02 juillet 2007
Amnesty accuse Washington d’utiliser le monde comme un "champ de bataille"
Amnesty accuse Washington d’utiliser
le monde comme un "champ de bataille"
Mercredi 23 mai 2007
AFP 23.05.07
Le rapport annuel d’Amnesty International, publié mercredi à
Londres, s’en prend vivement aux Etats-Unis, accusés de piétiner les droits de
l’Homme et de considérer le monde comme "un champ de bataille géant"
dans sa "guerre contre le terrorisme". La guerre en Irak et le climat
de peur étendu au monde entier par l’administration du président George W. Bush
ont profondément renforcé les divisions internationales, estime l’organisation
de défense des droits de l’Homme. Washington est accusé de "tenir un
double discours" sur les droits de l’Homme en s’érigeant d’un côté en
champion de la défense des droits de l’Homme et de l’état de droit et en
appliquant "simultanément" des politiques qui bafouent certains des
principes les plus élémentaires du droit international. "Ce faisant, les
Etats-Unis ont compromis non seulement la sécurité à long terme, dont l’un des
principaux piliers est l’état de droit, mais aussi leur propre crédibilité sur
la scène internationale"
"Fin 2006, des milliers de personnes étaient toujours
détenues par les Etats-Unis, sans inculpation ni jugement, en Irak, en
Afghanistan et sur la base navale américaine de Guantanamo à Cuba",
déplore le texte d’Amnesty International qui regrette également que
"malgré plusieurs décisions de justice défavorables, le gouvernement des
Etats-Unis a persisté à appliquer des politiques et des pratiques non conformes
aux normes" en matière de droits de l’Homme. Aucun haut responsable du
gouvernement des Etats-Unis n’a été amené "à rendre des comptes pour les
actes de torture et les mauvais traitements infligés aux personnes arrêtées dans
le cadre de la +guerre contre le terrorisme+, malgré les éléments de preuve
établissant le caractère systématique de ces violences", souligne le
rapport. "Rien n’illustre mieux la mondialisation des violations des
droits humains que le programme de +restitutions extraordinaires+ mis en place
par les Etats-Unis", estime Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty
International en faisant référence au transfert illégal de "centaines de
personnes" vers des pays comme la
Syrie la
Jordanie
"Dans l’exercice sans limite d’un pouvoir exécutif
discrétionnaire, le gouvernement américain considère le monde comme le champ de
bataille géant de sa +guerre contre le terrorisme+ : il enlève, arrête,
place en détention ou torture des suspects soit directement, soit avec l’aide
de pays aussi éloignés les uns des autres que le Pakistan et la Gambie la Jordanie
"En septembre 2006, le président Bush a finalement
reconnu ce qu’Amnesty International savait depuis longtemps : la CIA
l'Afrique en morceaux 1
Jp Lahaye
vous a invité(e) à regarder "l'Afrique en morceaux 1".
http://www.dailymot
Majorité, Dieu et César : Sur les relations entre le pouvoir et l’Eglise
Chers Membres, Chers Lecteurs,
A l'occasion du 47e Anniversaire de l'indépendance du
pays et six mois après le décès du Cardinal Fréderic ETSOU qui avait eu
le courage de dire à la CEI
Congrès des Congolais d’Amérique
Lettre
Hebdomadaire 01 Juillet 2007
CCASCOPIE no
41
Majorité,
Dieu et César :
© André M.
Kabamba
En effet,
elle marque un hiatus dans deux administrations, celle de Dieu et celle de
César, administrations appelées à collaborer au seuil d’une nouvelle ère. Des
fortes rumeurs courent à propos du meurtre du Cardinal et elles ont été soit
réfutées, soit confirmées sans beaucoup de succès, en l’absence des preuves
tangibles. En Afrique, comme l’avait fait remarquer un journaliste, il n’existe
pas de mort sans explication, sans cause humaine. Dans cet ordre d’idées, si la
disparition du Cardinal est un fait naturel, elle est advenue à point nommé,
précisément au moment où une nouvelle administration publique sollicite de
nouvelles collaborations de la société civile. C’est un peu cynique mais, à
tout égard, la succession dans la maison de Dieu n’intervenant qu’à la
disparition physique du Prélat en fonction, il est humain que l’on souhaite et
impose une succession si besoin est. La collaboration entre le défunt Prélat et
le Nouveau Régime issu des élections avait achoppé sur la contestation des
résultats des élections par le Prélat et pouvait s’avérer très difficile. (Tout
aussi mystérieuse fut la disparition du Pape Jean Paul Ier qui pourrait,
certes, contribuer à renforcer la présente perception.)
Ma
préoccupation vise à supputer le type de collaboration que l’on attendrait
entre l’Église catholique et la gouvernance issue du Nouveau Régime à l’avenir,
après avoir fait le bilan des collaborations entre ces deux entités dans les
régimes précédents. L’Église catholique est une ecclésia et à la différence des
sectes, elle a la vocation de collaborer avec le système en place. Au cours de
sa brève histoire au Congo indépendant, elle s’est définie comme un groupe de
pression, une multinationale opérant dans le secteur de la mondialisation des
consciences et obéissant au consensus du Vatican. Elle jouit de deux types de
majorité, la majorité numérique ou démographique (statistiques des catholiques)
et la majorité sociologique ou silencieuse qui tient de sa puissance comme
groupe de pression. Cette dernière peut s’appuyer sur la première dès lors qu’à
la base il se dégage une coalition de piété, de foi et un engagement pour
défendre les valeurs chrétiennes. Cela a été démontré maintes fois dans les
manifestations de rue, particulièrement dans le contexte de la Conférence Nationale
1.
Sous le régime Mobutu
C’est à
l’indépendance du Congo en 1960 que l’Église catholique dégage concomitamment
son indépendance vis-à-vis de la colonie avec laquelle elle avait collaboré
pour asseoir le colonialisme culturel et religieux. Plus encline à distribuer
des sacrements après avoir exposé les consciences à la Révélation
L’Église
catholique aurait pu être rejetée avec la colonie par le mouvement de
l’indépendance. Heureusement ce mouvement n’a pas commis l’erreur de se
débarrasser du bébé en jetant l’eau sale de son bain, comme disent les Anglais,
« Don’t throw the
baby out of the bath water ». Au contraire, L’Église s’est
de justesse installée à demeure dès lors qu’elle avait jeté le masque en jouant
la carte du Vatican et en favorisant une africanisation rapide de ses
ministres. Du reste, elle avait contribué à l’éveil des consciences aux
principes de justice, d’égalité et d’amour du prochain qui ont dynamité le
système colonial en déclenchant le mouvement de libération. A cet effet, la
contribution de Joseph Albert Malula au « Manifeste de la conscience africaine
», 1956 était notoire, ensemble avec les laïcs chrétiens ressortissants des
écoles catholiques, Joseph Ileo et Joseph Ngalula. Ce Manifeste devait conduire
au Mouvement National Congolais (MNC) à la fondation duquel avaient contribué
les deux derniers en plus d’Adoula et Lumumba. L’on ne doit pas perdre de vue
que si le MNC est sorti vainqueur des élections libres organisées en 1960,
c’est grâce notamment à la majorité de son électorat qui se trouvait être
urbain, donc principalement un électorat formé à l’école catholique.
Depuis, les
serviteurs de Jésus au sein de l’Église romaine ont ajusté leur glose et la
théologie de libération a vu le jour, suite au Décret du Concile de Vatican II
en 1965 et a été bien accueillie par la communauté congolaise. Il existe
plusieurs interprétations de cette théologie mais tant qu’il s’agit du concile,
la libération est perçue dans l’expression du message chrétien selon le génie
culturel de chaque peuple. Mais à certains égards, la libération radicale du
péché devient primordiale et entraîne d’autres formes de libération au plan
culturel, économique, social et politique. Les ténors de la théologie de
libération se recrutent partout en Afrique dans le contexte influent du
mouvement de la négritude et du socialisme chrétien et ce faisant, il convient
de signaler particulièrement au Congo l’apport de Mgr Tharcisse Tshibangu
Tshishiku, au Cameroun, l’intarissable leadership du feu RVP Englebert Mveng,
et en Afrique du Sud, l’engagement de Mgr Desmond Tutu. En effet, Mveng, par
exemple, était engagé dans le mouvement de la négritude. A propos du rôle
libérateur de la théologie, il soulignait la force libératrice des Béatitudes.
"La libération latino-américaine veut se libérer de l'impérialisme, du
capitalisme du Nord…, écrivait-il, en Afrique la théologie de la libération
pose la question de Dieu". Pratiquement il a créé un atelier d’arts pour
produire des articles d’arts de conception africaine devant servir à la
liturgie et à l’équipement des églises.
Par
ailleurs, Mgr Tshibangu a une approche plutôt intellectualiste de la théologie
de la libération en ce sens qu’il montre la nécessité de l’inculturation dans
l’Évangélisation en Afrique, particulièrement sous l’approche du «
christianisme en profondeur » en même temps qu’il ne perd pas de vue les défis
et les obstacles de celle-ci inhérents au processus de sécularisation, à la
société de consommation, aux mouvements se réclamant de « religiosité vague »,
à la rotation entre religion moderne et religion ancestrale, aux décalages de
plus en plus larges entre pays riches et pays acculés à la pauvreté, aux
menaces de la mondialisation et j’en passe. Le « Rite congolais du Missel » est
à mettre à l’actif de la théologie de libération. C’est de là qu’apparaît une
conversion dans la démarche de l’Église africaine, d’une maison de
sacrementalisation à celle d’évangélisation en perpétuelle recherche d’un
christianisme inculturel qui intègre les valeurs africaines.
L’on n’est
pas sans savoir que l’Église catholique tire sa force dans la paupérisation
massive que génère et gère la mondialisation parallèlement au voeu de la
pauvreté auquel adhèrent ses ministres. Ceux-ci lui abandonnent, à juste titre,
leurs biens grâce auxquels elle réunit les ressources nécessaires à la
diffusion de la foi chrétienne et l’assistance du pauvre. En tant qu’Église
chrétienne et universelle, elle a historiquement contribué à ce que l’un des
fondateurs de la sociologie contemporaine, Max Weber avait appelé « Éthique
protestante et esprit du capitalisme » comme titre de son ouvrage classique.
Nonobstant cette contribution, l’Église catholique romaine opérant dans le
contexte du tiers-monde prête facilement le flanc aux seigneurs du capitalisme.
Ceux-ci n’hésitent pas de recourir aux exécutions sommaires de ses ouvriers
apostoliques, dès lors que le clergé entrave leur expansion à la faveur d’une
évangélisation qui promeut l’organisation de la pauvreté et sa résistance à
l’exploitation capitaliste. Concrètement, cela est advenu récemment aux Églises
de Nicaragua, de San Salvador et de Chili.
Il est
inutile de rappeler que l’expansion du capitalisme repose sur le socle de
l’aliénation et de l’appauvrissement des forces de travail que constituent les
paysans et les ouvriers industriels. La collaboration de l’Église catholique
avec le capitalisme à travers son assistance auprès du pauvre aliéné par le
système consiste dans les réparations morales de celui-ci afin de calmer sa
misère et d’assurer son insertion dans le système. La religion apparaît ainsi,
aux yeux de cet autre fondateur de la science sociale moderne, Karl Marx, comme
l’opium du peuple. En Afrique, on assiste, au contraire, aux exécutions des
apôtres du christianisme par des représentants de sectes syncrétiques et des
cultes ésotériques pour des mobiles politiques afin de s’assurer le contrôle de
l’appareil de l’État. C’est un cas fréquent révélé notamment au Cameroun, au
Congo et ailleurs. En faisant la jonction entre les enseignements de l’Église
catholique et le marxisme, l’Église de l’Amérique latine est parvenue à
dépasser les limites de son action tolérées par le capitalisme et à dresser le
pauvre contre le système à travers l’organisation de la révolution et non de la
simple réforme. Le prix en est qu’elle s’expose aux attaques armées d’affameurs
du peuple.
Tout autre
est le bras de fer entre l’Église et la dictature de Mobutu. Le rejet de
cellelà par le « think and tank » de Mobutu intervient au plus fort du régime.
En effet, ces empoignades avaient apparu dès lors que le Mouvement Populaire de
la Révolution la
Chine la
Corée
A la CNS la Scientologie la CEI
2. Sous le
régime Kabila
L’Église
attendait-elle Laurent D. Kabila ? Voilà une question qui s’impose d’ellemême.
La main de l’Église semble présente partout, là où ses ouailles sont
concernées, leur vie menacée et la paix fragilisée. Elle s’était vue sinon
attaquée au front, du moins sacrifier ses membres tombés aux mains des
rebellions de Kwilu, de Simbas et du Nord Katanga… et de celle de L.D. Kabila
bien que commanditée de l’extérieur. Le désordre qui s’en est suivi n’a pas
laissé l’Église indifférente. Sa contribution à l’avènement de la paix au Congo
demeure sans précédent, depuis les interventions dans le dialogue
inter-congolais jusqu’au désaveu des crimes perpétrés dans l’est du pays à la
faveur des rebellions. Sa résistance aux dictatures et aux régimes iniques est
légendaire.
Au seuil du
nouveau régime, comment les catholiques ont voté est une question de grand
intérêt tant pour l’organisation de la pression à exercer sur le gouvernement
que pour la nature et le type de collaboration à promouvoir à l’avenir. La
réponse à cette question demeure la discrétion du haut-clergé qui possède les
données primaires, à considérer les déclarations du Prélat qui n’a ménagé aucun
effort pour contester les résultats publiés par la Cellule la
Conférence
Une nouvelle
quête de la théologie de libération et de la pastorale qui lui est associée
devrait être mise en chantier, si elle ne l’est déjà et consisterait, à mon
humble avis, à insérer davantage Dieu dans le cosmos, tout en s’assurant qu’il
demeure une entité distincte ; à vaincre, grâce à l’amour, les malheurs, les
iniquités, toutes les formes d’esclavage et à restituer la dignité humaine aux
peuples aliénés grâce à la révolution mentale et l’action conséquente. Le «
Christianisme en profondeur» s’annonce déjà comme l’Évangélisation de demain,
dans un pays qui est à la dérive mais peut-être il serait plus réaliste
d’envisager la « re-christianisation » dans un pays qui requiert une refonte
totale de la pastorale. Les majorités qui s’inscrivent dans l’horizon de la
pastorale nouvelle constituent une constante au Congo et dans les pays
similaires. Il s’agit des pauvres, de la jeunesse, des paysans, de la majorité
assujettie à l’ignorance et encerclée par des maladies incurables, comme le
sida. Sur le terrain, divers problèmes sont pris en compte respectivement par
des groupes de prière, des écoles, des oeuvres de bienfaisance, des mutuelles
d’entraide etc. L’on peut sérier deux registres des problèmes devant s’inscrire
dans la lutte temporelle de l’Église selon sa doctrine sociale: la lutte contre
la pauvreté, l’ignorance et la misère humaine d’une part et d’autre part le
recouvrement de la dignité et liberté humaine, la promotion des valeurs
sociales et démocratiques dans un État de droit…
3. L
L’évaluation
de l’action de l’Église, mieux de l’évangélisation, après 47 ans d’indépendance
est une gageure. Comment évaluer cette action surtout lorsque l’on sait que ce
n’est plus au nombre de baptêmes ou d’eucharisties (43,8% de la population
congolaise sont catholiques en 2004) que celle-ci peut être dûment appréciée?
En d’autres termes, des 23.673.000 baptisés, combien sont pratiquants? On ne
connaîtra peut-être jamais le chiffre, car c’est une affaire privée. C’est là
que le bas blesse et l’on mettrait le doigt sur un problème réel des ecclésias
dont la bureaucratie s’interpose comme un écran entre l’adepte et le clergé.
Pour donner une idée de la distance que creuse la bureaucratie entre le fidèle
et le clergé, il existe un prêtre disponible pour plus de 9.000 chrétiens en
2004. Cette distance est certes infléchie par des religieux non-prêtres et par
les groupes de prière.
L’on devrait
plutôt considérer de nouveaux critères qui mettent en avant l’efficacité de
l’évangélisation et son impact sur les conduites des chrétiens, et comment en
pratique l’intégration de Dieu, César et le Peuple est réalisée. Du coup cela
apparaît plus complexe notamment lorsque l’on réalise qu’il s’agit d’isoler
l’évangélisation d’autres variables secondes qui interfèrent avec elle, comme
la bonne morale, les coutumes et traditions, les bons exemples… et j’en passe.
C’est d’autant plus complexe que, 47 ans après l’indépendance, la libération
autant culturelle que politique et économique n’a pas eu lieu, plus grave, ses
chances mêmes de réalisation s’amenuisent… si elle n’apparaît pas elle-même
comme une chimère! La dépravation des moeurs de ces 47 années dernières,
particulièrement dans les rangs de l’élite, désillusionne toutes les bonnes
volontés qui s’attèlent à changer les mentalités, les attitudes et les
conduites des chrétiens fabriqués par les régimes politiques auxquels l’Église
catholique n’avait pas manqué de prêter main forte.
La trilogie
corruption, kleptomanie et clientélisme s’est installée à demeure, comme un
réflexe conditionné, dans les comportements des élites chrétiennes. Elle a
conduit à des crimes/péchés sans précédent dans l’histoire récente du Congo,
des massacres fratricides au pillage des ressources en passant par l’inversion
des valeurs morales, mieux, de la catéchèse. A ces péchés engendrés par les
régimes s’ajoutent ceux liés aux exigences sociomédicales comme les avortements
et l’usage des préservatifs dans un environnement infesté du virus de sida. Le
péché se généralise, s’institutionnalise et se globalise et impose une
évangélisation d’échelle… c’est une course contre la montre! Il existe pourtant
ici et là de bons chrétiens, de vrais chrétiens, ceux-là mêmes qui assument la
valeur fondamentale du christianisme qu’est l’amour du prochain. Cette
communauté est certes auréolée par des saints potentiels, notamment la
béatification d’Anuarite, de Bakandja. C’est dans cette communauté que se
recrutent les meilleurs serviteurs du Seigneur et de César. C’est à cette
communauté chrétienne qu’Etsou avait adressé le testament de l’unité dans la
foi pour sauver le pays.
L’église du
Congo fait face aussi à ses propres problèmes, sinon à ses propres
contradictions qui refreinent l’efficacité de son action pastorale : la
déperdition des vocations (les inscriptions dans les séminaires déclinent en
Afrique, en Amérique et en Europe, excepté l’Asie), la bureaucratie, des
conflits hiérarchiques et l’administration interne, le célibat du clergé et des
problèmes connexes comme la pédophilie, la restructuration pour une meilleure
adaptation à l’environnement actuel, les menaces d’implosion etc. L’un de
paradoxes de l’Église catholique (romaine, anglicane ou orthodoxe) réside dans
sa gestion non démocratique dans un environnement global qui exige de plus en
plus la démocratisation de grands ensembles ou formations politiques. La
désignation du prochain Cardinal au Congo, sinon dans la région (Congo-Burundi)
en est une illustration. Au St Siège à Rome, l’Église a réussi à évincer le
communisme, par exemple, mais, objectent les critiques, elle ne s’est pas
départie de sa propre organisation même qui est bâtie sur le modèle communiste,
sans jamais donner dans la démocratie.
Dans le même
ordre d’idées, la forte centralisation, l’oligarchie de l’Église catholique et
son impérialisme latent expliquent l’intolérance de la libéralisation de
l’évangile en son sein au même titre que celle des autres religions, malgré les
progrès réalisés depuis par l’oecuménisme. Il en découle un étouffement suivi
de marginalisation des initiatives qui défient la hiérarchie et qui, aux yeux
de l’église, ne peuvent être identifiées que comme des courants hérétiques
auxquels s’appliquent les mesures de répression sous forme d’excommunion ou
d’exil forcé à Rome. Pour ne citer que deux cas, le RV Père Lufuluabo était
frappé par cette dernière mesure à la suite de son Anti-sorcier face à la
science et avant lui, le RV Père Tempels connu pour sa Philosophie
Bantoue et sur le terrain, pour l’initiation du mouvement spirituel « Jamaa
» qui revendique le christianisme inculturel avant la lettre. Plus près de
nous, le repli du Cardinal Malula à Rome dont les efforts d’élargir l’autonomie
de son Église l’avaient placé en porte-à-faux sur le pouvoir local avait amené
le St Siège à le rappeler. Il est vrai que la hiérarchie de l’église ne laisse
pas l’initiative à l’adepte ni au clergé au bas de l’échelle de disposer de la
bible à leur guise, d’en assumer une interprétation personnelle. Des exemples
abondent. Des ministres sont allés, faute de promouvoir et de gérer leur
charisme spolié au sein de la grande église, élire domicile ailleurs et accéder
ainsi à leur maturation, constituant ainsi une source évidente de syncrétisme.
A son
aboutissement ultime, la hiérarchie de l’église chrétienne universelle en
général cède sa responsabilité à un médium, Dieu fait homme ou sa maternelle, la Sainte Vierge.
Des lettres
pastorales ont capturé et continuent à capturer, par moments, les problèmes
majeurs de la société congolaise et leur étude contiendrait une moisson d’information.
Elles ont dénoncé et condamné tour à tour la surexploitation du peuple suivie
de sa déshumanisation et les crimes des régimes politiques au Congo, la rupture
de la paix de ces dernières années, voire le phénomène Bush et la maffia
internationale etc. Elles peuvent avoir eu un impact limité du fait qu’elles
s’adressent principalement à la classe intellectuelle chrétienne de par la
langue française qui en constitue le moyen d’expression privilégié d’une part
et d’autre part, compte tenu d’une ankylose structurelle de l’église même liée
à sa complicité latente ou manifeste avec le pouvoir établi.
En guise de
conclusion, la collaboration des sciences sociales est sans
doute requise : la sociologie des groupes restreints, les statistiques scolaires,
les statistiques électorales, la survie des ménages peuvent procurer une
assistance à la stratégie d’Évangélisation. La recherche appliquée à laquelle
s’attèle certes la
Commission Episcopale
Dénoncer le
mal, le péché comme le font si bien les lettres pastorales, ne suffit pas mais
plus importante est la solution à envisager pour contrer ce mal.
L’Évangélisation devrait s’employer à montrer la voie à suivre dans ce domaine.
Elle donne souvent l’impression d’avoir démissionné au moment crucial où des
solutions concrètes sont recherchées.
© 2007 André M. Kabamba
C.C.A
Congres des Congolais d' Amerique
E-mail: congresdescongolais@yahoo.com
Yahoogroup: http://groups.
Congo-Kinshasa: Le 30 juin à Kisangani, les ministres et assimilés vont jubiler et les fonctionnaires trimer !
Congo-Kinshasa: Le 30 juin à Kisangani, les ministres et
assimilés vont jubiler et les fonctionnaires trimer
Selon les informations en provenance de Kisangani, chef lieu
de la province Orientale, on met les bouchées doubles pour que la fête de ce 30
juin n'ait rien à envier aux autres.
Ville pas très sale comme Kinshasa, les bourgmestres de six
communes de Kisangani sont mis à contribution pour veiller à la salubrité,
quand on sait que tout Kinshasa va faire le déplacement de la ville martyre.
Sur place, se trouvent déjà le ministre d'Etat Denis Kalume de l'Intérieur et
le conseiller principal du Chef de l'Etat chargé des Infrastructures, Kimbembe
Mazunga.
Le Chef de l'Etat n'y est attendu que le samedi même.
A Kinshasa où va rester certainement le ministre d'Etat en
charge de l'Agriculture, François-Joseph Nzanga Mobutu les choses ne semblent
pas évoluer normalement. Pour ne parler que du Boulevard triomphal où se
déroulera le traditionnel défilé de circonstance, les premiers poteaux et
autres barres de fer qui forment la tribune n'ont été déposés sur le site que
hier soir. A deux jours de l'événement, avec des agents fonctionnaires non
payés, nous doutons que la tache ne soit aisée. A moins de recourir à tout ce
qu'on peut imaginer, par exemple les gaver de nourriture pendant les deux
jours, en leur versant le cachet spécial de circonstance.
Si les membres de gouvernement, du parlement, de la
présidence retenus pour le voyage de fête vont jubiler pour des raisons
évidentes, tel ne sera malheureusement pas le cas pour les autres salariés de
l'Etat. Jusque mercredi soir aucune information ne circulait autour de la paie
des agents et fonctionnaires de l'administration publique. Ils vont fêter eux
en allant se précipiter sur la boisson et autres casse- croûte qui seront
distribués à travers les communes. Non ! On aurait mieux fait de leur payer
leurs salaires, chacun devant s'organiser avec son argent chez lui, en parlant
de l'Indépendance à ceux qui n'étaient pas encore à l'âge adulte.
Il n'est pas trop tard pour récupérer. Si les ministres de
Finances, du Budget et de la
Fonction 2007
a
© La
Prospérité (Kinshasa)
29 Juin 2007 - Publié sur le web le 29 Juin 2007
Festivités du 30 juin 2007 ?
75 kilomètres
Komanda : une mère violée et tuée, les
femmes boycottent les fêtes du 30 juin
Les femmes de cette localité,
située à
Mbandaka : les députés provinciaux décident de
boycotter les cérémonies du 30 juin
Ils veulent ainsi protester contre
leurs arriérés de salaires pour janvier, avril et mai. Ils disent, par exemple,
que seulement la moitié des émoluments d’avril leur ont été envoyés. À l’issue
d’une rencontre de concertation, les 3 présidents des 5 commissions permanentes
de l'Assemblée provinciale ont opté pour le boycott, rapporte © radiookapi.net - 29/06/2007 18:56
Kisangani : 2 morts et 10 blessés, bilan des manifestations
de l'indépendance
Une fillette écrasée par le cortège du chef de l’Etat, un
pilote de la force aérienne tué dans un crash et une dizaine de personnes
matraquées par la police. Ces incidents ont marqué le 47è anniversaire de
l’indépendance ce 30 juin 2007, rapporte © radiookapi.net - 01/07/2007 08:53
© TIRE DE REVUE DE LA PRESSE DC
http://dc-kin.
Les accusations du héros d'Hotel Rwanda" contre le FPR sont des "ouï-dire" ?
Toute personne, toute organisation qui réfute le bien–fondé des accusations et/ou déclare que les accusations de Paul Rusesabagina reposent sur des ouï-dire devrait demander qu'une enquête indépendante soit mise sur pied pour en clarifier les faits. Nous trouvons choquant le silence de l'ONU, le silence du Conseil de Sécurité de l'ONU et des ONG qui ont travaillé et au Rwanda, dans les camps de déplacés, dans les prisons puis dans les camps des réfugiés en Afrique Centrale, RDC, Burundi, République du Congo et en Afrique de l'Est en Tanzanie, en Uganda, au Kenya, etc. et dans les pays de l' Afrique Australe.
Durant leur séjour dans ces endroits ci haut
cités, ils ont pu se rendre compte de la situation réelle des violations des droits
de l'homme, et des crimes dont sont responsables les dirigeants du FPR.
Jusqu'aujourd'
En fin de compte, s'il fallait répertorier tous les
crimes commis par les Nazis pendant la seconde guerre mondiale, l'on se rend
compte que, non seulement le FPR a fait la même chose s'il
fallait examiner le caractère systématique de ces crimes,
le FPR a utilisé les mêmes méthodes mais aussi est allé trop loin pour en faire
sa marque déposée. Ce ne sont pas les preuves qui manquent. C'est pour cette
raison que nous lançons un défit à toutes ces ONGs pour que le mal soit
combattu si elles veulent /souhaitent que leur crédibilité ne soit plus mise en
cause (problème soulevé à La Haye
lors de conférence organisée par Dallaire, lui aussi mis en cause dans le
dossier rwandais). Ce ne sont pas les témoins oculaires qui manquent, ils
sont recueillis beaucoup de témoignages à ce sujet.
Les Nations unies et la communauté internationale doivent
mettre un terme à leur complicité silencieuse et résoudre le problème rwandais
reposant tout pour tout sur l'impunité dont jouit actuellement le FPR, son
armée et sa milice. 3.500.000 morts, c'est trop. Nous ne parlons pas de
3.500.000 dollars, nous parlons de 3 millions et demi d'êtres humains dont leur
vie a été mis fin selon la volonté de Paul Kagame (mouillé jusqu’au cou dans l’utilisation
de la torture) de son FPR qui ont utilisé toute une série de moyens
de torture dont l'akandoya, de moyens de mise à mort y compris le gendercide,
le SIDA , enterrement des personnes vivantes, le fait de forcer les victimes à
s'entretuer, le fait de faire manger les foetus à leurs parents après que
la mère ai été éventrée. Rusesabagina n'a pas dit Ca. Mais qui prend ce
procureur au sérieux? Toutes ces crimes ont été commis dans les
préfectures de Byumba (Kinihira), et de Ruhengeri.
S'il faut combattre tous les obscurantismes, tous les
crimes, il ne faudrait pas faire exception pour les criminels du FPR. Si Rusesabagina était membre du FPR, on verrait
immédiatement en lui le procureur qui sommeille ou qui l'invite chaque
fois que de besoin pour enfoncer encore plus les accusés tout simplement parce
qu'ils sont nés Hutus. Combien de fois a-t-il été invité pour éclairer
le TPIR? Et pourtant, cette tragédie, il l'a vécue. Son problème est un
problème que rencontrent la majorité des Rwandais : être Rwandais et avoir
refusé d’être membre du FPR être Rwandais et ne pas être sympathisant du
FPR. Voilà le pourquoi de l'acharnement de ce procureur, homme de paille
de Paul Kagame décidé à servir de mégaphone pour les criminels du FPR et qui
s’acharne contre Rusesabagina, cet homme intègre reconnu comme tel par les
Rwandais. Ce procureur est payé pour Ca et doit mentir pour Ca. Nous
voulons que la situation au TPIR change et que les criminels du FPR soient
poursuivis pour les actes commis contre les Nôtres. Les survivants des
crimes du FPR ne rient plus. Ils se contentent de sourire.
© Jean-Christophe Nizeyimana,
Bemba répond à Kabila
« Nous n’avons pas pris les armes hier de gaieté de cœur. Le
Congo a aujourd’hui besoin de paix et non de guerre »
Dans une interview accordée à la télévision publique belge
francophone (RTBF), depuis le Portugal, Jean-Pierre Bemba réaffirme son vif
désir de rentrer à Kinshasa, moyennant toutefois des garanties de sécurité tant
pour lui-même que pour l’ensemble des membres de l’opposition. Il tire par
ailleurs la sonnette d’alarme sur la « dérive dictatoriale » en RD Congo.
Modéré. Posé. Combatif. Ces épithètes semblent résumer
l’image que l’ancien vice-président et sénateur élu Jean-Pierre Bemba Gombo a
donné tout au long de l’entretien qu’il a eu avec le journaliste Philippe
Lamair de la RTBF. Le la
République
Etat démocratique ou dictature ?
Bemba y voit une volonté, pour le pouvoir, de museler toute forme d’opposition.
Il relève au passage l’insécurité dans laquelle évoluent les membres de
l’opposition. « Je me pose la question
de savoir si le Congo s’achemine réellement vers un Etat démocratie ou
assiste-t-on à l’installation d’une autre forme de régime»,
s’est-il interrogé. « Vous voulez dire,
une dictature ? », relance le journaliste. « Si ce n’est pas une démocratie, ça ne peut être
qu’une dictature », réagit-il. Lamair de revenir à la charge. Y
a-t-il des prémisses qui lui font craindre que... « Il y a d’abord l’absence de la liberté d’opinion,
d’expression et d’aller et de venir. Il y a ensuite l’insécurité dans laquelle
évolue l’ensemble des membres de l’opposition. Je me pose des questions
». Quand compte-t-il rentrer à Kinshasa ? « J’aimerais rentrer le plus tôt possible.
A la condition que l’opposition jouisse des garanties de fonctionner dans un
espace politique. Si ces garanties sont réalisées, il ne se posera aucun
problème pour mon retour ». Va-t-il reprendre les armes au cas où il lui serait
impossible, dans les jours à venir, de jouer son rôle d’opposant dans un
système démocratique ? « Nous n’avons
pas pris les armes de gaieté de cœur. Le recours aux armes a été l’ultime
solution. Après les efforts consentis par les Congolais et la communauté
internationale, il me paraît impensable de relancer une lutte armée. Je crois
que le pays a aujourd’hui besoin de paix et non de guerre ».
La démocratie
Considère-t-il Joseph Kabila comme un ennemi, un adversaire politique ou un
partenaire pour redresser le pays ? « J’ai travaillé avec le président Kabila,
en tant que vice-président de
Dans une démocratie, il est le chef de l’Etat et nous
appartenons à l’opposition. Le pays ne peut pas fonctionner avec l’un sans
l’autre. Dans un système démocratique, je souhaiterais simplement, en tant
qu’adversaire politique, qu’on puisse, dans l’observation des règles du jeu,
respecter les uns et les autres. Je crois que dans le respect mutuel, nous
pourrons arriver à construire – non pas pour le bien de Jean-Pierre Bemba ou de
Joseph Kabila – pour l e bien de la population congolaise. C’est le plus
important ». Il y a sept mois, il était inimaginable que le premier média
public de la Belgique la Banque la Mission la Mission La
Monuc la Monuc la Monuc la RTBF la RD Congo
Missions régaliennes
Selon des sources, l’ambassadeur belge en RD Congo, le chrétien démocrate
flamand Johan Swinnen, attendrait désespérément d’être reçu par le « président
élu ». Le diplomate aurait introduit sa demande d’audience vers …mi-décembre
2006. Dans l’entretien avec « Jeune Afrique », Kabila s’est montré
particulièrement « talentueux » dans l’art de se tirer des balles dans les pieds
en s’en prenant à
© B. Amba Wetshi
Des cérémonies pour l'indépendance du Congo
Vidéo
- Des cérémonies pour l'indépendance du Congo
http://www.rtbf.
© Mara M.
Basaula-Divididi
The
Netherlands
Manifestations du 30 juin 2007 au Kasaï Oriental
Manifestations
du 30 juin 2007
Dans le cadre de la commémoration du 47ème anniversaire de l’accession de
la RDC la
République
Il était 10 heures 30 minutes, heure de Mbuji-Mayi lorsque le ministre
d’Etat chargé de l’Agriculture, François-Joseph Nzanga Mobutu, a débarqué le
samedi 30 juin au chef-lieu de la province du Kasaï Oriental. A sa descente
d’avion, il a été accueilli par le gouverneur Joseph Ngoy Kasanji, des
autorités militaires de la place, des chefs coutumiers, des membres de l’Union
des démocrates mobutistes et tant d’autres personnalités de la capitale
diamantifère.
Dans
cette partie du territoire national, Nzanga Mobutu a, au nom du chef de l’Etat,
présidé du haut de la tribune érigée pour la circonstance, le défilé organisé à
l’occasion des 47 ans d’indépendance de notre pays. Témoin de l’événement : le
chef de la division de la Monuc la Police la République la Société
Il a fallu attendre 11 heures 30 minutes pour que le défilé commence. Au
premier plan, on a aperçu les unités de
De son côté, l’autorité provinciale du Kasaï Oriental a remercié ses
collaborateurs pour avoir réussi une forte mobilisation. Tout s’est terminé sur
une note gaie de
Par
ailleurs, le ministre d’Etat a reçu en audience dimanche avant son retour à
Kinshasa, les doléances de plusieurs personnalités de la province. Un séjour
qui valait la peine pour tester le degré de confiance de la population de
Mbuji-Mayi à l’égard du gouvernement central.
© Albert Tshiambi
Droits
de reproduction et de diffusion réservés © Le Potentiel 2005
Héros méconnus de la seconde guerre mondiale
Archives
— Juin
2007
Héros méconnus de
la seconde guerre mondiale
« Sur ces mains, je vous apporte tout ce que nous sommes, tout ce
que nous pouvons (1). »
C’est ainsi qu’Albert De Vleeschauwer, ministre belge des colonies, s’adresse
au premier ministre britannique Winston Churchill le 10 juillet 1940. Le
« nous » en question désigne le Congo et non pas la Belgique la Belgique
L’implication
de la colonie dans le conflit est multiple. Malgré les réticences du roi
Léopold III, attaché au principe de neutralité, plusieurs accords
commerciaux et financiers sont conclus avec le Royaume-Uni entre le
21 janvier 1941 et octobre 1944 (3).
L’accord britanno-belge du 21 janvier 1941 consacre même l’inclusion du
Congo et du Ruanda-Urundi dans la zone sterling. « Avec celui du 5 octobre
1944, estime Stengers, on peut affirmer que le franc belge s’est aligné
sur le franc congolais (4). » Sur le terrain, les troupes
congolaises se battent en Abyssinie (Ethiopie), où elles remportent de
nombreuses victoires sur les Italiens : Assossa (11 mars 1941),
Gambela (23 mars 1941), Saïo (3 juillet 1941). Elles font quinze
mille prisonniers, dont neuf généraux. Après la capitulation italienne, la Force
Le
Congo est aussi le point de passage des troupes alliées : un camp
militaire britannique est installé à Kalemie, près du lac Tanganyika, afin
d’organiser les convois vers le Kenya. En 1942, une garnison américaine
s’établit à Léopoldville (Kinshasa), près de l’aérodrome de Ndolo, afin
d’acheminer du matériel et du carburant au Proche-Orient.
Mais,
pendant que les soldats congolais combattent pour préserver les intérêts
commerciaux, économiques et industriels belges, l’ordre colonial mobilise de
redoutables forces de répression afin de mater les populations locales
contestataires. Travaillant dans des conditions très difficiles, les civils
sont durement réquisitionnés pour des travaux agricoles, industriels et aussi
pour le portage (5) du
matériel militaire. Ils jouent ainsi un rôle stratégique. Le 4 décembre
1941, les ouvriers noirs de l’Union minière du Haut-Katanga déclenchent un
mouvement de revendications salariales. Les autorités répliquent : une
fusillade fait soixante victimes. Deux mois plus tôt, la grève du personnel
européen, le 13 octobre, n’avait pas été réprimée. Le colonisateur crée
alors des colonies agricoles pour relégués dangereux à Ekafera (province de
l’Equateur) et à Punia (province de Maniema). En 1945, le Congo belge compte
plus de cinq mille relégués dont plus de trois mille pour des motifs
politiques.
A
l’issue du conflit, la
Belgique
C’est
au cœur de ces multiples contradictions que s’aiguise la conscience politique
des Congolais et des Africains, ouvrant la voie aux indépendances à partir de
1957-1958. Abasourdis par l’ampleur de la débâcle des armées belge et
françaises, impressionnés par les secours – militaires, économiques et
financier – qu’ils apportent aux métropoles afin qu’elles se relèvent, les
Africains puisent dans les événements la détermination de se libérer du joug
colonial. Il est significatif que certains anciens combattants congolais jouent
un rôle de premier plan peu avant et après l’indépendance en 1960 : Gaston
Diomi, Pierre Canon et Victor Lindula, assistants médicaux, qui ont servi en
Birmanie, sont élus bourgmestres (maires) à la fin des années 1950,
respectivement à Ngiri-Ngiri et à Lingwala (Saint-Jean)
Les
manuels d’enseignement traitent peu de l’engagement du Congo dans la seconde
guerre mondiale et de l’influence que cette implication a eu sur l’émancipation
de ses habitants. En outre, la combativité des troupes africaines n’y est
évoquée qu’à travers les qualités de leurs officiers européens, reflétant la
culture de ségrégation qui gangrenait la Force
Dès
1943, le gouverneur général Ryckmans déclare devant le Conseil du
gouvernement : « Comme nous, les indigènes ont travaillé pour la
guerre. Ils en ont souffert plus que nous. Le solde est une créance sur
l’avenir à laquelle la
Belgique
Anicet
Mobé Fansiama
Chercheur en sciences sociales, membre du collectif des
intellectuels congolais Défis.
(1)
Jean Stengers (sous la dir. de), Le Congo belge durant la seconde guerre
mondiale, Académie royale des sciences d’outre-mer, Bruxelles, 1983,
p. 11.
(2) Ibid.
(3) J.
Wertz, « Quelques aspects de l’organisation financière du Congo belge et
du Ruanda-Urundi », dans Encyclopédie du Congo belge,
tome III, Editions Bieleved, Bruxelles, 1953, p. 582.
(4)
Jean Stengers, op. cit.
(5) Le
portage est une forme de travail forcé particulièrement meurtrière qui oblige
les victimes à transporter, sur de longues distances et dans des conditions
très pénibles, des charges pourvant aller jusqu’à quarante kilos. Cf.
Nadège Paquier et Diane Tiedemann, « La colonisation du Congo » (PDF), gymnase
Auguste-Piccard, 2006.
(6)
François Bontinck, « Les missions catholiques à Léopoldville durant la
seconde guerre mondiale », dans Le Congo belge durant la seconde guerre
mondiale, op. cit., p. 408-409.
(7)
Pierre Ryckmans, Messages de guerre, Larcier, Bruxelles, 1945, p. 165.







