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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

16 juillet 2007

Maître Nlandu dénonce les violations et interpelle… :

nlandu«  NON à toute reconnaissance internationale de Nkundabatware dans le Kivu »


Je commence par saluer tous mes compatriotes qui sont au Congo et dans la diaspora.


Mes chers compatriotes,


Ma situation personnelle, vous la connaissez. Depuis le 20 juin 2007, Monsieur Kabila a fait appel du jugement qui m'a acquitté, un jugement qui a reconnu en fait et en droit l'absence des preuves… Mais, il y a eu appel.


Est en danger au Congo, depuis l'appel du Colonel Madialuwa, auditeur militaire qui est près la cour militaire, toute personne ayant un lien d'appartenance politique, familial ou de simple collaboration avec Me Marie-Thérèse Nlandu.


Les membres de ma famille, les familles de certains de mes collaborateurs, certains membres de notre parti, Congo Pax (Parti pour la paix au Congo) font l'objet de menaces de mort ou de disparition. Beaucoup d'entre eux sont dans la clandestinité y compris certains de mes avocats.Certains défenseurs des Droits de l'homme sont aussi menacés pour m'avoir soutenue lors de ma détention arbitraire à la prison de Makala.


L'élection est une expression démocratique. Quand on est élu, c'est pour rendre compte, c'est pour sauver, c'est pour protéger, c'est pour travailler pour un peuple. C'est un mandat.   Et l'élection, en principe,  permet de porter son choix sur une personne donnée sollicitant le suffrage du peuple afin de réaliser le programme ou projet de société soumis à l'assentiment des électeurs.


L'élection présidentielle qui, du reste, a influencé les autres élections au Congo, en raison de son antériorité et les fraudes qui l'ont accompagnée a reflété des dispositions constitutionnelles taillées sur mesure : un jeune ou une jeune de 30 ans peut devenir Président de la République sans condition d'instruction ni d'éducation.


L'exigence de la formation à ce niveau élevé a été écartée par des députés congolais qui, pour avoir reçu quelques billets de dollars, ont aliéné le pays a travers la loi fondamentale que nous appelons « constitution ».


Il n'y avait pas un seul  européen de race blanche à ce parlement.  C'est par le vote de cette constitution que nous avons compris que les présidentielles seront une parodie électorale si rien n'est fait. C'est ainsi que nous avons créé le rassemblement pour le NON (RPN) au référendum constitutionnel de décembre 2005.


Le NON au référendum a échoué.   Nous le reconnaissons.


Nous avons aussi pris part à l'élection présidentielle de juillet 2006. Nous étions 33 candidats.  Ayant en tête que la parodie électorale peut avoir lieu, dix neuf candidats présidentiels se sont constitués en bloc - vous vous rappelez - avec l'espoir de se retirer de cette élection de juillet pour contraindre le pouvoir organisateur (la CEI) d'organiser autrement les élections et dans un climat de paix et d'assurance.   Les autres candidats n'ont pas pu nous rejoindre. En ce moment-là, à dix neuf, nous n'avions pas eu la force de changer le cours de cette élection dont le gagnant était déjà connu d'avance.

Si le NON au référendum l'avait emporté, nous serions en mesure de retirer de la constitution des dispositions que nous estimions dangereuses dont les articles 9 et 10 retirant la propriété du sol et du sous-sol aux congolais. L'article 72 édictant les conditions que doivent remplir les candidats à l'élection présidentielle, conditions que vous connaissez que j'ai tout à l'heure dénoncées.


Aujourd'hui, le Congo est amputé chaque jour de ses parties aux frontières du Kivu, du Bandundu (à Kahemba). Et je dirai même une partie du Katanga. On nous a dit que Moba aujourd'hui pourrait faire objet d'un regard d'un pays voisin. Finalement, le Congo ressemble à un Etat sans gouvernement parce que le gouvernement aujourd'hui s'y complait ou ne peut pas.

Les problèmes des frontières aujourd'hui n'ont pas rencontré une étude satisfaisante de la part du gouvernement et du parlement. C'est comme si tout marchait bien dans ce pays, le Congo. Il y a des conséquences à tirer le plus rapidement possible de cette situation.   Notre pays n'a pas été vendu. Notre pays doit être gouverné par des mandats. Notre pays n'a pas changé, les congolais sont toujours propriétaires.


Si les députés d'aujourd'hui se sentent élus du peuple congolais, ils ont dès lors l'obligation d'exiger des comptes de ceux qui ont reçu mandat de gouverner le pays, c'est-à-dire :


-        Le Chef de l'Etat ;

-        Le gouvernement.


Il y a dans leur chef, l'obligation de protéger l'intégrité territoriale, de protéger les lois de la République, des habitants et leurs biens.   Or, depuis l'élection de Monsieur Kabila, il devient de plus en plus évident que la paix ne reviendra pas sous son mandat.


Tous les crimes ont été commis sur la personne de la femme, de l'enfant, de la petite fille, du père ou du mari. Les femmes enceintes sont éventrées et elles sont enterrées vivantes dans le Kivu, Sud, Nord et Maniema.   Ces provinces qui  ont donné beaucoup de suffrages sans que le bénéficiaire ne condamne ces abus.  Jusqu'à présent, nous n'avons pas appris qu'il a condamné solennellement et personnellement ces graves violations.   Au contraire, il négocie et gratifie Nkundabatware frappé pourtant d'un mandat d'arrêt international. Procéder à l'arrestation de cet homme dépend du Chef de l'Etat qui ne le fait pas.


Pourquoi ?   


Sous ses yeux, sous nos yeux, Nkundabatware, appuyé par le Rwanda, s'attelle à modifier l'ethnologie du Nord Kivu.   Il tue, il viole, il brûle les villages et épure la région qui, peut-être bientôt, deviendra le prochain Kosovo. Il s'en est vanté sur le plateau de la BBC 24 au mois de juin 2007. Nkunda reçoit des délégations étrangères et tout cela se passe comme si c'était normal. Le Congo existe-t-il encore ? C'est très grave. Et Nous refusons toute reconnaissance internationale de Monsieur Nkundabatware dans le Kivu. En fait, Monsieur Kabila, ou il ne veut pas ou il ne peut pas protéger le Congo, notre chère patrie et notre propriété commune.


Le Parlement et le Sénat de la République ainsi que la communauté internationale devront interpeller Monsieur Kabila sur les crimes commis chaque jour sur la population congolaise dont il a l'obligation d'assurer la protection. En d'autres termes, la reddition de comptes pour les  droits de l'Homme s'impose dans le chef de gouvernants au Congo.

 

Nkundabatware peut jouir d'une totale impunité pendant que Marie-Thérèse Nlandu qui n'a jamais touché à aucune arme ni commandé un mouvement insurrectionnel ni incendié la Cour Suprême peut être arrêtée arbitrairement.

C'est pourquoi je renouvelle mes remerciements à l'égard de tous les congolais et de la communauté internationale qui n'ont pas été indifférents à mon égard et qui ont exercé la pression sur le pays pour que je sois libérée. Qu'est-ce que cela signifie ? Cela devient très inquiétant. C'est toujours inquiétant, l'Etat de droit se fait toujours quasi absent.   Vous rendez-vous compte que je suis passée par les services spéciaux de Kin Mazières qui sont des services Nazis. Et après, je suis allée à la prison de Makala qui est un mouroir.


Monsieur Kabila sait que les accusations ont été fausses. Me Nlandu a été acquittée par un des rares bons jugements de la justice militaire.  Aujourd'hui, il a ordonné un appel contre ce jugement.  Comme je l'ai dit, tout ceci est inquiétant.  Il n'y a aucun signe de protection de la nation, du bon fonctionnement des institutions. Encore moins du respect des droits et des lois.


Les violences présidentielles dans la capitale passent pour être normales alors qu'elles devraient faire l'objet d'interpellation devant la Cour Pénale Internationale.  Imaginez-vous qu'un Premier Ministre ou un Chef de l'Etat européen tue son garde du corps ? Aussitôt, il démissionne ou poursuivi.  Et chez nous, on tue des milliers de personnes dans la ville, Monsieur le Président est toujours là et soutenu !  Et on ose parler de la démocratie au Congo avec de tels actes !


On se moque de quel Congo ? Qu'est-ce qui a changé au Congo ?


Les violences présidentielles du 20 au 22 août 2006, les violences présidentielles du 22 mars au 24 mars 2007 dans la capitale, les violences, les tueries, les massacres, les persécutions des Bakongo du 31 janvier 2007, du 1 er et 2 février 2007, les assassinats des journalistes dont le couple Ngikye, Serge Ameshe et tant d'autres, les violences quotidiennes dans le pays, particulièrement dans l'Ituri, dans le Katanga semblent confirmer ce que nous avons craint en 1996 avec la campagne militaire de Laurent Désiré Kabila.  Nous avons eu un document qui parlait du plan d'extermination du peuple congolais à l'est par le Rwanda et à l'ouest par un Chef d'Etat qui serait en complicité avec le Rwanda et la finance internationale.   Autant dire que le Congo a élu son ennemi.  Qu'on se le dise.


En conclusion, combien de temps devrons-nous encore vivre cela ? Avoir des gouvernants qui utilisent le pouvoir de l'Etat contre son propre peuple ?   Notre peuple doit désormais avoir la conscience qu'il est en danger de disparition.  Il doit  user de tous les moyens de droit, de tous les moyens politiques pour survivre. Les évêques l'on déclaré : la maison «  Congo » brûle. Nous ne pouvons plus etre indifférents. L'indifférence est l'ami de l'ennemi dit-on.


Faut-il rappeler la disparition des cinq millions de congolais lors des guerres de 1996 et de 1998, aujourd'hui dans la grande indifférence du monde entier ? Nos frères et sœurs du Kivu sont les premiers à comprendre qu'ils se sont trompés en plaçant leur confiance dans un homme qui ne sert pas leurs intérêts aujourd'hui.   Celui-ci s'est révélé un véritable cheval de Troie, un loup dans la bergerie.

Mobutu a été un grand dictateur mais il a laissé le sol et le sous-sol intacts.   A cette allure, d'ici dix ans, les populations du Congo auront disparu dans la quasi indifférence du monde entier.   Et le Congo sera condamné à un sous-développement définitif car bientôt il ne va plus disposer de ses ressources pour financer son décollage.   Tel est le Congo confié à Monsieur Kabila.


Peuple congolais, c'est un devoir de survie national. Notre peuple doit se lever et barrer la route à tous ceux qui se sont engagés à le détruire.   En ce qui me concerne, je suis déterminée à me battre jusqu'à ce que le Congo devienne un Etat de droit.   Que ceux qui aiment ce pays s'associent à moi dans cette lutte pour la défense de notre cause : la cause sacrée.


Que vive la survie de notre nation !   


Je vous remercie.


Fait à Londres,  le 14 juillet 2007

Me Marie-Thérèse Nlandu

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