16 juillet 2007
Voyage de Karel DE GUCHT en Afrique centrale
Le chef de la diplomatie belge, le libéral flamand Karel De
Gucht, quitte Bruxelles ce dimanche 15 juillet pour Kinshasa où il va
rencontrer aujourd’hui même William Lacy Swing, le chef de la Mission de l’ONU au Congo
(MONUC). Demain lundi 16 juillet, le ministre belge des Affaires étrangères se
rendra à Kigali pour des entretiens avec le président Paul Kagame avant de
revenir à Kinshasa où il va conférer avec Joseph Kabila.
Le ministère belge des Affaires étrangères souligne que
toutes ces rencontres vont pivoter autour de la recrudescence de l’insécurité à
l’Est de la République démocratique du Congo. Inquiet des récents développements dans cette partie
névralgique de l’ex-Zaïre, Karel De Gucht a jugé utile d’engager des
consultations avec les trois personnalités.
La visite de Karel De Gucht à Kinshasa et Kigali intervenant
au moment où des bruits de botte se font entendre de nouveau dans les Kivu
pendant que le général déchu Laurent Nkunda accuse les rebelles hutu des FDLR
de combattre aux cotés de l’armée congolaise, le ministre belge des
Affaires étrangères qui, on sait, n’a pas sa langue dans la poche, cherchera
sans doute à avoir le cœur net sur les arrangements particuliers entre Nkunda
et Kabila par le biais du général Jhon Numbi négociés à Kigali sous les
auspices de James Kabarebe, chef d’état-major général de l’Armée patriotique
rwandaise et ancien chef d’état-major général de l’armée congolaise à
l’avènement de l’AFDL.
Avec Swing, Kagame et Kabila, M. De Gucht pourra également
s’informer sur le « gel » de l’option levée par les ministres des Affaires
étrangères du Rwanda, du Burundi, de l’Ouganda et de la RDC en accord avec les chefs
d’état-major de leurs armées respectives en vue de combattre les forces dites
négatives dans la région. Au point qu’on peut se demander à qui profite le
crime !
L’américain William Lacy Swing, chef de la fameuse Mission
de l’Onu au Congo embourbée dans l’affairisme, ne pourra, on l’imagine,
être très à l’aise face à Karel De Gucht qui cherchera à en savoir plus
sur l’implication des casques bleus indiens dans le trafic des rations
alimentaires( ?) et du « renseignement » contre l’or et les dollars des FDLR
qu’ils étaient pourtant sensés combattre et neutraliser. Le mal est d’autant
plus profond qu’en plus de la délinquance sexuelle des casques bleus connue de
tous, avant les Indiens leurs collègues pakistanais se livraient l’année
dernière en Ituri au trafic de l’or en rendant des armes saisies aux miliciens.
Les rapports entre le président de la RDC et le ministre belge des
Affaires étrangères étant toujours tendues en raison d’une malencontreuse
vieille note du cabinet de De Gucht mettant à la lumière du soleil les origines
rwandaises de Joseph Kabila, des observateurs s’attendent à ce que l’entrevue
du chef de la diplomatie belge avec le président du Congo à démocratiser ne
soit pas une partie de plaisir étant donné que la Belgique considère encore
et toujours la RDC comme pays à hauts risques. Pour preuve, au Belge qui ne peut s’empêcher de se
rendre à Kinshasa, il est vivement recommandé, en raison de la criminalité, de
demander à des amis ou connaissances sûres de venir comme le chercher à
l’aéroport de Ndjili afin d’effectuer le trajet vers la ville où les
déplacements à pieds sont vivement déconseillés en toute circonstance. Et même
en voiture, il est recommandé au Belge de circuler avec les portières
verrouillées.
Si des précautions sont conseillées pour Kinshasa, il est
carrément déconseillé aux Belges de se rendre à l’Est de la RDC, à savoir l’Ituri, les
deux Kivu et le Nord-Katanga en raison de l’insécurité.
Ce sombre tableau peint par les officiels belges est
confirmé par le dernier rapport de l’ONG Grisis Group dont le directeur du
Projet Afrique centrale estime que, si on a noté pendant la période de
transition des éléments permettant d’unifier la pays et d’améliorer la
situation sécuritaire sur une grande partie du territoire, les nouvelles
institutions se caractérisent par leur faiblesse ou sont carrément
inexistantes. Grisis Group souligne que les réflexes autoritaires se sont
renforcés et que l’armée intégrée est désormais à l’origine de la plupart des
violations des droits de l’homme et une nouvelle crise se profile à l’Est.
Voilà certainement qui donne ton son sens à la rencontre De Gucht-Kagame, le
chef d’Etat rwandais étant le principal soutien officiel de toutes les
rebellions aux régimes de Kinshasa depuis l’AFDL contre Mobutu et le RCD contre
le régime des Kabila, et aujourd’hui Laurent Nkunda, ancien de l’Armée
patriotique rwandaise comme son compagnon d’armes Joseph Kabila.
Notons tout de même que Karel de Gucht s’invite à Kinshasa au moment où son homologue étasunien, Condoleezza Rice, a annulé sa visite en RDC programmée le 16 juillet, un voyage que quelques chiens de garde de la nouvelle dictature présentaient déjà comme destiné à marquer le fait que le Congo de Kabila a progressé dans sa tentative de développer des institutions démocratiques après avoir émergé d’une longue période de guerre. Curieuse lecture des événements qui contraste naturellement avec celle lumineuse faite par Griss Group qui a l’avantage de prendre en compte la pleine mesure du déficit démocratique !
Paulin KAMTE
NDLR : Pour rappel, le tract électoral que Karel DE GUCHT (VLD) a utilisé durant la dernière campagne électorale du 10 juin dernier. Goed bestuur signifie : "Bonne gouvernance" !
Bizima Karaha : la main sur l’ambassade de la Rdc à Londres
12 juillet 2007
ATTENTION À TOUS ! CET HOMME EST OU SERAIT EN ROUTE POUR L'AMBASSADE DU
CONGO AU ROYAUME-UNI
"Pays de mille Collines, pays de mille miracles, il n’y
a qu’au Rwanda ou l’impossible peut s’accomplir. Dans ce minuscule et étrange
pays, les parents sont rwandais, la progéniture est Congolaise. Tantôt
Banyamulenge, tantôt Tutsie ou Hutue congolaise ou interahamwe et aujourd’hui
rwandophone"
Propos du Me Théodore Ngoy Ilunga wa Nsenga, pasteur de
l’Eglise de la Gombe
en 2003.
Témoignage du Général Jules LUMUMBA ONANGANDO
15 juillet 2007
Jules Lumumba Onangando, un témoin privilégié de toute la campagne militaire qui partit de
la Province du Kivu.
Moi, Jules Lumumba Onangando, ancien Commandant de Brigade
au Kasaï, sous le régime du Président Laurent Désiré Kabila, ayant eu 6000
hommes sous mes ordres, et Commandant en chef des Forces Armées Lumumbistes,
résidant momentanément en Europe, désire porter à la connaissance du peuple
congolais et des historiens de l’Afrique les vérités suivantes.
J’ai été le témoin privilégié de toute la campagne militaire qui partit de la Province du Kivu, en
1996, pour finalement aboutir à Kinshasa et mettre en fuite le dictateur Mobutu
et ses supporters.
Avant toutes choses, je m’empresse de rendre hommage au Héros National de la République Démocratique
du Congo Patrice Emery Lumumba ainsi qu’à tous les patriotes qui ont marché sur
ses traces et ont sacrifié leur vie pour mettre en application le Programme
d’Action Politique du M.N.C./LUMUMBA.
Ces préliminaires indispensables faits, je porte à la connaissance de toutes
celles et de tous ceux qui sont épris de vérité les faits suivants concernant
notre pays.
Fort de la bénédiction du Président du Mouvement National Congolais / Lumumba
(M.N.C./L.), le DR. Albert L. Onawelho, le frère André Kisase Ngandu obtint un
rendez-vous avec le Président de l’Ouganda Yoweri Museveni.Ce dernier lui
promit son soutien dans sa lutte pour mettre un terme à la dictature du
Maréchal Mobutu Sese Seko.
Le patriote André Kisase créa, en 1993, l’instrument de cette libération: le
C.N.R.D. le Conseil National de Résistance pour la Démocratie, en réalité
la branche armée du M.N.C./LUMUMBA.
Le Président Museveni organisa une rencontre entre André Kisase et moi-même.
Kisase me fit savoir qu’il avait eu, il y a quelque temps, un entretien avec un
certain Anselme Masasu Nindaga qui lui avait confié, que lui aussi, avait mis
sur pied une petite formation politico-militaire dénommée M.R.L.Z.(Mouvement
Révolutionnaire pour la
Libération du Zaïre) et qu’il disposait de quelques hommes
entraînés par le Rwanda.
C’est Masasu, me dit Kisase, qui lui avait présenté Déogratias Bugera et Bizima
Karaha deux Tutsi de nationalité congolaise qui donnèrent plus tard à leur
groupe ethnique le nom fédérateur de Banyamulenge.
Bugera et Bizima se dirent prêts à soutenir les combattants lumumbistes sous
les ordres de Kisase dans leur projet de renverser la dictature de Mobutu.
J’affirme donc, avec force, que l’initiateur de la lutte contre le pouvoir
honni de Mobutu fut le grand combattant et patriote André Kisase Ngandu qui,
malheureusement, par la suite, fut coiffé , par ruse et machiavélisme
politique, par Laurent Désiré Kabila et les Banyamulenge qui oeuvrèrent de
commun accord pour l’éliminer physiquement , en date du 06 janvier 1997.
Bien que je connaissais de longue date Laurent Désiré Kabila, je déclare, sur
mon honneur, que personne, absolument personne, ne parlait de lui dans
l’entourage de Kisase, tout au début des préparatifs de la guerre de
libération. Ce sont les Rwandais qui l’imposèrent à la tête de la structure
pour des raisons aujourd’hui évidentes, mais floues à l’époque. Mzee Kabila
n’avait plus de combattants armés: tous l’avaient fui.
Ses anciens partisans reprochaient à Kabila de se comporter avec eux en tyran ,
de faire de la "révolution" un fonds de commerce, de passer son temps
à boire du whisky et du lotoko et surtout de ne pas hésiter à faire assassiner
ses collaborateurs pour s’emparer de leur femme !
Ses détournements des fonds du P.R.P, sa consommation immodérée d’alcool et de
femmes d’autrui l’avaient rendu exécrable dans les maquis du Kivu.
C’est ainsi qu’il avait fait tuer, en pseudo-mission, l’un de ses fidèles
collaborateurs tutsi du nom de Christopher KANAMBE pour récupérer sa femme
tutsie, Madame Marcelline KATEREDE MUKAMBUGUJE, mère biologique de
Joseph.Christopher Kanambe éliminé, Laurent Kabila ne se gêna pas pour prendre sa
femme Marcelline et... ses enfants parmi lesquels Joseph et Janet. Etant sous
le toit de Kabila , ils prirent le nom de Kabila.
Cela n’empêche que Joseph Kabila est 100% tutsi bien qu’ il n’ait pas le
courage de le reconnaître. Il est évident, pour moi, que la mutation biologique
du Tutsi rwandais Joseph Hyppolite Kanambe en Congolais Joseph Kabila relève de
la plus grossière manipulation. C’est tromper et mépriser le peuple congolais
que de travestir aussi maladroitement la réalité.
L’indignation et la colère du
fils biologique de Mzee, mon collègue Etienne Kabila Taratibu, sont amplement
justifiées, même si cette vérité agace les étrangers et les Congolais corrompus
qui font tout leur possible pour nous imposer Joseph Kabila par la force et le
mensonge, au premier tour des élections présidentielles prévues en 2006.
Madame SIFA MAHANYA, la maman de substitution mobilisée pour mieux permettre la
supercherie, s’agite partout au Congo, en se disant que plus le mensonge est
gros plus les citoyens crédules auront tendance à l’avaliser ! Mama SIFA n’a
jamais mis Joseph Kabila au monde: c’est une pure fiction, une vue de l’esprit,
une imposture.
Que l’on ne se méprenne cependant pas sur mon propos. Ce n’est pas le fait que
le Président Joseph Kabila soit Tutsi que je condamne tant il est vrai que
personne n’est responsable de sa descendance et tout homme à le droit de vivre
et d’oeuvrer en toute liberté, selon sa conscience.
Mais ce que je fustige, avec force, c’est le fait que Joseph Kabila essaie de
berner toutes les Congolaises et tous les Congolais en mentant grossièrement
sur ses origines cent pour cent rwandaises. Ce faisant, il considère nos
compatriotes comme des naïfs manipulables à merci et cela je le trouve
inadmissible et scandaleux. En effet, s’il a l’audace de tromper les Congolais
sur sa naissance, il ne se gênera pas pour les tromper dans la gestion des
dossiers du pays.
Je n’ai jamais entendu qu’au Burundi ou au Rwanda un Congolais de souche ait
occupé des fonctions de ministre encore moins de président!
Mzee Kabila a commis une grave erreur de mettre politiquement et militairement
Joseph, le fils de Kanambe, en selle au Congo. C’est un personnage malhonnête
et sanguinaire : je puis sans peine le démontrer.
Peut-être le peuple congolais le remerciera-t-
Commandant "Hyppo", sous la pression de la communauté internationale
vous avez accepté d’organiser des élections. C’est bien. Maintenant partez.
Vous avez suffisamment volé, vous avez suffisamment détourné. Plus que Mobutu
lui-même d’ailleurs.
Rentrez chez vous au Rwanda. Le peuple veut définitivement tourner la page des
assassinats, des détournements des deniers publics, de l’inexpérience , de la
mauvaise gestion.
Le peuple congolais veut la paix, la sécurité, la stabilité et de véritables
patriotes, fils et filles du pays, à la tête des institutions de demain.
Contrairement à ce que vous imaginez, le peuple du Congo est loin d’être
insensé. Il est, en réalité, patient, mais sa patience a des limites. Le moment
venu, il demandera des comptes au Rwanda et à ses ressortissants qui se croient
en pays conquis.
Il est plus que temps que Joseph Kabila parte, sans condition, et qu’il aille
vivre ailleurs de ses rentes.S’il s’obstine à se maintenir au pouvoir, il
attirera sur lui les foudres de la population qui en a marre de le regarder
jouer sa pièce de théâtre.Ses manoeuvres de division des Congolais et de leur
territoire fatiguent. La complicité de la communauté internationale avec Kabila
énerve et ce n’est pas l’invasion de mercenaires étrangers, ni l’ostensible
déploiement d’engins de guerre qui intimideront et muselleront le vaillant
peuple congolais.
Général Jules LUMUMBA ONANGANDO
26, rue de Loulié
FR-64110 GELOS
FRANCE
Téléphone: 0033 559 064 768
Maître Nlandu dénonce les violations et interpelle… :
« NON à toute reconnaissance
internationale de Nkundabatware dans le Kivu »
Je commence par saluer tous mes
compatriotes qui sont au Congo et dans la diaspora.
Mes chers compatriotes,
Ma situation personnelle, vous la
connaissez. Depuis le 20 juin 2007, Monsieur Kabila a fait appel du jugement
qui m'a acquitté, un jugement qui a reconnu en fait et en droit l'absence des
preuves… Mais, il y a eu appel.
Est en danger au Congo, depuis l'appel
du Colonel Madialuwa, auditeur militaire qui est près la cour militaire, toute
personne ayant un lien d'appartenance politique, familial ou de simple
collaboration avec Me Marie-Thérèse Nlandu.
Les membres de ma famille, les
familles de certains de mes collaborateurs, certains membres de notre parti,
Congo Pax (Parti pour la paix au Congo) font l'objet de menaces de mort ou de
disparition. Beaucoup d'entre eux sont dans la clandestinité y compris certains
de mes avocats.Certains défenseurs des Droits de l'homme sont aussi menacés
pour m'avoir soutenue lors de ma détention arbitraire à la prison de Makala.
L'élection est une expression
démocratique. Quand on est élu, c'est pour rendre compte, c'est pour sauver,
c'est pour protéger, c'est pour travailler pour un peuple. C'est un mandat.
Et l'élection, en principe, permet de porter son choix sur une
personne donnée sollicitant le suffrage du peuple afin de réaliser le programme
ou projet de société soumis à l'assentiment des électeurs.
L'élection présidentielle qui, du
reste, a influencé les autres élections au Congo, en raison de son antériorité
et les fraudes qui l'ont accompagnée a reflété des dispositions
constitutionnelles taillées sur mesure : un jeune ou une jeune de 30 ans
peut devenir Président de la
République sans condition d'instruction ni d'éducation.
L'exigence de la formation à ce
niveau élevé a été écartée par des députés congolais qui, pour avoir reçu
quelques billets de dollars, ont aliéné le pays a travers la loi fondamentale
que nous appelons « constitution ».
Il n'y avait pas un seul
européen de race blanche à ce parlement. C'est par le vote de cette
constitution que nous avons compris que les présidentielles seront une parodie
électorale si rien n'est fait. C'est ainsi que nous avons créé le rassemblement
pour le NON (RPN) au référendum constitutionnel de décembre 2005.
Le NON au référendum a échoué.
Nous le reconnaissons.
Nous avons aussi pris part à l'élection présidentielle de juillet 2006. Nous étions 33 candidats. Ayant en tête que la parodie électorale peut avoir lieu, dix neuf candidats présidentiels se sont constitués en bloc - vous vous rappelez - avec l'espoir de se retirer de cette élection de juillet pour contraindre le pouvoir organisateur (la CEI) d'organiser autrement les élections et dans un climat de paix et d'assurance. Les autres candidats n'ont pas pu nous rejoindre. En ce moment-là, à dix neuf, nous n'avions pas eu la force de changer le cours de cette élection dont le gagnant était déjà connu d'avance.
Si le NON au référendum l'avait
emporté, nous serions en mesure de retirer de la constitution des dispositions
que nous estimions dangereuses dont les articles 9 et 10 retirant la propriété
du sol et du sous-sol aux congolais. L'article 72 édictant les conditions que
doivent remplir les candidats à l'élection présidentielle, conditions que vous
connaissez que j'ai tout à l'heure dénoncées.
Aujourd'hui, le Congo est amputé
chaque jour de ses parties aux frontières du Kivu, du Bandundu (à Kahemba).
Et je dirai même une partie du Katanga. On nous a dit que Moba
aujourd'hui pourrait faire objet d'un regard d'un pays voisin.
Finalement, le Congo ressemble à un Etat sans gouvernement parce que le
gouvernement aujourd'hui s'y complait ou ne peut pas.
Les problèmes des frontières
aujourd'hui n'ont pas rencontré une étude satisfaisante de la part du
gouvernement et du parlement. C'est comme si tout marchait bien dans ce pays,
le Congo. Il y a des conséquences à tirer le plus rapidement possible de cette
situation. Notre pays n'a pas été vendu. Notre pays doit être gouverné
par des mandats. Notre pays n'a pas changé, les congolais sont toujours
propriétaires.
Si les députés d'aujourd'hui se sentent élus du peuple congolais, ils ont dès lors l'obligation d'exiger des comptes de ceux qui ont reçu mandat de gouverner le pays, c'est-à-dire :
-
Le Chef de l'Etat ;
-
Le gouvernement.
Il y a dans leur chef, l'obligation
de protéger l'intégrité territoriale, de protéger les lois de la République, des
habitants et leurs biens. Or, depuis l'élection de Monsieur Kabila,
il devient de plus en plus évident que la paix ne reviendra pas sous son
mandat.
Tous les crimes ont été commis sur
la personne de la femme, de l'enfant, de la petite fille, du père ou du mari.
Les femmes enceintes sont éventrées et elles sont enterrées vivantes dans le
Kivu, Sud, Nord et Maniema. Ces provinces qui ont donné beaucoup
de suffrages sans que le bénéficiaire ne condamne ces abus. Jusqu'à
présent, nous n'avons pas appris qu'il a condamné solennellement et
personnellement ces graves violations. Au contraire, il négocie et
gratifie Nkundabatware frappé pourtant d'un mandat d'arrêt international.
Procéder à l'arrestation de cet homme dépend du Chef de l'Etat qui ne le fait
pas.
Pourquoi ?
Sous ses yeux, sous nos yeux,
Nkundabatware, appuyé par le Rwanda, s'attelle à modifier l'ethnologie du Nord
Kivu. Il tue, il viole, il brûle les villages et épure la région qui,
peut-être bientôt, deviendra le prochain Kosovo. Il s'en est vanté sur le
plateau de la BBC 24 au mois de juin 2007. Nkunda reçoit des délégations étrangères et
tout cela se passe comme si c'était normal. Le Congo existe-t-il
encore ? C'est très grave. Et Nous refusons toute reconnaissance
internationale de Monsieur Nkundabatware dans le Kivu. En fait, Monsieur
Kabila, ou il ne veut pas ou il ne peut pas protéger le Congo, notre
chère patrie et notre propriété commune.
Le Parlement et le Sénat de la République ainsi que la communauté internationale devront interpeller Monsieur Kabila sur les crimes commis chaque jour sur la population congolaise dont il a l'obligation d'assurer la protection. En d'autres termes, la reddition de comptes pour les droits de l'Homme s'impose dans le chef de gouvernants au Congo.
Nkundabatware peut jouir d'une totale impunité pendant que Marie-Thérèse Nlandu qui n'a jamais touché à aucune arme ni commandé un mouvement insurrectionnel ni incendié la Cour Suprême peut être arrêtée arbitrairement.
C'est pourquoi je renouvelle mes
remerciements à l'égard de tous les congolais et de la communauté
internationale qui n'ont pas été indifférents à mon égard et qui ont exercé la
pression sur le pays pour que je sois libérée. Qu'est-ce que cela
signifie ? Cela devient très inquiétant. C'est toujours inquiétant, l'Etat
de droit se fait toujours quasi absent. Vous rendez-vous compte que je
suis passée par les services spéciaux de Kin Mazières qui sont des services
Nazis. Et après, je suis allée à la prison de Makala qui est un mouroir.
Monsieur Kabila sait que les
accusations ont été fausses. Me Nlandu a été acquittée par un des rares bons
jugements de la justice militaire. Aujourd'hui, il a ordonné un appel
contre ce jugement. Comme je l'ai dit, tout ceci est inquiétant. Il
n'y a aucun signe de protection de la nation, du bon fonctionnement des
institutions. Encore moins du respect des droits et des lois.
Les violences présidentielles dans
la capitale passent pour être normales alors qu'elles devraient faire l'objet
d'interpellation devant la
Cour Pénale Internationale. Imaginez-vous qu'un Premier
Ministre ou un Chef de l'Etat européen tue son garde du corps ? Aussitôt,
il démissionne ou poursuivi. Et chez nous, on tue des milliers de
personnes dans la ville, Monsieur le Président est toujours là et
soutenu ! Et on ose parler de la démocratie au Congo avec de tels
actes !
On se moque de quel Congo ? Qu'est-ce qui a changé au Congo ?
Les violences présidentielles du 20
au 22 août 2006, les violences présidentielles du 22 mars au 24 mars 2007 dans
la capitale, les violences, les tueries, les massacres, les persécutions des
Bakongo du 31 janvier 2007, du 1 er et 2 février 2007, les
assassinats des journalistes dont le couple Ngikye, Serge Ameshe et tant d'autres,
les violences quotidiennes dans le pays, particulièrement dans l'Ituri, dans le
Katanga semblent confirmer ce que nous avons craint en 1996 avec la campagne
militaire de Laurent Désiré Kabila. Nous avons eu un document qui parlait
du plan d'extermination du peuple congolais à l'est par le Rwanda et à l'ouest
par un Chef d'Etat qui serait en complicité avec le Rwanda et la finance
internationale. Autant dire que le Congo a élu son ennemi. Qu'on
se le dise.
En conclusion, combien de temps
devrons-nous encore vivre cela ? Avoir des gouvernants qui utilisent le
pouvoir de l'Etat contre son propre peuple ? Notre peuple doit
désormais avoir la conscience qu'il est en danger de disparition. Il
doit user de tous les moyens de droit, de tous les moyens politiques pour
survivre. Les évêques l'on déclaré : la maison « Congo » brûle.
Nous ne pouvons plus etre indifférents. L'indifférence est l'ami de l'ennemi
dit-on.
Faut-il rappeler la disparition des cinq millions de congolais lors des guerres de 1996 et de 1998, aujourd'hui dans la grande indifférence du monde entier ? Nos frères et sœurs du Kivu sont les premiers à comprendre qu'ils se sont trompés en plaçant leur confiance dans un homme qui ne sert pas leurs intérêts aujourd'hui. Celui-ci s'est révélé un véritable cheval de Troie, un loup dans la bergerie.
Mobutu a été un grand dictateur mais
il a laissé le sol et le sous-sol intacts. A cette allure, d'ici dix
ans, les populations du Congo auront disparu dans la quasi indifférence du
monde entier. Et le Congo sera condamné à un sous-développement
définitif car bientôt il ne va plus disposer de ses ressources pour financer
son décollage. Tel est le Congo confié à Monsieur Kabila.
Peuple congolais, c'est un devoir de survie national.
Notre peuple doit se lever et barrer la route à tous ceux qui se sont
engagés à le détruire. En ce qui me concerne, je suis déterminée à me
battre jusqu'à ce que le Congo devienne un Etat de droit. Que ceux qui
aiment ce pays s'associent à moi dans cette lutte pour la défense de notre
cause : la cause sacrée.
Que vive la survie de notre
nation !
Je vous remercie.
Fait à Londres, le 14 juillet
2007
Me Marie-Thérèse Nlandu





