26 juillet 2007
Dans un rapport à l’Onu : Les experts accusent le gouvernement
© L'Avenir, jeudi 26 juillet 2007
*Les experts de l’Onu qui ont fait des investigations sur la
sécurité à l’est du pays, ont adressé leur rapport au Conseil de sécurité. *Ils
reconnaissent que l’exploitation des ressources naturelles contribue à l’achat
d’armes et donc à l’insécurité à l’est de la Rdc.
*Plusieurs avions transportent tout dans
cette partie du pays en violation de la réglementation de l’aviation civile
internationale.
*Pour toute conclusion, les experts de l’Onu demandent au
gouvernement Gizenga de faire le choix entre la descente aux enfers de son pays
et la bonne gouvernance pour assurer la sécurité et le développement de son
pays. *C’est sans doute sur base de ce rapport que le secrétaire général de
l’Onu a entonné le refrain sur le non recours à la force pour assurer la
sécurité à l’Est.
La Rdc est sortie de la guerre depuis la signature de l’Accord global et inclusif le 17 décembre 2002 en Afrique du Sud. Mais depuis ce temps, la situation à l’Est de ce pays est plus que préoccupante. La communauté internationale a envoyé une mission d’experts en vue d’évaluer cette situation. La mission d’experts vient de déposer les conclusions de ses investigations. C’est sans doute sur base de ce rapport que le secrétaire général de l’Onu a fait sa dernière déclaration sur la Rdc.
Mais qu’est ce que les
experts ont mentionné dans leur rapport ?
Le groupe d’experts s’était concentré sur les moyens
principaux de mettre fin aux violations de l’embargo imposé par le Conseil de
sécurité dans les résolutions 1493 (2003), 1596 (2005) et 1698 (2006). Ces
mesures incluent la contrebande, la circulation et le stockage interne illicite
du matériel sous embargo, des articles dont la détention est légitime en
République démocratique du Congo, mais envoyés à des destinataires illicites.
Le groupe a également prêté l’attention à la circulation des
articles exemptés de l’embargo mais qui ne sont pas trafiqués dans les normes
exigées.
Malgré les efforts pour respecter l’embargo, le groupe s’et
rendu compte que cet embargo ne peut être efficacement surveillé si le groupe
des experts ne pouvait recevoir l’aide de la Rdc à l’entrée et s’il n’y avait pas un système
plus efficace coordonné de collecte d’information et d’ analyse au sujet du
matériel mis sous embargo, produits trouvés dans le pays.
Se rendre compte du respect de l’embargo Le groupe d’experts
a été chargé d’aider le Conseil de sécurité dans l’identification des individus
sensés violer les lois internationales au sujet des enfants dans les conflits
armés. Pendant son travail, le groupe a attesté la violation de ces lois par
les groupes armés oeuvrant en République démocratique du Congo.
Le groupe a continué ses investigations pour identifier les
chefs politiques et militaires qui empêchent le désarmement et le rapatriement
ou le reclassement volontaire des combattants (résolution 1649 (2005), le paragraphe
2). Les groupes armés étrangers opérant dans Ituri et le Kivu. Ces groupes
étrangers continuent à violer cette résolution du Conseil de sécurité.
Les experts de l’Onu sont également arrivés à la conclusion
que les sanctions imposées par le Conseil de sécurité à certaines personnes en
République démocratique du Congo n’ont pas produit des effets coercitifs
attendus. Peu d’individus et entités sanctionnés ont modifié leurs activités
par rapport à la liste originale dressée en novembre 2005. En conséquence, des
demandes investigatrices faites par le groupe sont souvent ignorées parce que
des sanctions encourues sont inefficaces.
Le groupe a reconnu encore une fois que la source de
financement des opérations de guerre à l’Est du pays demeure l’exploitation, le
commerce et le transport des ressources naturelles. Les intérêts économiques
étroitement mélangés des groupes armés illégaux avec ceux des entreprises
légitimes et des populations locales ne permettent pas une délimitation claire
à S/2007/423 entre les violateurs d’embargo et les acteurs légitimes.
Des violations
flagrantes de l’embargo
En ce qui concerne l’aviation civile, le groupe d’experts a
identifié le transport illicite des armes et munitions par des aéroports et des
avions qui y atterrissent dans la plus grande illégalité. Le groupe d’experts a
dressé une liste d’avions trouvés en République démocratique du Congo et de
leur statut.
Selon le groupe d’experts, il est de la responsabilité du
gouvernement élu qui est entièrement légal en République démocratique du Congo
pour améliorer la situation sur la circulation des biens, sur les normes de
migration, et sur les normes en matière d’aviation civile, sans oublier
l’exploitation des ressources naturelles.
Le groupe des experts responsabilise également le
gouvernement Gizenga de contrôler les besoins de son pays et de contrôler les
domaines qui nécessitent de l’aide. Il y a une abondance d’aide internationale
potentielle qui inclut notamment le placement pour des améliorations techniques
et administratives. Il est du devoir du gouvernement, estiment les experts, de
demander cette aide. Le gouvernement, poursuivent les experts, est maintenant
en position stratégique de choisir entre lutter d’une façon efficace contre la
violence ou permettre que la violence, la corruption et l’absence de la loi,
continuent à gêner le développement du pays et de sa population.
Une larme de crocodile
Comme on le voit ce rapport des experts de l’Onu va encore
une fois compliquer la tache du gouvernement congolais. Comme pendant la
guerre, la communauté internationale est en passe de faire croire que le
gouvernement congolais peut faire des miracles, assurer l’ordre et la sécurité
à l’Est du pays sans que les pays voisins qui, visiblement ne favorisent pas la
sécurisation de la Rdc,
soient rappelés à l’ordre. Pour que Kigali sécurise ses frontières, il a envoyé
des troupes au Congo. Le Rwanda n’a jamais été condamné pour violation de la
charte de l’Onu.
La condamnation de l’Ouganda à la suite de la plainte du
Congo à La Haye,
semble n’avoir aucune influence, aucune pression sur Kampala qui, par
conséquent ne trouve pas des raisons de se guérir du démon de la
déstabilisation du Congo.
En Sierra Leone, la communauté internationale a non
seulement fait pression sur les autorités libériennes, mais aussi et surtout,
Charles Taylor est devant la barre à la
Cpi pour répondre de son soutien aux mouvements rebelles dans
la région. Kagame et Museveni n’ont jamais caché leur soutien aux rébellions
congolaises qui ont fait plus de cinq millions de morts.
Ces supplications n’ont pas d’effets sur une communauté
internationale qui a ses raisons que les Congolais ignorent. Ce qui est
choquant voire mesquin, c’est l’attitude de la communauté internationale
lorsque le gouvernement congolais, face à l’impuissance de la communauté
internationale, veut se prendre en charge. Il avait suffi dernièrement que le
chef de l’Etat mette de l’ordre dans l’armée pour que les ballets diplomatiques
se bousculent. Ils ont eu tous pour mot d’ordre, non recours à la force pour
mettre fin à la situation d’insécurité à l’Est du pays.
Encouragés par cette protection implicite, les rebelles
hutus et Nkundabatware se croient tout permis. Ils attaquent les Fardc là où
ils devraient se mettre en défensive. C’est ici que l’on peut s’interroger sur
le comportement des Fdlr. Indésirables au Rwanda, elles ne peuvent compter que
sur l’hospitalité congolaise. Car, en un moment, les politiciens congolais, au
lieu de s’acharner contre les Interahamwe et les Fdlr, demandaient que le
Rwanda permette un dialogue interrwandais afin que les exilés en Rdc ne
rentrent pas dans leur pays pour l’échafaud, sinon pour la prison. Qui peut
comprendre que les Fdlr choisissent plutôt de devenir des mal aimés des Congolais
au point de se mettre entre deux feux.
Très étonnant est encore le cas Nkundabarware. Encore une
fois, l’Onu demande que l’on ne puisse recourir à la force pour le neutraliser.
L’organisation mondiale craint que la région puisse encore
s’embraser.
C’est une façon de reconnaître que s’attaquer à
Nkundabarwaren c’est s’attaquer au Rwanda. Quelle solution de rechange
propose-t-on au non recours à la force ? La population a rejeté
catégoriquement le forum inter-ethnique proposé par le gouvernement pour ôter
tout prétexte à Nkundabatware ? Ce dernier n’a du reste jamais inscrit ce
forum dans ses revendications. Pendant ce temps, l’insécurité se porte bien
dans cette partie du pays. L’Est de la
Rdc est devenu invivable.
C’est se moquer lorsque la commission des experts de l’Onu
responsabilise le gouvernement sans se montrer ferme vis-à-vis des pays voisins
qui non seulement poursuivent l’exploitation illégale des ressources
naturelles, mais aussi approvisionnent les groupes armés en armes et munitions.
© L’Avenir
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