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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

27 juillet 2007

Kasaï Occidental : débordée, la province est incapable de porter secours aux expulsés d'Angola

r_fugi_s_kasai© L'Observateur | 27.07.07

Une grosse mallette sur la tête, un bébé sur le dos, Cathy Nzeba est aussi enceinte de sept mois. C'est l'une des premiers expulsés d'Angola qui foule le sol de la ville de Kananga après une semaine de marche à pieds depuis Tshikapa.

Elle vit, depuis son arrivée dans sa famille avec ses sept frères qui espéraient la rejoindre en Angola où elle s'est rendue en 2002. Sa mère est veuve depuis six mois.

" Mon mari est resté à la frontière et je vais le rejoindre le moment venu. C'est la deuxième fois que je connais un tel calvaire et je commence à m'habituer, raconte- t- elle, sans inquiétude apparente. Elle est déterminée à rentrer d'où elle vient car elle ne pourrait survivre dans sa ville natale.

Si elle minimise ses souffrances, son calvaire est plutôt éprouvant. Mais elle n'a pas le choix. Tenez, Cathy est âgée de 32 ans et elle est mère de trois enfants. L'un est décédé en cours de route, elle a abandonné un autre à Tshikapa dans un centre de santé, car il était gravement malade et elle ne pouvait pas honorer la facture des soins médicaux administrés à l'enfant.

Elle compte sur l'assistance des organismes internationaux pour retrouver sa fille de 6ans hospitalisée de suite d'une diarrhée. A l'en croire, c'est depuis le mois d'avril que le gouvernement angolais avait intimé l'ordre à tous les étrangers de quitter le sol angolais.

Cathy, comme les autres congolais, a refusé d'obtempérer jusqu'au jour où la police angolaise est venue la déguerpir. " Dix minutes ont suffi pour emballer le nécessaire et quitter le quartier à bord d'un véhicule jusqu'à la frontière. J'ai vu des amies qui ont vu leurs épicrâniens enlevés sur leur lit d'hôpital, pour les amener à la frontière sans ménagement. Car les Angolais sont convaincus que les Congolais font le malin pour échapper à l'expulsion.

Pour Nzeba, c'est au niveau de la frontière que son calvaire a commencé. Cette mère de famille n'avait ni eau, ni nourriture ni habits pour ses enfants. Elle est restée à cet endroit une semaine durant. Elle ne prenait avec ses enfants, comme repas que des patates douces crues et utilisait, l'eau de la rivière pour se désaltérer et se laver avec sa petite famille.

Sans nouvelles de son mari resté en Angola, elle décide de quitter le village frontalier, au début de la deuxième semaine quand sa fillette de deux ans est décédée de suite d'une diarrhée sanguinolente.

C'est la mort de ma fille qui m'a obligé de traverser la frontière. Sinon, je serais rentré en Angola sans réfléchir deux fois, s'exclame- t -elle avec colère.

Plus de douze mille Congolais ont quitté l'Angola dans des conditions analogues à celles de Cathy Nzeba et jusque là, aucune assistance efficace ne leur a été apportée.

Outre les trois tonnes de médicaments amenés par le ministre de l'Intérieur et quelques vivres des organismes internationaux, les expulsés ne savent pas à quel saint se vouer. Ils n'ont ni nourriture, ni eau potable, ni habits, ni logements.

A en croire les nouvelles qui nous parviennent de la ville de Tshikapa, la plupart des expulsés errent dans les rues. Il n' y a aucune structure d'accueil organisée à cette fin. Ils dorment à la belle étoile.

Un petit nombre se retrouve dans des familles d'accueil. Ce sont les territoires et villages de Luiza, Luambo, Sumbula, Tshikapa qui ont accueilli le plus grand nombre d'expulsés.

Le comble, cependant, est, qu'aucun d'eux ne veut retourner dans sa famille. Au contraire, ils veulent tous rentrer en Angola. Là d'où nous venons, l'argent circule et on mange sans peine.

Il y a des personnes qui s'étaient endettées, d'autres ont vendu des parcelles pour rembourser un jour cet argent. Si vous leur demandez d'aller à Kananga ou ailleurs, elles préfèreront se suicider, laisse entendre cette jeune femme.

Où sont passés le Gouvernement et l'Assemblée provinciale ?

Pour les parents des victimes, la province a failli à sa mission. D'autres vont plus loin. Ils demandent la démission de tous les députés qui, jusque là, n'ont posé aucun geste en faveur des expulsés, ni fait une quelconque déclaration dans ce sens.

Une province sans gouvernement ne peut que vivre de tels actes, déclare un sexagénaire qui n'a pas de nouvelles de son fils depuis le début de la vague d'expulsions.

Mardi 24 juillet, la division provinciale de la santé et les représentants de l'UNICEF, OCHA, FAO, CARITAS, se sont réunis pour débattre des moyens et de l'assistance à apporter à ces Congolais qui sont pour la plupart des Kasaïens. Les organismes internationaux reprochent aux autorités provinciales la lenteur et la léthargie dans le traitement de ce dossier qui nécessite pourtant d'être traité en urgence.

Quant aux autorités provinciales, elles laissent entendre que ce problème exige des moyens conséquents et l'apport de tout le monde s'avère indispensable.

Claudine Mbombo | Kananga, 27/07/2007 | © L'Observateur, via mediacongo.net

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