02 juillet 2007
Dipanda Cha Cha : 30 juin 1960 - Les discours
Congo-Kinshasa: Extrait du Discours de S.M. le Roi Baudouin
à la cérémonie de l'Indépendance à Léopoldville, le 30 juin 1960
© La
Prospérité (Kinshasa)
29 Juin 2007
Publié sur le web le 29 Juin 2007
Kinshasa
« L'indépendance du Congo constitue l'aboutissement de
l'oeuvre conçue par le génie du Roi Léopold II, entreprise par lui avec un courage
tenace et continuée avec persévérance par la Belgique.
Elle marque une heure décisive dans les destinées non
seulement du Congo lui-même, mais je n'hésite pas à l'affirmer, de l'Afrique
tout entière ( ). Pendant 80 ans, la Belgique
En ce moment historique, notre pensée à tous doit se tourner
vers les prisonniers de l'émancipation africaine et vers ceux qui après eux ont
fait du Congo ce qu'il est aujourd'hui. Ils méritent à la fois notre admiration
et votre reconnaissance, car ce sont eux qui, consacrant tous leurs efforts et
même leur vie, à un grand idéal, vous ont apporté la paix et ont enrichi votre
patrimoine moral et matériel.
Il faut que jamais ils ne soient oubliés, ni par la Belgique la
Belgique
Un service médical, dont la mise au point a demandé
plusieurs dizaines d'années, a été patiemment organisé et vous a délivré de
maladies combien dévastatrices. Des hôpitaux nombreux et remarquablement
outillés ont été construits. L'agriculture a été améliorée et modernisée. De
grandes villes ont été édifiées et à travers tout le pays les conditions de
l'habitation et l'hygiène traduisent de remarquables progrès. Des entreprises
industrielles ont mis en valeur les richesses naturelles du sol. L'expansion
économique a été considérable, augmentant ainsi le bien être de vos populations
et dotant le pays de techniciens indispensables à son développement.
Grâce aux écoles des missions, comme à celle que créèrent
les pouvoirs publics, l'éducation a bien vite connu une extension enviable, une
élite intellectuelle a commencé à se constituer ; vos universités vont
rapidement l'accroître. Un nombre de plus en plus considérable de travailleurs
qualifiés appartenant à l'agriculture, à l'industrie, à l'artisanat, au
commerce, à l'administration, font pénétrer dans toutes les classes de la population
l'émancipation individuelle qui constitue la véritable base de toute
civilisation. Nous sommes heureux d'avoir ainsi donné au Congo, malgré les plus
grandes difficultés, les éléments indispensables à l'armature d'un pays en
marche sur la voie du développement.
Le grand mouvement d'indépendance qui entraîne toute
l'Afrique a trouvé, auprès, des pouvoirs belges, la plus large, compréhension.
En face du désir unanime de vos populations nous n'avons pas hésité à vous
reconnaître dès à présent cette indépendance. C'est à vous, Messieurs, qu'il
appartient maintenant de démontrer que nous avons eu raison de vous faire
confiance ( ) »
Extrait du Discours de Patrice Lumumba à la cérémonie de
l'Indépendance à Léopoldville le 30 juin 1960
«A vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos
côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous
garderez ineffaçablement gravée dans vos coeurs, une date dont vous enseignerez
avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour
fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils, l'histoire glorieuse de
notre lutte pour la liberté.
Car cette indépendant du Congo, si elle est proclamée
aujourd'hui dans l'entente avec la
Belgique
Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos
blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous
puissions les chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant
exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre
faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d'élever nos enfants
comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups
que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des Nègres.
Qui oubliera qu'à un Noir on disait « Tu », non certes comme
à un ami, mais parce que le « Vous » honorable était réservé aux seuls Blancs ?
nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui
ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort, nous avons connu que la loi
n'était jamais la même, selon qu'il s'agissait d'un Blanc ou d'un Noir,
accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres.
Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour
opinions politiques ou, croyances religieuses : exilés dans leur propre partie,
leur sort était vraiment pire que la mort même. Nous avons connu qu'il y avait
dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillotes
croulantes pour les Noirs : qu'un Noir n'était admis ni dans les cinémas, ni dans
les restaurants, ni dans les magasins dits européens, qu'un Noir voyageait à
même la coque des péniches au pied du Blanc dans sa cabine. Qui oubliera,
enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent
brutalement jetés ceux qui ne voulaient pas se soumettre à un régime
d'injustice ?
Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert,
mais tout cela aussi, nous, que le vote de vos représentant élus a agrées pour
diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre
coeur de l'oppression colonialiste, nous vous le disons tout cela est désormais
fini.
La République
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=314692&pid=5490941
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :





