les Philippines et il en demande le prix aux Espagnols. Ce prix est trop élevé, il ne peut pas le payer. Finalement, il jette son dévolu sur l’immense bassin du fleuve Congo. Pour ce faire, il utilisera la ruse afin de ne pas entrer en conflit avec les grandes puissances européennes qui sont déjà, elles, d’importantes puissances coloniales et qui auraient les moyens de réduire à néant les ambitions coloniales de

la Belgique

, venue tardivement réclamer sa part du gâteau.

Avant de devenir roi, Léopold II avait parcouru une partie importante du monde colonial : Ceylan, l’Inde,

la Birmanie

, l’Indonésie. Il tomba en admiration au cours de ses voyages devant les méthodes des Pays-Bas à Java en Indonésie.

Java était pour lui le modèle à suivre et c’est ce qu’il appliquera lors de sa colonisation au Congo. Le modèle javanais reposait sur la main d’oeuvre forcée.

Au 19e siècle, les arguments utilisés par les Européens pour coloniser l’Afrique et l’Asie étaient principalement les suivants :
christianiser les païens ;
apporter à tout le monde les bénéfices du libre commerce (cela reste très actuel...)
et, dans le cas de l’Afrique subsaharienne, en finir avec la traite des esclaves par les Arabes.

A partir de 1865, quand Léopold II accède au trône, il entreprend de nombreuses initiatives pour doter

la Belgique

d’une colonie.

Par exemple, en 1876, il organise au palais royal une conférence géographique internationale. Selon lui, l’objectif - et c’est cohérent par rapport au prétexte qui était utilisé à l’époque - est : « Ouvrir à la civilisation la seule partie de notre globe où elle n’ait point encore pénétré, percer les ténèbres qui enveloppent des populations entières, c’est, j’ose le dire, une croisade digne de ce siècle de progrès. (...) Il m’a paru que

la Belgique

, État central et neutre, serait un terrain bien choisi pour une telle réunion. (...) Ai-je besoin de vous dire qu’en vous conviant à Bruxelles, je n’ai pas été guidé par des vues égoïstes ? Non, Messieurs, si

la Belgique

est petite, elle est heureuse et satisfaite de son sort ; je n’ai d’autre ambition que de la bien servir.  ». Et il explique qu’avec cette société internationale de géographie où il a convoqué une série de grands explorateurs, il s’agira de construire des routes à ouvrir successivement vers l’intérieur et des stations hospitalières, scientifiques et pacificatrices qui constitueront autant de moyens d’abolir l’esclavage, d’établir la concorde entre les chefs, de leur procurer des arbitres justes, désintéressés. Cela, c’est le discours officiel.

Très peu de temps après, il embauche l’explorateur Stanley qui venait de traverser l’Afrique d’est en ouest en suivant le fleuve Congo jusqu’à son embouchure.

La conférence de Berlin de 1885 et la création de l’Etat indépendant du Congo

En 1885, après de multiples manoeuvres diplomatiques, Léopold II obtient à Berlin l’autorisation de créer un État indépendant du Congo. Le chancelier Bismarck dit en clôture de la conférence de Berlin en février

1885 : « Le nouvel État du Congo est destiné à être un des plus importants exécutants de l’oeuvre que nous entendons accomplir, et j’exprime mes meilleurs voeux pour son développement rapide et pour la réalisation des nobles desseins de son illustre créateur. »

Parallèlement à ses discours dans les grandes conférences, Léopold II tient un autre type de propos : les documents qu’il envoie à ceux qu’il délègue dans l’État indépendant du Congo pour le mettre en valeur, ou les déclarations qu’il fait à la presse. Par exemple, le 11 décembre 1906, paraît une interview au journal new-yorkais Publisher’s Press où il dit - je le cite et ayons à l’esprit que nous sommes en 1906, plus de vingt ans après la conférence de Berlin : « Quand on traite une race composée de cannibales depuis des milliers d’années, il est nécessaire d’utiliser des méthodes qui secoueront au mieux leur paresse et leur feront comprendre l’aspect sain du travail ».

Dès le moment où, en 1885, Léopold II peut créer de toutes pièces l’État indépendant du Congo qui est SON État personnel, il prend un premier décret fondamental : toutes les terres considérées vacantes deviennent propriété de l’État. Il s’approprie les terres alors que l’objectif de l’État indépendant du Congo était de permettre aux chefs congolais de s’entendre et de se défendre par rapport aux Arabes qui les réduisaient en esclavage. En réalité, il passe une série de traités, via Stanley, avec une série de chefs coutumiers du Congo, par lesquels ces chefs coutumiers transfèrent la propriété des terres de leurs villages ou de leurs domaines au chef de l’État indépendant du Congo, Léopold II. Les autres terres, un immense territoire, sont déclarées vacantes et deviennent donc aussi la propriété de l’État indépendant du Congo.

Le modèle javanais appliqué par

la Belgique

de Léopold II au Congo

C’est alors que Léopold II applique le modèle de l’exploitation hollandaise de Java : il exploite systématiquement la population qu’il réussit à dominer notamment par la création de

la Force

publique, en exigeant de cette population qu’elle récolte du latex (du caoutchouc naturel), des défenses d’éléphants, et qu’elle fournisse la nourriture nécessaire aux besoins des colons. Le roi s’octroie un monopole sur à peu près toutes les activités et les richesses du Congo. Son modèle implique une récolte maximale des richesses naturelles du Congo par des moyens qui n’ont rien à voir avec des méthodes directement modernes de production industrielle. Non, il s’agit de forcer la population congolaise à récolter le latex pour ramener obligatoirement une certaine quantité par tête, à chasser pour ramener d’énormes quantités de défenses d’éléphants. Léopold II entretient une force coloniale dotée d’une armée principalement composée de Congolais et commandée entièrement par des Belges, pour imposer le respect de l’ordre colonial et le respect des obligations de rendement. Il utilisera systématiquement des méthodes d’une absolue brutalité.

Par tête d’habitant, il fallait ramener tant de caoutchouc. Pour forcer les chefs de villages et les hommes à partir à la cueillette, on emprisonnait leurs femmes dans des camps de concentration où elles étaient régulièrement soumises à des sévices sexuels de la part des colons ou des Congolais de

la Force

publique. Si l’on n’obtenait pas les résultats et les quantités obligatoires, on tuait pour faire des « exemples », ou on mutilait. Des photos de l’époque montrent des personnes victimes de ces mutilations, qui avaient un sens tout à fait précis. Les soldats de

la Force

publique devaient faire la preuve qu’ils avaient utilisé chaque cartouche à bon escient : ils devaient donc ramener une main coupée pour prouver que la cartouche avait bien servi à tuer un Congolais.

La vision, la politique de Léopold II, roi des Belges et représentant des intérêts de

la Belgique

, du peuple belge, correspondait donc à un mode de colonisation extrêmement brutal. Il dit d’ailleurs à propos du modèle de colonisation : « Soutenir que tout ce que le blanc fera produire au pays doit être dépensé uniquement en Afrique et au profit des noirs est une véritable hérésie, une injustice et une faute qui, si elle pouvait se traduire en fait, arrêterait net la marche de la civilisation au Congo. L’Etat qui n’a pu devenir un Etat qu’avec l’actif concours des blancs, doit être utile aux deux races et faire à chacune sa juste part.  »

Manifestement la part qui revient au Congolais, c’est le travail forcé, la chicote et les mains coupées.

Sur la question de l’exploitation sauvage du caoutchouc, je donnerai seulement quelques chiffres : l’exploitation du caoutchouc commence en 1893 et est liée aux besoins en pneumatiques de l’industrie automobile naissante et du développement de la bicyclette. On produit 33.000 kilos de caoutchouc en 1895, on en récolte 50.000 kilos en 1896, 278.000 kilos en 1897, 508.000 kilos en 1898... Les récoltes absolument énormes vont donc rapporter des bénéfices extraordinaires aux sociétés privées que Léopold II a créées, et dont il est l’actionnaire principal, pour gérer des affaires de l’État indépendant du Congo. Le prix du kilo de caoutchouc à l’embouchure du fleuve Congo est de 60 fois inférieur au prix de vente en Belgique. Cela rappelle aussi des choses très actuelles avec les diamants ou le coltan collectés aujourd’hui.

La campagne internationale contre les crimes de

la Belgique

de Léopold II au Congo

Cette politique a finalement donné naissance à une immense campagne internationale contre les crimes perpétrés par le régime léopoldien. Ce sont des pasteurs noirs des Etats-Unis qui s’insurgent contre cet état de chose, puis le fameux Morel. Celui-ci travaille pour une société britannique à Liverpool et est amené à voyager régulièrement à Anvers. Il fait le constat suivant : alors que Léopold II prétend que

la Belgique

fait des échanges commerciaux avec l’État indépendant du Congo, les bateaux ramènent du Congo des défenses d’éléphants, des milliers de kilos de caoutchouc, et ne repartent qu’avec des armes, essentiellement, et des aliments pour la force coloniale. Morel pense qu’il s’agit là d’un bien drôle de commerce, d’un bien drôle d’échange. Les Belges de l’époque qui soutenaient Léopold II ne reconnurent jamais cette réalité. Ils affirmèrent que Morel représentait les intérêts de l’impérialisme britannique et ne critiquait les Belges que pour prendre leur place. Paul Janson, dont le principal auditoire de l’université libre de Bruxelles, porte le nom, dira : « Je ne vais jamais critiquer l’œuvre de Léopold (il était député à la chambre) car ceux qui le critiquent notamment les Britanniques, ne le font qu’avec la politique de ôte toi de là que je m’y mette  ».

Cependant, les critiques prennent de l’ampleur, avec des livres comme celui de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres, et Le crime du Congo belge, un livre trop méconnu de Arthur Conan Doyle, l’écrivain qui a inventé Sherlock Holmes. Une campagne internationale contre l’exploitation du Congo se traduit par des manifestations aux Etats-Unis ainsi qu’en Grande-Bretagne et finit par produire des effets. Léopold II se voit obligé de constituer une commission d’enquête internationale en 1904 qui se déplace sur place, au Congo, pour récolter des témoignages. Les témoignages que cette commission internationale récolte sont accablants. On les trouve tous sous une forme manuscrite dans les archives de l’État belge.

Aujourd’hui, le devoir de mémoire par rapport aux crimes contre l’humanité commis au Congo

Au cours des vingt dernières années, beaucoup de conférences ont été données, des livres ont été publiés pour dénoncer le type d’Etat que Léopold II, Roi des Belges, avait instauré au Congo. Bref, une ample littérature sérieuse s’est ajoutée aujourd’hui aux documents d’époque.

On y apprend par exemple que la part du budget que l’Etat indépendant du Congo destinait aux dépenses militaires oscillait bon an mal an entre 38% et 49% des dépenses totales. C’est dire l’importance de la chicotte, l’importance des fusils modernes pour instaurer une dictature utilisant systématiquement l’arme de la brutalité et des assassinats...

On peut considérer, sans risque d’erreur, que le Roi des Belges et l’Etat indépendant du Congo, qu’il dirigeait avec l’accord du gouvernement et du parlement belges de l’époque, sont responsables de « crimes contre l’humanité » commis de manière délibérée. Ces crimes ne constituent pas des bavures, ils sont le résultat direct du type d’exploitation auquel le peuple congolais était soumis. Certains auteurs, et non des moindres, ont parlé de « génocide ». Je propose de ne pas engager un débat qui se focalise sur cette question parce qu’il est difficile d’établir exactement des données chiffrées. Certains auteurs sérieux estiment que la population congolaise en 1885 atteignait 20 millions et qu’au moment où Léopold II doit transmettre à

la Belgique

en 1908 son Congo à

la Belgique

pour en faire le Congo belge, il restait 10 millions de Congolais. Ce sont des estimations d’auteurs sérieux, mais difficiles à prouver dans la mesure où il n’y avait pas de recensement de population.

Au lieu de millions de victimes, si le nombre de celles-ci s’élevait à des dizaines de milliers ou à des centaines de milliers de victimes innocentes de l’activité coloniale de Léopold II, il n’en resterait pas moins qu’il s’agit de crimes contre l’humanité et qu’il est fondamental de rétablir la vérité historique. Des citoyens, et notamment des jeunes, entrant dans le hall de l’hôtel de ville de la ville de Liège, ou allant de la rue du Trône vers la place Royale à Bruxelles, passent devant la plaque saluant l’œuvre coloniale ou devant la statue équestre de Léopold II. Des citoyens passent devant la statue de Léopold II érigée à Ostende en front de mer. Ils voient un Léopold II majestueux avec, en contrebas, des Congolais reconnaissants, tendant leurs mains reconnaissantes vers lui avec pour seul commentaire le rôle civilisateur de Léopold II pour libérer les Congolais de la traite des esclaves... Il est urgent de rétablir la vérité historique et d’arrêter de mentir à nos enfants, de mentir aux citoyens belges, d’arrêter d’insulter la mémoire des victimes, des descendants des victimes et des descendants des Congolais qui ont subi dans leur chair, dans leur dignité, une domination absolument terrible.

Ce devoir de mémoire, il doit être fait ailleurs aussi. Qu’on évite un débat du type : « vous ne faites que critiquer

la Belgique

et vous taisez ce qui s’est passé ailleurs ». J’ai commencé mon exposé par situer le contexte :

la Grande-Bretagne

a dominé de manière extrêmement brutale l’Asie du Sud ; les Pays-Bas ont dominé avec une violence extrême les populations d’Indonésie ; avant cela, on avait exterminé les trois quarts de la population de ce qu’on appelait, à ce moment-là, les Amériques et, dans le cas de

la Caraïbe

, on en a exterminé quasiment 100% au cours du 16e siècle. L’Etat belge n’a donc pas du tout le monopole de la brutalité, mais nous sommes en Belgique et, en tant que citoyens belges, avec nos amis congolais, avec les ressortissants des différents pays qui vivent en Belgique, il est fondamental de faire ce devoir de mémoire et de rétablir la vérité historique. Comme nous le proposons, ce peut être en démontant la plaque de bronze qui se trouve dans l’hôtel de ville et en la mettant dans un musée avec toute l’explication nécessaire. Pour le moins, ce peut être en accompagnant cette plaque d’une explication adéquate correspondant à la vérité historique sur la base de travaux scientifiques. C’est pour cela que nous demandons aux autorités communales qu’elles contribuent à rendre justice à la mémoire des citoyens du Congo et d’ici, tous citoyens du monde. C’est aussi pourquoi nous demandons la mise en place d’une commission parlementaire d’enquête sur le passé colonial de

la Belgique.

CADTM
www.cadtm.org/article.php3?id_article=2727

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3o juin à Bruxelles

C'est avec grand succès que les mamans congolaises conduites par Christine TSHITENDE et Thérèse KOLOMONI ont remercié l'assistance masculine devant l'ambassade des USA à Bruxelles.

Il était 12H00 quand le dispositif militaire avait quadrillé le quartier où est situé l'ambassade des USA en Belgique pour empêcher le débordement des enfants terribles de la diaspora congolaise.

Il faut noter que la mobilisation était de 3 jours et malgré cela les vrais fils du pays dont on peut compter jours et nuits étaient là, avec en tête les Bana Congo du président CIBAYI, Aubin KIKONKA et Patrick KANKU, La toute puissante Dynamique UDPS Liège en tenue du parti conduite par Jean de Dieu MITIMA, Samy MUSAMPA et Ange PABOLANGI. Comme par surprise générale on a remarque le retour de Didier RAMAZANI après un long temps de combine avec les Kabilistes.

Selon les organisatrices du Sit-in, cela peut s'appeler rentrée politique dans la manière où un calendrier est déjà établi pour de nouvelles manifestations. Nous avons profiter de l'occasion pour assister à la messe du 30/06/2007 organisée en l'Honneur de l'indépendance de notre pays dans la commune de Jette. Marie-Thérèse LANDU a fait un témoignage dont les séquelles sont encore visibles et ses regrets de voir que la dictature a relance son dossier au niveau de tribunaux militaires.

La Dynamique UDPS

Liège lui a fait comprendre que la prison est une étape très importante dans la vie d'un homme politique, car même Jésus avant de prendre tous les pouvoirs du ciel il était passé dans le séjour des morts pour comprendre tous les éléments constituants la création de l'homme.

A tout moment qu'on sera en prison, on saura pourquoi la défense des opprimés est un devoir patriotique, UDPS qui aligne des multitudes de combattants en prison sait de quoi il parle. C'est ainsi que nous lançons un appel vibrant à tous les combattants de regarder toujours de l'avant car sur le champ de bataille il y aura ceux qui vont tomber par des balles des ennemis et cela ne peut nous enlever notre détermination de vaincre l'oppression KANAMBISTE.

Les images seront publiées sur www.udpsliege.afrikblog.com

Samy Musampa Batena Babo

Liège
Belgique
Notre E-mail: sammusampa@hotmail.com

Notre Blog : http://udpsliege.afrikblog.com/

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Des archives de l'Elysée sur l'intervention au Rwanda ont été transmises à la justice

zone_turquoise© LE MONDE | 02.07.07 | 10h46  •  Mis à jour le 02.07.07 | 11h11

Florence Michon, la juge d'instruction du Tribunal aux armées de Paris (TAP), a reçu par courrier un cédérom passionnant, mercredi 27 juin. Son contenu est une page d'histoire : il s'agit d'une grande partie des archives de l'Elysée sur le Rwanda.

Ces centaines de documents divers – télégrammes diplomatiques, notes des conseillers du président, procès-verbaux des conseils des ministres, etc. – avaient été entreposés à l'Institut François-Mitterrand.

Certains avaient été exploités en 1998 par la mission d'information parlementaire dirigée par Paul Quilès, d'autres, de façon partielle, par Pierre Péan dans son livre Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005) qui visait à réhabiliter l'action de la France au Rwanda.

Ces documents – dont certains n'avaient encore jamais été rendus publics – ont été envoyés à Me Antoine Comte, l'un des avocats des rescapés tutsis du génocide qui ont déposé plainte au TAP contre l'armée française, en février 2005.

Une information judiciaire pour "complicité de crimes contre l'humanité" et "complicité de génocide", visant le rôle de l'armée lors de l'opération humanitaire Turquoise, entre le 22 juin et le 22 août 1994, a été ouverte en décembre 2005.

Remise en cause

Aujourd'hui, à la lumière des documents qu'il a transmisà la juge, Me Comte réclame les auditions des principaux responsables politiques et militaires qui y apparaissent.

Sont notamment cités dans la lettre que l'avocat a transmise au juge : Pierre Joxe, ministre de la défense, qui exprima des réserves sur l'engagement français en 1993, Alain Juppé, ministre des affaires étrangères en 1994, et les principaux conseillers de François Mitterrand à l'Elysée : le spécialiste de l'Afrique Bruno Delaye, le chef d'état-major particulier, le général Christian Quesnot, le chargé de mission Dominique Pin, et le secrétaire général de l'Elysée, Hubert Védrine. L'avocat souhaite que soient aussi entendus Georges Martres, ambassadeur à Kigali (1989-1993), et son successeur Jean-Michel Marlaud (mai 1993-avril 1994).

Ces archives remettent en cause la version officielle de la France sur sa présence au Rwanda, déjà ébréchée par la mission d'information parlementaire. Cette version stipulait que la France avait eu pour seul objectif de pousser le gouvernement rwandais à ouvrir des négociations politiques avec les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR), tout en poursuivant une coopération militaire classique.

"Il est patent que, tout au long de la période allant de 1993 jusqu'à l'attentat du 6 avril 1994 [contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana], la préoccupation centrale des autorités françaises est de soutenir inconditionnellement le président Habyarimana, même s'il fallait aller au-delà d'un appui indirect aux forces armées rwandaises", écrit Antoine Comte.

Plusieurs hauts responsables militaires français de l'époque ont été entendus ces derniers mois par la brigade criminelle, à Paris. Le général Jean-Claude Lafourcade, commandant de l'opération Turquoise, le lieutenant-colonel Jacques Hogard, commandant du groupement Ouest, et le colonel Patrice Sartre, chef du groupement Nord, n'ont guère varié dans leurs déclarations, par rapport à celles recueillies en 1998 par la mission d'information parlementaire, indique-t-on de source policière. Selon eux, la France peut s'enorgueillir de son action humanitaire lors de l'opération Turquoise, en 1994.

L'Etat français ne semble pas disposé à favoriser les investigations en cours. Le 13 février 2006, la juge Brigitte Reynaud, qui a précédé Florence Michon au TAP, avait signé une commission rogatoire internationale à destination du Rwanda. Elle demandait aux autorités de Kigali de lui fournir tous documents ou auditions "permettant d'identifier les régiments et services français présents au Rwanda en 1994" et d'autoriser une mission sur place des policiers français.

Pendant six mois, cette commission rogatoire est restée dans un tiroir du Quai d'Orsay, chargé de l'envoi. Le 24 novembre 2006, le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France à la suite de l'émission de mandats d'arrêt contre des proches du président Paul Kagamé, dans l'enquête de Jean-Louis Bruguière sur l'attentat contre Juvénal Habyarimana.

Le 13 février, le ministère a retourné la commission rogatoire à la juge Michon, en soulignant que nulle entraide n'était désormais possible entre les deux pays. La magistrate a donc choisi de transmettre directement le document aux autorités rwandaises, mais elle a manifesté sa "plus profonde surprise" au sujet de l'inaction du Quai dans une lettre adressée au procureur du TAP.

© Piotr Smolar

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Les 7 vérités de Bernard Ntuyahaga

NtuyhagaAffaire Ntuyahaga

Les 7 vérités de Bernard Ntuyahaga

L’Avocat général fait son office
Vendredi 29 juin, c’était au tour de l’Avocat général de la Cour d’Assises de Bruxelles de revenir sur cette page sombre de notre histoire au travers du rôle - crucial selon lui - du major Bernard Ntuyahaga dans les assassinats des dix casques bleus belges et de la Première ministre rwandaise, le 7 avril 1994.
M. Ntuyahaga ! Vous n’êtes pas un bouc émissaire
Cette phrase l’Avocat général près la Cour d’Assises de Bruxelles l’a répétée, comme un leitmotiv, a plusieurs reprises au Major Bernard Ntuyahaga. L’accusation s’est évertuée à mettre en évidence les variations, les (...)

lire la suite de l'article

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3o juin sanglant à Londres

3o juin sanglant à Londres.

Des congolais  membres du PPRD ont été sérieusement molestés dans la capitale Londonienne ce samedi 30 juin 2007. Des « combattants » membres de la  « résistance congolaise »  de Londres se sont particulièrement déchaînés contre l’un de ces « collabos » entendez membres du PPRD –AMP qui a eu l’imprudence de les menacer avec une arme blanche (un couteau) au cours d’une manifestation organisée lors des commémorations du 30 juin. Celui-ci, Monsieur DIEUDONNE KABENGELE ensanglanté a été pris à partie et n’a eu la vie sauve que grâce à l’arrivée de la police qui l’a récupéré dans un état déplorable après une pluie de coups de plusieurs congolais. Certaines sources affirment que son état de santé est préoccupant depuis. Il a d’abord été amené au poste de police avec un journaliste congolais qu’il venait de blesser avec son couteau. Monsieur Kabengele s’est retrouvé particulièrement en mauvaise posture parce que les jeunes congolais présents auraient eu l’information qu’il faisait partie des troupes qui ont procédé aux coupures d’électricité à kinshasa et dans le Bas congo lors de l’invasion rwandaise (coupures qui occasionnèrent de nombreuses victimes dans les hôpitaux congolais).

Londres_CongoPlusieurs personnes présentes lors de ces festivités organisées par l’association congolaise CCUK ont également subi les foudres de ce groupe de congolais tandis que le reste de la salle prenait la fuite pour avoir participé à cette manifestation jugée pro-kabiliste. Non sans avoir été corrigé au passage pour quelques uns  d’entre eux par la jeunesse congolaise de Londres.

Chose nouvelle, Mr Ackys Kituba du PPRD a même reçu des gifles d’un homme de Dieu.

Alors que l’on annonce la venue prochaine du chef de l’Etat congolais pour une tournée dans plusieurs capitales occidentales, les congolais de la diaspora paraissent particulièrement décidés à en découdre désormais avec tous ceux qui s’assoient en première loge pour participer ou assister à la vente et  à la destruction du territoire congolais. Et ce ne sont pas les charters prévus pour les congolais dans les jours à venir qui devraient faire danser Kanambe de joie car tous ces jeunes congolais sont en situation régulière et l’attendent de pied ferme pour lui indiquer le chemin le plus court pour retourner à Kigali et lui signifier son arrêté de reconduite à la frontière délivré par le peuple congolais. En effet tout le monde s’accordent à dire qu’il est plus que temps de mettre un terme aux aventures en RDC de Kanambe le kamikaze rwandais. ça promet.

© M.K.

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Interview de Me Marie-Thérèse NLANDU sur Congo Net Radio

nlanduAprès sa sortie de la prison et son départ du Congo, Marie-Thérèse Nlandu vient de donner une interview sur Congonetradio. (Cette grande radio est en train de jouer un rôle déterminant pour notre devenir commun !) Ecouter cette interview devrait être un devoir citoyen pour des Congolais(es) responsables. A travers cette interview, il y a lieu de palper du doigt la maturité politique d’une fille de notre peuple qui ne doit sa vie sauve qu’à la main toute-puissante de Dieu et au volontarisme politique de certains hommes et femmes de notre monde.

I. « Maman, oyeli biso nini ? » (Maman, que nous as-tu apporté ?)

A entendre parler Maître Marie-Thérèse Nlandu, on dirait qu’on a affaire à une future Ségolène Royal congolaise. Sa référence aux valeurs lui permet de mettre au banc des accusés le peuple congolais dont le degré de prévarication a dépassé le seuil du tolérable. Ce peuple traîné dans la boue de l’histoire est aussi responsable de sa misère : il ne pense pas ses choix et il est facilement corruptible. Pendant que Marie-Thérèse Nlandu faisait sa campagne électorale à la présidence de

la République

, ce peuple lui a demandé : « Maman, oyeli biso nini ? »

Il est rare que les journalistes congolais, critiques sévères de l’élite politique et intellectuelle mettent en cause ce peuple ‘sado-masochiste’ et irresponsable. Malgré le fait qu’il prie du matin au soir et du soir au matin, il n’a pas réussi à comprendre cette parole de son ami Jésus : « L’homme ne vit pas seulement du pain. » Notre peuple meurt à cause de sa boulimie toujours de pain. Il est capable de pactiser avec le diable pour avoir du pain. Quitte à accuser après Dieu, le diable lui-même, le sourcier, l’homme politique ou l’élite intellectuelle de ne l’avoir pas contraint à refuser le cadeau empoisonné !

L’une de grandes révélations de cette interview est que « le pouvoir de Kabila tue ». A Kin-Mazière comme à la prison de Makala. A Kin-Mazière, il a été ordonné que les gens soient tués au moment où Marie-Thérèse y était. Au moment où elle faisait son interview, elle entendait encore « les cris de ces gens torturés et tués » par les bourreaux formé à l’école du colonel Raüs. A la prison de Makala, affirme Marie-Thérèse, on va chercher les gens à quatre heures du matin pour aller les tuer.Elle-même a failli être tuée à Makala. Elle a eu la vie sauve grâce à (Dieu !) l’un des ses bourreaux l’ayant placée dans une chambre inconnue des autres au cours de la nuit prévue pour la triste besogne. Pour elle, le démantèlement de Kin-Mazière, de

la DEMIAP

et un contrôle régulier des prisons congolaises sont parmi les conditions sine qua non de l’avènement d’un début de démocratie au Congo.

Elle est d’avis que la banalisation de la mort par Kabila a le soutien des élites politiques et intellectuelles congolaises travaillant avec lui. Marie-Thérèse Nlandu affirme que « notre pays ne nous appartient pas » et qu’il est du devoir des Congolais(es) d’étudier des stratégies pouvant les aider à récupérer ce pays.

En effet, écouter le témoignage d’une prisonnière politique de la trempe de Marie-Thérèse Nlandu est une chance énorme. Cela permet d’apprendre et de confirmer certaines « prophéties ». Mais aussi de confirmer certaines thèses défendues par certaines élites politiques et intellectuelles congolaises constituant ce « petit reste » dont le scepticisme sur l’avenir d’un bonheur collectif partagé au Congo est une constante.Elles-mêmes, comme Marie-Thérèse Nlandu, soutiennent depuis belle lurette que « Kabila n’est pas à sa place ».

L’interview de Marie-Thérèse Nlandu revient sur certains lieux communs comme ceux-ci : le manque d’organisation au niveau de la diaspora et de l’opposition congolaise est criante ; la nécessité de concevoir subrepticement les stratégies (secrètes) de notre lutte ardente et idéaliste pour notre autodirection  est indispensable ; etc.

Comme beaucoup d’autres analystes politiques congolais, Marie-Thérèse Nlandu est convaincue que le problème du Congo est fondamentalement spirituel. Elle propose d’allumer une bougie à la fin de chaque mois pour demander que la lumière chasse les ténèbres congolaises.

A ce point précis, si Marie-Thérèse Nlandu allie notre manque d’organisation à notre problème spirituel, son interprétation du  « fondamentalement spirituel » mérite d’être enrichi. Si les Congolais(es) ont besoin de faire et de refaire « l’opération vérité » avec leur Dieu afin qu’ils (elles) vivent des « valeurs douces » de la paix, de l’honnêteté, de l’amour mutuel, du travail bien fait, du respect de la vie, etc., ils (elles) souffrent d’un sérieux « viol de l’imaginaire ». Le Congolais moyen a des difficultés à comprendre que c’est lui le responsable numéro un de son devenir. Il a vendu son cœur et son esprit ; il est devenu esclave du « petit dieu » argent, pouvoir et jouissance. Il croit, malgré les preuves historiques tangibles que ce sont les autres, ses parrains (qu’il nomme « bienfaiteurs », « partenaires » « bailleurs de fonds ») qui finiront par l’aider à sortir de l’auberge.

L’une de ces preuves est que le refoulement des Congolais(es) « sans-papiers » de

la Grande-Bretagne

(et ennemis jurés du pouvoir en place au Congo) risque d’avoir lieu au moment où la machine à broyer du Congolais est mise en marche par Kabila.

Prenons quelques deux ou trois exemples. Si Joseph Kabila arrive à faire sortir les prisonniers de Kin-Mazière ou de la prison de Makala pour qu’ils soient tués, il ne le fait pas lui-même : il a des émissaires congolais fabriqués à l’image et à la ressemblance des bourreaux de leurs frères et sœurs. Pendant que l’Amérique Latine rompt avec les mécanismes de l’impérialisme en cherchant à créer

la Banque

du Sud au dépens de

la Banque

mondiale et du Fonds Monétaire (dit) international, le Congo demeure l’un des rares pays où « les experts » de ces IFI en faillite et très peu crédibles ont encore un mot à dire sur le fonctionnement de la politique économique. Et certains fils et filles de ce pays, journalistes ‘coupagistes’, ont le culot de se faire les propagandistes de ces institutions de Bretton Woods, chiens de garde la mondialisation de la prédation.

Donc, la crise spirituelle n’est pas à réduire à sa dimension religieuse. Elle est principalement le déficit de la capacité propre à un être humain normalement constitué de formater spirituellement un monde simplement humain, à partager avec ses frères et ses sœurs en humanité. C’est au niveau de ce déficit que le reformatage doit être amorcé. Il n’a rien à voir avec les slogans lancés par les bourreaux de notre pays du genre : « Changeons les mentalités », sans qu’un état des lieux sur la question auquel « la population du dessous » devrait prendre la parole soit fait.

II. « Etre maîtres, chez vous, là »

Il y a un travail supplémentaire à faire au niveau de notre esprit et de notre cœur. Laurent-Désiré Kabila en parlait souvent : « Etre maîtres, chez vous, là. » Malheureusement, il n’a pas su emprunter la voie menant collectivement à la maîtrise de notre destinée commune : il est tombé dans l’idolâtrie de l’argent et du pouvoir. « Etre maîtres, chez nous, là » nous exigera, dans notre immense majorité, d’être les acteurs majeurs de futurs changements à amorcer au niveau de la gestion politique de la res publica. Le perpétuel danger que nous courrons à ce point nommé, est de croire facilement en des « libérateurs-parachutistes » au mépris de l’institutionnalisation des valeurs de liberté, d’égalité et de solidarité.

Au jour d’aujourd’hui, le Congo dispose d’une Constitution (mal faite) ayant l’avantage de traduire en justice un ‘garant de la nation’ ayant abusé de son pouvoir.(Même si la justice nationale est prisonnière de l’exécutif, le recours à

la Cour Pénale

internationale ou à d’autres juridictions peut être envisageable.) Il a des institutions souffrant de l’incompétence de la plupart de leurs animateurs mais pouvant être pris à témoin quand les faits parlent d’eux-mêmes de cette incompétence, de l’amateurisme ou de la violation flagrante des droits humains. Pour dire les choses simplement, sortir de notre imbroglio politique nous exige de lutter pour la pérennisation des institutions et le renouvellement de leurs animateurs. Ici, l’interview de Maître-Nlandu est d’un apport incontournable. Si l’opposition congolaise veut par exemple devenir crédible, elle a tout intérêt à s’organiser : créer un comité de l’opposition composé de différents présidents ou membres délégués de différents partis politiques de l’opposition et élire démocratiquement le chef dudit comité selon un profil digne de ce nom et pour un mandat précis. Il en va de même de différentes forces vives de la société civile. Ceci peut, tant bien que mal, préparer des alternatives crédibles de gestion du pouvoir au sommet de l’Etat. (.)

L’actuelle Constitution, malgré ses limites, laisse des marges suffisantes aux actions citoyennes révolutionnaires. La liberté de pensée et d’expression, la liberté d’association et de manifestation y sont garanties. Les différentes associations des journalistes congolais en ont fait usage dernièrement en organisation un marche pour protester contre les assassinats des journalistes. Le dernier Forum Social Congolais est une preuve suffisante que nous disposons des marges de manœuvre qu’il nous suffit d’exploiter. Donc, il y a lieu de recourir à cette Constitution pour construire, petit à petit, un autre Congo et même pour mettre hors d’état de nuire les bourreaux de notre peuple. (Même si la question de savoir combien de Congolais(es) se sont donnés la peine de lire, en français et/ou en langue nationale cette Constitution reste posée !)

« Etre maîtres, chez nous, là » est un travail de longue haleine. Il devrait bénéficier des brèches qu’ouvre régulièrement le système actuel de gestion de la chose publique, de l’organisation-éducation de « la population du dessous » et de l’opposition politique pour devenir, subrepticement, une réalité.  Les révolutions violentes des « libérateurs-parachutistes » ont un coût exorbitant  en vies humaines, en matières premières et en la perte de liberté d’autodirection (collective) L’expérience de la révolution du MPR ou de celle de l’AFDL ne le dément pas.

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Communiqué Apareco Italie

apareco_2Très chers compatriotes,

Vu le message de soi disant APARECO/ITALIE à la date du 20 juin 2007 lancé sur le Net dénonçant un complot sur la conférence que nous avons conçu et préparé pour la date du 30 juin 2007dont jusqu'à présent aucune preuve n'est encore présentée ou établie pour affirmer ou confirmer ce complot;

Vu le message reçu encore aujourd'hui (secrétaire particulier de l'ambassadeur chassé...), 05/07/3007, venant de la même organisation;

Vu la course aux armements stratégiques et informatiques dont l'APARECO/ITALIE s'est lancé sans pour autant mesurer la proportionnalité de son action et le dommage qu'elle peut causer contre la personnalité des autres compatriotes, spécialement notre ambassadeur et l'aumônerie congolaise;

Vu les préoccupations de nos conférenciers, amis étudiants et compatriotes sur le motif du report de la conférence déjà citée ci haut;

En notre qualité qualité de secrétaire de

la Jeunesse Estudiantine

Congolaise en Italie, nous avons jugé mieux et utile de vous éclairer sur la situation pour fin de ne donner aucune occasion aux opportunistes et aux semeurs de trouble dans la communauté congolaise.

En un mot la conférence fut reportée parce que le lieu prévu pour sa tenue était soumis aux réparations accidentelles qui devraient être faites nécessairement. Quand au complot dénoncé par l'APARECO/ITALIE contre nous, nous tenons à vous dire que ceux qui parlent dudit complot ou ont cherché à nuire à la réputation des autres ( à notre ambassadeur ou au révérend père BITA) ont tort. Parce que jusqu'à la preuve du contraire aucune culpabilité sociale n'est encore établie.

Pour ce qui est de notre absence à la messe organisée et consacrée au 30 juin 2007, cela est une question de procédure et de principe. Procédure: parce que nous n'avons pas reçu de la part de l'équipe chargée du protocole de notre ambassade une invitation de sa part comme ça été prévue. Et deuxièmement l'ambassade n'a pas respecté le sacro-saint principe constitutionnel ( voir article premier de la constitution de

la RDC

) selon lequel

la RDC

est un État laïc, malgré notre interpellation.

NB: Un conseil entre patriote, il ne faut jamais croire ou accepter une chose ou une information sans au préalable chercher à vérifier la source de la dite information. Au lieu de tomber dans l'ignorance comme les autres, vaut mieux se taire plutôt que d'induire les compatriotes dans l'erreur.

Sincèrement votre compatriote

© Gaulthier TSHITENGE (milckshaeck@yahoo.fr) téléphone: (0039) 3207130797

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