06 juillet 2007
Ntuyahaga condamné à 20 ans de prison en Belgique
© Le
Soir en Ligne
La
cour d'assises de Bruxelles a condamné l'ex-major rwandais Bernard Ntuyahaga,
reconnu coupable hier de l'assassinat de dix casques bleus belges, en 1994,
ainsi que d'homicides commis à Kigali durant le génocide.
Le plus : dossier spécial Rwanda.
La cour d'assises a condamné jeudi l'ex-major rwandais Bernard Ntuyahaga à
20 ans de prison. L'ex-major rwandais avait été reconnu coupable, mercredi
soir, de l'assassinat de dix casques bleus belges, tués le 7 avril 1994, ainsi
que d'un nombre indéterminé d'homicides commis à Kigali entre cette date et le
6 juin 1994. Le procureur fédéral avait requis la perpétuité.
La cour et le jury lui ont
néanmoins accordé deux circonstances atténuantes. Dans son arrêt, la présidente
Karin Gérard a estimé qu'il fallait tenir compte du contexte socio-historique
du Rwanda, qui se traduisait par des « tensions
profondes et des discriminations régionales. Quel que soit le rôle joué par
l'accusé, il y avait des appels à la haine diffusés quotidiennement par des
médias »,
comme la radio RTLM, a fait remarquer la présidente.
Une deuxième circonstance
atténuante lui a été retenue, à savoir le fait qu'il a sauvé la vie de Tutsis,
non pour un profit personnel mais par amitié. « Bernard Ntuyahaga n'est qu'un maillon d'une
chaîne importante », a dit la présidente. « Ce n'est pas une peine désespérante. Elle peut
s'inscrire dans une possible réconciliation de la société rwandaise », a-t-elle conclu à l'adresse
de l'accusé avant de clore le procès.
Le procureur avait requis la
perpétuité
Dans son réquisitoire, le
procureur fédéral Philippe Meire n'a vu aucune circonstance atténuante dont
pourrait se prévaloir l'accusé. Il a mis en avant l'atrocité des faits, les
circonstances de leur mort, la position sociale de l'accusé, son absence de
compassion, de regrets, de repentir ou d'excuses. « M. Ntuyahaga n'était pas un lampiste, un faire-valoir, un second couteau,
un rond-de-cuir », a souligné M. Meire. Pour
le procureur fédéral, il ne peut bénéficier de clémence : « Demandez-vous si les victimes, des femmes parfois enceintes, des
hommes, des enfants, ont eu droit à un geste de clémence, de pitié ou de compassion », a-t-il dit à l'adresse du
jury et de la cour. « Il n'a jamais eu de
regrets, de remords, d'excuses envers les victimes, accusées de mentir jusqu'à
la fin », a fait valoir le procureur fédéral.
« Le tableau de chasse de M. Ntuyahaga
est impressionnant », a dit M. Meire, en citant sa
culpabilité pour la mort des dix paras, de cinq autres personnes identifiées,
de la famille de trois d'entre elles, et d'un nombre indéterminé de personnes.
« La peine prévue par la loi, c'est la
réclusion à perpétuité et c'est la peine que je vous demande », a-t-il conclu.
Dans sa plaidoirie, le
conseil de la défense, Me Luc de Temmerman, n'a pas invoqué de circonstances
atténuantes. Il n'a pas parlé de la peine et s'en est pris au magistrat
fédéral, parlant de « réquisitoire de haine ». Il a répété, comme il
l'avait fait tout au long du procès, que les dix casques bleus sont morts à
cause d'une guerre qui avait été lancée en 1990. Pour les casques bleus, « il a pris ses responsabilité
Interrogé pour savoir s'il
avait quelque chose à ajouter, l'accusé a simplement répondu « non ».
D'après Belga
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