04 juillet 2007
Un Rwandais jugé coupable du meurtre de dix casques bleus belges
Un Rwandais jugé
coupable du meurtre de dix casques bleus belges
© Reuters
BRUXELLES (Reuters) - Un tribunal belge a jugé un ancien major (commandant) de
l'armée rwandaise coupable du meurtre de dix casques bleus belges aux premiers jours
du génocide de 1994 dans la république d'Afrique centrale.
Le jury a cependant innocenté Bernard
Ntuyahaga du meurtre d'Agathe Uwilingiyimana, le Premier ministre rwandais de
l'époque.
Les soldats belges de l'Onu avaient été
tués le lendemain de la mort du président rwandais Juvénal Habyarimana (6 avril
1994) dans l'attentat qui a détruit son avion - événement qui avait
déclenché le massacre, en un mois, d'environ 800.000 Tutsis et Hutus modérés par
l'armée gouvernementale et des milices hutues.
Selon l'accusation, Ntuyahaga avait fait sortir les casques bleus de la
résidence du Premier ministre, qu'ils s'efforçaient de protéger, et les avait
remis à des militaires dans une caserne de Kigali, la capitale, où ils avaient
été frappés à mort, abattus ou massacrés à coups de machettes.
Les avocats de la défense ont présenté Ntuyahaga comme un bouc émissaire qui
était passé par hasard devant la résidence du Premier ministre et avait pris
les Belges à bord de son véhicule à leur
demande.
"Tôt ou tard, la vérité éclatera
(...) Je garde patience et je garde confiance", a dit l'accusé au tribunal
quelques instants avant que le jury se retire pour délibérer.
Les douze jurés se réuniront jeudi pour prononcer leur sentence. Ntuyahaga peut
faire appel du verdict sur des points de procédure mais non sur le fond.
Christine Dupont, veuve du casque bleu belge Christophe
Dupont, a déclaré à Reuters que les familles des victimes étaient soulagées qu'un
procès éprouvant sur le plan émotionnel touche à sa fin.
"C'est un jour
très important, un jour que nous attendions depuis treize ans", a-t-elle dit avant l'annonce du
verdict.
Le meurtre des casques bleus avait provoqué
le retrait des troupes de l'Onu, ouvrant la voie à l'extension du génocide.
"Si les troupes belges étaient restées, on aurait pu sauver quelques centaines
de milliers de gens", a déclaré le Premier ministre belge Guy Verhofstadt
au tribunal en mai.
Commentaires
Les blancs sont comptés...
Comme disent les Ivoiriens, les blancs sont comptés. Il faut entrendre par cette tournure particulière qu'un blanc mort ne passe pas inaperçu et justice lui est toujours rendue. Quant aux Rwandais, on ne connaît pas leur identité et par conséquent on ne peut se permettre de juger les Européens qui ont trempé dans ce crime. Suite à l'article du journal le monde révélant des preuves de l'implication de la France dans le drame Rwandais, les médias et les hommes politiques de la douce France ont gardé un silence assourdissant. Quel pays Africain oserait aujourd'hui condamner un Européen trempé dans un crime en Afrique ?
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