bemba_6Le parti de l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba a dénoncé "l'absence" de gouvernement face aux "défis urgents et crises" qui menacent la République démocratique du Congo (RDC), dans une déclaration écrite reçue lundi à l'AFP.

"Le gouvernement est absent face aux défis urgents et crises qui secouent la République : insécurité et graves violations des droits de l'Homme dans l'est, remise en cause de l'intégrité du territoire, notamment dans le Bandundu" (sud-ouest), où des forces de sécurité angolaises auraient occupé depuis février 11 villages du territoire de Kahemba, une région riche en diamants, indique le Mouvement de libération du Congo (MLC).

 

Selon l'ONU, quelque 700.000 personnes ont fui leurs villages du Nord et du Sud-Kivu à la suite de la détérioration de la situation sécuritaire dans cette région, théâtre d'attaques de rebelles rwandais, de miliciens locaux et aussi de militaires des brigades "mixées", constituées pour moitié d'ex-soldats insurgés ralliés au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda.

 

Le parti de l'ex-chef rebelle congolais a aussi déploré le "manque de vision" du gouvernement dans les réformes engagées, notamment dans les secteurs de la justice, de l'emploi et de la santé, ce qui l'amène à "des réponses inappropriées, parfois contradictoires face aux problèmes de sécurité, des droits de l'Homme et de dialogue démocratique au sein des institutions".

 

Deuxième force politique au sein du parlement congolais, le MLC estime que "dans ce contexte, la RDC couve une catastrophe sécuritaire et humanitaire aux conséquences incalculables en dépit des élections tenues" en 2006.

 

Ce parti accuse également le gouvernement du Premier ministre Antoine Gizenga, investi en février, de "briller par son incapacité" à satisfaire les revendications sociales des Congolais.

Le sénateur Bemba, adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle de 2006, se trouve depuis le 11 avril au Portugal, dans une villa ultra-protégée à Quinta do Lago, à 300 km au sud de Lisbonne.

 

Il avait quitté Kinshasa sous escorte de blindés de l'ONU, trois semaines après de sanglants affrontements survenus du 22 au 23 mars en plein centre-ville entre sa garde rapprochée et l'armée régulière.

 

M. Bemba est depuis visé par une demande de levée de son immunité parlementaire par le parquet général de la République, qui voudrait le poursuivre pour "atteinte à la sûreté de l'Etat".

 

Le commissaire européen au Développement, Louis Michel, qui s'est entretenu avec M. Bemba le 13 juillet, a indiqué que ce dernier s'était "engagé à conduire son action politique en dehors de toute démarche armée".