23 juillet 2007
Déclaration politique de Jean-Pierre BEMBA
«L’an 1 de la Démocratie : État
de la Nation -
Évaluation du Parti»
L’an 2007, du 20 au 22 juillet, s’est tenue à Kinshasa la Convention politique du
MLC, réunissant Députés, Sénateurs et Hauts cadres du parti, autour du thème
Après avoir examiné la situation générale du pays, évalué
les activités du Parti et le processus électoral, les participants déclarent ce
qui suit :
I. Engagement de principes
Les participants à la
Convention réaffirment l’engagement du MLC à œuvrer, au sein
des Institutions de la
République, dans le cadre d’une opposition républicaine et
constructive, basée sur la reconnaissance des Institutions et de ses animateurs
issus des élections.
A cet effet, les participants s’associent à la déclaration de principes faite
le 13 juillet 2007 par le Président National du MLC, le Sénateur Jean-Pierre
BEMBA, d’œuvrer également dans ce cadre.
II.
Etat de la Nation - Évaluation des activités du parti et du processus électoral
A.
État de la Nation
A l’analyse du fonctionnement des Institutions de la République, les
participants à la
Convention relèvent des graves dysfonctionnements qui tendent
à remettre en cause l’équilibre du régime constitutionnel par la
présidentialisation rampante du régime et la remise en cause des dispositions
constitutionnelles relative aux Institutions provinciales, le tout conduisant à
l’émergence des structures parallèles et des acteurs agissant sans qualité. De
même, le Gouvernement brille par son incapacité à répondre aux préoccupations
et attentes de la population (eau potable, sécurité, emplois, transports,
santé). Le Gouvernement est absent face aux défis urgents et crises qui
secouent la République
(insécurité et graves violations des droits de l’homme à l’Est, remise en cause
de l’intégrité du territoire, notamment dans le Bandundu).
Le manque de vision dans la réforme de l’Etat (Justice, décentralisation et
services publics) amène le Gouvernement à des réponses inappropriées, parfois
contradictoires face aux problèmes de sécurité, des droits de l’homme, et de
dialogue démocratique au sein des Institutions. Le musèlement des opposants et
les atteintes à la liberté d’opinion et d’expression notamment dans la presse,
tels que décriés par le rapport de INTERNATIONAL CRISIS GROUP et la Déclaration de la Conférence des évêques.
L’inefficacité du contrôle parlementaire et la faiblesse de la production
législative ont réduit le Parlement en un instrument au service de la majorité.
Dans ce contexte, la
République Démocratique du Congo couve une catastrophe
sécuritaire et humanitaire aux conséquences incalculables en dépit des
élections tenues.
De ce qui précède, les participants à la Convention demandent, d’abord au Président de la République d’assurer,
par son arbitrage, le fonctionnement régulier des Institutions, et ensuite au
Gouvernement, de définir clairement et de conduire effectivement la politique
de la Nation,
notamment dans les domaines des réformes essentielles, de la gestion de la
sécurité à l’Est et de l’amélioration de la condition des droits de l’homme.
Les Députés et Sénateurs du MLC et Alliés prennent l’engagement, dés la
rentrée, d’user du contrôle parlementaire et des sanctions constitutionnelles
contre l’Exécutif, si rien ne change dans son fonctionnement, notamment à
l’occasion de la présentation du collectif budgétaire promis par le
Gouvernement à la session de septembre 2007 et le projet du budget 2008. Le MLC s’inscrit donc résolument dans la
conquête démocratique du pouvoir lors des prochains scrutins locaux, municipaux
et urbains ainsi que des échéances de 2011 à tous les niveaux.
B. Activités du parti
Les participants ont procédé à la critique sans concession du Parti et relevé
les problèmes liés aux pratiques c1ientélistes, à la mauvaise gestion des
ressources et des ambitions, à la forte concentration des pouvoirs par les
organes centraux au détriment des organes locaux, qui réduisent la capacité de
mobilisation et l’efficacité du parti dans le pays.
Après avoir rappelé les 4 mutations du MLC : mouvement insurrectionnel,
mouvement politico militaire, parti politique post conflit, et enfin parti
politique d’opposition post électoral, les participants recommandent une plus
forte démocratisation, la restructuration et la décentralisation du
fonctionnement du parti, ainsi que la mise en œuvre d’une politique
transparente de gestion des hommes et de leurs ambitions, fondée sur le
dialogue et le respect mutuel.
A cet effet, les participants recommandent fortement la convocation et la tenue
rapide des assises du Conseil des Représentants, pour sanctionner les
recommandations des présentes assises.
C. Elections et processus électoral
Après avoir analysé les résultats des élections générales de 2006 et les causes
de certaines contre-performances électorales, les participants ont noté que le
MLC a été au 2ème tour des élections présidentielles a recueilli un nombre de
sièges à l’Assemblée nationale, au Sénat et dans les Assemblées provinciales.
Ces éléments font du MLC la deuxième force politique du pays et la première de
l’opposition institutionnelle.
Le MLC réaffirme la pertinence de son projet politique et la richesse humaine
de son organisation pour redresser la RDC.
A cet effet, dès la rentrée parlementaire, les Députés et Sénateurs du MLC et
Alliés s’engagent à contribuer à l’adoption d’un bon arsenal législatif
comportant la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI, la loi sur le
financement des activités politiques et des campagnes électorales, la loi sur
la mise à jour du fichier électoral et la révision de la loi électorale pour
assurer un meilleur fonctionnement du système proportionnel.
Fait à Kinshasa, le 22 juillet 2007
Pour les Participants,
François MUAMBA
Secrétaire Général
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