18 juillet 2007
Coopération française : L'aide en fonction de la bonne gouvernance
Jean-Marie Bockel s'est fixé quatre priorités lors des journées
de la coopération internationale et du développement à Paris
Par Mathias Raynaud - RFI
En ouverture des Journées de la coopération internationale et du développement
2007, le secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de la francophonie, a prononcé
mardi à Paris un long discours définissant les grandes lignes de la politique
de la France
en matière d'aide aux pays en développement. Jean-Marie Bockel a annoncé
notamment que la France,
dorénavant, conditionnera son aide au développement aux engagements en matière
de bonne gouvernance, de respect des droits de l'homme et de la lutte contre la
corruption. Il s'est également exprimé en faveur de la poursuite des efforts
budgétaires en matière d'aide publique au développement (APD).
C'est donc un discours d'une certaine fermeté que le nouveau
secrétaire d'Etat a prononcé au Palais des Congrès de Paris. Mais le
sénateur-maire socialiste de Mulhouse a également fait un constat assez
pessimiste, de la situation dans certaines zones du globe et tout
particulièrement dans le continent africain : « les inégalités se
creusent entre les nations. En dépit des engagements pris à l'aube du XXIème
siècle par la communauté internationale, les pays qui étaient les plus pauvres
en l'an 2000 le sont tout autant ou presque en 2007. En Afrique, à quelques
rares exceptions près, l'écart avec le reste du monde ne cesse de se creuser ».
Jean-Marie Bockel a également souligné que « tout ne peut pas venir de
l'aide extérieure et qu'il ne suffit pas d'organiser la charité pour
redonner espoir à tous les exclus de la croissance et de la prospérité. (…) Il
faut par conséquent sortir de la logique de l'aide, vécue comme un simple don,
pour entrer dans une logique d'investissement, où bailleurs et récipiendaires
sont conjointement responsables ».
Aide conditionnée à la
bonne gouvernance
Le secrétaire d'Etat a ainsi défini les « vraies
priorités au développement », qui correspondent « aux principaux
défis auxquels l'humanité est confrontée aujourd'hui » : écologique,
démographique, rural et alimentaire, démocratique, culturel et linguistique.
Dans ce contexte, il a proposé des réformes structurelles de la politique de
coopération, des choix « qui devront être déterminés en concertation
étroite avec nos partenaires », étant donné que « nous ne pouvons pas
tout faire, partout ».
Pour Jean-Marie Bockel, de nouvelles règles, « simples
et compréhensibles » devront être dégagées, portant notamment sur la
nécessaire concentration de l'aide de la France, qui devra être plus sélective et obéir à
des critères d'efficacité et d'évaluation, « en privilégiant nos actions
dans chacun des pays sur un ou deux axes stratégiques ». L'aide devra être
conditionnée à la bonne gouvernance, au respect des droits de l'homme, au bon
fonctionnement de la démocratie et aux efforts en matière de lutte contre la
corruption.
Jean-Marie Bockel :
les priorités au développement
«Il n'est pas normal que les Etats aidés le soient de
manière indifférenciée sans prendre en compte le sérieux de leurs engagements,
notamment en matière de gouvernance.»
Jean-Marie Bockel a également souligné qu'il est important
de bâtir de larges coalitions en faveur du développement s'étendant de la
société civile au monde de l'entreprise, au-delà des seuls acteurs
gouvernementaux. Le nouveau secrétaire d'Etat a exprimé le souhait que la cause
du développement international devienne un enjeu majeur de la politique
gouvernementale et qu'elle puisse associer l'ensemble des citoyens. Dans ce
contexte, l'effort budgétaire en matière d'aide publique au développement devra
être poursuivi, car il s'agit d'un « élément essentiel de la crédibilité
de la France
sur la scène internationale ». L'objectif est d'atteindre, en 2015, 0,7 %
du PIB consacré à l'APD. Or ce pourcentage est actuellement inférieur à 0,5 %.
Jean-Marie Bockel :
l'aide publique au développement
«Il ne peut y avoir d'un côté une ambition politique forte
et de l'autre des moyens en constante diminution. C'est un élément essentiel de
la crédibilité de la France
sur la scène internationale.»
Jean-Marie Bockel, 57 ans, souvent défini comme un « socialiste-libéral »,
a été nommé au gouvernement le 19 juin dans le cadre de la « politique
d'ouverture » du président Nicolas Sarkozy.
© RFI
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