22 juillet 2007
Le Kivu tente son premier putsh sur le Congo en projetant devenir un état indépendant
Pendant que la
Belgique jubile pour sa fête nationale, le Congo vacille dans
des projets séparatistes.
C’est inadmissible !
« La situation ne va plus à l’Est du Congo ». Sur
les antennes de la télévision belge de mardi 17 juillet 2007, le ministre belge
des affaires étrangères, Mr. Karel de Gucht a lâché cette phrase qui résume la chronique
situation préoccupante du Congo.
Personne n’ignore qu’après les élections et
leur dénouement mitigé, couve sous les cendres un feu meurtrier que l’on pas su
ou que l’on n’a pas voulu éteindre auparavant.
Nous avions toujours mis en garde les promoteurs de ces
élections qu’il fallait d’abord pacifier le pays, en particulier les
provinces de l’est avant de lancer le processus électoral. Ils ont fait la
sourde oreille.
Aujourd’hui, des sources non encore officielles, nous
apprenons que le Kivu est déjà prête pour se constituer en un État indépendant
et que certains gouvernements étrangers, informés de l’imminence du projet,
seraient même prêts à le reconnaître.
En effet, ayant parcouru le document constitutif de ce
projet signé le 5 juillet 2007, cette nouvelle ne semble pas être un jeu
d’enfant ou un simple vœu pieux. La nouvelle république dénommée « The
United Republic of Kivu » dont la capitale sera Bukavu, est un vrai
travail élaboré et préparé sérieusement par des acteurs déterminés afin de se
réaliser concrètement.
Selon le texte, rien n’est laissé au hasard. De la
présidence de la République qui serait assumée par un certain Elie Désiré Atawale jusqu’aux PDG des
entreprises publiques, les noms et les fonctions sont clairement désignés. Le
Nouvel État a même déjà choisi son drapeau, sa monnaie ( le panda dont 1
panda = 100$), les langues officielles dont (le Swahili, l’Anglais, le Shi,
le Kinyarwanda…), ses religions, etc.
Le texte a déjà défini ses principales villes, ses lieux
stratégiques et commerciaux et mêmes ses matières premières dont le cuivre,
l’uranium, l’or, le diamant et tant d’autres pour lesquels un appel d’offre est
gentiment tendu aux éventuels investisseurs étrangers. De quoi faire miroiter
aux aventuriers un nouvel Eldorado en Afrique.
Que dire de ce projet ou de cette tentative de putsh ?
Comme réponse et commentaires à ce projet des acteurs
politiques du Kivu, je voudrai ici redonner aux lecteurs et à tous mes
compatriotes congolais, l’extrait de notre document N°4 du 23 janvier 2006,
document intitulé : Après les élections 2006, voici ce que sera le Congo
En effet, dans ce document d’analyse à caractère
prophétique, je disais qu’après les élections 2006, il y aura quatre phénomènes
importants au Congo . D’abord :
- Un
faux calme
- Un
faux développement économique
- Un
faux discours sur l’unité et le fédéralisme
- La
disparition du Congo par la création de petits états
1. Un faux calme
Dans les premiers moments après l’installation officielle du
nouveau pouvoir en juin 2006, ce pouvoir va proclamer la paix partout au Congo.
C’est une stratégie.
Cette fausse paix est donnée au Congolais pour qu’ils ne se
révoltent pas et qu’ils voient que le nouveau pouvoir apporte le calme pour le
peuple congolais. Mais c’est faux.
Cette fausse paix sera tout simplement le contentement et la joie des envahisseurs du Congo qui auront trouvé ce qu’ils cherchaient.
Le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda auront gagné et réalisé
leurs espoirs, c’est-à-dire voir installé au Congo un Président et un
gouvernement de leur choix et qui leur donnent ce qu’il voulaient : les
territoires de l’Est du Congo (Kivu, Kisangani) et l’exploitation des richesses
de cette partie du Congo.
Les maîtres étrangers qui soutiennent en cachette le Rwanda,
l’Ouganda et le Burundi et qui soutiennent également le pouvoir en place,
auront gagné après ces élections. Vous comprendrez ce qu’ils cherchent dans le
4è point. C’est pourquoi, après ces élections, ils ne demanderont plus à ces pays
d’attaquer de nouveau militairement le Congo.
Donc cette paix sera voulue par ceux qui voulaient la guerre
au Congo. Ça ne sera pas la paix des Congolais.
2. Un faux développement
économique
Afin d’éviter le mécontentement du peuple, le nouveau
pouvoir ainsi que ceux qui le soutiennent donneront rapidement aux Congolais
dans toutes les provinces, des avantages :
- Les
prix des marchandises vont baisser
- Il
y aura des bus pour le transport
- Les
exploitants étrangers vont s’installer dans des endroits stratégiques dans
toutes les provinces.
- Le
sol et le sous-sol congolais seront exploités d’une manière sauvage, pour les
gros avantages des multinationales de
pays étrangers ou pour des privés qui
vont courir au Congo comme des investisseurs à l’exemple de FOREST au Katanga.
On fera croire aux Congolais que c’est pour leur bien parce
qu’on leur donne du travail. Mais en réalité c’est pour exploiter la main
d’œuvre moins chère, recevoir un petit salaire qui ne représente rien en
comparaison d’immenses richesses qu’on leur prend.
Mais surtout, que les congolais se mettent ceci en
tête : ce ne sont pas des avantages qu’on nous donne, mais des simples
calmants pour nous endormir et ne plus parler.
3. Un faux discours
sur l’unité et le fédéralisme
Afin de donner une bonne image, le nouveau pouvoir va nous
endormir avec un discours pompeux sur l’Unité du Congo. C’est pour que le
peuple pense que ce pouvoir travaille à respecter l’intégrité territoriale et
qu’il défend le Congo.
FAUX ! L’unité du Congo, ce sont les Congolais qui
doivent la défendre et non des étrangers déguisés en citoyens congolais.
En même temps, ce pouvoir incitera les gens à cultiver des
sentiments tribalistes et régionalistes sous prétexte du fédéralisme.
Or Citoyens congolais ! Sachez que le fédéralisme que
le nouveau pouvoir des traîtres veulent nous donner, c’est la division et le
dressement de nos tribus les unes contre les autres pour nous entre-tuer.
« Diviser pour régner » comme on le dit.
4. La disparition du Congo
par la création de petits états
La conclusion de tout ce qu’on impose aujourd’hui aux
congolais, est la disparition du Congo. Voici comment cela se passera bientôt.
Le faux développement qu’on va donner aux gens et aux
provinces sera accompagné d’un discours incitant à réclamer l’autonomie de
chaque province, autonomie qui est déjà Votée dans leur Constitution. (art. 2)
Après cette autonomie PIEGEE, les ambitions politiques de
certains leaders locaux (à l’exemple de KALONJI MULOPWE, MOISE TSHOMBE, KYUNGU
WA KUMWANZA et autres) ainsi que le sentiment tribaliste de notre PAUVRE
PEUPLE CONGOLAIS non informé, vont tomber dans le désir de réclamer les
indépendances politiques, c’est-à-dire carrément devenir des États indépendants.
Les ennemis du Congo ainsi que les intérêts occidentaux vont
appuyer ces réclamations, et cela ne va pas tarder : il y aura vite
proclamation des petits États indépendants. Prenez l’exemple de l’ex-Union
Soviétique et celui de l’ex-Yougoslavie. On n’en parle plus aujourd’hui. Ainsi
en sera-t-il du Congo si nous ne stoppons pas maintenant ce mouvement. Un
fédéralisme mal préparé donne immédiatement aussi des États indépendants mal
préparés et sans avenir.
Dans un premier temps, nos petits États indépendants au
Congo s’imagineront aller au progrès et qu’ils seront vite développés, FAUX.
POURQUOI ?
La répartition du Congo en plusieurs petits États fera
diminuer le poids et la valeur de nos richesses actuelles. La loi du Commerce
mondial appliquera des mesures sévères et discriminatoires comme on le fait
aujourd’hui avec tous les États du Tiers monde, et on sera totalement affaiblis.
Par exemple, le Cuivre du Katanga pourrait être boycotté à
tout moment par le commerce international dans le but de casser ce qui fait le
poids et la fierté économique de notre province actuelle mais qui chercherait à
devenir un État selon ce FAUX FEDERALISME.
De même le diamant du Kasaï, l’or de Kisangani et de Kivu ou
encore le bois ou le café de l’Equateur. Un seul petit État ne tiendra jamais
devant les ambitions des intérêts internationaux. Ni le Cuivre, ni le diamant,
ni l’Or, ou tout autre produit faisant aujourd’hui le monopole et la fierté
d’une province, ne pourra faire de celle-ci le développement d’un nouvel Etat
au Congo. Sauf un seul Congo uni peut peser dans la balance internationale,
C’est d’ailleurs pour cela que tout le monde court derrière nous. (Barroso y
va, Louis Michel, Di Rupo et autres de leur catégorie)
L’intention finale des envahisseurs ainsi que des leurs
maîtres est de parvenir à cette disparition totale du Congo afin de pouvoir
mieux contrôler séparément les richesses actuelles du Congo.
Quant au peuple Congolais. Sans solidarité et unité entre
nous, nous serons obligés de rentrer dans notre état « paysan et
sauvage » selon le terme des anciens colons. Nous n’aurons plus de nation,
plus de pays et alors nous serons à la merci de ceux qu
i nous ont toujours
dominés.
Avec cette disparition du Congo, notre richesse culturelle,
nos langues, nos coutumes, nos œuvres d’art, notre sentiment patriotique et
national, nos liens de parenté déjà tissés à l’intérieur de notre pays, seront
brusquement brisés.
Nos anciennes sociétés traditionnelles avaient été brisées
par la colonisation, pourquoi accepter aujourd’hui que la seule nation moderne
que nous avons commencé à bâtir, dans les larmes et la douleur, puisse ainsi
s’écrouler selon la volonté des ennemis et de la soi-disant « Communauté
internationale » ?
Un peuple trahi et
humilié : Avant l’indépendance et après l’indépendance. Arrêtons cela :
- du
Congo-belge au Zaïre,
- du
Zaïre au Congo,
- et
du Congo à ? ? ?
Bref, sans PASSÉ, ni PRÉSENT, ni AVENIR …Nous sommes nés les bâtards du sort.
Notre Congo, 80 fois plus grand que la Belgique, doit-il ainsi
finir ? NON
C’est pourquoi l’UFDC, Union des Forces Démocratiques
Congolaises en appelle encore une fois à la conscience de tout le peuple
congolais pour s’unir et faire échec à ce processus qui veut conduire notre
pays à sa disparition totale. LES ÉLECTIONS 2006 avec ce pouvoir en place sont
un GRAND PIÈGE pour le Congo. »
© Pierre Mutanga
UFDC (Union des Forces Démocratiques Congolaises)
Email : ufdcbruxelles@yahoo.fr
Doc. N°66 - Ed. Française
du 21 juillet 2007 – Bruxelles - En lingala, Tshiluba, Swahili et Kikongo.
Doc. N°4 du 23 janvier
2006 - Bruxelles
Si le Kivu était rwandais, l'Alsace aurait dû être allemande
La promotion de l'idée de l'ingouvernabilité du Congo'',
on le sait, tire son origine dans les mêmes chancelleries ou se décide la
déstabilisation de ce vaste territoire d'Afrique centrale.
La Conférence de Berlin II, maintes fois évoquée devrait servir d'outil pour les auteurs de ce syncrétisme dans le but d'atteindre leurs objectifs. Quant à leurs prête-noms africains, ils ont tout aussi cyniquement appuyé ce macabre projet en avançant le caractère artificiel des frontières africaines. Ainsi, c'est avec joie que l'idée avait été accueillie et prise en compte dans certains milieux pour son expérimentation éventuelle au Congo. Au Ruanda, bien des milieux ont caressé l'opportunité de la résurgence d'un empire ethnocentrique d'autrefois, au détriment d'un pays qui avait pourtant tout sacrifié pour leur offrir un asile pluridecennal et aisé.
La province congolaise du Kivu est le cadre territorial qui
a été choisi pour réaliser ce rêve a cause de l’important effectif des
populations rwandophones accueillies autrefois consécutivement à de nombreux
drames liés à la démographie galopante et à l'intolérance politique dans ce
pays ou règne une culture du sang.
Comme hier la
Prusse préconisait l'annexion de l'Alsace française à cause
de la culture allemande de ses habitants, aujourd'hui c'est le Ruanda qui tente
de s’emparer de la belle province du Kivu. S'il est inutile d'insister sur les
conséquences heureuses de cette crise sanglante sur l'émergence des sentiments
nationalistes parmi les Congolais, il reste à déplorer le fait que des
partenaires privilégies en Occident, des deux cotes de l'Atlantique, aient
caresse le projet Ouganda-rwandais de Berlin II.
Comme il est souvent utile de dissuader un partenaire de ses
mauvaises intentions en lui rappelant les objectifs de la lutte menée
antérieurement, par ses ancêtres, dans le but d’éviter le même préjudice, nous
sommes descendu aux archives pour déterrer une lettre qu'un professeur français,
Fustel de Coulanges, avait adressée à son homologue berlinois allemand,
Théodore Mommsen, auteur, lui, d'une lettre sur la nationalité prussienne
(allemande) des Alsaciens. Vous nous excuserez de devoir vous reproduire
uniquement des extraits. Quoi qu'il en soit vous aurez reçu toute la substance
de cette ancienne polémique dont les termes se répètent dans la situation
congolaise. Le Kivu est et restera congolais.
Il importe de signaler que nous avons pensé à rechercher ce
texte dans les bibliothèques parce que nous l'avions analysé au cours de nos
études a l'Université de Lubumbashi, sous la dictée d'un assistant d'origine
ruandaise, Mr Rufuangula. Notre souhait aujourd'hui est que les nouvelles
forces hégémonistes des Grands Lacs africains, qui se trouvent être les
compatriotes de mon ancien enseignant, comprennent le vrai sens de l'histoire,
mais aussi le vrai sens de notre combat nationaliste contre leur agression et
que nos partenaires communs se remémorent les périphéries de leur propre destin
pour mieux analyser les nôtres.
© Lambert Opula.
L’Alsace est-elle Allemande ou Française?
Réponse de Fustel de Coulanges à Théodore
MOMMSEN, Professeur à Berlin.
Paris, 27 octobre 1870.
Monsieur,
Vous avez adressé dernièrement trois lettres au peuple
italien. Ces lettres, qui ont paru d'abord dans les journaux de Milan et qui
ont été ensuite réunies en brochure, sont un véritable manifeste contre notre
nation.
Vous avez quitté vos études historiques pour attaquer
la France; je quitte les miennes pour vous répondre.
... Nul ne peut plus l'ignorer aujourd'hui; ce qui met à la
prise toute la population militaire de l'Allemagne et toute la population
virile de France, c'est cette question franchement posée : l'Alsace sera-t-elle
à la France ou
a l'Allemagne?
La Prusse compte résoudre cette question par la force; mais la force ne lui suffit pas: elle voudrait bien y joindre le Droit.
Aussi, pendant que ses armées envahissaient l'Alsace et
bombardaient Strasbourg, vous vous efforciez de prouver qu'elle était dans son
droit et que l'Alsace et Strasbourg lui appartenait légitimement.
L'Alsace à vous en croire, est un pays allemand.
Elle en faisait partie autrefois; vous concluez de là
qu'elle doit lui être rendue. Elle parle allemand, et vous en tirez cette
conséquence que la Prusse
peut s'emparer d'elle. En vertu de ces raisons vous la ''revendiquez''. Elle
est vôtre, dites-vous, et vous ajoutez: '' Nous voulons prendre tout ce qui est
nôtre, rien de plus, rien de moins.'' Vous appelez cela le principe de la
nationalité.
C'est sur ce point que je tiens à vous répondre. Car il faut
que l'on sache bien s'il est vrai que, dans cet horrible duel, le Droit se
trouve du même côté que la force. Il faut aussi que l'on sache s'il est vrai
que l'Alsace ait eu tort en se défendant et que la Prusse ait eu raison en
bombardant Strasbourg.
Vous invoquez le principe de la nationalité, mais vous le
comprenez autrement que toute l'Europe.
Suivant vous, ce principe autoriserait un État puissant à
s'emparer d'une province par la force, à la seule condition d'affirmer que
cette province est occupée par la même race que cet État.
Suivant l'Europe et le bon sens, on autorise simplement
cette population à ne pas obéir malgré elle à un maître étranger...
Songez ou nous arriverions si le principe de la nationalité
était étendu comme l'entend la
Prusse, et si elle réussissait à en faire la règle de la
politique européenne.
Elle aurait désormais le droit de s'emparer de la Hollande. Elle
dépouillerait ensuite l'Autriche sur cette seule affirmation que l'Autriche
serait une étrangère a l'égard de ses provinces allemandes. Puis elle
réclamerait à la Suisse
tous les cantons qui parlent allemand.
Enfin, s'adressant a la Russie, elle revendiquerait la province de
Livonie et la ville de Riga, qui sont habitées par la race allemande; ...
L'Europe serait périodiquement embrasée par les revendications de la Prusse ...
Vous croyez avoir prouve que l'Alsace est de nationalité
allemande parce que sa population est de race germanique et parce que son
langage est l'allemand. Mais je m'étonne qu'un historien comme vous affecte
d'ignorer que ce n'est ni la race ni la langue qui fait la nationalité.
Ce n'est pas la race: jetez en effet les yeux sur l'Europe
et vous verrez que les peuples ne sont presque jamais constitues d'âpres leur
origine primitive, Les convenances géographiques, les intérêts politiques ou
commerciaux sont ce qui a groupe les populations et fonde les États.
Chaque nation s'est ainsi peu à peu formée. Chaque patrie
s'est dessinée sans qu'on se soit préoccupe de ces raisons ethnographiques que
vous voudriez mettre a la mode.
Si les nations correspondaient aux races, la Belgique serait à la France, le Portugal à
l'Espagne, la Hollande à la Prusse ;
en revanche, l'Écosse se détacherait de l'Angleterre, a laquelle elles est si
étroitement liée depuis un siècle et demi, la Russie et l'Autriche se diviseraient chacune en
trois ou quatre tronçons, la
Suisse se partagerait en deux, et assurément Posent se
séparerait de Berlin.
Votre théorie de race est contraire à tout l'État actuel de
l'Europe. Si elle venait à prévaloir, le monde entier serait à refaire.
La langue n'est pas non plus le signe caractéristique de la
nationalité. On parle cinq langues en France, et pourtant personne ne s'avise
de douter de notre unité nationale. On parle trois langues en Suisse : la Suisse en est-elle moins
une seule nation, et direz-vous qu'elle manque de patriotisme? D'autre part, on
parle anglais aux États-Unis, voyez-vous que les États-Unis songent à rétablir
le lien national qui les unissait autrefois a l'Angleterre? Vous vous targuez
de ce qu'on parle allemand a Strasbourg; en est-il moins que c'est a Strasbourg
que l'on a chante pour la première fois notre Marseillaise ?
Ce qui distingue les nations, ce n'est la race, ni la
langue. Les hommes sentent dans leur cœur qu'ils sont un même peuple lorsqu'ils
ont une communauté d'idées, d'intérêts, d'affections, de souvenirs et
d'espérances. Voila ce qui fait la patrie....Il se peut que l'Alsace soit
allemande par la race et par le langage; mais par la nationalité et le
sentiment de la patrie elle est française ....
Comme les premiers chrétiens confessaient leur foi,
Strasbourg, par le martyre, a confesse qu'il est français.
... Notre principe à nous est qu'une population ne peut être
gouvernée que par les institutions qu'elle accepte librement, et qu'elle ne
doit aussi faire partie d'un État que par sa volonté et son consentement libre.
Voila le principe moderne. Il est aujourd'hui l'unique fondement de l'ordre, et
c'est a lui que doit se rallier quiconque est a la fois ami de la paix et
partisan du progrès de l'humanité. Que la Prusse le veuille ou non, c'est ce principe-la
qui finira par triompher. Si l'Alsace est et reste française, C'est uniquement
parce qu'elle veut l'être. Vous ne la feriez allemande que si elle avait un
jour quelque raison pour être allemande.
Son sort doit dépendre d'elle. En ce moment, la France et la Prusse se la disputent;
mais c'est l'Alsace seule qui doit prononcer ... Ni les raisons tirées de la force, ni les intérêts de la
stratégie n'ont de valeur en cette affaire. Il ne s'agit que d'une question de
droit publique.
La France n'a qu'un seul motif pour vouloir conserver l'Alsace, c'est que l'Alsace a vaillamment montre qu'elle voulait rester à la France.
Voila pourquoi nous soutenons la guerre contre la Prusse.
Bretons et
Bourguignons, Parisiens et Marseillais, nous combattons contre vous au sujet de
l'Alsace; mais, que nul ne s'y trompe; nous ne combattons pas pour la
contraindre, nous combattons pour vous empêcher de la contraindre.
© Fustel de Coulanges.
(1916) Questions contemporaines. Paris: Hachette. pp 89- 102.



