11 juillet 2007
La vraie identité de Paul Kagamé, "l'homme de terreur" du Rwanda
La
vraie identité de Paul Kagamé, "l'homme de terreur" du Rwanda
Extrait
de Gaspard MUSABYIMANA, La vraie nature du FPR/APR d'Ouganda en Rwanda, Paris:
L'Harmattan, 2003, pp. 60-67
Kagamé
partit avec ses parents en exil en 1961 en Uganda, à Gahunge, dans le district
de Toro. Son père y est mort quelques années après. Sa maman a fait appel à
l'aide des amis et des parentés pour pouvoir élever ses enfants. Parmi ses
bienfaiteurs, la plus importante fut Rosalie Gicanda, ex-Reine du Rwanda, morte
dans le génocide rwandais de 1994 à Butare. Le nommé Benzinge Boniface, actuel
secrétaire de Kigali en Amérique, prit Kagamé chez lui pour diminuer la charge
familiale. De Chez Benzinge, Kagamé allait passer quelques jours chez Kigeri,
le dernier roi du Rwanda, dans sa résidence de Kampala. En Uganda, Kagamé fit
des études secondaires infructueuses successivement à la Ntare School
de Mbarara au sud de l'Uganda et à la Old Kampala
School de Kampala de 1972 à 1976. A
Kigali, en privé, on le surnomme siniya fo (senior four) pour dire qu'il a fait
quatre ans post-primaires. A l'école secondaire, Kagamé était connu pour son
cynisme et son esprit revanchard qu'il avait le surnom de Kagome (le méchant).
Renvoyé de l'école, Kagamé est devenu un enfant de la rue (street child) comme
on en rencontre dans bon nombre de villes africaines. Il se débrouillait en
vendant des arachides grillées aux passants ou des œufs à la coque connus sous
le nom d'ebimeneka (qui peut se casser). Il s'est livré par après à des
opérations de change, en écoulant de faux shillings ougandais Pour ce faire, il
effectuait beaucoup de navettes entre Kampala et Naïrobi au Kenya.
Quand
Museveni prit le maquis en 1981 après avoir été battu dans des élections, il
partit avec quelques jeunes rwandais dont Rwigema Fred. Le recrutement continua
et Rwigema dut se souvenir de son ami d'enfance. C'est ainsi qu'il alla
chercher Kagamé. Dans le maquis, Kagamé fut très maladif. Il avait notamment un
ulcère d'estomac et une grande déficience visuelle. Rwigema plaida en sa faveur
et Kagamé fut affecté à la récolte des informations, pour lui éviter les dures
campagnes militaires.
A la
victoire de Museveni en janvier 1986, Kagamé est nommé chef des Services de
Renseignements militaires de l'Armée ougandaise, la DMI
(Directorate Military Intelligence), la même qu'on retrouve aujourd'hui au
Rwanda, avec pour chef Jacques Nkurunziza, alias Jackson Nziza, ougandais de
souche et ex-adjoint de Kagamé à la DMI ougandaise
Nziza est de la province du Bufumbira, non loin de la frontière, du côté de la
préfecture Ruhengeri. Son frère fut longtemps Directeur de l'Office des Cafés
en Uganda A la tête des renseignements militaires, Kagamé a été caractérisé par
une méchanceté indescriptible qui lui a valu le nom de PILATO, comparaison à
Ponce Pilate qui a ordonné la mort de Jésus Christ. Ceux qui le connaissent
rapportent qu'il enfermait ses prisonniers dans des containers et jetait les
clés. Il employait des militaires sous ses ordres pour piller et lui rapporter
le butin. On rapporte qu'un jour, un de ses militaires est allé voler avec son
arme dans Mulago Village à Kampala. Il fut attrapé et révéla qu'il était envoyé
par Kagamé. Celui-ci le convoqua et le mit à mort. Au sujet de cette méchanceté
extrême, il est connu que ses interrogatoires étaient toujours musclés. E.
Ndahayo (2000, p. 89), un des ses connaisseurs (il a été Directeur de cabinet
du Ministre de l'information dans le Gouvernement du FPR, entre juillet 1994 et
août 1995) souligne : les prouesses de délinquant du jeune Kagamé et de ses
pairs dans les milieux du vol et crime organisé de Kampala et de Naïrobi, et de
son parcours de tortionnaire au sein des services de securité ougandais. Mr N.,
un ex-militant du PSD (Parti Social Démocrate), m'a décrit Kagamé presque dans
les mêmes termes. Leur rencontre à Kampala en 1991 lui a donné l'impression de
quelqu'un qui a reçu une éducation de la rue. Il m'a dit: «Kagamé s'embarrasse
pas mal du savoir-vivre. Ntabwo yarezwe: il n'a pas reçu une bonne éducation»
(Entretien avec N. à Bruxelles en novembre 2001). Un autre témoignage sur Kagamé
soulignant son caractère «méchant» nous vient de Uganda Democratic Coalition
(janvier 1993), un mouvement d'opposition au pouvoir de Yoweri Museveni ayant
son siège aux Etats-Unis d'Amérique. Pour ce Mouvement, Kagamé a été
caractérisé, dans ses fonctions de Chef de Renseignements militaires ougandais,
par des tortures atroces qu'il infligeait à ces victimes, comme par exemple:
asphyxier la victime en couvrant sa tête d'un papier en plastique, serré autour
du cou par une corde jusqu'à ce que mort s'en suive; mettre des décharges
électriques sur les organes génitaux de ses victimes; attacher une grosse
pierre sur des organes génitaux jusqu'à ce que la victime s'évanouisse, ce qui
provoquait la mort ou de graves séquelles psychologiques ou physiologiques;
lier les bras et les jambes derrière le dos: la victime, devenue comme une
boule, mourrait par éclatement. La torture est connue sous le terme ougandais
de akandooya.
Kagamé
s'est marié en 1989 à Kampala à Jeannette Murefu, fille de Murefu, ex-tenancier
du café Eden Garden à Kigali au Rwanda et appartenant à l'ex-Président du MRND,
Matthieu Ngirumpatse. Murefu venait de rentrer de son exil du Burundi. Parti
pour les cérémonies de mariage de sa fille à Kampala, il ne reviendra plus au
Rwanda et s'installera à Jinja avec sa famille, prévenu probablement de
l'attaque imminente du Rwanda. Avant son mariage, Madame Jeannette Kagamé a
vécu avec ses parents à Bujumbura puis elle est allée à Naïrobi au Kenya où ses
études étaient financées par l'homme d'affaires H. M., grand frère de Robert
Kajuga, Président de la milice Interahamwe. Jeannette Kagamé a travaillé,
pendant un petit temps, dans la société Spie Batignolles à Naïrobi pour
rejoindre finalement Kampala où elle a travaillé avant de se marier. Après son
mariage, Kagamé fut envoyé, en juin 1990, aux Etats-Unis d'Amérique pour un
stage de commandement militaire (Command Staff) à Fort Leaven Worth au Kansas.
Après quelques 3 mois, Kagamé interrompit son stage et arriva au front le
14/10/1990 pour remplacer Fred Gisa Rwigema à la tête du FPR-Inkotanyi.
De retour
donc des USA, Kagamé réorganisa son armée qui avait été refoulée hors du
territoire rwandais le 30/10/1990. Celle-ci gagna la guerre en juillet 1994
après avoir défait les Forces Armées Rwandaises (FAR). Le FPR s'empara du
pouvoir et forma son Gouvernement le 19/07/1994 dans lequel Kagamé fut
Vice-Président et Ministre de la Défense Nationale.
Il fut également élu chef du Parti FPR. A la démission du Président Pasteur
Bizimungu, Kagamé fut investi comme Président et Commandant Suprême (High
Commander) de l'Armée Patriotique Rwandaise (APR).
Kagamé est
un homme qui ne supporte pas la contradiction. Le capitaine Kayitare, à en
croire des sources du FPR, serait mort pour cette raison. Commando hors du
commun qui a dirigé avec succès des opérations sur les villes de Ruhengeri le
23/01/1991 et de Byumba le 5/06/1992, il était parvenu à se faire une renommée
parmi les membres du FPR. Lors d'une des exhibitions qui avaient lieu à Mulindi
pour un fund raising, la chanteuse Kamaliza venue de Bujumbura lui dédia une
chanson, séance tenante. Il le magnifiait en le comparant au lion (la chanson
est elle-même intitulée Intare c'est-à-dire le lion) qui, par son courage, fait
peur à ses ennemis (intare yaciye ibintu), au bouclier qui remporte la victoire
après avoir terrassé les ennemis (ngabo itsinze, ihashya ababisha). Kagamé ne
digéra pas ce militaire qui lui faisait ombrage. Car non seulement le lion est
courageux mais aussi il est le roi de la forêt. Le message était clair.
Kayitare pouvait même supplanter Kagamé à la tête du FPR. Un jour qu'il était
au sommet de la colline de Murore en commune Cyumba où il supervisait une
opération militaire fin 1992, Kayitare fut appelé par radio pour une urgence
dans leur état-major à Mulindi. Il devait descendre la montagne de Murore, traverser
la théiculture de la vallée de Ngondore et monter vers Mulindi. C'est dans la
théiculture qu'il a été arrosé de balles et rendit l'âme. Sa mort provoqua la
consternation dans les rangs du FPR mais également les FAR n'en revenaient pas
de façon que lors de son inhumation, le Commandant des FAR à Byumba, le Colonel
Bahufite, se rendit à la cérémonie car il croyait en la paix avec les
négociations d'Arusha.
Kagamé ne
cache jamais ses plans criminels car il sait que personne ne peut y croire
tellement leur réalisation est inimaginable pour un homme normal.
A Kibuye,
en 1995, il a traité les réfugiés hutus de l'ex-Zaïre de «chiens» et a juré de
les poursuivre là où ils sont.
Il a mis
cette idée en exécution avec James Kabarebe en bombardant leurs camps en octobre
1996, en tuant au moins plus de 200.000 d'entre eux et
en exterminant ensemble avec Joseph Kabila Kanada tous les
rescapés hutu, hommes, femmes et enfants arrivés à Tingi-Tingi et à
Mbandaka.
Le Rapport
Garreton, dans ses différentes versions, est éloquente à ce sujet. Après qu'il
ait dit, en août 1996, dans un meeting à Nyamirambo, qu'avec une petite capsule
ou une petite cuillère, on peut vider un tonneau, Kagamé est passé aux actes.
Pour lui, le fait que les Hutu soient nombreux ne constitue pas un problème.
Cette métaphore donne une idée de l'ampleur de sa méchanceté et de son
ethnisme. Il suffit de tuer les Hutu, petit à petit, jusqu'à les exterminer. A
la manière d'une goutte d'eau qui tombe du tonneau sans discontinuer. Le
tonneau finira par se vider si le petit trou n'est pas colmaté. Les événements
passés et récents confirment cette politique d'annihilation de l'ethnie hutu.
En effet des tueries massives des Hutu ont eu lieu surtout depuis 1994 : les
massacres de Kibeho, le nettoyage du Nord du pays, les camps de concentration
et de crémation notamment dans le Parc National de l'Akagera.
En
calculateur avisé qu'il est, Kagamé aurait toujours le passeport diplomatique ougandais
qu'il avait obtenu lorsqu'il était à la tête des services secrets de l'armée ougandaise.
En effet, sous le titre : Rwandese leaders still hold ugandan passports (les
dirigeants rwandais détiennent toujours des passeports ougandais), le journal
Sunday Vision du 8 janvier 1995 l'a
confirmé et a même ajouté que le président Museveni lui-même a déclaré que «son
gouvernement ne s'est pas dérangé jusqu'ici pour demander à ces dirigeants de
les restituer» (government has up now not bothered to ask the rwandese leaders
to surrender the passports). Bien qu'il se soit investi Président rwandais, la
détention de ce passeport laisse croire qu'il n'a pas abandonné son numéro de
matricule dans l'armée ougandaise
Le journal
ougandais The Monitor du 26 au 28 octobre 1994, parle lui aussi de 24,49
millions de shillings ougandais que Kagamé devait à l'Uganda Commercial Bank
LTD (UCB). C'est un crédit douteux que tous les officiers proches de Museveni
ont pris après la victoire de la NRA en 1986.
Fred Rwigema est mort sans rembourser 20,28 millions de shillings ougandais à
cette banque. Un ancien ministre ougandais de la justice, John Mulenga, auquel
l'ambassadeur rwandais accrédité à Kampala faisait remarquer, après l'attaque
du FPR en octobre 1990, la nationalité ougandaise des attaquants notamment par
la détention de certains d'entre eux de passeports diplomatiques ougandais,
faveur qui ne peut être accordée à un réfugié, a répondu que la loi ougandaise
était si libérale qu'elle était muette sur la nationalité des personnes devant
être incorporées dans l'armée ougandaise Même le Président Museveni déclara un
jour que l'un des membres de son cabinet, le Général Moses Ali était un
soudanais qui n'a régularisé sa nationalité ougandaise que sous son régime
alors qu'il était dans l'armée depuis les années 1960 (Bukeye, 1994).
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