07 juillet 2007
Pour une diaspora d'espérance
Les expatriés congolais et le développement de notre pays
© Kä Mana, Philosophe et théologien congolais
Sur ce que représente aujourd'hui la diaspora congolaise
dans sa capacité d'action et dans ses possibilités réelles de transformer notre
pays en profondeur, deux visions se chevauchent et s'enchevêtrent. Elles se
modulent publiquement et se mélangent sans qu'il soit possible de dire laquelle
rend vraiment compte de ce que nos compatriotes expatriés sont fondamentalement
dans leur être ou de ce qu'ils peuvent exactement faire dans la situation
actuelle que nous vivons.
Une vision désespérante
La vision la plus répandue est la vision pessimiste et
désespérante. Elle caractérise un certain discours des chercheurs, penseurs,
universitaires ou hommes politiques étrangers qui observent nos compatriotes
expatriés et analysent leurs comportements quotidiens en relation avec les
attitudes des autres diasporas qui vivent actuellement dans le monde occidental.
Quand on lit les discours que ces personnes consacrent de
temps à autres aux Congolais de l'étranger, six caractéristiques ressortent
clairement de leur analyse et dominent la vision qu'elles ont de notre
diaspora.
1. Selon eux, les congolaises et congolais expatriés sont
globalement des maîtres du discours creux et des paroles en l'air, des hommes
et des femmes incapables de s'organiser concrètement pour s'atteler à des
tâches de transformation profonde de leur pays, à travers des projets politiques,
économiques ou culturels susceptibles de redonner une espérance à leur peuple.
Un texte caractéristique de cette vision de la diaspora congolaise circule
actuellement sur l'Internet. Ecrit par un Belge qui a longtemps vécu dans notre
pays et qui prétend mieux connaître les Congolais que n'importe quel congolais,
il présente nos compatriotes expatriés comme des êtres sans consistance, qui ne
se distinguent que par des critiques verbeuses adressées à des prétendues
forces de l'ombre qui détruisent leur nation alors que ce pays est lui-même
responsable de ses malheurs. Responsable de tous ces déboires dont la cause la
plus profonde est dans l'attitude des Congolaises et Congolais eux-mêmes, ce
peuple qui a besoin d'être mis sous tutelle et dirigé de l'étranger par les
étrangers, comme c'est le cas aujourd'hui.
2. Dans ce même texte, notre diaspora congolaise est
présentée comme un repaire d'esclaves du ventre et du bas-ventre, un monde de
réfugiés économiques qui sèment des bâtards partout pour profiter des services
sociaux d'autre pays au lieu de travailler à réussir leur exil par des
réalisations dignes des êtres intelligents et créateurs. Cette vision est
véhiculée également par des milieux de l'Extrême Droite française qui nous
traite souvent des profiteurs et n'hésitent pas à encourager son gouvernement à
radicaliser sa politique de refus de visas aux ressortissants congolais qui
n'ont rien à faire en France et devront plutôt rester dans leur maudit pays qu'ils
ont détruit eux-mêmes par leur inintelligence et leur imbécillité. Depuis le
triste scandale causé par Papa Wemba qui s'est servi de son statut d'artiste
pour faire entrer illégalement des congolais et congolaises dans l'espace
Schengen, la diaspora de notre pays est a priori considérée comme la diaspora
de misérables que la faim a chassés de leurs tanières. C'est la diaspora «
racaille » qui ne peut ni enrichir son pays d'accueil ni promouvoir le
développement de son propre pays d'origine.
3. « Cette racaille n'a rien d'autre à faire qu'à s'adonner
à la magouille, au vol et aux coups fourrés de toutes sortes », m'a un jour
affirmé un sociologue français de ma connaissance. Il jubilait presque de me
raconter tout ce que les Congolaises subtilisaient dans les grandes surfaces
commerciales de grandes villes françaises sous le fallacieux prétexte de faire
rembourser aux Blancs l'infinie dette coloniale qu'ils doivent à l'Afrique. Il
jouissait de me révéler en même temps tout ce qu'il savait sur le système de
nos arnaques congolaises partout en Europe : les crédits non remboursés, le vol
des voitures et des cartes bancaires, les faux mariages, les faux passeports,
les faux visas, la fausse monnaie et tout ce qui peut s'imaginer de tordu pour
pouvoir vivre dans un monde féroce comme celui de nos anciens colonisateurs.
4. « Tout ce que votre pays est parvenu à imposer en
Occident comme image, c'est la
SAPE, le goût du clinquant facile pour jeter la poudre
dans les yeux de vos compatriotes restés au pays ». Ainsi s'exprime une
militante des droits de l'homme, outrée de constater l'incohérence de ces
Congolais capables de s'habiller avec les grandes marques vestimentaires de
Paris ou de Londres, et de rouler dans de grosses voitures au vu et au su de
leurs hôtes, tout en étant à tout moment devant les portes des organisations
humanitaires pour mendier à longueur de journées. A ses yeux, on ne peut pas
compter sur une diaspora aussi inconséquente pour sauver le Congo. Cette
personne en est maintenant à douter systématiquement de tous les récits que les
Congolais et Congolaises racontent pour obtenir le statut de réfugié politique.
« Des affabulations pour entretenir le système bête et irrationnelle de la SAPE », dit-elle.
5. Notre diaspora est aussi perçue comme la diaspora de
l'imbécillité religieuse. Avec sa multitude d'églisettes délirantes et ses
nombreux pasteurs de pacotille qui prétendent faire des miracles à longueur de
prière et se spécialisent dans la recherche des maris blancs pour les
filles et les femmes congolaises, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes,
elle développe une mentalité d'idiotie collective et donne de notre nation
l'image d'un pays en pleine folie spiritualiste mystificatrice, qui déverse
partout en Occident des êtres irrationnels et désaxés dont il faudra de plus en
plus se méfier et renvoyer sans pitié dans leur pays.
6. De tels êtres sont incapables de tirer profit de leur
présente en Occident pour apprendre ce qui compte vraiment pour l'Afrique : la
rationalité par laquelle l'Occident nous a vaincus et grâce à laquelle nous
pouvons arriver à nous libérer pour construire un pays puissant et prospère, à
la hauteur des possibilités et des atouts que lui procurent ses immenses
richesses. « Alors que la diaspora chinoise, vietnamienne ou japonaise aux
Etats-Unis a pu s'imposer comme une force sociale de première importance, votre
diaspora ne semble pas prendre le même chemin », m'a dit une économiste
africaine américaine, membre d'une église méthodiste qui aide beaucoup le
Congo. A la question de savoir pourquoi notre diaspora ne prend pas ce chemin,
elle m'a répondu : « Tout se joue dans la tête ». Je n'ai jamais su si elle
voulait dire que nous sommes bêtes ou que nous sommes fous. Je crois même
qu'elle voulait dire les deux.
Deux anecdotes
J'aurais peut-être minimisé ce discours des autres sur nous
si je n'avais pas pris le temps et la peine d'observer moi-même notre diaspora
congolaise pendant mon séjour en Europe.
Deux anecdotes restent gravées dans mon esprit. Elles
confortent en moi l'idée que notre diaspora donnait d'elle-même aux populations
européennes au temps où je vivais chez nos ex-colonisateurs.
La première anecdote m'a été rapportée par un ami
congolais avec qui j'animais une association africaine dans le cadre de la Mission intérieure de
l'Eglise évangélique luthérienne en France : l'Association Afrique-Avenir. Un
jour que cet ami se reposait tranquillement chez lui à l'heure où il était
censé être à notre bureau, un groupe de femmes congolaises vinrent voir sa femme
pour lui proposer d'intégrer un groupe de voleuses « spécialisées » dans les
grandes surfaces commerciales. Devant la résistance de cette femme qui invoqua
les risques qu'elle prenait si jamais son mari était au courant, nos intrépides
congolaises répondirent par un argument sidérant :
- Yo, muassi kitoko boye, ondimi ko vivre na moto ya
logique ? Bato ya logique bazali na mayele te. Ba zoba, penza. Bolole. Tika
kopesa biso ba arguments ya bozoba. Traduction pour ceux qui ne comprennent pas
le lingala : "Toi une si belle femme, comment peux-tu accepter de vivre
avec un homme qui raisonne selon la logique normale des choses. Ces gens-là qui
ont étudié ne sont pas intelligents. Ce sont des vrais étourdis. N'utilises
donc pas des arguments d'étourdis pour masquer ton manque de courage pour
intégrer notre groupe »).
Grâce à cette anecdote, j'appris ainsi qu'il y avait une
différence radicale entre d'une part les « bato ya logique », les intellectuels
dont je faisais parti, qui croient qu'il existe une éthique à respecter quand
on est accueilli dans un pays étranger dont on doit respecter les lois, et
d'autre part les « bato ya mayele », les Congolais « intelligents », qui savent
qu'avec les Blancs, il n'y a pas d'éthique possible et qu'il faut leur faire
payer la dette coloniale à tout prix, par tous les moyens possibles.
J'apprenais aussi que « bato ya logique » sont des étourdis et qu'il ne faut
pas se plier à leur logique tandis que « bato ya mayele » sont les seules
ressources sur lesquelles le pays doit compter parce qu'ils savent spolier
leurs hôtes en détruisant tous les principes moraux dans les relations avec
eux.
Jusqu'à ce jour, je me demande si le malheur de notre
diaspora n'est pas dans le fait que ce sont les « bato ya mayele », ces
compatriotes d'une intelligence sans morale, qui construisent l'image que les
autres ont de nous, tandis que les « bato ya logique », s'ils ne subissent pas
le phénomène d'involution qui les conduit à rassembler aux autres compatriotes,
restent dans l'ombre et au fond d'un inquiétant silence.
La deuxième anecdote qui est gravée dans mon esprit est
celle d'un chercheur congolais dont la situation sociale s'était subitement
dégradée suite à l'effondrement de l'économie de notre pays au temps de Mobutu
et à l'incapacité de notre gouvernement à assumer ses responsabilités
financières à l'égard de ses boursiers vivant en Belgique. Alors qu'il croyait
que son épouse avait trouvé un petit travail de gardienne de vieilles
personnes, il perdit presque l'esprit quand, suite à des informations d'amis
proches, il découvrit qu'en fait, sa femme se prostituait et qu'elle s'exposait
presque nue dans les vitrines de la gare du Nord à Bruxelles, pour aguicher les
clients et gagner ainsi de quoi nourrir sa famille.
La tragédie de cet homme et de cette femme donne une autre idée de l'Europe et des conditions auxquelles elle condamne certains et certaines de nos compatriotes dont le moral se brise et se décompose complètement. Ecrasés dans leur être même par des malheurs inattendus, ces hommes et ces femmes deviennent des loques à l'intérieur de leur personnalité. Ils perdent le sens de la dignité et s'effondrent dans leur humanité. L'image qu'ils donnent du pays se grave dans les esprits des autres et forge chez nos hôtes l'idée qu'ils se font de nous et du poids de notre être.
Depuis que j'ai appris cette tragique histoire qui n'est que
l'arbre qui cache la forêt de la prostitution des congolaises en Europe, je
crois que beaucoup de membres de notre diaspora souffrent, consciemment ou
inconsciemment, d'une véritable inversion du sens des réalités et des valeurs
de la vie. Ils sont prêts à tout pour rester en Europe et y vivre, envers et
contre tout. Cette inversion conduit le commun de nos expatriés à se comporter
selon des principes qui n'ont rien à voir avec l'impératif de défendre l'image
de la nation partout dans le monde. Plus grave : une sorte de perversion de
l'être s'instaure et devient une pathologie profonde dont tout le monde parle
actuellement.
A force de côtoyer l'inversion des valeurs et la perversion
de l'être chez nos compatriotes, même les « Bato ya logique » finissent par
être entrainés dans la même dynamique pathologique, surtout quand ces « hommes
de la logique » se retrouvent dans des situations de précarité, d'exclusion et de
désespoir et plongent dans la débrouillardise de survie qui est le lot de
beaucoup de Congolaises et Congolais en Europe. Même aux États-Unis où les
possibilités de s'affirmer sont de loin supérieures à celles de l'Europe, il ne
semble pas que la diaspora congolaise échappe vraiment aux phénomène
d'inversion et de perversion qui m'ont frappés par leur vigueur pendant mon
séjour en Belgique et en France.
Une diaspora
d'espérance
Heureusement, il n'y a pas que ce Congo du négatif parmi nos
expatriés. Il existe une autre image de notre diaspora : une image positive,
rayonnante, passionnante, resplendissante et magnifique, qui pousse à croire
que notre pays dispose à l'étranger d'un énorme potentiel humain pour sa
renaissance et sa reconstruction.
Sous cet angle, il existe une extraordinaire puissance
intellectuelle congolaise partout dans le monde. Trois hommes et une femme en
sont des symboles : V.Y. Mudimbe (USA), Elikia M'Bokolo (France), Pius Ngandu
Nkashama (USA) et Madiya Faïk-Nzuji (Belgique). Derrière ces personnalités se
profile tout un monde de chercheurs, universitaires et créateurs de première
importance, dont les œuvres montrent combien il serait aujourd'hui imprudent et
précipité de désespérer du Congo et de son avenir. Ce qui me frappe, c'est le
fait que tous ces hommes et toutes ces femmes qui vivent loin de notre pays
suivent au jour le jour l'évolution de la situation de la Rdc et sont disposés, si
l'occasion s'offre, à s'engager clairement et fortement dans la ré-imagination
du destin de notre pays et dans l'invention de son avenir. Il existe
aujourd'hui un forum des Congolais de l'Etranger que dirige Tshiyembe Mwayila :
je vois dans cette organisation le cadre d'un travail de fond pour la
renaissance et la reconstruction du Congo à partir de la sa diaspora. Une
organisation du même type existe en Amérique du Nord. Beaucoup d'autres
initiatives sont en train de se structurer pour la rupture avec les
logiques actuelles de la crise et pour le renouveau des mentalités et des
comportements sociaux. Grâce à ses forces de l'intelligence qui existent
aujourd'hui partout, une immense espérance s'enfante. Il s'agit actuellement de
mieux l'organiser, de mobiliser ses énergies et de revitaliser ses atouts pour la
construction d'un Congo de l'espoir.
Il y a lieu d'être frappé aujourd'hui par la qualité des
Congolais et Congolaises qui ont travaillé ou qui travaillent encore dans les
grandes organisations internationales où leur génie est reconnu dans l'ensemble
du génie créateur de grandes intelligences de notre temps. Lorsqu'on connait la
production théorique de Kankwenda Mbaya dans la remise en question des logiques
des « marabouts » du développement entretenus par la Banque Mondiale ou
le FMI ; lorsqu'on est tant soit peu informé de l'efficacité organisationnelle
et de la fécondité productive d'une femme telle que Marie-France Kabedi Malangu
au sein de ces mêmes institutions ; lorsqu'on s'est donné la peine de
rencontrer nos compatriotes qui, à l'Unicef, à l'Unesco ou dans d'autres
structures des Nations Unies, on peut considérer que notre pays dispose de tous
les atouts pour maitriser l'ordre mondial actuel, le remettre en question et le
rénover en prenant notre propre sol national comme un laboratoire pour de
nouvelles idées d'invention du futur économique du monde.
Au cours du processus électoral que notre nation a
douloureusement traversé, nous avons pu nous rendre compte de la présence de
fortes personnalités politiques issues de la diaspora congolaise. N'eût été le
jeu délirant qui a transformé nos élections en un véritable bobard
tragi-comique, nous aurions pu nous rendre compte que parmi les programmes
proposés, les meilleurs et les plus solides venaient des hommes comme Alafwele
Mbuyi Kalala et Oscar Kashala. Nous n'avons pas pu bénéficier de l'imagination
politique et de la richesse humaine que ces hommes venus des États-Unis avaient
à nous apporter, notamment en matière de gestion organisationnelle d'un pays et
de l'intelligence géostratégique des réalités politiques dans un monde où rien
ne se fait plus selon les à peu près de l'amateurisme ou les irrationalités et
les incohérences des partis politiques sans solidité idéologique ni
connaissance profonde du monde tel qu'il est.
Il ne servirait à rien de rappeler ici tout ce que les
Congolais de la diaspora ont imposé en matière de la créativité artistique.
Tout le monde reconnait actuellement le génie de Ray Lema et de Lokua Kanza,
dont le style a donné au monde une musique congolaise profondément différente
de celle de nos tonitruantes stars de premier plan que sont Olomidé, Wemba,
Werrasson ou Nyoka. Ces stars seraient-elles d'ailleurs ce qu'elles sont sans
le souffle de tous nos talents expatriés. Sait-on aussi que le Coupé Décalé
n'aurait pas pris l'envol qu'il a pris et n'aurait pas rayonné comme il rayonne
sans la puissance de nos « Atalaku », ces animateurs géniaux dont les cris en
lingala et les trépidations furieuses font de ce style de musique une véritable
invention ivoiro-congolaise ?
Je voudrais aussi attirer l'attention sur les grands
sportifs congolais comme Mutombo Dikembe, Shabani Nonda ou Claude Makelele.
Dans leur brillance médiatique et leur maitrise professionnelle du champ de
leurs talents, ils sont des semeurs de rêves dans l'imaginaire de notre
jeunesse. Ils libèrent des utopies, forgent des volontés et canalisent des
espoirs chez nos jeunes qui pourront un jour ou l'autre s'affirmer eux aussi
pour le rayonnement mondial de notre pays dans le futur.
Tous ces Congolais et toutes ces Congolaises sont des signes
qui tranchent avec le pessimisme concernant l'avenir de la Rdc. Leur action et leur
destin indiquent que notre pays n'est pas condamné à être une nation sans
souffle ni perspective de développement et de progrès. Nous ne sommes pas un
peuple sans ressorts internes. Au contraire, nous sommes une nation semblable à
d'autres nations. Nous sommes même un peu plus que beaucoup d'autres nations si
l'on tient compte de toutes les richesses de notre sol, de notre sous-sol et de
toutes nos intelligences dispersées dans le monde.
Comment se fait-il donc que tant d'atouts ne se concrétisent
pas dans des dynamiques novatrices pour la construction d'une nation à la
hauteur de ses propres atouts ? Comment se fait-il que tout donne l'impression
d'aller à vau-l'eau chez nous et que nous en soyons encore à affronter sans
succès les problèmes vitaux les plus élémentaires : l'eau, l'électricité,
l'hygiène, la santé, la nutrition, les infrastructures et l'emploi ? Qu'est-il
arrivé à notre intelligence pour qu'elle soit à ce point bloquée dans ses
capacités de trouver des solutions aux préoccupations vitales de notre pays ?
Face à ces questions, la tentation est grande de s'acharner
à rechercher des causes visibles de notre ruine soit dans la position de notre
pays au sein de la géostratégie et de la géopolitique de l'ordre politique
international qui nous sont défavorables depuis le règne de Léopold II jusqu'à
ce jour, soit dans les tares mentales et organisationnelles qui nous ont rendus
apathiques et nous ont plongés dans une léthargie chronique.
Si ces réalités sont telles qu'on les présente aujourd'hui,
la vraie question n'est pas de les ressasser indéfiniment dans des jérémiades
sans fin, mais de créer des conditions de possibilité pour sortir de la crise
dans laquelle elles nous ont précipités.
Une diaspora pour le développement de notre pays
La condition sur laquelle j'aimerais attirer notre attention
aujourd'hui, c'est le réveil de notre diaspora comme force de promotion du
développement de notre pays.
Vous aurez remarqué que parmi les grands noms qui font
rayonner l'image de notre pays dans le monde au sein de notre diaspora, il n'y
a pas à ce jour de grands industriels, pas d'hommes d'affaires de niveau
mondial, pas d'entrepreneurs capables d'entrer en compétition avec des caïmans
de grands conglomérats internationaux. Cette absence de notre diaspora sur la
scène économique est significative. Elle traduit un état d'esprit : une
certaine vision de la richesse et de son utilisation.
Jusqu'ici, on peut noter que les grandes fortunes de notre
nation sont essentiellement d'origine politique. Elles sont liées au pillage de
nos richesses par une oligarchie que le régime de Mobutu avait constituée. Avec
cette classe politiquement créée de toutes pièces, il n'a pas été possible
pour nous de produire une véritable élite économique et une énergie de
créativité financière ayant une ambition mondiale. Au lieu d'une mentalité de
créativité dans ces domaines, notre pseudo élite s'est perdue dans un esprit de
thésaurisation qui a plus enrichi les banques étrangères que notre pays. Avec
un tel esprit, nous ne pouvions ni disposer des conditions réelles de
prospérité dans la compétition mondiale ni nous doter d'une volonté de devenir
un pays riche au sens créatif du terme. Tout notre peuple ne pouvait mouler sa
vision de l'économie et de la production des richesses que selon le modèle de
l'oligarchie mobutiste dans l'étroitesse de ses perspectives. Ce modèle n'a pas
été seulement celui du principe du « voler et thésauriser » ou du « piller et
mettre en banque » le butin politiquement acquis, mais aussi celui d'accumuler
pour dépenser de manière ostentatoire et impressionner le petit peuple que les
hommes du pouvoir ont appauvris de fond en comble.
Alors que notre diaspora a pu innover et s'imposer dans le
domaine de la pensée, de la créativité artistique et des sports, elle n'a pas
eu la même réussite dans le domaine de la créativité artistique. En fait, elle
n'a pas de bases mentales pour s'engager économiquement dans la compétition
mondiale en vue de rentabiliser nos atouts nationaux pour reconstruire
économiquement notre pays. C'est pour cette raison que les entreprises
étrangères font main basse sur nos richesses et que les grands conglomérats
mondiaux se jettent sur nous comme des oiseaux de proie.
Puisque nos expatriés sont dans des conditions de mieux
observer et de mieux apprendre la logique par laquelle s'organise le jeu
économique et financier par lequel les pays riches s'imposent dans l'ordre
mondial actuel, on devra attendre d'eux une révolution mentale et des
initiatives d'une autre dimension que celle des petits hommes d'affaires dont
nos musiciens ont pris l'habitude de vanter les fortunes dérisoires. Si nous
voulons un développement concret de notre pays aujourd'hui, nous devons savoir
qu'une impulsion décisive devra venir de notre diaspora et que celle-ci devrait
s'organiser pour se constituer en pôle de puissance, à la manière de la
diaspora juive, par exemple. Il ne s'agit plus de s'enfermer dans la
logique de petites aides aux familles ou de la récupération de vieilles
voitures à envoyer pour vente au pays, mais plutôt d'entrer dans la logique de
la construction des fortunes communes pour des projets sur le terrain. Des
initiatives de grande envergure devraient être prises dans ce sens. Sans cette
dynamique, nous aurons une diaspora qui ne sera d'aucune utilité pour notre
nation.
Le deuxième domaine dans lequel la diaspora congolaise
devrait s'investir radicalement est celui du renouveau et de l'innovation
politique en Rdc. A l'heure actuelle, tous les signaux indiquent qu'une
dictature cherche à s'installer par la terreur.
Dans un contexte où les
gouvernants prennent conscience de leur incompétence, de leurs limites dans la gestion
des affaires et de leur incapacité à mener une politique de développement
concret et durable, la perspective de dictature est le seul moyen dont ils
disposent pour se maintenir au pouvoir et assumer tant soit peu le rôle de
marionnettes capables de servir tranquillement les seigneurs qui les agitent.
S'il n'y a pas dans la diaspora des réseaux de résistance, de dénonciation et
de recherches d'alternatives crédibles, le pays sera bientôt totalement
sous le règne d'un kabilisme de fer, comme il fut dans le temps sous la coupe
d'un mobutisme de plomb. Le fait que le président de la République n'ait déjà
plus d'autre alternative que le pouvoir dictatorial exercé par son oligarchie
est le signe que les dirigeants manquent d'imagination politique. Il faudra que
la diaspora, face à notre peuple écrasé par la misère et brisé par le nouveau
despotisme tropical qui s'installe, trouve la force de s'organiser et de
lutter, non pas par les armes et la violence destructrice, comme le pensent les
Congolais de l'Institut Kadhafi en Libye, mais par de nouvelles idées
mobilisatrices et par la construction d'organisations politiquement créatives
reliés en réseaux de réflexion et d'action, autour de nouveaux leaders qui
assument le rôle de réelle alternative, en relation avec les forces de
résistance à l'intérieur du pays. J'insiste sur le fait que le combat doit être
politique et non militaire. Nous n'avons plus le droit de nous perdre dans de
nouvelles guerres qui ne feront que plonger la nation au fond du gouffre et donneraient
aux forces de la violence l'occasion de détruire plus encore qu'ils n'ont
détruit le pays et de libérer leur voracité prédatrice dont nous connaissons
actuellement l'infinie capacité de nuisance. La faiblesse de nos dirigeants
actuels est politique, psychique et intellectuelle. Leur talon d'Achille,
c'est leur déficit de pensée, leur incapacité à se faire prendre au sérieux par
notre peuple et leur incurie politico-organisationnelle. Sur ce plan, les
forces politiques de la diaspora, si elles s'organisent en un mouvement qui
puisse incarner vraiment l'espérance, peuvent conduire la nation à des combats
non violents, capables de briser l'étau de la dictature qui se met en place. En
clair, il faut amener le peuple congolais à perdre foi en nos dirigeants
actuels et à faire ce qui a été fait pour fragiliser Mobutu dans le temps :
ignorer complètement le pouvoir politique qui nous gouverne et organiser de
nouveaux lieux de politique à la base, aux échelles locales de l'action
citoyenne. La diaspora pourra mobiliser intensivement cette base en nourrissant
ses ambitions créatrices.
On comprend que la bataille idéologique et l'investissement
de l'imaginaire de notre peuple par des structures de production de nouvelles
représentations de nous-mêmes sont essentiels. Le pays n'a plus de moteur pour
le conduire à penser son avenir et à nourrir son imaginaire en vue de sortir de
la misère actuelle qui l'accable. Les forces intellectuelles de la diaspora ont
le devoir de nouer des liens d'idées libératrices avec notre peuple grâce à une
production intellectuelle et à une animation culturelle à partir des moyens
qu'offre aujourd'hui l'espace mondial de diffusion et d'action. Beaucoup
d'initiatives existent dans ce domaines : sites sur l'Internet, maisons
d'éditions, feuilles d'informations, etc. Ce qu'il convient de faire, c'est de
creuser des canaux de travail sur le terrain au pays pour une révolution des
esprits. Les églises et les organisations de la société civile peuvent devenir
des courroies de transmission entre l'innovation politique de la diaspora et
les forces locales de créativité. Plus clairement : il faut gagner la bataille
de l'imaginaire dans le contexte actuel où notre peuple comprend de pus en plus
que le pouvoir qui nous dirige n'a rien d'autre à offrir que le délire et le
vertige d'une nouvelle dictature insensée.
Le dernier domaine sur lequel il est bon d'attirer
l'attention de notre diaspora, c'est celui du lobbying auprès de toutes les
organisations que le destin du Congo intéresse dans le sens positif du terme.
Si notre disposa s'organise au point de devenir une communauté socialement et
politiquement significative, capable d'avoir des lobbies efficaces comme le
lobby juif au Etats-Unis et en Europe,par exemple, nous pourrons peser sur les
politiques étrangères des nos pays hôtes et nouer des liens avec leurs
organisations de lutte pour les droits humains. Nous pourrions ainsi montrer à
la face du monde ce qu'est réellement le pouvoir qui dirige la Rdc.
Nous pourrions aussi avoir un impact décisif sur les
opinions publiques d'Europe et d'Amérique afin de montrer la vraie face du
soutien que leurs gouvernements apportent à la dictature naissance en Rdc.
Lobbying et action sur l'opinion publique seraient ainsi des leviers pour
détruire dans l'œuf les velléités de despotisme tropical qui agitent l'esprit
de Kabila Kabange et de ses faucons assoiffés de violence, de sang et de
pouvoir absolu.
Conclusion
Face à la situation globale de notre pays, j'interpelle donc
toutes les forces vives de la diaspora congolaise pour une action de
transformation profonde de l'image du Congolais et du Congo à l'étranger. J'en
appelle à leur attachement au pays pour que naissent des mouvements
d'engagement politique, d'investissement économique, d'animation culturelle, de
plaidoyer efficace et d'impact sur l'opinion publique à l'étranger en vue de
faire vivre une alternative crédible à la ligne politique qui s'impose en Rdc
aujurd'hui. Si un travail de fond ne se fait pas dans ce sens dès
maintenant, qu'on ne s'étonne pas quand notre nation deviendra bientôt une
nation d'esclaves et d'abrutis. Est-ce là l'avenir que nous voulons ?
© Congo One, Mise en ligne le 07-07-07
RD Congo : Joseph Kabila instaure un régime de terreur
RD Congo : Joseph
Kabila instaure un régime de terreur
Sept mois après l’investiture du «président élu» Joseph
Kabila, la démocratie et l’Etat de droit escomptés par les Congolais se
présentent sous les traits d’un pouvoir tyrannique. La garde présidentielle et
les services spéciaux de la police, deux unités spéciales dépendant directement
du "raïs", arrêtent à tour de bras aux quatre coins du pays…
La République démocratique du Congo est-elle en passe de devenir un goulag des tropiques par la volonté de l’homme que les citoyens du pays « ont choisi » un certain 29 octobre 2006 ? Depuis l’investiture de Joseph Kabila, le 6 décembre 2006, il ne se passe pas un jour sans que diverses organisations dénoncent les brutalités auxquelles se livrent les éléments de la garde présidentielle et ceux appartenant aux services dits spéciaux de la police de « Kin-Mazière », sur la population. Les observateurs notent une « détérioration continue » de l’état des droits et libertés.
Après les élections, la population attendait l’avènement
d’une ambiance libérale aux quatre coins du pays. Elle n’a droit qu’à un Etat
policier. Un régime de terreur. Les faits parlent d’eux-mêmes. Pour avoir filmé
le cortège de Joseph Kabila, samedi 30 juin, à Kisangani - où se déroulaient
les festivités commémoratives du 47ème anniversaire de l’indépendance du Congo,
le journaliste Ernest Mukuli a été violemment battu par cinq individus en
tenues civiles. Les faits se sont passés immédiatement après la parade
militaire.
Selon l’association congolaise « JED » (Journalistes en
danger), les agresseurs roulaient dans une jeep de la garde présidentielle (GSSP),
rebaptisée « Garde républicaine ». Le journaliste a été roué de coups devant
témoins pour avoir filmé le « président » Kabila. Est-il interdit de capturer
des images montrant le locataire du Palais de la Nation ? Kabila a-t-il
quelque chose à cacher ? Comme il fallait s’y attendre, les responsables du
GSSP à Kisangani ont décliné toute implication dans cet incident.
Dans un communiqué daté du 3 juillet, l’association
congolaise « La
Convergence Congolaise contre l’Impunité » (COCI), fait état
de la disparition de madame Ngoyi Bonginda, épouse d’un diplomate en exil, non
autrement identifié. « Des informations en notre possession soulignent que
l’époux de la disparue serait à la base d’une dénonciation qui secoue le milieu
politico-mafieux du régime », indique en termes laconiques ce communiqué. Tous
les regards sont tournés vers des « hommes en uniformes », selon la formule
consacrée. Des policiers de Kin-Mazière ou des membres du GSSP ?
Le texte ne donne aucune réponse. Une chose est sûre : ces
deux unités spéciales dépendent directement de Joseph Kabila. La COCI de dénoncer la «
recrudescence effrénée des atteintes aux droits et libertés des particuliers,
alors que le respect des droits de l’Homme figure en bonne place dans le
programme d’action du Gouvernement congolais. » Elle exige l’ouverture d’une «
enquête indépendante » afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Un vœu pieux dans un pays où le chef de l’Etat exerce un pouvoir omnipotent.
Faute de contradicteurs. C’est la loi de séries. Dans un communiqué daté du 30
juin, l’association congolaise de défense des droits humains « La Voix des Sans-Voix pour les
Droits de l’Homme » (VSV), tire, elle aussi, la sonnette d’alarme. Elle se dit
« vivement préoccupée » par la disparition de cinq personnes interpellées,
samedi 2 juin, à Goma et transférées, mercredi 6 juin, à l’état-major de
l’ex-Demiap ( Renseignements militaires) à Kinshasa.
Selon la VSV,
ces personnes seraient accusées d’appartenir à un « réseau » qui délivre des
cartes d’électeurs aux étrangers. Le respect des droits de la défense étant un
principe méconnu en RD Congo, les familles restées à Goma demeurent dans une
totale incertitude sur le sort réservé aux « prévenus »
B. Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2007
La RTBF témoigne : « Au Congo, les journalistes sont en danger !
© Jean-Pierre Mbelu
Il est rare que les médias dits internationaux se penchent
sur les morts du Congo. C’est une grande première que la télévision belge,
après avoir accordée, il y a quelques jours, une interview à Jean-Pierre Bemba,
traite dans son journal de ce soir (19h30) du danger que courent les
journalistes Congolais en pratiquant leur profession. Avec des images à
l’appui, la télévision belge a interviewé une journaliste congolaise blessée
par balle dans son lit d’hôpital. Elle était à côté de son frère, blessé lui
aussi, lors d’une visite nocturne des hommes armés.
La
RTBF
Un autre témoignage très poignant a été celui du responsable
de l’ONG ‘Journaliste en danger’, Donat Mbaya. Pour lui, il n’y a pas que les
journalistes qui sont en danger : tous les Congolais sont en insécurité. Dans
les cafés, une moindre critique à l’endroit du pouvoir en place attire un jeep
de militaires sur celui qui la formule et sur ses collègues. Confirmant les
appréhensions des Congolais (es) du pays et d’ailleurs, Donat a soutenu qu’il
existe des prisons parallèles échappant au contrôle du Procureur Général de la République.
I. Les institutions et
les règles parallèles
La mise sur pied d’une police militaire chargée de lutter
contre la liberté de pensée et d’expression est une des méthodes utilisées par
les pouvoirs totalitaires. C’est Marie-Thérèse Nlandu, « cette prisonnière
politique » libérée qui disait : « La police politique de Kabila n’a rien à
envier aux SS nazis ! » Vouloir, sous couvert des institutions démocratiques
formelles, instituer la dictature du parti unique ou le totalitarisme en plein
XXIème siècle, c’est se tromper d’époque. En effet, il y a, au Congo, « un
parallélisme» des institutions et des règles de la vie commune donnant de
plus en plus raison aux « aigris » et autres « empêcheurs de penser en rond »
qui, depuis le jour où les oligarques au pouvoir ont foulé au pied la
réalisation des cinq objectifs assignés à la transition, ont renoncé à
l’illusion de voir le Congo se démocratiser. Il y a une police officielle et
une autre officieuse ; des prisons officielles et d’autres tenues cachées ; une
rhétorique officielle destinée à la consommation extérieure et à celle des
Congolais naïfs et des ordres donnés sous cape aux dépens des Congolais ; une
Constitution officielle et des règles et des pratiques policières dont
l’application violent impunément les droits de nos pauvres populations. Pour
que ce « parallélisme» institutionnelle fonctionne, le recours à la violence, à
la ruse, à l’hypocrisie et au mensonge est permanent.
Ces quatre armes redoutables participent de la guerre psychologique
livrée à tout un peuple. Celle-ci engendre chez ce peuple la fatigue
psychologique, la peur, le désespoir et le renoncement à la lutte
d’autodétermination. Le renoncement à la lutte est le meilleur lit de la
soumission, de « la collaboration » et de l’esclavage volontaire ; de la
domination et de l’exploitation éhontée des populations réduites à leur plus
simple expression.
Dans ce contexte, quand un journaliste est passé à tabac
pour avoir commis le crime de vouloir « immortaliser » Joseph Kabila en le
photographiant, « les collabos » réagiront rapidement en mettant cette
opération sur le dos des « éléments incontrôlés ». Quand les journalistes
traqués comme des bandits de grand chemin demanderont à Joseph Kabila de
s’impliquer dans la recherche de leur sécurité, ils entendront son porte-parole
leur dire : « (…) aujourd’hui, nous sommes dans un pays démocratique. Les
droits des journalistes, comme les droits de tous les citoyens sont garantis
par les mécanismes constitutionnels. Ce n’est pas une question du chef de
l’Etat. » (Les droits des journalistes sont garantis par la constitution et non
par le chef de l’Etat, dans La
Prospérité
II. Où sont passés «
les parrains de la démocratie congolaise » ?
Curieusement, pendant que l’insécurité entretenue par « le parallélisme
» des institutions et des règles de la gestion du pouvoir politique sévit au
Congo, « les parrains » de « la démocratie » congolaise » se taisent. Critiques
sévères de la Chine
Ils sont désormais les défenseurs acharnés d’un partenariat
adulte, respectueux des souverainetés nationales !
Ce discours où la reconnaissance du paternalisme d’hier
cache mal celui d’aujourd’hui, un peu plus « civilisé », est encore une fois «
un opium » destiné à endormir les amnésiques congolais et ceux d’entre nous
ayant entretenu une conception mendiante du bonheur collectif.
Le silence des parrains de « la démocratie » congolaise
constitue un défi et une interpellation pour les minorités résistantes
congolaises. Elles devraient se convaincre davantage que personne ne fera le
bonheur des Congolais (es) à la place des Congolais (es). Et que le bonheur
collectif s’acquiert au prix des luttes de résistance menées dans le coude à
coude fraternel avec les alliés partageant le désir de voir l’Afrique et le
Congo s’affranchir des mécanismes de l’impérialisme ultra-libéral.
Sur ce point, il est important, qu’à travers nos cercles de
réflexion, nous revenions sur « les récentes confidences de Marie-Thérèse
Nlandu ». Elle a avoué que « le Congo ne nous appartient pas ».Les faits lui
donne raison. Le génocide de nos plus de 4000.000 des compatriotes, les
massacres des partisans de Bundu-dia-Kongo, la guerre de Kinshasa du 21,22 et
23 mars et l’insécurité entretenue par les escadrons de la mort sont des signes
qui ne trompent pas.
Les cibles privilégiées de ces escadrons de la mort sont
soigneusement choisies : les avocats, les journalistes, les commerçants, les
prêtres, les religieux et les religieuses ; c’est-à-dire des Congolais (es)
pouvant constituer la classe moyenne, travailler à la renaissance de la
culture, raconter et réécrire « l’histoire non officielle ».
Ce génocide et cette insécurité ne rentrent pas dans l’ordre
de l’imperfectibilité de la démocratie : ils ont tout des actes prémédités.
Saurons-nous nous réveiller, résolument avant qu’il ne soit trop tard, pour
déjouer ce plan mortifère ? La balle est dans notre camp…
CongoOne , Mise en
ligne le 06-07-07
Absence de Kabila à Accra : les chancelleries s’interrogent
Absence de Kabila à Accra : les chancelleries
s’interrogent
© Le Potentiel
De l’absence du président de la République démocratique
du Congo, Joseph Kabila, au dernier sommet de l’Union africaine tenu à Accra,
au Ghana. De ses relations plus que refroidies avec les diplomates occidentaux
en poste à Kinshasa. Toutes ces observations, et d’autres encore, inquiètent
les chancelleries implantées au pays. Elles en viennent à chercher, en vain,
les motivations qui sous-tendent la distance prise par le chef de l’Etat d’un
pays qui, plus que jamais, a besoin davantage de visibilité sur le plan
international pour sa reconstruction.
Les ambassadeurs en poste à Kinshasa sont désorientés.
Observateurs intéressés de la scène politique congolaise, nombre d’entre eux
dont les pays ont activement soutenu la transition en RDC ainsi que le
processus électoral ne se reconnaissent plus en celui qui passait pour le
«candidat préféré» de leurs gouvernements respectifs avant et pendant
l’élection présidentielle. Et ils confient leur désarroi à des cercles d’amis.
Sachant, néanmoins, que le chef de l’Etat congolais doit
faire face à de nombreux défis, tous aussi prioritaires que difficiles, les
diplomates ne s’expliquent pas son peu d’empressement à accéder à leurs
demandes d’audiences, formulées au nom de leurs pays ou des organisations
internationales qu’ils représentent.
Sortir de sa carapace
Pour parler franchement, ils reprocheraient au numéro 1
congolais le fait, devenu familier à la Présidence de la République, qu’il
reçoit difficilement ceux qu’il veut bien recevoir. S’il n’éconduit pas tout
simplement certains ministres étrangers qui lui sont annoncés. Et pourtant, il
n’ignore pas la haute estime que véhiculent les envoyés spéciaux porteurs de
messages exprès émanant de chefs d’Etat étrangers.
Sur ce chapitre, mais sur un autre ton, les diplomates
encouragent le président congolais à sortir de sa carapace à briser son
mutisme. Afin de réaliser qu’il ne peut concrétiser ses «Cinq chantiers», à
court, moyen et long termes, qu’avec le concours des partenaires extérieurs
respectueux, eux aussi, de la souveraineté de la République démocratique
du Congo. Et non dans une certaine autarcie.
C’est ainsi que, sans arrière-pensée, ils jugent de
contreproductive l’absence de J. Kabila au dernier sommet de l’Union africaine,
organisé à Accra. Quand bien même l’ambitieux projet des «Etats-Unis d’Afrique»
cher à Mouammar Khadafi - soutenu par le Gabonais Bongo et le Sénégalais Wade
aurait été contré par les adeptes de la «progression par étapes», pilotés par
Thabo Mbeki, les apartés entre chefs d’Etat ont constitué, à coup sûr, des
opportunités d’échanges directs. Surtout que la RDC est appelée à développer une diplomatie
pragmatique pour marquer son retour politique tant sur le plan régional
qu’international. Tout en sachant effectivement que la politique de la chaise
vide ne paie pas.
On peut aisément imaginer le gain de tels contacts pour la RD du Congo qui sort des
ténèbres de la guerre civile, et qui est confrontée à la nécessité de
normaliser ses rapports avec les autres pays du continent.
La pertinence de la
complainte
Par ailleurs, il a été rapporté au Potentiel que les
plénipotentiaires auraient adressé un mémorandum au président de la République, pour lui
exprimer leur inquiétude par rapport au froid, selon eux «injustifié», qui
s’est cristallisé comme un bloc de pierre entre eux et le président congolais.
La réponse, selon la source, se ferait encore attendre.
N’empêche que les milieux diplomatiques reconnaissent que J.
Kabila est très sollicité par les urgences locales, en particulier celles de
l’Est de la République.
C’est le cas, entre autres, de l’insécurité causée dans la
province Orientale par des éleveurs Mbororo soudanais et les incursions des
rebelles ougandais. C’est le cas de la démobilisation et la réinsertion de
derniers résistants de l’Ituri. C’est le cas aussi des tensions ethniques dans
le Nord et le Sud-Kivu et de l’activisme des rebelles hutu rwandais FDLR. C’est
le cas, enfin, de la problématique de brassage et de mixage que posent les
derniers Maï-Maï et les «hommes de Nkunda». Une véritable tour de Babel.
Cependant, l’énumération des urgences ci-dessus n’enlève pas
sa pertinence à la complainte des chancelleries. Pour les observateurs avertis,
il ne serait pas erroné de parler d’un malaise. D’un grave malaise qui est en
train de s’installer entre le sommet de l’Etat congolais et les partenaires
extérieurs de la RD du Congo.
Le moment ne serait-il pas favorable, pour Kinshasa, de
faire le point avec ses partenaires aux fins, d’une part, de les rassurer, et
d’autre part, de leur indiquer «ses» propres choix et les voies qu’il pense
être les meilleures pour atteindre ses challenges d’ici 2011 ? Il faudra, pour
ce faire, en plus du courage, des idées précises et pragmatiques.
Sit-in devant le centre fermé de Vottem pour la libération de "Stan"
SIT-IN DEVANT LE CENTRE FERME DE VOTTEM POUR LA
LIBERATION DE "STAN"
La
coordination du congrès mondial des congolais vivant à l’étranger
Informe la
communauté congolaise de Belgique qu’elle organise le vendredi 13 juillet 2007
un sit-in devant le centre fermé de Vottem pour la libération de l’activiste
« STAN » qui y est détenu depuis le 8 juin 2007.
En date du 27 juin 2007, une lettre avait été déposée au cabinet du
ministre de l’intérieur pour ce faire. Il n’y a pas eu de suite.
Le gouvernement fédéral belge étant en affaires prudentes, nous osons
croire que le silence à notre lettre est dû au flottement politique actuel
belge.
Il est demandé à toutes les associations et toutes les communautés
congolaises de différentes villes de Belgique de s’organiser afin d’y être très
nombreux.
Pour ceux qui habitent Bruxelles, l’embarquement dans les cars aura lieu
à 11 heures à la porte de Namur à Matongé.
Les politiciens belges d’origine congolaise sont priés de se manifester.
Il n’est un secret pour personne, depuis 2004, leur ascension et leur
visibilité politique sont en grande partie tributaires de l’activisme
des congolais de Belgique.
Pour la coordination du Congrès Mondial
des Congolais Vivant à l’Etranger
Chargé de l’action culturelle
Marcel NZUNDU
Chargé des relations avec les
&
Cheik FITA
Chargé de l’action politique
& Directeur provisoire de la MCCB
Contacts
:
congolaisdeletranger@yahoo.fr
Kintambo : un élément de la garde républicaine déchire les pantalons à 5 jeunes filles
Kintambo : un élément
de la garde républicaine déchire les pantalons à 5 jeunes filles
Kinshasa
| 06 Juillet 2007 à 13:37:19
Ce sergent a été surpris par un aumônier de la garde républicaine. Il n’a su
justifier ni les mobiles de son acte, ni sa présence en ces lieux. Pour cet
aumônier, il s’agit d’un militaire en divagation.
La population se plaint et dénonce ces faits. Elle en appelle à l’intervention
des autorités policières et militaires pour mettre fin à cette pratique. Le
militaire incriminé a profité de l’inattention de la population pour prendre la
fuite.





