burundi_accordsLe président burundais Pierre Nkurunziza (G) et le chef des FNL Agathon Rwasa, lors de la signature à Dar-es-Salaam, le 7 septembre 2006, d'un accord de paix qui risque de ne pas être appliqué

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Les 28 cadres militaires et politiques des FNL qui participaient aux travaux de mise en place de l'accord de cessez-le-feu avec le gouvernement se sont enfuis de Bujumbura. Parmi ces responsables qui ont repris le maquis, le délégué militaire de la rébellion, Jean Bermans Ndaishime, ainsi que six autres hauts responsables de ce mouvement, qui ont réussi à fausser compagnie à leurs escortes sud-africaines. Les responsables de l'armée burundaise affirment que ces départs indiquent que les rebelles veulent reprendre la guerre, mais les FNL démentent. Le conflit inter-burundais a duré près de 14 ans, faisant plus de 300 000 morts.

Tous les représentants de la rébellion des FNL, qui participaient à la mise en place de l'accord de cessez-le-feu signé avec le gouvernement le 7 septembre 2006, ont regagné le maquis. Le chef des opérations militaires et des renseignements des FNL, Jean Bermans Ndaishime, avait réussi à échapper, samedi, à l'escorte des militaires sud-africains de la force spéciale de l'Union africaine au Burundi, chargée d'assurer la sécurité des responsables rebelles.

Ruben Tubirabe, responsable des relations extérieures du même mouvement, s'était enfui lundi après-midi de sa résidence à Bujumbura, également sécurisée par des gardes sud-africains. Trois autres dirigeants militaires des FNL - dont le commandant de la région militaire de l'Ouest Aloys Nzabampena - se trouvaient sur un marché du quartier de Kinama, au nord de la capitale, quand des combattants armés de leur mouvement se sont interposés devant les militaires affectés à leur garde. Ils se sont enfuis sans qu'aucun coup de feu ne soit tiré, selon des sources concordantes citées par l'AFP depuis Bujumbura.

Dans la nuit de lundi à mardi, 21 autres cadres rebelles ont également quitté la capitale.

Parmi ces 28 responsables rebelles, 12 participaient au Mécanisme conjoint de vérification et de suivi (MCVS), chargé de la mise en application de l'accord de cessez-le-feu signé entre le gouvernement burundais et les FNL le 7 septembre 2006.

Quatorze autres participaient aux équipes mixtes de liaison chargées d'étudier la question de la libération des prisonniers politiques et de guerre des FNL, ainsi que du cantonnement des combattants rebelles. Le chef d'état-major de l'armée burundaise, le général Godefroid Niyombare, a déclaré lundi que ces fuites indiquent que les FNL veulent reprendre la guerre.

Pourtant, le porte-parole des rebelles, Pasteur Habimana, a affirmé mardi que le FNL ne veut pas reprendre les armes et que les leaders de son mouvement reviendront à Bujumbura quand un consensus politique et militaire aura été trouvé sous la houlette de la médiation sud-africaine.

Pasteur Habimana
Porte-parole de la rébellion des FNL

«Nous avons demandé au gouvernement de nous assoir ensemble pour discuter et trouver un consensus puis signer un accord de cessez-le-feu. Nous ne voulons pas nous battre, nous sommes en train de négocier et on aboutira à un consensus.»

L'armée burundaise affirme que les FNL disposent de 4 000 à 6 000 hommes et recrutent désormais dans l'ensemble du pays. Les FNL sont le dernier des sept groupes rebelles, issus de la majorité hutue, qui n'ont pas participé à l'accord global de paix au Burundi. Le FNL accuse le gouvernement de ne pas mettre en œuvre ses promesses, notamment la signature d'un accord politique et la libération de prisonniers.

Le président burundais Pierre Nkurunziza et le leader des FNL, Agathon Rwasa, se sont rencontrés le 17 juin dernier à Dar-es-Salaam pour tenter de lever les obstacles à l'application de l'accord de cessez-le-feu. Les autorités s'étaient alors engagées à libérer entre 2 000 et 3 000 prisonniers rebelles.