bemba_2«L’an 1 de la Démocratie : État de la Nation - Évaluation du Parti»  

L’an 2007, du 20 au 22 juillet, s’est tenue à Kinshasa la Convention politique du MLC, réunissant Députés, Sénateurs et Hauts cadres du parti, autour du thème

Après avoir examiné la situation générale du pays, évalué les activités du Parti et le processus électoral, les participants déclarent ce qui suit :

I. Engagement de principes

Les participants à
la Convention réaffirment l’engagement du MLC à œuvrer, au sein des Institutions de la République, dans le cadre d’une opposition républicaine et constructive, basée sur la reconnaissance des Institutions et de ses animateurs issus des élections.

A cet effet, les participants s’associent à la déclaration de principes faite le 13 juillet 2007 par le Président National du MLC, le Sénateur Jean-Pierre BEMBA, d’œuvrer également dans ce cadre.

II. Etat de la Nation - Évaluation des activités du parti et du processus électoral

A. État de la Nation

A l’analyse du fonctionnement des Institutions de la République, les participants à la Convention relèvent des graves dysfonctionnements qui tendent à remettre en cause l’équilibre du régime constitutionnel par la présidentialisation rampante du régime et la remise en cause des dispositions constitutionnelles relative aux Institutions provinciales, le tout conduisant à l’émergence des structures parallèles et des acteurs agissant sans qualité. De même, le Gouvernement brille par son incapacité à répondre aux préoccupations et attentes de la population (eau potable, sécurité, emplois, transports, santé). Le Gouvernement est absent face aux défis urgents et crises qui secouent la République (insécurité et graves violations des droits de l’homme à l’Est, remise en cause de l’intégrité du territoire, notamment dans le Bandundu).

Le manque de vision dans la réforme de l’Etat (Justice, décentralisation et services publics) amène le Gouvernement à des réponses inappropriées, parfois contradictoires face aux problèmes de sécurité, des droits de l’homme, et de dialogue démocratique au sein des Institutions. Le musèlement des opposants et les atteintes à la liberté d’opinion et d’expression notamment dans la presse, tels que décriés par le rapport de INTERNATIONAL CRISIS GROUP et la Déclaration de la Conférence des évêques.  
L’inefficacité du contrôle parlementaire et la faiblesse de la production législative ont réduit le Parlement en un instrument au service de la majorité.

Dans ce contexte,
la République Démocratique du Congo couve une catastrophe sécuritaire et humanitaire aux conséquences incalculables en dépit des élections tenues.

De ce qui précède, les participants à la Convention demandent, d’abord au Président de la République d’assurer, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des Institutions, et ensuite au Gouvernement, de définir clairement et de conduire effectivement la politique de la Nation, notamment dans les domaines des réformes essentielles, de la gestion de la sécurité à l’Est et de l’amélioration de la condition des droits de l’homme.

Les Députés et Sénateurs du MLC et Alliés prennent l’engagement, dés la rentrée, d’user du contrôle parlementaire et des sanctions constitutionnelles contre l’Exécutif, si rien ne change dans son fonctionnement, notamment à l’occasion de la présentation du collectif budgétaire promis par le Gouvernement à la session de septembre 2007 et le projet du budget 2008.

B. Activités du parti

Les participants ont procédé à la critique sans concession du Parti et relevé les problèmes liés aux pratiques c1ientélistes, à la mauvaise gestion des ressources et des ambitions, à la forte concentration des pouvoirs par les organes centraux au détriment des organes locaux, qui réduisent la capacité de mobilisation et l’efficacité du parti dans le pays.

Après avoir rappelé les 4 mutations du MLC : mouvement insurrectionnel, mouvement politico militaire, parti politique post conflit, et enfin parti politique d’opposition post électoral, les participants recommandent une plus forte démocratisation, la restructuration et la décentralisation du fonctionnement du parti, ainsi que la mise en œuvre d’une politique transparente de gestion des hommes et de leurs ambitions, fondée sur le dialogue et le respect mutuel.

A cet effet, les participants recommandent fortement la convocation et la tenue rapide des assises du Conseil des Représentants, pour sanctionner les recommandations des présentes assises.

C. Elections et processus électoral

Après avoir analysé les résultats des élections générales de 2006 et les causes de certaines contre-performances électorales, les participants ont noté que le MLC a été au 2ème tour des élections présidentielles a recueilli un nombre de sièges à l’Assemblée nationale, au Sénat et dans les Assemblées provinciales. Ces éléments font du MLC la deuxième force politique du pays et la première de l’opposition institutionnelle.

Le MLC réaffirme la pertinence de son projet politique et la richesse humaine de son organisation pour redresser
la RDC.

Le MLC s’inscrit donc résolument dans la conquête démocratique du pouvoir lors des prochains scrutins locaux, municipaux et urbains ainsi que des échéances de 2011 à tous les niveaux.

S’appuyant sur une nouvelle organisation et en actualisant son projet politique, le MLC entend baliser les voies de l’avenir en veillant à la régularité, à la transparence et à la liberté des futurs scrutins.

A cet effet, dès la rentrée parlementaire, les Députés et Sénateurs du MLC et Alliés s’engagent à contribuer à l’adoption d’un bon arsenal législatif comportant la loi portant organisation et fonctionnement de
la CENI, la loi sur le financement des activités politiques et des campagnes électorales, la loi sur la mise à jour du fichier électoral et la révision de la loi électorale pour assurer un meilleur fonctionnement du système proportionnel.

Fait à Kinshasa, le 22 juillet 2007

Pour les Participants,

François MUAMBA
Secrétaire Général