mbosonkodiapwanga© Le Phare | 23 juillet 2007

Dans un point de presse qu’il a animé, le samedi dans sa résidence de Mbinza - Ma Campagne, le député national Christophe Mboso N’kodia Pwanga, entouré d’autres parlementaires du Kwango, a apporté quelques éléments de preuve de l’occupation de certains villages du territoire de Kahemba par des éléments des forces armées de la République d’Angola. L’orateur a démontré, preuves à l’appui, que les localités de Shayimbwanda, Shohono, Shakadiata…aujourd’hui au centre de la controverse n’ont jamais fait partie de l’Angola.

Plusieurs cartes administratives de la République démocratique du Congo, élaborées toutes par des organisations extérieures dont l’Eglise catholique romaine, ont été exhibées aux journalistes en guise de témoignage. Il en est de même pour la carte administrative d’Angola.

De la colonisation à ce jour, aucun document administratif n’indique aucune des localités querellées aujourd’hui appartenir à l’Angola.

Des preuves irréfutables

Parmi les cartes exhibées à la presse par les parlementaires du Kwango, il y a celle datée de 1957 que les membres de
la Commission Lumbala ont obtenu auprès des chefs traditionnels de Kahemba.

Ces documents apportent toute la lumière sur la frontière commune avec l’Angola, précisément au niveau du 7ème parallèle où semble s’engager une polémique de bas étage.

Il y a aussi la carte du 12 avril 1960, peu avant l’accession du pays à l’indépendance, celle élaborée récemment par l’Allemagne. A ceci, il faut associer la carte de l’Eglise Catholique datant de 1999 intitulée « Carte des diocèses et des implantations pastorales de l’Eglise catholique au Congo ». Dans cette carte qui répertorie tous les diocèses de l’église, on voit clairement que toutes ces localités appartiennent au diocèse de Kikwit, dans la province ecclésiale de Bandundu.

Tout comme l’Atlas du Père Léon de Saint Moulin dénommé « Atlas de l’organisation administrative au Congo » de 2005, on voit lesdites localités à l’intérieur de
la République démocratique du Congo.

Pire encore dans la carte administrative d’Angola, on ne voit nulle part à la frontière commune avec sa province de Lunda Norte une quelconque localité parmi celles revendiquées aujourd’hui par ce pays voisin avec lequel la RDC partage une longue frontière de plus de 2.000 Kms.

Outre les cartes précitées, d’autres documents ont été également exhibées aux journalistes. Dans le lot, l’on dénombre le recensement administratif de la chefferie de Mwa Mushiko, territoire de Kahemba, effectué en 1936. Ici, l’on voit par exemple qu’en cette année-là, la localité de Shakadiata était peuplée de 71 personnes dont 18 hommes, 22 femmes, 19 garçons et 12 filles. Pour sa part, Shayimbwanda en comptait 53 parmi lesquelles 16 hommes, 14 femmes, 13 garçons et 10 filles. Le village de Shashidi 58, dont 12 hommes, 15 femmes, 20 garçons et 11 filles, etc.

Un autre document de preuve est l’enquête menée par l’administration de Kikwit à l’époque en rapport avec la succession du chef Mwa Mushiko. Il reprend aussi des données démographiques desdites localités.

Acte de haute trahison !

Pour les parlementaires du Kwango, prétendre que les localités précitées sont angolaises, constitue ni plus ni moins qu’un acte de haute trahison. Allusion faite au rapport des experts du gouvernement, tout comme certaines déclarations des membres de l’Exécutif.

Ce qui révolte davantage les orateurs, c’est le manque de probité morale dont ces compatriotes ont fait preuve, parce qu’ayant vécu la même situation que les députés de la commission Lumbala. Et une fois rentrés à Kinshasa, ils ont fait un volte-face de 180 degrés pour élaborer un rapport mensonger qu’ils sont eux-mêmes incapables de soutenir devant n’importe quelle tribune.

Pour détruire le rapport des experts qui frise le complot contre la nation, les parlementaires du Bandundu ont indiqué que le directeur général de l’Institut géographique national qui avait osé s’opposer à ce rapport bidon des experts s’est vu remercié de ses fonctions.

A qui le prochain tour ? Se demandent-ils. Avant de marteler que quel que soit ce qui pourra arriver, les « Kwangolais » n’accepteront jamais de perdre leurs électeurs que l’on cherche à transformer en Angolais contre leur gré.

Les parlementaires kwangolais rassurent les chefs traditionnels ayant accepté de témoigner que leur institution usera de toutes ses prérogatives, y compris la demande de protection spéciale au chef de l’Etat, contre l’éventuelle menace à leur endroit par les ennemis de la nation.

Christophe Mboso a terminé son allocution par une interpellation au chef de l’Etat, au nom de ses électeurs de Kahemba où il était en tête, pour qu’il s’implique afin qu’une solution pacifique soit trouvée à cette question. Essentiellement par le retrait pur et simple des troupes angolaises de ces localités congolaises.

Par la même occasion, Mboso a lancé un appel à la population kwangolaise en particulier et congolaise en général de ne pas garder une dent contre nos frères Angolais. Ce, malgré les récentes expulsions dont certains de nos compatriotes sont encore une fois victimes de la part des autorités de Luanda qui n’hésitent pas à violer les droits humanitaires.