26 juillet 2007
La RDC conviée au séminaire sur les biocarburants à Addis-Abeba
La capitale de l’Ethiopie, Addis-Abeba, abrite du 30 juillet au 1er août 2007
le premier séminaire de haut niveau sur les biocarburants en Afrique.
Ces
assises sont co-organisées par l’Union africaine (UA), l’Organisation des
Nations unies pour le développement industriel (Onudi) et le gouvernement du
Brésil. Cette rencontre devra s’atteler à informer les décideurs politiques,
les opérateurs du secteur privé et les institutions régionales sur le
développement des biocarburants et leurs enjeux en Afrique ; explorer les
opportunités des biocarburants en Afrique, tout en assurant un équilibre entre
les potentialités, les risques et les choix équitables, amener les acteurs du
secteur des biocarburants à mettre en place un plan stratégique de
développement de cette nouvelle source d’énergie en Afrique ; et faciliter le
développement des politiques et stratégies viables de l’industrie des
biocarburants en Afrique.
Cette rencontre sera aussi un forum d’échange de
connaissances sur le potentiel des biocarburants en Afrique et sur les défis
connexes : analyse des obstacles au transfert de technologies et des stratégies
visant à faire face à ces obstacles, partage d’expériences du Brésil et de
l’Inde et d’autres succès remarquables et enseignements, à l’intention de
l’Afrique, et enfin, l’élaboration des principes directeurs pour adoption par
les gouvernements africains.
Au regard des thèmes majeurs qui seront traités pendant ce
séminaire dit de haut niveau, la participation de la RDC est plus qu’impérieuse
étant donné les potentialités, jusque-là intactes, que le pays dispose en
matière notamment des biocarburants. Bien plus, la participation de la RDC à ces assises doit être
dictée par la nécessité de tirer des leçons de performances et de
contre-performances des nations du monde qui ont eu à exploiter ce domaine
alors que Kinshasa n’a pas encore une politique nationale en la matière. Comme
pour dire que cet événement ne doit aucunement laisser indifférent le
gouvernement congolais en général et les ministères compétents en particulier.
En effet, la RDC
réunit tous les avantages majeurs pour le développement des biocarburants :
climats favorables, immenses ressources en terre, main d’œuvre abondante. Autant
d’opportunités favorables qui mettent le Congo-Kinshasa en ordre utile pour
s’investir dans les biocarburants. Les préalables restent d’identifier les
technologies et les matières premières qui répondent aux exigences économiques
et environnementales de la RDC.
Les biocarburants présentent de très bonnes perspectives
pour la RDC. Il s’agit d’une question stratégique du développement national : réduction de la
facture pétrolière, sécurité énergétique, équilibre de la balance commerciale,
réduction de la pauvreté et du chômage dans les zones rurales.
Un business florissant
Au plan international, c’est depuis la fin des années 90 que
les biocarburants sont devenus un grand enjeu stratégique. Dès lors, on assiste
à une hausse sans précédent de leur production dans le monde. Une croissance
moyenne annuelle de 15% sur les 5 dernières années, concentrée essentiellement
au Brésil, aux Etats-Unis et en Europe. Mais de nombreux pays émergents -
Chine, Inde, Malaisie, Indonésie et Afrique du Sud - s’y intéressent également
de près, imités par des pays pauvres comme le Sénégal, le Mali, le Madagascar,
etc. Les biocarburants totalisaient en 2005 une production de 22 Millions de
tonnes équivalent pétrole dans le monde. Un chiffre qui devrait plus que
doubler d’ici à 2015, compte tenu des investissements en cours dans de nombreux
pays. Ces investissements sont passés de 80 à 100 milliards de dollars entre
2005 et 2006. Les compagnies pétrolières, des puissances financières redoutables,
considèrent les biocarburants comme un business florissant. Au point que l’OPEP
a même menacé de fermer ses robinets si ses plus gros clients, l’Europe et les
Etats-Unis, augmentaient leurs taxes sur l’essence en vue de subventionner
leurs productions d’énergies renouvelables.
Selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie
(AIE), la multiplication de cinq à sept fois de la production mondiale de
carburants verts attendue d’ici à 2030 devrait bouleverser l’économie des
productions et des échanges agricoles et énergétiques mondiaux dans les dix à
quinze prochaines années. La compétitivité de chaque filière et donc de chaque
région du monde dépend à la fois de son rendement énergétique, de ses coûts de
production, de la capacité de ses acteurs à profiter - ou à se protéger - de la
concurrence mondiale et du prix du pétrole.
Au fait, l’engouement au biocarburant reste une alternative
notamment à la pollution actuelle de suite des énergies fossiles. Ce qui ne
devrait pas laisser la RDC
en reste surtout que le pays regorge plus de la moitié des forêts du Bassin du
Congo, deuxième massif forestier du monde après celui de l’Amazonie. Pour les
pays développés, l’objectif est surtout de réduire les gaz à effet de serre et
d’améliorer la sécurité de l’approvisionnement en énergie. La nouvelle
politique énergétique de l’UE, adoptée en mars 2007, propose de favoriser la
production et la consommation des biocarburants en fixant un seuil de 10 % pour
la part du marché des biocarburants d’ici à 2020. Les Etats-Unis ont érigé le
développement de l’éthanol au rang de priorité nationale. Ils y consacrent
annuellement entre 5,5 et 7,3 milliards de dollars de subvention. Ces aides
devraient atteindre entre 6,3 et 8,7 milliards de dollars par an d’ici à 2010.
Ils sont décidés de réduire leur consommation d’essence de 20% en 10 ans et
d’accroître la consommation d’éthanol de 19 milliards de litres aujourd’hui à
132 milliards en 2017.
© AMEDEE MWARABU KIBOKO
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