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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

25 juillet 2007

Vital Kamerhe “chassé” de son bureau ?

vital_kamerhe1Des « inconnus » auraient forcé mardi 24 juillet la serrure du bureau du secrétaire général du parti présidentiel (PPRD), situé sur l’avenue Batetela à un jet de pierres de l’ex-hôtel Intercontinental (Grand hôtel Kinshasa) dans la commune de la Gombe.

L’entourage de Vital Kamerhe dément. Dans les milieux proches de l’AMP (Alliance de la majorité présidentielle), on parle de « bavure ». En tous cas, des témoins, joints au téléphone à Kin, assurent avoir aperçu les « paperasses » du numéro un de la formation politique de Joseph Kabila jetées pêle-mêle sur le trottoir. Et ce y compris des photos des membres de sa famille biologique.

Le bureau du secrétaire général du PPRD, Vital Kamerhe, a-t-il été forcé sur ordre de certains bonzes du parti présidentiel ?

En tous cas, certaines sources soutiennent avoir aperçu des « papiers » ainsi que des photographiques des enfants Kamerhe gisant sur le sol. Cette information a circulé de bouche à oreille, mardi 24 juillet, dans certains milieux congolais à Kinshasa et à Bruxelles. « Il n’en est rien, dit une source proche du président de l’Assemblée nationale.

On est occupé à faire quelques travaux de réfection. C’est ainsi que les effets personnels du secrétaire général ont été entreposés à l’extérieur ». « Faux », rétorquer une source proche de l’AMP (Alliance de la majorité présidentielle), le cartel politique qui a soutenu le président-candidat lors du second tour de l’élection présidentielle.

Cet « interlocuteur » parle, de « bavure déplorable» commise, selon lui, par « le clan des Katangais » qui gravite autour de « Joseph ». Selon cet observateur, « la mise à mort politique » de Kamerhe est enclenchée. Pourquoi ? « Le clan des Katangais entend exercer des représailles après l’article paru dans Jeune Afrique ». « Cet article est accueilli par les Katangais du clan kabiliste comme une déclaration de guerre ».

Rappel des faits

Lors de la campagne électorale pour la présidentielle de 2006, Vital était pressenti par des pronostiqueurs comme le futur chef du gouvernement. Bien entendu, en cas de victoire de Joseph. L’alliance Kabila-Gizenga conclue à la veille du second tour a bouleversé la donne. Le secrétaire général du PPRD, de son propre aveu, a dû batailler ferme pour se faire élire au poste de président du Bureau de l’Assemblée nationale.

Déception

Dans le portrait intitulé « Jusqu’où ira Kamerhe?», publié, sous la plume de François Soudan, dans l’hebdomadaire « Jeune Afrique » n°2426 daté 8-14 juillet 2007, Kamerhe clame sa déception et affirme son « affranchissement » à l’égard du « raïs » à qui il ne doit rien dans sa carrière politique actuelle. Le « portrait » contient une révélation audacieuse. C’est le cas de cet « appel au secours » attribué à Olive Lembe Kabila alors que la campagne du président sortant accusait des ratés : « Aide-nous Vital, cela se présente mal ».

Olive remet à Vital une mallette bourrée de billets de banque. Soudan de noter : « Kamhere sillonne les quartiers populaires avec sa mallette à billets et rameute la population, qui accourt ». Ce bout de phrase est perçu par les commentateurs comme un aveu. A savoir que Kabila a battu Jean-Pierre Bemba grâce à la corruption et non parce qu’il avait un bon bilan ou le meilleur programme.

Au total, le secrétaire général du PPRD et président de l’Assemblée nationale veut vider son sac. Il semble reprocher au « président élu » d’avoir « oublié » tous les services rendus par lui mais aussi par tous ceux qui l’ont aidé à « battre » son challenger. La « mise au point » publié par Kamerhe dans l’édition n°2427 du magazine parisien n’a pas réussi à calmer les esprits. Le mal est fait. Pour cause ? « Je confirme et j’assume le fait qu’il y a, à l’heure actuelle, beaucoup de frustrations dans le Parti et au sein de l’Alliance. Il est temps que le chef de l’Etat recadre rapidement les choses », écrit-il dans ce rectificatif. Et d’ajouter : « (…), en tant qu’homme politique responsable et loyal je me devais, quitte à choquer certains, d’attirer l’attention du chef de l’Etat sur cette urgence. »

« J’assume »

Dans une interview accordée à Radio Okapi, vendredi 20 juillet, Kamerhe persiste et signe.

Question : « Voilà. Il y a aussi ce sujet qui fait grand bruit. L’article confectionné par Jeune Afrique sur vous ». La réponse tombe comme un couperet : « D’abord, j’assume ». Question : « Est-ce que vos relations avec le président de la République ou son entourage ne sont pas ternies après la publication de cet article ? » Réponse : «Non, je crois que c’est l’objectif qui était visé par ceux qui ont rajouté les éléments que je viens d’évoquer dans l’article. Mais je crois qu’ils ont échoué parce que moi je ne suis pas un flatteur et je ne suis pas un garçon de course. Et je servirai le président de la République dans la vérité mais aussi avec beaucoup de dignité.»

Comme pour rappeler le caractère décisif de son apport à la « victoire » de Kabila, Vital, décidé à en découdre avec ses adversaires, tonne littéralement : « Et à ces gens là, je dis ceci : qui a fait quoi pour l’Etat congolais, pour notre peuple et pour le président de la République ? Quand nous étions entrain de battre campagne, ils étaient où ? »

Evoquant les débats en plénière sur le dossier Kahemba, il dit : « Est-ce qu’en conduisant les débats (…), on a eu l’impression que j’ai aidé Kabila et la nation congolaise ou j’ai enfoncé Kabila et la nation congolaise ? (…) ».

Pour Vital, ses relations avec Kabila « sont excellentes ». Celui-ci et son entourage partagent-ils cet avis ? Rien n’est moins sûr. On apprend que - présent à Lubumbashi le 30 juin dernier pour représenter Joseph Kabila à la parade organisée à l’occasion de la commémoration du 47ème anniversaire de l’indépendance, Vital Kamerhe a été chahuté par des partisans du gouverneur du Katanga Moïse Katumbi Chapwe. Selon une source, Vital aurait « minimisé » la portée des actions menées par Katumbi depuis son élection à la tête de cette entité. C’était, le 28 juin lors de son arrivée dans la capitale du cuivre.

Lors du défilé, des membres notamment de la « Jeunesse » du parti UNAFEC (Union des nationalistes et fédéralistes du Congo) ont brandi des calicots hostiles. « Alors que nos sœurs et frères meurent au Nord et Sud Kivu, Kamerhe que viens-tu faire au Katanga », pouvait-on lire notamment. Les propos élogieux tenus, par la suite, par Vital à l’endroit de « Moïse » n’ont rien changé. « Je sais que les incidents au défilé est un sale coup monté par mes adversaires au Katanga qui tentent de m’opposer à Moïse. Je les informe que je suis têtu à ma manière et je ne les laisserais pas continuer comme ça », déclarait Kamerhe à une chaîne de télévision locale. « On assiste à une lamentable séance de strip-tease. Cela fait désordre », commente un politicien allié au PPRD…

B. Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2007

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Charles Murigande fait le point : FDLR, Négociations, Laurent Nkunda, Uniformes

murigande© Radio Okapi | 25 Juillet 2007 à 08:55:59

Le ministre rwandais des Affaires étrangères a accordé une interview à Radio Okapi

Dans un entretien, Charles Murigande évoque sans détours la question de la présence des FDLR en RDC, la médiation de son pays entre le général dissident Laurent Nkunda et le gouvernement congolais ainsi que le port des uniformes semblables à ceux de l’armée rwandaise par des éléments mixés à l’Est de la RDC.

Ci-dessous, radiookapi.net revient sur cet entretien.

Radio Okapi : Charles Murigande, bonjour.

Charles Murigande : Bonjour.

Radio Okapi : Votre homologue congolais Mbusa Nyamwisi vous a invité pour une visite en RDC à la fin de ce mois, allez-vous venir ?


Charles Murigande : Les dates qu’il proposait ne me conviennent pas. Au moment où je vous parle, le Rwanda abrite une conférence des ministres chargés de l’intégration au niveau de l’Union africaine. Mais j’avais dit dans ma réponse que l’on va se convenir sur d’autres dates - On s’est parlé hier [Ndlr : lundi 23 juillet], il se fait effectivement que bien qu’il ait proposé la dernière semaine du mois de juillet, il a été aussi appelé à d’autres engagements. On a essayé de voir, la première moitié du mois d’août ne nous convient pas à tous les deux, on va essayer de voir la deuxième moitié du mois d’août. Mais le principe de ma visite est acquis.

Radio Okapi : Quel serait l’objectif de cette rencontre monsieur le ministre ?


Charles Murigande : Je pense que l’objectif de cette rencontre sera de renforcer nos relations ...,

Radio Okapi : Qu’est ce qui peut amener à l’harmonisation des relations entre le Rwanda et
la RDC ?

Charles Murigande : Il y a toujours eu cette pierre d’achoppement entre nos deux pays, c’est la présence continue des FDLR [les combattants hutus des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda]. Je crois que ça a toujours constitué la pomme de discorde. Certainement que si l’on veut harmoniser les relations, les rendre meilleurs possibles, il va falloir qu’on trouve une solution définitive à ce problème. Je crois que dans toutes nos discussions on ne manquera pas d’évoquer les mécanismes à mettre en place, les actions à mener conjointement le cas échéant ou à mener par le gouvernement de la République Démocratique du Congo pour que ces gens-là [ Ndlr : il fait allusion aux FDLR] cessent de mener des activités militaires sur le territoire congolais avec l’objectif éventuel de renverser notre gouvernement et de parachever le génocide qu’ils regrettent de ne pas avoir terminé.

Radio Okapi : En mars 2005, avec San Egidio, les FDLR avaient appelé le gouvernement rwandais à ouvrir son espace politique, où est-ce qu’on en est ?

Charles Murigande : L’espace politique est largement ouvert ici au Rwanda. Et, il n'y a jamais eu un problème d’espace politique. Mais…, dans cet espace-là, il n’est pas prévu une politique génocidaire. Certainement, aussi longtemps qu’ils seront attachés à cette politique génocidaire, je ne pense pas qu’ils auront un espace politique, ni au Rwanda ni ailleurs, parce que le génocide est un crime condamné par toute l’humanité.

Radio Okapi : Plusieurs ONG congolaises, internationales ainsi que
la Monuc ont dénoncé le recrutement des démobilisés rwandais par le général dissident Laurent Nkunda, est-ce que ce ne sont pas des faits qui retardent l’harmonie des relations entre le Rwanda et la RDC ?

Charles Murigande : Je ne sais pas si c’est un fait qui retarde l’harmonie ou l’harmonisation des relations entre nos deux pays. Le fait est que je peux vous dire catégoriquement que le gouvernement rwandais n’a aucun rôle dans ce recrutement si ce recrutement existe. Et je pense que ceux qui le disent ne le disent pas en l’air. Ils doivent l’avoir constaté. Mais si cela se produit, c’est à l’insu du gouvernement rwandais. Le gouvernement rwandais ne peut en aucun cas favoriser ni éterniser de telles choses si cela dépendait de lui. Je peux dire que ces FDLR font des recrutements ici au Rwanda malgré le fait que nul ne peut nous suspecter d’aider au recrutement au sein des FDLR.

Radio Okapi : La semaine dernière,
la Monuc a dénoncé aussi le port d’uniformes similaires à ceux de l’armée rwandaise chez les militaires récemment mixés. Que répondez-vous ?

Charles Murigande : Je réponds qu’ici au Rwanda nous ne fabriquons pas nos uniformes. Ils sont achetés sur le marché international, et je ne pense pas qu’il existe des uniformes spécialement conçus pour l’armée rwandaise et qui n’existent qu’au sein de l’armée rwandaise. Je pense qu’on ne peut interdire à quiconque d’acheter de tels uniformes. Si des gens au Rwanda ont des uniformes semblables à ceux de l’armée rwandaise, certainement qu’ils ne se les sont pas procurés chez nous. Rien n’empêche aux gens de Nkunda d’aller se procurer de tels uniformes là où nous nous en procurons. Mais je peux vous garantir qu’aucun militaire rwandais ne peut perdre ni son arme ni son uniforme sans conséquences graves.

Radio Okapi: Charles Murigande, au début de cette année, le Rwanda avait accepté de faire la médiation entre le général dissident Laurent Nkunda et le gouvernement congolais. Cette médiation a conduit à ce qu’on a appelé le «mixage», mais certaines troupes de Laurent Nkunda ne sont pas toujours brassées et cette opération mixage a été toujours condamnée par plusieurs observateurs comme étant un échec. Est-ce que le Rwanda va réitérer sa médiation ?

Charles Murigande : Vous savez, nous avions mené cette médiation à la requête du président Kabila. Je crois que si aujourd’hui le gouvernement congolais est toujours intéressé par une telle médiation, à la recherche de la paix et de la sécurité dans la région, il trouvera au Rwanda des partenaires fiables. Nous sommes toujours très disponibles à apporter notre contribution pour que la paix, la sécurité et la stabilité reviennent dans notre région. Si cela passe par une médiation, une autre médiation, une deuxième, une troisième, une cinquième, nous le ferons avec comme seul objectif d’atteindre la paix et la sécurité qui nous intéressent tous.

Radio Okapi : Charles Murigande, je vous remercie.


Charles Murigande : Je vous remercie aussi.

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Revue de la Presse Congolaise du 25 juillet 2007

Presse_kinoise© Congoforum

Il n’y a aujourd’hui que l’embarras du choix. La rédaction de chaque journal a fignolé avec amour la manchette de sa Une, mais elles divergent totalement entre elles sur ce qui serait « le fait du jour ». On a donc droit à des articles de fond très divers, et cette diversité ne fait peut-être qu’illustrer le nombre de problèmes qui se posent aux Congolais !

Bemba dans Jeune Afrique

L’interview accordée par JP Bemba à Jeune Afrique fait encore  la manchette de quelques journaux ce mercredi matin.

« Bemba répond à Kabila : La victime, c’est moi’ », affiche en manchette Le Potentiel qui reprend intégralement cette interview et note que la trêve est rompue effectivement entre Joseph Kabila, président de la République, et le sénateur Jean-Pierre Bemba, président national du Mlc. La preuve en est cette escalade verbale à travers les médias. Plus grave, l’organisation des Nations unies et l’Union européenne, saisie par le sénateur Bemba en vue des missions de bons offices dans la perspective de son retour au pays, viennent d’être court-circuitées.
La dernière interview de Bemba à Jeune Afrique n’est pas de nature à arranger les choses. Du moins dans l’immédiat. Selon Jeune Afrique, Jean-Pierre Bemba contre-attaque : « la victime, c’est moi ». Ce qui pourrait compromettre dangereusement les rapports entre Kabila et Bemba.

Dans le même registre, Le Palmarès rapporte que « le président du Mlc avance de graves accusations qui ne sont étayées par aucune preuve »e. Il sollicite le dialogue auprès de Kabila … Mais, peut-on dialoguer avec quelqu’un qui est imbu de préjugés négatifs ? S’interroge ce journal.

RDC/Rwanda

L’Avenir se penche sur les relations entre le Rwanda et la Rdc, et titre à la Une : «  Murigande boude Mbusa Nyamwisi »

 A l’invitation de la Rdc, Charles Murigande, le ministre rwandais des Affaires étrangères était attendu à Kinshasa à la fin de ce mois. Mais, pour des raisons qui n’ont pas été élucidées, Murigande a fait volte-face en remettant sa visite à plus tard. Pendant que Mbusa Nyamuisi répondait mardi à une interview sur la Rtnc, une bande passante sur la chaîne nationale informait que l’homme d’Etat rwandais arriverait à Kinshasa au mois d’août prochain.
Ce rapprochement rwando-congolais serait probablement la résultante du défilé à Kinshasa et à Kigali des diplomates de tous bords qui ont toujours prôné la solution politique aux problèmes de l’Est plutôt qu’à la lutte armée. Voici ce qu’en dit L’Avenir en conclusion de son article : « L’opinion peut bien s’interroger la raison pour laquelle le ministre rwandais a pu ajourner sa visite en République démocratique du Congo. Se reproche-t-il quelque chose ou a-t-il plutôt une conscience chargée devant tous les méfaits que son pays fait endurer à son voisin ? Ou peut-être a-t-il post-posé le voyage pour mieux se préparer aux ré­ponses à fournir aux ques­tions « accablantes » aux­quelles il sera soumis par les autorités congolaises.

Que ce voyage ait lieu en juillet ou en août pro­chain, il serait probablement la résultante du défilé des diplomates tant de l’Union européenne, du Conseil de sécurité de l’Onu, de
la Belgique que d’autres institutions internationales. Tous ont craint une nouvelle guerre d’agression qui ba­layerait d’un trait les efforts entrepris par la Communauté internationale pour faire asseoir en Rd-Congo le processus de transition et surtout le processus électoral qui a coûté beaucoup d’argent. » Le mot de la fin, au moins, est admirablement choisi !

Est

Au sujet de la situation à l’Est du pays, Le Phare annonce « Un plan global pour l’Est ». Selon ce journal, c’est pour prévenir tout dérapage, à la lumière de la détérioration croissante de la situation sur le terrain, que le Conseil de sécurité recommande à Kinshasa la mise au point, en collaboration avec la Monuc, d’un plan global pour l’Est. Ce plan devrait garantir la sécurité et déboucher, notamment, sur de nouveaux progrès dans le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des combattants congolais. Le problème reste toujours le même : Sécurité et pacification devront toujours s’appuyer sur une force armée. Laquelle ?

Rapports inter institutionnels

« La justice au banc des accusés suite à l’invalidation de 18 députés nationaux » titres Uhuru, qui précise : « Une réunion inter-institutionnelle s’est tenue, lundi 23 juillet, sous la conduite du Président de la République pour mettre un terme à la crise qui a surgi entre l’Assemblée nationale et la Cour suprême de Justice au lendemain de l’invalidation de 18 députés nationaux suite aux arrêts rendus par la haute Cour ».   Et conclut :

« L’affaire des 18 députés, au lieu d’être un boulet, devient une opportunité pour tous de changer les choses. Car partout dans le monde, c’est lorsque les disfonctionnements de l’appareil judiciaire apparaissent au grand jour qu’une reforme peut être menée pour le bien de tous. Ce fût le cas en Belgique lors de la terrible affaire Dutroux et en France récemment lors de l’affaire dit d’Outreau. Aux juges décideurs congolais d’accepter de regard et la réalité en face et de procéder aux changements qui s’imposent.

Des sources sûres, il ressort de cette réunion la tenue prochaine d’un Forum interinstitutionnel qui réunira notamment le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo et celui de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, du Premier Ministre, Antoine Gizenga, du Premier Président de
la Cour Suprême de Justice, M. Luamba Bindu, du Procureur Général de la République, Benoît Tshimanga dans un lieu non encore révélé. »  

Social

« Mesures dans le secteur du commerce : les employeurs mécontents font chanter »  titre La Référence + « Il n'y a pas de fumée sans feu. Dans les parages du Marché Central de Kinshasa, essentiellement envahis par les magasins des Indo-Pakistanais et autres Ouest-Africains, il se raconte que les dernières mesures du gouvernement de la République en faveur des compatriotes œuvrant dans le secteur du commerce sont loin de se faire oublier par les mécontents employeurs. »  

Il s’agit bien entendu de la fameuse réglementation de Marie-Ange Lukiana, dont le journal rappelle d’ailleurs les tenants et aboutissants.

Il est certain que ces mesures étaient, par certains aspects, maladroites et trop uniforme. Ce n’est pas une raison pour faire ce que tente actuellement le patronat, qui est bien sûr d’en remettre en cause le principe : limiter dans le temps les prestations que l’on peut demander à un travailleur.

La Réf + conclut : « Qui plus est, l'opération de nettoyage de la ville dénommée " Salongo spécial " qui avait été fixé pour samedi aurait fait l'objet de marchandage par les mêmes assoiffés de trop gagner. Au lieu de samedi, l'opération se déroule, depuis bientôt deux mois, le dimanche. Or, il n'est un secret pour personne que le dimanche est presque sacré pour les chrétiens que sont la majorité des Congolais. Il nous revient qu'un opérateur économique serait à la conception de la ruse qui a consisté à faire passer le " Salongo " de samedi à dimanche.

Outre toutes ces manœuvres, le bât blesse davantage lorsque les infortunés de travailleurs s'entendent chanter que leur joie ne sera qu'éphémère et n'ira pas au-delà de quatre mois. Il semble que la prochaine rencontre entre la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et le ministère du Travail et de la prévoyance sociale sonnera le glas pour ceux qui auront chanté Victoire.

Décidément, le numéro un de la ville sur qui tout cela retombe généralement, a du pain sur la planche. Il se doit de veiller dans tous les coins et à chaque instant. »

Liberté d’expression

L'Observateur annonce « Vital Kamerhe frappe : l'émission Forum sur l'Actualité suspendue » et de poursuivre dans le plus pur style « Pan dans la G … » :

« Après des années de combat pour que la Rdc retrouve ses droits à la libre expression, après, surtout, que des millions de compatriotes aient sacrifié leur vie pour cet objectif, voilà que contre toute attente, Vital Kamerhe décide de passer tout ça au compte des pertes et profits. On revient à la case départ. La pensée unique refuse de mourir. Et Kamerhe en fait son combat du moment.»

En effet, aucune émission sur les chaînes publiques ne peut être diffusée si elle s'autorise à parler de Kamerhe autrement qu'en bien.

Des critiques formulées sur ses idées, même à dose homéopathique, ne sont pas acceptées par le tout puissant président de l'Assemblée nationale qui vient, fort de son pouvoir, d'ordonner à l'ADG de
la Rtnc de suspendre la diffusion de l'émission Forum sur l'actualité. »

(La question à cinq francs, maintenant est : S’agit-il d’un sursaut d’indignation ? Ou assistons-nous à un lynchage médiatique de Kamerhe, qui passe pour être tombé en disgrâce ? NdlR)

Divers

Notons enfin que Le Phare se réjouit du lancement réussi d’une fusée congolaise (nouvelle vieille de deux semaines, ce qui donne une idée du temps qu’une nouvelle met à arriver à Kinshasa), que L’Observateur dénonce le fait que les élans urbanistiques de la ville de Kinshasa contre les constructions anarchiques mènent au pillage des kiosques à limonade condamnés et que Forum des As, qui annonce la liste de ceux qui après une première sélection sont retenus par le Copirep pour une interview qui aura lieu aujourd’hui au GHK, prend des allures de bottin.

Et c’est tout, pour aujourd’hui !

© CongoForum, le mercredi 25 juillet 2007

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Nicolas Sarkozy doit prononcer un discours demain sur la politique africaine de la France

sarkozy_3Rwanda-France : l’angle mort
Rebonds | Jean- Pierre Chrétien, historien et Jean-François Dupaquier, journaliste | Mercredi 25 juillet 2007 | source

Une instruction judiciaire peut constituer la poursuite de la guerre par d’autres moyens. C’est le cas de l’ordonnance rendue, le 17 novembre 2006, par le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, qui a suscité d’inconséquents applaudissements dans certains milieux de notre pays.

Les neuf mandats d’arrêt internationaux, lancés contre de proches collaborateurs du président rwandais, Paul Kagamé, accusés d’avoir pris part à l’attentat du 6 avril 2004 contre l’avion de l’ancien président Juvénal Habyarimana, ont tenté de réaliser depuis Paris ce que les militaires français présents au Rwanda avaient échoué à faire entre 1990 et 1993 : démanteler les «forces adverses» du Front patriotique rwandais.

Comme il était prévisible, voire souhaité, cette offensive judiciaire n’a eu d’autres conséquences pratiques qu’une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, dix jours seulement après la publication de cette ordonnance qui avait obtenu l’aval du garde des Sceaux, malgré, semble-t-il, l’hostilité du Quai d’Orsay. Devant la persistance de cette crise, il est utile de se demander à qui elle profite.

L’Etat rwandais n’a pas manqué d’exploiter sa posture de victime de «l’impudence française», contrastant avec les excuses des autres membres de la communauté internationale qui ont confessé leur passivité face à la perpétration du génocide de 1994.

Il ne manque pas d’arguments, car, au lieu de se concentrer sur l’identification des auteurs de l’attentat qui a été le détonateur d’un génocide mûrement préparé, le juge Bruguière s’est laissé aller à une réécriture de l’histoire du Rwanda qui veut faire des Tutsis les responsables de leurs propres malheurs, paraphrasant ainsi la littérature grise des architectes du «crime des crimes».

Comme certains l’ont déjà relevé, c’est précisément la stratégie de défense retenue par les accusés hutus devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), où ils nient l’existence d’un génocide et se présentent comme les victimes d’une agression extérieure.

On pensait cette posture définitivement rejetée par les autorités françaises après les travaux de la Mission parlementaire d’information de 1998, dont le rapport pointait les errements de la politique de François Mitterrand, amplifiés par les excès de zèle de certains militaires, dans la conduite des interventions dans ce petit pays d’Afrique. Nos concitoyens qui ne sont familiers ni du dossier Rwanda ni de la scène internationale l’ignorent, mais l’ordonnance du 17 novembre 2006 suscite l’ironie des diplomates de l’Europe du Nord, le malaise même des «amis de la France» en Afrique et un certain isolement de notre pays sur ce terrain.  

Victimisation du régime du président Kagamé, diabolisation de la France devant les opinions publiques étrangères concernées : avec cette initiative, la diplomatie française semble s’être tirée une balle dans le pied.

Pour que le Rwanda ne demeure pas un angle mort de la politique française en Afrique et une plaie morale dans notre pays même, il faut revenir à l’essentiel : le génocide. La chambre d’appel du TPIR rappelait en juin 2006 que «le génocide perpétré au Rwanda en 1994 est un fait de notoriété publique.

Nul ne peut valablement contester qu’il y ait eu en 1994 une campagne de massacres visant à détruire l’ensemble, ou au moins, une très grande fraction de la population tutsie du Rwanda». Qu’on cesse de nier cette horreur, d’en relativiser la préparation dans les esprits et dans les faits, d’éluder les responsabilités et les complicités, voire de reporter la faute sur les victimes !

Il reste difficile d’apprécier le degré d’engagement des milieux civils ou militaires français qui, à partir de 1991, furent amenés à côtoyer la logique du génocide dans les allées, officielles ou officieuses, du pouvoir rwandais de l’époque : armements et entraînements, mesures de police et de propagande, propos tenus en haut lieu cautionnant la logique des races qui piégeait le Rwanda depuis l’indépendance, accointances avec le gouvernement génocidaire même après son exil au Congo, accueil de dignitaires et complaisances, jusqu’à ce jour, pour des provocations négationnistes, freinages dans l’application des mandats du TPIR.

Avant de parler de «repentance», il s’agit tout simplement de reconnaître des faits, de réfléchir sans langue de bois, d’accepter les questions et les enquêtes transparentes, au lieu de répéter, la main sur le cœur, qu’on avait fait le meilleur choix possible, celui d’une politique préventive qui aurait échoué face à une barbarie africaine et que, si c’était à refaire, on recommencerait. Or le débat semble verrouillé par des réseaux où on retrouve les groupes les plus impliqués dans la politique de cette époque.

Nous sommes arrivés à un tournant. Presque aucun des nouveaux ténors de la politique de notre pays (majorité ou opposition) n’a été réellement partie prenante dans les décisions de 1991-1994. Cette nouvelle génération peut contribuer de façon décisive à tourner la page en toute lucidité. Ce n’est pas une question de droite ou de gauche, pour qui se rappelle la cohabitation de 1994. Le nouveau Rwanda doit sortir de ses crispations et de ses globalisations, il doit contribuer aussi à faire la lumière sur les événements. Mais notre pays ne peut-il montrer l’exemple ?

Des faits nouveaux s’accumulent justifiant une nouvelle et véritable commission d’enquête parlementaire qui prolongerait les travaux de 1998 pour savoir comment on en est arrivés là.

La mise en œuvre, la semaine dernière, de deux mandats d’arrêts internationaux contre des suspects de génocide réfugiés en France, peut constituer un premier pas. Car il devient urgent de ne pas laisser disqualifier la diplomatie française et de poser des gestes forts, des gestes à la fois emblématiques et pragmatiques. Ce courage-là, nous le devons aussi aux dizaines de millions d’habitants de cette région meurtrie du continent africain.

© Jean- Pierre Chrétien, historien et Jean-François Dupaquier, journaliste
Auteurs de Rwanda : «  Les médias du génocide et de Burundi - 1972. » et «  Au bord des génocides - Karthala, 1995 et 2007 »

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Murigande boude Mbusa Nyamwisi

Murigande_Charles© L'Avenir Quotidien | 25/07/2007

A l’invitation de
la République démocratique du Congo, Charles Murigande, le ministre rwandais des Affaires étrangères était attendu à Kinshasa à la fin de ce mois

Mais, pour des raisons qui n’ont pas été élucidées, Murigande a fait volte-face en ajournant sa visite à plus tard * Pendant que Mbusa Nyamuisi répondait hier à une interview sur la Rtnc, une bande passante sur la chaîne nationale informait que l’homme d’Etat rwandais arrivera à Kinshasa au mois d’août prochain * Ce rapprochement rwando-congolais serait probablement la résultante du défilé à Kinshasa et à Kigali des diplomates de tous bords qui ont toujours prôné la solution politique aux problèmes de l’Est plutôt qu’à la lutte armée.

Rien n’augure de bon dans un avenir très proche entre Kinshasa et Kigali. Les relations qui évoluent en dents de scie entre ces deux capitales risquent de se maintenir longtemps encore à leur niveau actuel qui est à l’affaissement, lorsque l’on scrute attentivement la correspondance échangée dernièrement entre les chefs de la diplomatie du Rwanda et de la République démocratique du Congo. Ce dernier qui n’est autre que le ministre d’Etat Antipas Mbusa Mbusa Nyamwisi en charge des Affaires étrangères et de la Coopération internationale avait invité à Kinshasa le ministre rwandais des Affaires étrangères Charles Murigande.

La nouvelle a fait la une des journaux de Kinshasa. Et le public congolais en général et kinois en particulier s’attendait à accueillir ce ministre rwandais à la fin de ce mois de juillet. Mais, c’était sans compter avec le volte-face qui caractérise depuis un moment ces voisins de l’Est de la République démocratique du Congo. Le Rwanda vient de « refroidir » pratiquement le réchauffement des relations, tant souhaité par le Congo, entre ces deux pays. « Le ministre rwandais des Affaires étrangères reporte sa visite en Rdc à une date ultérieure », lit-on dans l’édition de l’Apa parue hier.

Sans donner une quelconque raison à ce report, cette même dépêche livrée par l’Afp indique cependant que « le gouvernement rwandais (…) demande que les deux parties conviennent d’une autre date que celle aux alentours de la dernière semaine du mois en cours ». Dans sa bonne foi et soucieux de vivre en paix avec tous ses voisins, les autorités congolaises ne semblent pas trouver d’inconvénients jusqu’ici à cette réserve émise par le Rwanda qui avait pourtant « accueilli favorablement » l’invitation lui lancée par la République démocratique du Congo par l’entremise du ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Mbusa Nyamwisi.

Maladresse et naïveté

On ne peut comprendre comment la Rdc a cru à cette visite du ministre rwandais Charles Murigande dans sa capitale en ce moment précis, si ce n’est pas de la naïveté. Ou bien émettre des avis aussi pacificateurs dans l’objectif de cette rencontre entre le chef de la diplomatie rwandaise et son homologue congolais, si ce n’est pas par maladresse.

A travers cette invitation envoyée au Rwandais Charles Murigande, la source affirme que Kinshasa entend le raffermissement et la consolidation des relations entre les deux pays. Le Rwanda n’attendait pas se le faire dire.

Ce pays savait bien que cette « visite de travail » comporterait cet agenda, et qu’il lui fallait mûrir profondément cette « visite » avant que son ministre, et pas n’importe lequel ni n’importe qui, Charles Murigande, daigne faire mouvement vers ce pays qui n’a pas que d’éloges à faire au sien. Le Rwanda est parmi les pays qui auront marqué l’histoire contemporaine de la République démocratique du Congo, dans le mauvais sens.

Guerres, pillages des ressources naturelles, complicité avec les ennemis de la Rdc, et autres événements sombres connus par ce dernier pays depuis onze ans portent d’une manière ou d’une autre le sceau rwandais. Ce pays a soutenu des rebelles et des rébellions qui ont éclaté dans l’Est pendant tout ce temps, et est aujourd’hui indexé dans l’activisme du général déchu Laurent Nkundabatware qui aurait ses bases arrières au Rwanda.

Ce qui est vrai et incontestablement attesté, c’est la présence des citoyens rwandais au sein de la troupe de cet insurgé qui, au moment où il a été déstabilisé après son occupation de la vielle de Bukavu, avait trouvé asile au Rwanda. Et c’est de là évidemment qu’il est revenu au Congo avant de relancer de nouveau sa campagne de déstabilisation de l’Est.

Que Mbusa Nyamwisi improvise une conférence de presse face à un seul journaliste, diffusée hier soir dans la soirée sur la chaîne nationale, le spectre du Rwanda planait au point d’avoir droit à une bande passante au bas de l’écran. Sans reconnaître le report de la visite du Rwandais, l’information qui a défilé pendant quelques instants annonçait cette visite pour août 2007.

Conscience chargée ou remords ?

L’opinion peut bien s’interroger la raison pour laquelle le ministre rwandais a pu ajourner sa visite en République démocratique du Congo. Se reproche-t-il quelque chose ou a-t-il plutôt une conscience chargée devant tous les méfaits que son pays fait endurer à son voisin ? Ou peut-être a-t-il post-posé le voyage pour mieux se préparer aux réponses à fournir aux questions « accablantes » auxquelles il sera soumis par les autorités congolaises.

Que ce voyage ait lieu en juillet ou en août prochain, il serait probablement la résultante du défilé des diplomates tant de l’Union européenne, du Conseil de sécurité de l’Onu, de la Belgique que d’autres institutions internationales. Tous ont craint une nouvelle guerre d’agression qui balayerait d’un trait les efforts entrepris par la Communauté internationale pour faire asseoir en Rd-Congo le processus de transition et surtout le processus électoral qui lui a coûté beaucoup d’argent. Tous ces diplomates ont fredonné à Kinshasa le refrain commun, celui de la recherche d’une solution politique aux problèmes de l’Est du pays.

Tous ont dissuadé Kinshasa l’usage de la force bien qu’il se sente lésé dans la mesure où il continue à subir l’embargo en armes pendant que tous ses voisins de l’Est peuvent acheter des armes à leur guise et en faire usage quand ils le veulent. Ce « deux poids deux mesures » est intolérable dans le chef du peuple congolais qui veut vivre dans la paix et la sécurité. C’est ce qui a fait dire à plusieurs journaux de la place que ce double langage cachait une certaine hypocrisie de la Communauté internationale qui est incapable de « maîtriser » ceux qui arment Nkundabatware bien identifiés par elle.

Une solution définitive du problème est-elle en vue ?

Beaucoup de compatriotes se posent la question de savoir si la visite de Charles Murigande du Rwanda peut être le déclic vers la solution des problèmes et partant de la reprise des relations entre les deux pays.

Pour peu qu’on connaisse le Rwanda, il y a lieu de douter. Outre le problème de Nkundabatware qui a créé sa propre administration, il y a celui des Fdlr qui, pour le Rwanda, a toujours menacé la sécurité de ce pays. On voit mal comment le Rwanda peut accepter la « reddition volontaire » de cet officier rebelle sans qu’il se retrouve politiquement. En définitive, les Congolais ne doivent pas se leurrer.

La visite de Charles Murigande au Congo démocratique n’apportera rien au moulin face à la fermeté et à l’opiniâtreté de son président Kagame. Il ne sera pas étonnant de voir les autorités ougandaises repousser encore la date pour tisser d’autres stratégies imprévisibles.

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Vital Kamerhe : Allergique à toute contradiction

Kamerhe_frappeVital Kamerhe frappe : l’émission Forum sur l’Actualité suspendue
Mercredi, 25/07/2007

Après des années de combat pour que
la Rdc retrouve ses droits à la libre expression, après, surtout, que des millions de compatriotes aient sacrifié leur vie pour cet objectif, voilà que contre toute attente, Vital Kamerhe décide de passer tout ça au compte des pertes et profits. On revient à la case départ. La pensée unique refuse de mourir. Et Kamerhe en fait son combat du moment.

En effet, aucune émission sur les chaînes publiques ne peut être diffusée si elle s’autorise à parler de Kamerhe autrement qu’en bien.

Des critiques formulées sur ses idées, même à dose homéopathique, ne sont pas acceptées par le tout puissant président de l’Assemblée nationale qui vient, fort de son pouvoir, d’ordonner à l’ADG de
la Rtnc de suspendre la diffusion de l’émission Forum sur l’actualité.

Au seul motif que dans cette émission, des analystes indépendants ont osé faire des commentaires sur la sortie, pourtant troublante, de Kamerhe dans Jeune Afrique.

Tout en reconnaissant que cette sortie était entachée de quelques dérapages qu’il ne regrette pas- en homme plus que courageux, Kamerhe dit : j’assume. Et il a en plus ce courage singulier d’ajouter dans la presse locale que le portrait que Jeune Afrique fait de lui est vrai.

Qu’à cela ne tienne, en pleine session de l’Assemblée nationale, Kamerhe a dit, et tout le monde l’a entendu : j’ai beaucoup de moyens pour supprimer un programme de la télévision. C’est chose faite aujourd’hui. Kamerhe ne tolère pas que l’on commente ce qu’il dit.

Pour ne l’avoir pas compris à temps, le Forum sur l’Actualité est frappé et son réalisateur interpellé.

La démocratie vient de prendre là un coup sérieux. Après 1990, même Mobutu n’aurait pas osé faire ça.

On peut, par des agissements pareils, qui sont le fait des hommes qui trônent au sommet de l’Etat, comprendre sans peine pourquoi des personnalités annoncées chez nous décommandent à la toute dernière minute leur visite en Rdc.

Notamment le président français, Nicolas Sarkozy, ne vient plus. Condeleezza Rice, non plus. C’est vrai donc comme il le dit lui-même : " Kamerhe est bétonné " pour mieux asphyxier nos libertés fondamentales.

La démocratie est désormais mise au pas. Mais le Congolais ne se laissera pas dépouillé de ses droits par la seule volonté de Kamerhe. Si puissant soit-il.

C’est maintenant une nouvelle page qui s’ouvre devant nous : empêcher quiconque de nous interdire d’exercer librement et publiquement nos droits. Kamerhe ne peut pas gagner contre toute la nation. Il est au moins prévenu.

© Ntumba Mvemba

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Sarkozy en Afrique : chevalier blanc ou nouvel homme de l’ombre ?

sarkoCommuniqué, le 25 juillet 2007

Nicolas Sarkozy effectue cette semaine son premier voyage présidentiel en Afrique subsaharienne. Après avoir rendu visite à Muammar Kadhafi, chef d‘Etat que la France a cessé depuis longtemps de considérer comme infréquentable, intérêts économiques obligent, il prononcera un discours sur « sa » politique africaine, à Dakar, jeudi, avant de rendre visite à Omar Bongo. Un mélange des genres qui reflète les ambiguïtés des 10 premières semaines à l’Elysée en matière de relations franco-africaines.

« Nous ne soutiendrons ni les dictatures, ni les pays dirigés par des régimes corrompus » : le programme électoral de l’UMP affichait clairement une volonté de rompre avec la politique africaine traditionnelle. Il faisait écho à l’appel pour « une autre relation entre la France et l’Afrique » envoyé aux candidats à la présidentielle par 150 organisations de la société civile de 20 pays d’Afrique en février 2007. Pourtant, depuis son entrée en fonction, entre rupture « tranquille », continuité et innovations, le président a émis des signaux très contradictoires.

Côté « rupture », beaucoup d’observateurs ont décelé un attachement moins marqué pour l’impunité des acteurs de la Françafrique.

Pour preuve, la plainte de 3 associations pour recel de détournement de biens publics, visant le patrimoine immobilier des chefs d’Etat africains, a débouché sur l’ouverture, le 18 juin, d’une enquête préliminaire. Au grand dam des présidents gabonais et congolais. Autre signal fort, inimaginable sous l’ère chiraquienne : l’abandon de la thèse officielle du suicide du Juge Borrel à Djibouti en 1996, doublé de perquisitions chez l’ancien responsable de la « cellule Afrique » de l’Elysée, Michel de Bonnecorse. Sans oublier l’arrestation en France la semaine dernière de deux présumés génocidaires Rwandais poursuivis par le TPIR.

Sur le plan institutionnel, en confiant les Affaires étrangères et la Coopération à des ministres de gauche (encore que le bord politique n’ait jamais été déterminant en matière de relations franco-africaines) et en créant un secrétariat d’Etat aux Droits de l’Homme, le Président a sans doute souhaité adresser un signal progressiste. La volonté affichée par Jean-Marie Bockel, le 17 juillet, de conditionner l’aide au respect de la démocratie et des droits de l’Homme, si elle n’est pas sans rappeler les (vaines) promesses du discours de La Baule de François Mitterrand en 1990, irait dans ce sens.

Mais déjà, le mutisme de Rama Yade lors de son passage en Tunisie ou les allégements de dette exceptionnels accordés récemment au Gabon relativisent le propos. Nicolas Sarkozy s’emploie-t-il en fait à brouiller les pistes ? Le renforcement de l’équipe « Afrique » de l’Elysée peut-il laisser émerger les nécessaires contre-pouvoirs parlementaires et citoyens sur des sujets aussi sensibles que les interventions militaires ou les quitus électoraux au Togo ou au Tchad ? La clarification annoncée des relations avec les Etats africains est-elle envisageable quand, aux interlocuteurs existants que sont le Quai d’Orsay, la Coopération, l’AFD, Bercy et la Défense, s’ajoutent le ministère du Codéveloppement et le secrétariat d’Etat aux Droits de l’Homme ?

Autre sujet ambigu, les relations avec des chefs d’Etat à nos yeux infréquentables, notamment ceux des pays pétroliers. Alors qu’il laisse s’ouvrir une enquête concernant Denis Sassou Nguesso et Omar Bongo, le président français multiplie les signes d’amitié envers eux. Le 6 mai, à peine élu, Nicolas Sarkozy appelle Omar Bongo pour l’informer de sa victoire et le remercier pour ses « conseils ». Afin de ne pas afficher trop ouvertement ses connivences avec le président gabonais, il s’emploie à recevoir la présidente libérienne la veille de sa venue, le 25 mai dernier.

Omar Bongo ne sera donc pas le premier chef d’Etat reçu à l’Elysée, mais il obtient que les principaux ténors du gouvernement Fillon défilent, le lundi de Pentecôte, dans l’un de ses luxueux appartements visés par le parquet de Paris. Le 19 juillet, il obtient du Club de Paris, qui réunit les principaux pays créditeurs, un remboursement anticipé de la dette gabonaise environ 15% en dessous de sa valeur. La mesure, du jamais vu, coûte plus de 150 millions d’euros à la France. La population gabonaise, dont 40% vit sous le seuil de la pauvreté, n’en verra probablement guère la couleur. Peu importe, Nicolas Sarkozy veut s’assurer un accueil chaleureux au Gabon, où il se rend le 26 juillet. D. Sassou Nguesso, quant à lui, a été reçu à l’Elysée le 5 juillet, juste après des élections législatives grossièrement tronquées au Congo.

Plusieurs de ses proches sont poursuivis pour crime contre l’humanité dans l’affaire du Beach et pour détournement massif de revenus pétroliers, mais la corruption et l’absence d’Etat de droit sont à peine évoquées lors de l’entretien présidentiel. Il y a fort à craindre qu’ils ne le soient pas davantage lors de la rencontre avec le président lybien Muammar Kadhafi.

Le signal le plus négatif envoyé au continent noir reste le nouveau dispositif sur les migrations.

Nicolas Sarkozy a construit son impopularité en Afrique lors de son passage à l’Intérieur. La mise en application de « l’immigration choisie » ne devrait pas y remédier. Vider le continent de ses compétences tout en fermant la porte aux migrants africains n’est pas seulement paradoxal. C’est cynique. Car après tout, les migrants ne font que suivre les capitaux de leurs pays : on estime que pour un euro d’aide reçu par l’Afrique, 4 à 8 euros quittent le continent illégalement vers des comptes bancaires internationaux. Sans oublier les rapatriements des bénéfices des multinationales comme Bolloré, Total ou Bouygues. Plus que de contrôler l’immigration, l’enjeu n’est-il pas de permettre aux Africains de vivre de leurs richesses ?

Des défis, Nicolas Sarkozy s’en est lancés. Construire avec l’Afrique une relation « nouvelle, assainie, débarrassée des scories du passé » n’est pas le moindre. Les citoyens français et africains attendent des signes forts et des mesures claires.


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Des combats violents éclatent au Sud-Kivu

armee_rwandaise© Grands Lacs confidentiel du 23 juillet 2007 | T. NK.

Lemera (Sud-Kivu), RDC, le 21 juillet 2007 (GLAC) – Des combats violents qui opposent les mercenaires infiltrés (Ndrl : Conduits par le colonel BISOGO et le major Rukunda) aux combattants nationalistes Mai-Mai font rage dans les hauts plateaux d’Uvira et ceux de la zone de Fizi.

Les combattants nationalistes Mai-Mai mènent depuis une semaine des combats sans répit contre ces mercenaires qui ont pour mission d’occuper un territoire congolais afin d’y créer une zone (Ndrl : le fameux territoire de Minembwe) d’où partira le plan de la domination et la dislocation du Congo pour le compte des multinationales occidentales.

Ces mercenaires qui opèrent sous le commandement du commandant Bisogo sont composés des plusieurs nationalités dont des mercenaires tutsis rwandais, burundais et ougandais; des Somaliens, des Ougandais et des instructeurs blancs Sud-africains.

Des tirs aux armes automatiques issus de cette confrontation entre les Mai-Mai et les mercenaires font retentir leurs échos dans les montagnes qui surplombent Uvira. Certains mercenaires ont été capturés, d’autres se sont rendus, exposant ainsi au peuple congolais et au monde les évidences d’un complot international ourdi contre la RDC.

Parmi les infiltrés capturés par les combattants nationalistes Mai-Mai se trouvent des soldats de l’armée rwandaise, des ougandais et des mercenaires somaliens recrutés par Paul Kagamé pour mener la guerre au Congo.

Vue la difficulté de se rendre sur le champ de combat, les sources de Grands-Lacs Confidentiel ne pouvaient pas connaître le nombre de victimes pendant tous ces jours que durent les combats au Sud-Kivu. Il reste vrai selon nos sources que certains blessés de ces combats ont été transférés à Uvira pour traitement et on ne craint pas pour leur vie.

Des mercenaires Somaliens capturés ont confessé avoir été recrutés par le Rwanda par un discours démagogique qui les envoûtait à aller faire la guerre au Congo où ils allaient s’enrichir facilement car « il y a de l’or et du diamant partout ».

Plusieurs autres mercenaires ont été mis en déroute, disparaissant dans les montagnes en direction de Minembwe et dans les périphéries d’Itombwe.

NDRL : Nous recommandons au journaliste T.NK de vérifier chaque fois les informations lui transmises par ses "sources locales" avant de les mettre sous presse pour la consommation nationale et internationale. Il y a trop de sentiments inavoués dans ses écrits.

congolais_enfantDu rififi sur les hauts plateaux de Minembwe
© sé Kanyegere | 27 juillet 2007

Pourquoi cette soudaine surchauffe à Minembwe ? Selon des sources locales (lesquelles?) , un groupe de 47 militaires ( Ndrl :en provenance du Rwanda ) conduit par le Colonel BISOGO (Ndrl: autoproclamé Général major) et un autre conduit par le Major RUKUNDA Michel avaient amorcé les pourparlers avec l’Etat Major des FARDC ( après leur débâcle à Bukavu en compagnie de Mutebusi et de Nkundabatware) en vue de trouver une issue heureuse (sic) à la question de leur intégration au sein des FARDC (N.B :le groupe Bisogo ,désigné officiellement "groupe des insurgés", s'oppose énergiquement au principe de brassage).

Cette démarche (tant décriée car anticonstitutionnelle) s’inscrivait dans la suite logique de celle entamée au Nord-Kivu pour le mixage des troupes non brassées.

Afin de concrétiser cette démarche, les Chefs d’Etats Major des Forces Terrestres et aériennes avaient invité ces groupes à une rencontre dans la plaine de la Ruzizi (à Runingu /Sud-Kivu). Après une semaine d’attente, les autorités militaires n’avaient pas répondu au rendez-vous. Ce qui avait obligé les groupes réfractaires au brassage de regagner les Hauts Plateaux de Minembwe (Ndrl: où ils ont érigé un ETAT MAJOR à Muranvia pour des raisons que T.NK ne doit ignorer).

L’élément nouveau aujourd’hui c’est que la 10 ème Région militaire semble de plus en plus privilégier l’usage de la force à la négociation (Ndrl : n'est ce pas là une attitude logique que doit adopter une armée face à un groupe armé réfractaire ou d'insurgés ?).

Seulement voilà : depuis le déclenchement des opérations, des nouvelles alarmantes font état de plusieurs dérapages. On parle de pillage du bétail, de viol, de panique générale dans les villages entraînant des déplacements des populations. On cite les villages de Kanono, Bikinga, Nyakidegu, Gongwa, Majaga, Kagerigeri, Bijabo, Kamombo, Katenga, Itara et Ruhuha. Les villageois rescapés se cacheraient dans la brousse, exposés à la faim et aux intempéries sans aucune assistance humanitaire.

250 éléments non brassés méritaient-ils une telle mobilisation alors que dans
la Province du Sud-Kivu, on estime à plus de 14.000 les éléments non brassés ? Par ailleurs, on indique qu’il existe au Sud-Kivu plusieurs seigneurs de guerre qui ont refusé le brassage. C’est le cas des Colonels Zabulon, Kayamba et Kalala Ruharara, le Major Kapopo et le Capitaine Yakutumba… (Ndrl précisions: le doyen Zabulon est un Colonel Mai-Mai démobilisé,  tandis que le Colonel Kayamba/FARDC opère dans Walikale après son séjour au centre de brassage de Luberizi où est interné à ce jour  le Colonel Kalala Ruharara ...

La vraie inquiétude aujourd’hui, soulignée par plusieurs récents rapports, c’est de voir cette région s’embraser de nouveau alors que le processus électoral laissait envisager une ère de paix. Pour rappel, à quelques kilomètres de Bukavu, à Kanyola, on a récemment égorgé la population sans aucune réaction à ce jour.

La sagesse aurait recommandé, comme l’ont suggéré les récentes missions du Conseil de sécurité et de l’Union européenne, de recourir à la voie de dialogue (Ndrl : il en faudra combien afin de régler tous les différends en cours ou à venir. C’est ce souci qui animait le Gouvernement en préconisant la tenue d’une table ronde sur le Nord et le Sud Kivu (Ndrl : il en faudra combien après le dialogue interkivutien de 1999, Prétoria et Sun city, Barza
la Kivu de Zaidi Ngoma, la CVR jadis animée par Mgr Kuye...). Il faut lui donner une chance de se concrétiser.

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Sarkozy en tournée en Afrique

bbc_afrique25 Juillet, 2007 - Heure de publication 04:03 GMT

SarkozyLe chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy commence par la Libye sa tournée en Afrique

La libération des infirmières bulgares a modifié son calendrier. Il se rendra après Syrte au Sénégal puis au Gabon.

Le souhait affiché du président français est de rompre avec les méthodes du passé en particulier dans les relations franco-africaines.

Pour prouver cette volonté de rupture, il espérait inclure dans son premier périple subsaharien des Etats anglophones, hors du périmètre du pré-carré français.

Les noms de deux pays circulaient ces dernières semaines à Paris : l'Afrique du sud et le Ghana.

Finalement, hormis la Libye, le chef de l'Etat se contentera de deux destinations inclues dans la zone traditionnelle d'influence de la France en Afrique : le Sénégal et le Gabon.

Développement et immigration sont les deux thèmes que Nicolas Sarkozy doit aborder à Dakar jeudi.

Le lendemain à Libreville il évoquera la question du développement durable.

La rupture n'est pas encore au rendez-vous

Contrairement à ses ambitions affichées, Nicolas Sarkozy ne s'éloigne pas trop, pour l'instant, de la tradition française.

Au Gabon, après l'avoir reçu à l'Elysée, il rencontrera à nouveau Omar Bongo, au pouvoir depuis 40 ans.

Mais si la rupture n'est pas encore au rendez-vous les signes d'un nouveau style présidentiel semblent se dessiner chez le nouveau locataire de l'Elysée.

Pour preuve son implication personnelle dans la libération des infirmières bulgares en Libye avec l'envoi d'un émissaire d'un nouveau genre, sa femme, Cécilia Sarkozy.

Autre dossier en cours : l'envoi d'une force de l'Union européenne dans l'est du Tchad.

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Les dirigeants rebelles reprennent le maquis

burundi_accordsLe président burundais Pierre Nkurunziza (G) et le chef des FNL Agathon Rwasa, lors de la signature à Dar-es-Salaam, le 7 septembre 2006, d'un accord de paix qui risque de ne pas être appliqué

© AFP

Les 28 cadres militaires et politiques des FNL qui participaient aux travaux de mise en place de l'accord de cessez-le-feu avec le gouvernement se sont enfuis de Bujumbura. Parmi ces responsables qui ont repris le maquis, le délégué militaire de la rébellion, Jean Bermans Ndaishime, ainsi que six autres hauts responsables de ce mouvement, qui ont réussi à fausser compagnie à leurs escortes sud-africaines. Les responsables de l'armée burundaise affirment que ces départs indiquent que les rebelles veulent reprendre la guerre, mais les FNL démentent. Le conflit inter-burundais a duré près de 14 ans, faisant plus de 300 000 morts.

Tous les représentants de la rébellion des FNL, qui participaient à la mise en place de l'accord de cessez-le-feu signé avec le gouvernement le 7 septembre 2006, ont regagné le maquis. Le chef des opérations militaires et des renseignements des FNL, Jean Bermans Ndaishime, avait réussi à échapper, samedi, à l'escorte des militaires sud-africains de la force spéciale de l'Union africaine au Burundi, chargée d'assurer la sécurité des responsables rebelles.

Ruben Tubirabe, responsable des relations extérieures du même mouvement, s'était enfui lundi après-midi de sa résidence à Bujumbura, également sécurisée par des gardes sud-africains. Trois autres dirigeants militaires des FNL - dont le commandant de la région militaire de l'Ouest Aloys Nzabampena - se trouvaient sur un marché du quartier de Kinama, au nord de la capitale, quand des combattants armés de leur mouvement se sont interposés devant les militaires affectés à leur garde. Ils se sont enfuis sans qu'aucun coup de feu ne soit tiré, selon des sources concordantes citées par l'AFP depuis Bujumbura.

Dans la nuit de lundi à mardi, 21 autres cadres rebelles ont également quitté la capitale.

Parmi ces 28 responsables rebelles, 12 participaient au Mécanisme conjoint de vérification et de suivi (MCVS), chargé de la mise en application de l'accord de cessez-le-feu signé entre le gouvernement burundais et les FNL le 7 septembre 2006.

Quatorze autres participaient aux équipes mixtes de liaison chargées d'étudier la question de la libération des prisonniers politiques et de guerre des FNL, ainsi que du cantonnement des combattants rebelles. Le chef d'état-major de l'armée burundaise, le général Godefroid Niyombare, a déclaré lundi que ces fuites indiquent que les FNL veulent reprendre la guerre.

Pourtant, le porte-parole des rebelles, Pasteur Habimana, a affirmé mardi que le FNL ne veut pas reprendre les armes et que les leaders de son mouvement reviendront à Bujumbura quand un consensus politique et militaire aura été trouvé sous la houlette de la médiation sud-africaine.

Pasteur Habimana
Porte-parole de la rébellion des FNL

«Nous avons demandé au gouvernement de nous assoir ensemble pour discuter et trouver un consensus puis signer un accord de cessez-le-feu. Nous ne voulons pas nous battre, nous sommes en train de négocier et on aboutira à un consensus.»

L'armée burundaise affirme que les FNL disposent de 4 000 à 6 000 hommes et recrutent désormais dans l'ensemble du pays. Les FNL sont le dernier des sept groupes rebelles, issus de la majorité hutue, qui n'ont pas participé à l'accord global de paix au Burundi. Le FNL accuse le gouvernement de ne pas mettre en œuvre ses promesses, notamment la signature d'un accord politique et la libération de prisonniers.

Le président burundais Pierre Nkurunziza et le leader des FNL, Agathon Rwasa, se sont rencontrés le 17 juin dernier à Dar-es-Salaam pour tenter de lever les obstacles à l'application de l'accord de cessez-le-feu. Les autorités s'étaient alors engagées à libérer entre 2 000 et 3 000 prisonniers rebelles.

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