25 juillet 2007
Côte d'Ivoire : Abus sexuels sur mineures à Bouaké - l'Onuci épingle son contingent marocain
Fraternité
Matin - Abidjan (Côte d'Ivoire)
23 Juillet 2007 | Paulin N. Zobo
Le contingent marocain en service au sein de l'Opération des
Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), a été suspendu à la suite des allégations
de nombreux cas d'exploitation et d'abus sexuels portés contre certains de ses
éléments basés à Bouaké», indique un communiqué de l'ONUCI dont nous reçu copie
le 21 juillet. Aussi, «les troupes marocaines sont cantonnées dans leurs
bases.»
«La décision a été prise le vendredi 20 juillet par le siège
des Nations unies en raison de la gravité des allégations et à la suite d'une
enquête menée par l'ONUCI», ajoute le communiqué. Selon M. Hamadoun Touré,
porte-parole de l'ONUCI, le contingent marocain compte 732 personnes, le plus
grand effectif après celui du Bangladesh. Et de préciser que cette mesure de
suspension qui n'est «pas une radiation» s'explique en raison de «la gravité»
des faits comme l'indiquent «les résultats préliminaires» obtenus au terme de
«l'enquête interne».
Ces relations sexuelles auraient été entretenues par
certains éléments avec des mineurs dans le centre du pays, fief de
l'ex-rébellion, selon l'AFP. «La suspension est une mesure conservatoire pour
confiner tout le monde dans leurs camps», a dit le porte-parole, en attendant
les conclusions finales de l'enquête. C'est d'ailleurs dans ce cadre
qu'intervient également le Bureau du contrôle interne des Nations unies basé à
New York. Le communiqué affirme que ce Bureau «est actuellement en train
d'approfondir l'enquête à l'issue de laquelle des décisions appropriées seront
prises». Même si Hamadoun Touré n'a pas dit le temps que ça prendra, il a
cependant souhaité «que les résultats soient connus le plus rapidement
possible».
«La mesure prise par l'ONU est conforme à la politique de
tolérance zéro des Nations unies en ce qui concerne l'exploitation et les abus
sexuels». Cette mesure est la première du genre en Côte d'Ivoire depuis le
déploiement de l'ONUCI en 2003. Jusque-là, des séminaires de formation et de
sensibilisation avaient été organisés à l'intention des Casques bleus et du
personnel de l'ONUCI. Notamment, après la visite, le 4 mars 2005, en Côte
d'Ivoire, de Mme Louise Fréchette, vice-secrétaire général de l'ONU. «A cette
occasion, elle a mis l'accent sur la politique de tolérance zéro en vigueur aux
Nations unies pour les militaires, les éléments de la Police civile et les
fonctionnaires civils».
M. Hamadoun Touré s'est voulu rassurant quant à l'impact
qu'une telle décision pourrait avoir sur le processus de paix. Toutes les
dispositions, a-t-il dit, ont été prises pour que la suspension n'ait pas
d'effet sur toutes les activités opérationnelles de l'ONUCI, à commencer par
"La flamme de la paix" prévue le 30 juillet à Bouaké. Cérémonie qui
se déroulera en présence du Président de la République, Laurent
Gbagbo, et plusieurs autres Chefs d'Etat africains invités et au cours de
laquelle le contingent marocain devait être en première ligne.
L'ONUCI et la force Licorne ont été sollicitées par le
Premier ministre, Guillaume Kigbafori Soro, à s'associer aux forces armées
ivoiriennes pour assurer la sécurité de la manifestation et son succès.
Le Maroc initie sa propre enquête
Le Royaume chérifien a décidé d'ouvrir sa propre enquête
pour faire la lumière sur cette affaire, avons-nous appris hier, de sources diplomatiques.
Non sans avoir déploré le fait que les autorités n'aient pas été officiellement
informées et qu'elles aient appris l'information au même moment que le grand
public, à travers les médias.
Pour l'heure, les autorités marocaines veulent croire qu'il
s'agit de rumeurs ou de cas isolés. Et de rassurer que si d'aventure les faits
étaient avérés, elles seraient prêtes à faire subir aux soldats en cause la
rigueur de la loi. Parce que le Maroc adhère à la tolérance zéro et ne peut, de
ce fait, tolérer aux marginaux des actes qui pourraient ternir l'image du pays.
Les mêmes sources diplomatiques ont d'ailleurs rappelé le cas de 3 soldats
marocains qui avaient été reconnus coupables d'abus sexuels en RDC. Ils avaient
été rapatriés et jugés au pays.
Le dernier contingent marocain est en Côte d'Ivoire depuis 2
mois. Son effectif total est d'environ 1200 hommes. 732 soldats sont basés à
Bouaké et les autres entre Tiébissou, Kouassikro et Sakassou
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