Rechercher sur AfrikBlog

Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

07 juillet 2007

Absence de Kabila à Accra : les chancelleries s’interrogent

logoouaAbsence de Kabila à Accra : les chancelleries s’interrogent
© Le Potentiel

De l’absence du président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, au dernier sommet de l’Union africaine tenu à Accra, au Ghana. De ses relations plus que refroidies avec les diplomates occidentaux en poste à Kinshasa. Toutes ces observations, et d’autres encore, inquiètent les chancelleries implantées au pays. Elles en viennent à chercher, en vain, les motivations qui sous-tendent la distance prise par le chef de l’Etat d’un pays qui, plus que jamais, a besoin davantage de visibilité sur le plan international pour sa reconstruction.

Les ambassadeurs en poste à Kinshasa sont désorientés. Observateurs intéressés de la scène politique congolaise, nombre d’entre eux dont les pays ont activement soutenu la transition en RDC ainsi que le processus électoral ne se reconnaissent plus en celui qui passait pour le «candidat préféré» de leurs gouvernements respectifs avant et pendant l’élection présidentielle. Et ils confient leur désarroi à des cercles d’amis.

Sachant, néanmoins, que le chef de l’Etat congolais doit faire face à de nombreux défis, tous aussi prioritaires que difficiles, les diplomates ne s’expliquent pas son peu d’empressement à accéder à leurs demandes d’audiences, formulées au nom de leurs pays ou des organisations internationales qu’ils représentent.

Sortir de sa carapace

Pour parler franchement, ils reprocheraient au numéro 1 congolais le fait, devenu familier à la Présidence de la République, qu’il reçoit difficilement ceux qu’il veut bien recevoir. S’il n’éconduit pas tout simplement certains ministres étrangers qui lui sont annoncés. Et pourtant, il n’ignore pas la haute estime que véhiculent les envoyés spéciaux porteurs de messages exprès émanant de chefs d’Etat étrangers.

 

Sur ce chapitre, mais sur un autre ton, les diplomates encouragent le président congolais à sortir de sa carapace à briser son mutisme. Afin de réaliser qu’il ne peut concrétiser ses «Cinq chantiers», à court, moyen et long termes, qu’avec le concours des partenaires extérieurs respectueux, eux aussi, de la souveraineté de la République démocratique du Congo. Et non dans une certaine autarcie.

C’est ainsi que, sans arrière-pensée, ils jugent de contreproductive l’absence de J. Kabila au dernier sommet de l’Union africaine, organisé à Accra. Quand bien même l’ambitieux projet des «Etats-Unis d’Afrique» cher à Mouammar Khadafi - soutenu par le Gabonais Bongo et le Sénégalais Wade aurait été contré par les adeptes de la «progression par étapes», pilotés par Thabo Mbeki, les apartés entre chefs d’Etat ont constitué, à coup sûr, des opportunités d’échanges directs. Surtout que la RDC est appelée à développer une diplomatie pragmatique pour marquer son retour politique tant sur le plan régional qu’international. Tout en sachant effectivement que la politique de la chaise vide ne paie pas.

On peut aisément imaginer le gain de tels contacts pour la RD du Congo qui sort des ténèbres de la guerre civile, et qui est confrontée à la nécessité de normaliser ses rapports avec les autres pays du continent.

La pertinence de la complainte

Par ailleurs, il a été rapporté au Potentiel que les plénipotentiaires auraient adressé un mémorandum au président de la République, pour lui exprimer leur inquiétude par rapport au froid, selon eux «injustifié», qui s’est cristallisé comme un bloc de pierre entre eux et le président congolais. La réponse, selon la source, se ferait encore attendre.

N’empêche que les milieux diplomatiques reconnaissent que J. Kabila est très sollicité par les urgences locales, en particulier celles de l’Est de la République. C’est le cas, entre autres, de l’insécurité causée dans la province Orientale par des éleveurs Mbororo soudanais et les incursions des rebelles ougandais. C’est le cas de la démobilisation et la réinsertion de derniers résistants de l’Ituri. C’est le cas aussi des tensions ethniques dans le Nord et le Sud-Kivu et de l’activisme des rebelles hutu rwandais FDLR. C’est le cas, enfin, de la problématique de brassage et de mixage que posent les derniers Maï-Maï et les «hommes de Nkunda». Une véritable tour de Babel.

Cependant, l’énumération des urgences ci-dessus n’enlève pas sa pertinence à la complainte des chancelleries. Pour les observateurs avertis, il ne serait pas erroné de parler d’un malaise. D’un grave malaise qui est en train de s’installer entre le sommet de l’Etat congolais et les partenaires extérieurs de la RD du Congo.

Le moment ne serait-il pas favorable, pour Kinshasa, de faire le point avec ses partenaires aux fins, d’une part, de les rassurer, et d’autre part, de leur indiquer «ses» propres choix et les voies qu’il pense être les meilleures pour atteindre ses challenges d’ici 2011 ? Il faudra, pour ce faire, en plus du courage, des idées précises et pragmatiques.

Posté par CDF Afrique à 15:33 - Congo (RDC) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=314692&pid=5545820

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :