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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

06 juillet 2007

Objectifs du Millénaire : résultats mitigés

Ban_Ki_MoonObjectifs du Millénaire : résultats mitigés
© Publié dans le Devoir (Montréal), le 4 juillet 2007

A mi-parcours de l'échéance fixée pour l'atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), les Nations unies n'ont pas de raison de crier victoire. Certes, la pauvreté extrême recule lentement et la scolarisation fait des progrès timides, mais la réduction de la faim et de la mortalité maternelle et infantile n'est pas suffisante. Et ces tendances persistent alors que l'environnement ne cesse de se dégrader et que l'aide au développement diminue, malgré la bonne volonté affichée par les pays riches.

Si les résultats présentés dans le document intitulé Objectifs du Millénaire pour le développement, rapport 2007 indiquent que des améliorations ont eu lieu, et que «la réussite du projet est encore possible dans la plupart des endroits du globe», ils démontrent également que «beaucoup reste à faire». Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, qualifie lui-même l'expérience de «mitigée».

En 2000, les États membres de l'ONU ont fixé huit objectifs essentiels à atteindre d'ici 2015, notamment réduire de moitié la pauvreté extrême et la faim, assurer l'éducation primaire pour tous et enrayer la propagation du VIH/sida. Certains pays comme

la Chine

ont fait de gros progrès, mais en Afrique sub-saharienne aucun pays ne paraît en mesure de remplir ces trois OMD à la date prévue. Certains États asiatiques accusent aussi des retards importants.

Ainsi, constate l'ONU, plus d'un demi-million de femmes meurent encore chaque année des suites de complications de grossesse ou d'accouchement «pouvant être soignées et évitées».
À titre d'exemple, la probabilité qu'une femme meurt pour ces raisons est de 1 sur 16 en Afrique sub-saharienne, alors qu'elle est de 1 sur 3800 dans les pays développés. La mortalité infantile demeure elle aussi très élevée, souligne-t-on, ajoutant qu'il serait possible «de parvenir à des améliorations considérables». L'Afrique sub-saharienne détient le triste record mondial, avec 166 décès pour 1000 naissances.

Le sida continue également de faire des ravages.

Le nombre de personnes mourant de la maladie dans le monde est passé de 700 000 en 2001 à 2,9 millions en 2006. La même année, 4,3 millions de personnes ont été infectées par le VIH. «Et les mesures de prévention ne parviennent pas à suivre le rythme de la progression de l'épidémie», notent les auteurs du rapport. En 2005, plus de 15 millions d'enfants avaient perdu un de leurs parents, ou les deux, à cause du sida.

Selon l'ONU, ce constat s'ajoute au fait que la moitié de la population des pays en développement manque de systèmes sanitaires de base. Pour atteindre la cible fixée par les OMD, 1,6 milliard de personnes supplémentaires devront pouvoir accéder à un système de santé entre 2005 et 2015. Or, «si la tendance en cours depuis 1990 se confirme, il est probable qu'on manque la cible fixée de près de 600 millions de personnes», indique le document rendu public hier.

Bonnes nouvelles

Le tableau n'est pas totalement noir pour autant. Au chapitre des bonnes nouvelles, on note que la proportion de personnes vivant dans des conditions de pauvreté extrême (avec moins d'un dollar par jour) est passée de 23,4 % en 1999 à 19,2 % en 2004. Si cette tendance se maintient, l'objectif de réduction de la pauvreté des OMD sera atteint pour le monde dans son ensemble et pour la plupart des régions, sauf pour l'Afrique sub-saharienne. L'extrême pauvreté y frappe encore plus de 40 % des habitants, et «la région n'est pas encore sur la voie menant à l'accomplissement de l'Objectif de réduction de la pauvreté de moitié pour 2015».

Par ailleurs, la lutte contre la faim porte lentement ses fruits. Selon l'ONU, 27 % des enfants de moins de cinq ans dans les pays pauvres sont en déficit de poids, un indicateur-clé pour mesurer la faim, contre 33 % en 1990, et ce chiffre peut encore être réduit de moitié d'ici 2015, estiment les Nations unies. Les progrès en Asie orientale ont été contrebalancés par l'Afrique sub-saharienne et l'Asie du Sud, où 46 % des jeunes enfants souffrent de malnutrition.

Des avancées notables ont également été accomplies en matière d'éducation dans les pays en développement. Le taux de scolarisation dans l'éducation primaire est passé de 80 % en 1991 à 88 % en 2005.

Fait à noter, cette progression a surtout eu lieu depuis 1999. En

2005, l

'Afrique sub-saharienne comptait toutefois 72 millions d'enfants en âge d'aller à l'école primaire qui n'étaient pas scolarisés. Selon le rapport, il s'agirait même «d'une sous-évaluation du nombre d'enfants» qui ne vont pas l'école.

Près de 60 % de ces enfants sont des filles.

En outre, à l'échelle mondiale, les mesures de contrôle du paludisme ont été étendues. Près de trois milliards de dollars supplémentaires seraient cependant nécessaires pour lutter contre la maladie. Or, si les financements internationaux de la lutte contre le paludisme ont été multipliés par dix depuis une décennie, leur montant n'atteignait encore que 600 millions $ en 2004.

Il semble aussi que l'épidémie de tuberculose soit enfin sur le point de reculer, «même si la progression n'est pas suffisamment rapide pour réduire de moitié les taux de prévalence et de
mortalité d'ici à 2015».

Question de richesse

La question de la répartition de la richesse est évidemment au cœur du problème, car «ces situations reflètent le fait que les avantages de la croissance économique dans les pays en développement ont été inégalement répartis». En effet, dans les régions en développement, le cinquième le plus pauvre de la population représentait 3,9 % de la consommation nationale en 2004, contre 4,6 % en 1990. Un phénomène amplifié par le fait que «la plupart des économies n'ont pas réussi à fournir des perspectives d'emploi à leur jeunesse, les jeunes étant trois fois plus confrontés au chômage que les adultes».

Le texte d'une vingtaine de pages fait aussi part de disparités au sein même des pays, où des groupes particuliers de la population

Souvent ceux vivant en milieu rural, les enfants de mère n'ayant pas été scolarisée et les foyers les plus pauvres -- ne suivent pas la progression nécessaire pour atteindre les objectifs fixés, même lorsque le reste de la population le fait. C'est particulièrement flagrant dans le domaine de l'accès aux services de santé et à l'éducation. «Pour pouvoir atteindre les OMD, les pays vont devoir mobiliser des ressources supplémentaires et cibler des investissements publics profitant aux populations pauvres», observe le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon.

Il adresse du même coup un avertissement aux pays développés. «Lemonde ne veut pas de nouvelles promesses. Il est impératif que les parties prenantes, dans leur ensemble, respectent les engagements déjà pris lors de

la Déclaration

du millénaire, au cours de

la Conférence

de Monterrey sur le financement du développement en 2002 et lors du Sommet mondial de

2005. L

'absence de toute augmentation considérable d'assistance officielle au développement depuis 2004, notamment, engendre l'impossibilité , même pour les pays bien gouvernés, d'atteindre les OMD», explique Ban Ki-Moon. Concrètement, on estime que l'aide a diminué de 5,1% en 2006, alors que seuls cinq pays respectent leur engagement de lui consacrer 0,7 % de leur PNB.

Pourtant, comme l'indique clairement le rapport, des ressources adaptées doivent être mises à la disposition des pays, «de façon prévisible, afin de leur permettre de planifier efficacement l'augmentation progressive de leurs investissements». Cependant, «ces promesses n'ont pas encore été tenues», déplore-t-on.

La question environnementale revêt par ailleurs une importance grandissante, aux yeux de l'ONU, dans la mesure où le réchauffement de la planète est désormais incontestable. «On s'attend à ce que le changement de climat ait des conséquences sociales et économiques graves, qui entraveront la progression vers les OMD», soulignent les auteurs. On craint aussi les effets de la déforestation, de la croissance des émissions de gaz à effet de serre, de la diminution de la biodiversité, de la rareté de l'eau et de l'expansion très rapide des villes.

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