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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

27 juillet 2007

Kasaï Occidental : débordée, la province est incapable de porter secours aux expulsés d'Angola

r_fugi_s_kasai© L'Observateur | 27.07.07

Une grosse mallette sur la tête, un bébé sur le dos, Cathy Nzeba est aussi enceinte de sept mois. C'est l'une des premiers expulsés d'Angola qui foule le sol de la ville de Kananga après une semaine de marche à pieds depuis Tshikapa.

Elle vit, depuis son arrivée dans sa famille avec ses sept frères qui espéraient la rejoindre en Angola où elle s'est rendue en 2002. Sa mère est veuve depuis six mois.

" Mon mari est resté à la frontière et je vais le rejoindre le moment venu. C'est la deuxième fois que je connais un tel calvaire et je commence à m'habituer, raconte- t- elle, sans inquiétude apparente. Elle est déterminée à rentrer d'où elle vient car elle ne pourrait survivre dans sa ville natale.

Si elle minimise ses souffrances, son calvaire est plutôt éprouvant. Mais elle n'a pas le choix. Tenez, Cathy est âgée de 32 ans et elle est mère de trois enfants. L'un est décédé en cours de route, elle a abandonné un autre à Tshikapa dans un centre de santé, car il était gravement malade et elle ne pouvait pas honorer la facture des soins médicaux administrés à l'enfant.

Elle compte sur l'assistance des organismes internationaux pour retrouver sa fille de 6ans hospitalisée de suite d'une diarrhée. A l'en croire, c'est depuis le mois d'avril que le gouvernement angolais avait intimé l'ordre à tous les étrangers de quitter le sol angolais.

Cathy, comme les autres congolais, a refusé d'obtempérer jusqu'au jour où la police angolaise est venue la déguerpir. " Dix minutes ont suffi pour emballer le nécessaire et quitter le quartier à bord d'un véhicule jusqu'à la frontière. J'ai vu des amies qui ont vu leurs épicrâniens enlevés sur leur lit d'hôpital, pour les amener à la frontière sans ménagement. Car les Angolais sont convaincus que les Congolais font le malin pour échapper à l'expulsion.

Pour Nzeba, c'est au niveau de la frontière que son calvaire a commencé. Cette mère de famille n'avait ni eau, ni nourriture ni habits pour ses enfants. Elle est restée à cet endroit une semaine durant. Elle ne prenait avec ses enfants, comme repas que des patates douces crues et utilisait, l'eau de la rivière pour se désaltérer et se laver avec sa petite famille.

Sans nouvelles de son mari resté en Angola, elle décide de quitter le village frontalier, au début de la deuxième semaine quand sa fillette de deux ans est décédée de suite d'une diarrhée sanguinolente.

C'est la mort de ma fille qui m'a obligé de traverser la frontière. Sinon, je serais rentré en Angola sans réfléchir deux fois, s'exclame- t -elle avec colère.

Plus de douze mille Congolais ont quitté l'Angola dans des conditions analogues à celles de Cathy Nzeba et jusque là, aucune assistance efficace ne leur a été apportée.

Outre les trois tonnes de médicaments amenés par le ministre de l'Intérieur et quelques vivres des organismes internationaux, les expulsés ne savent pas à quel saint se vouer. Ils n'ont ni nourriture, ni eau potable, ni habits, ni logements.

A en croire les nouvelles qui nous parviennent de la ville de Tshikapa, la plupart des expulsés errent dans les rues. Il n' y a aucune structure d'accueil organisée à cette fin. Ils dorment à la belle étoile.

Un petit nombre se retrouve dans des familles d'accueil. Ce sont les territoires et villages de Luiza, Luambo, Sumbula, Tshikapa qui ont accueilli le plus grand nombre d'expulsés.

Le comble, cependant, est, qu'aucun d'eux ne veut retourner dans sa famille. Au contraire, ils veulent tous rentrer en Angola. Là d'où nous venons, l'argent circule et on mange sans peine.

Il y a des personnes qui s'étaient endettées, d'autres ont vendu des parcelles pour rembourser un jour cet argent. Si vous leur demandez d'aller à Kananga ou ailleurs, elles préfèreront se suicider, laisse entendre cette jeune femme.

Où sont passés le Gouvernement et l'Assemblée provinciale ?

Pour les parents des victimes, la province a failli à sa mission. D'autres vont plus loin. Ils demandent la démission de tous les députés qui, jusque là, n'ont posé aucun geste en faveur des expulsés, ni fait une quelconque déclaration dans ce sens.

Une province sans gouvernement ne peut que vivre de tels actes, déclare un sexagénaire qui n'a pas de nouvelles de son fils depuis le début de la vague d'expulsions.

Mardi 24 juillet, la division provinciale de la santé et les représentants de l'UNICEF, OCHA, FAO, CARITAS, se sont réunis pour débattre des moyens et de l'assistance à apporter à ces Congolais qui sont pour la plupart des Kasaïens. Les organismes internationaux reprochent aux autorités provinciales la lenteur et la léthargie dans le traitement de ce dossier qui nécessite pourtant d'être traité en urgence.

Quant aux autorités provinciales, elles laissent entendre que ce problème exige des moyens conséquents et l'apport de tout le monde s'avère indispensable.

Claudine Mbombo | Kananga, 27/07/2007 | © L'Observateur, via mediacongo.net

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La demande de remise en liberté du père Wenceslas a été refusée

pere_WenceslasRWANDA - 25 juillet 2007 - AFP

La cour d'appel de Paris a renvoyé au 1er août l'examen des mandats d'arrêt délivrés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) contre deux Rwandais recherchés pour génocide et arrêtés vendredi en France, tout en les maintenant en détention.

Dans l'attente de cette audience, les avocats avaient formulé une demande une remise en liberté de leurs clients, qui n'a pas été jugée recevable par la présidente de la Chambre de l'instruction, Edith Boisette.

"Dans ce genre d'affaire la précipitation est mauvaise conseillère", a expliqué l'avocat général, Jean-Charles Lecompte.

Le magistrat a également requis le rejet de la demande de remise en liberté des deux hommes en expliquant qu'elle n'avait pas été déposée dans les délais légaux (48 heures avant l'audience).

Les avocats des deux hommes ont plaidé le caractère exceptionnel de cette procédure internationale et déploré "une atteinte à la liberté individuelle" et "aux droits de l'Homme" après le placement en détention de leur client.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris doit se prononcer le 1er août sur la validité de la demande d'arrestation et de maintien en détention en France des deux hommes, formulées par le TPIR, en attendant que cette juridiction internationale statue sur un éventuel transfert du dossier à la France qui pourrait les juger.

Le procureur du TPIR a en effet pris des réquisitions pour que les deux hommes puissent être jugés par une juridiction française (cour d'assises, ndlr)

La France ayant donné son accord en 2006, la décision de transfert du dossier est maintenant entre les mains des juges du TPIR.

Wenceslas Munyeshyaka, 49 ans, un prêtre catholique, et Laurent Bucyibaruta, ex-préfet de Gikongoro (sud du Rwanda), 62 ans, ont été arrêtés vendredi en exécution de ces mandats, les deux hommes étant recherchés par le TPIR pour génocide, extermination, assassinats et viols.

"Les accusations formulées à mon encontre sont imaginées de toutes pièces", a plaidé mercredi l'ex-préfet devant la cour d'appel sans en dire plus sur le fond du dossier.

Les deux Rwandais sont déjà mis en examen pour "complicité de génocide et de crimes contre l'humanité" dans le cadre d'une procédure française instruite par la juge Fabienne Pous.

Après avoir été placés en détention provisoire, 11 jours pour le prêtre et six mois pour le préfet, ils étaient tous deux en liberté sous contrôle judiciaire jusqu'à leur arrestation vendredi dernier.

Le religieux, comme l'ancien préfet, sont par ailleurs visés par un acte d'inculpation du TPIR remontant à 2005, rendu public seulement en juin.

Le père Wenceslas a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité par un tribunal rwandais.

Le TPIR, siégeant à Arusha (Tanzanie) et dont le mandat s'achève en 2008, est chargé de rechercher et juger les principaux responsables du génocide de 1994 qui a fait, selon l'ONU, environ 800.000 morts parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés.

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Pour leurs activités syndicales, deux journalistes de la chaîne publique aux arrêts à Kinshasa

jedCommuniqué de Journalistes en Danger
Kinshasa, le 27 juillet 2007

Vincent Hata et Michel Shango, journalistes à la RTNC (Radiotélévision Nationale Congolaise, chaîne publique) ont été interpellés, respectivement le 26 et 27 juillet 2007, par les éléments de la Garde Républicaine (GR) commis à la garde des installations de la RTNC à Kinshasa/Lingwala. Le lieu de détention de Vincent Hata n'est pas connu à ce jour alors que Michel Shango est encore retenu au poste de la GR à la RTNC.  

Selon des témoignages recueillis à la RTNC par Journaliste en danger (JED), HATA et Shango ont été arrêtés sur ordre de M. Emmanuel Kipolongo, Administrateur délégué général de la RTNC au motif que « les syndicalistes préparaient une réunion en vue de détruire les installations de la chaîne publique ». Interrogé par JED au sujet de cette accusation, Richard Kalala Tshitenge, journaliste et président national de la délégation Syndicale de la RTNC, a rejeté ces « allégations mensongères ».

Pour lui, les syndicalistes, après plusieurs reports injustifiés d'une réunion paritaire Syndicat/Employeur, voulaient organiser une assemblée générale de tous les travailleurs de
la RTNC en vue de revendiquer le paiement de 10 mois d'arriérés de primes représentant 35% des recettes mensuelles propres de la chaîne publique décidé par le Comité de gestion depuis mai 2006 en vue de pallier tant soit peu à la rémunération dérisoire payé par l'Etat. La délégation syndicale accuse également le Comité de gestion de la chaîne publique de multiplier des manœuvres dilatoires pour empêcher une commission mise sur pieds par la réunion paritaire de mai 2006 afin d'évaluer, de concert avec le service financier, les 35% de recettes à redistribuer sous forme de prime aux travailleurs de la RTNC.

Toutes les tentatives de JED pour entrer en contact avec l'administrateur général de la RTNC se sont avérées vaines. Ce dernier a fait répondre, vendredi 27 juillet 2007 à 14H00, par son garde du corps, qu'il était en prière « avec le chef spirituel de l'Eglise Kimbanguiste ». 

JED constate que depuis plusieurs mois une crise latente oppose la délégation syndicale de la RTNC au Comité de gestion au sujet de « la mauvaise gestion de la chaîne publique qui manque de tout alors qu'elle réalise des profits issus de la publicité », selon les propres termes des représentants des travailleurs. Dans une émission sur une télévision locale, M. Kipolongo s'est vanté d'avoir  « contribué à l'élection du président Joseph Kabila » dont il faisait parti de l'équipe de communication en violation de la constitution et de la loi sur la presse qui impose la neutralité à la chaîne publique.

JED constate que de plus en plus, le droit de se syndiquer, pourtant reconnu par la constitution de la RDC, est méconnu dans le secteur des médias où certains employeurs n'hésitent pas à révoquer des journalistes pour leurs activités syndicales.  A ce sujet, JED rappelle que 9 agents de RAGA TV (une chaîne privée) ont été abusivement révoqués en dépit de l'arrêté du Ministre du Travail et de la Prévoyance sociale. La même situation a eu lieu, en 2006, à Global TV, une autre chaîne privée où des journalistes ont été remercié pour avoir réclamé leurs droits.

JED reste d'avis que les droits économiques et sociaux des journalistes ont un impact majeur sur la liberté de la presse étant entendu qu'il n' y a pas de liberté de la presse avec des journalistes pauvres et corrompus pour reprendre une devise de la Fédération Internationale des journalistes (FIJ).

De ce qui précède, JED demande au Ministre de l'Information, presse et communication nationale, M. Toussaint Tshilombo Send, de qui relève à ce jour le Comité de gestion de la RTNC, et à son collègue du Travail et de la Prévoyance sociale, ce qui suit :

- Obtenir de la Garde Républicaine la libération, toutes affaires cessantes, des journalistes Vincent Hata et Michel Shango abusivement détenus

- Diligenter une mission d'audit à la RTNC pour vérifier les allégations de mauvaise gestion ;

- De rappeler à l'ordre tous les employeurs du secteur des médias audiovisuels, publics et privés, sur la légalité des  activités syndicales dans leurs entreprises.

Lire les autres violations des droits de l'homme, de la liberté d'expression et de la liberté de la presse en RDC

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Le moratoire, Kahemba et la Constitution de la troisième République

amp_2© JP MBELU

Il y a, dans certains milieux congolais, une haine viscérale entretenue à l’endroit des choses de l’esprit et des analystes congolais. Un jugement sans appel est souvent émis à l’endroit de ces derniers : ils n’ont rien fait pour le pays. Ce sont eux qui, vassalisés par les hommes au pouvoir au Congo, ont contribué à sa descente en enfer. Ce jugement est émis à l’endroit des élites intellectuelles d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Ce jugement sans appel ne voudrait souffrir d’aucune exception. Il n’est pas impossible que cette haine entretenue à l’endroit de l’intelligence soit assimilable aux innombrables armes de destruction massive dont les réseaux d’élite prédateurs se servent pour asseoir leur prédation et mettre le pays en coupe réglée. Il est important d’approfondir cette question.

A un certain moment, il serait tentant de croire que ces réseaux de prédation réussissent leur coup assez facilement et enferment les Congolais dans une auto-flagellation ayant pour cibles privilégiées « les plus vertébrés » d’entre eux. Mais un examen assez sérieux de ce qui se passe au Congo peut être révélateur des dérives du pouvoir en place et de leurs racines dans un passé récent que bien des Congolais cherchent à oublier ou ont tout simplement oublié.

Le moratoire et les réseaux d’élite

Le Congo est l’un de ces rares pays au monde où un président de l’Assemblée Nationale a osé affirmer à travers les médias que certains députés à double nationalité ont été élus en violation flagrante de la Constitution et qu’il leur accordait un moratoire de trois mois afin qu’ils se mettent en règle avec la loi. Ces faits ont eu lieu pendant que le débat sur « la congolité » était virulent.

Poser la question de « qui sollicite les suffrages des Congolais » était un crime de xénophobie. Les plus naïfs d’entre nous avez cru que la question allait être réglée dans le délai. Plus de trois mois après, dans une interview à la Radio Okapi, Vital Kamerhe nous dit : « La loi est faite pour organiser la société mais pas pour la compliquer. Cela sera examiné. Ne vous en faites pas. La question de nationalité est réglée et, faites-moi confiance, nous allons faire en sorte qu’il n’y ait pas de double nationalité dans les institutions avant longtemps. » De « trois mois », nous sommes passés à « avant longtemps », c’est-à-dire à un délai vaguement déterminé ou aux calendes grecques.

Vital Kamerhe affirme une chose et son contraire : « La question sera examinée…La question de nationalité est réglée… ». Il voudrait que nous lui fassions confiance. Sur quoi cette confiance va-t-elle être fondée quand il nous prouve qu’il est incapable de tenir à la parole donnée? Si « la question de nationalité est réglée », pourquoi n’a-t-il pas utilisé le canal des médias pour nous informer comme il l’a fait quand la Constitution a été violée ?
Et il voudrait que nous lui fassions confiance… Entre-temps, le gouvernement accuse « les députés siégeant à l’Assemblée nationale » d’être de mèche avec les Mbororo occupant illégalement une partie de notre pays.

(Lire A. MOBATELI, Le Potentiel va plus loin avec Chikez Diemu, dans Le Potentiel du 23 juillet 2007)

Et le Washington Post accuse le gouvernement « d’armer » Nkundabatware. Qu’est-ce que tout cela veut dire ?

Toutes nos institutions sont infiltrées par « les ennemis » de nos populations. Le loup est depuis longtemps dans la bergerie, dirait Honoré Ngbanda. (Lire et relire absolument Crimes organisés en Afrique centrale. Révélations sur les réseaux rwandais et occidentaux, Paris, Duboiris, 2004)

Plusieurs d’entre nous ont entendu parler du rapport du Panel de l’O.N.U. de 2002. Ils ne l’ont jamais lu. Parmi ceux qui l’ont lu, rares sont ceux qui ont réussi à relever le mode opératoire de la prédation décrit dans ce rapport. Beaucoup se limitent au fait que ce rapport rend compte des pillages de nos ressources du sol et du sous-sol. Rares sont ceux qui ont étudié la question du « comment cela se fait-il » à travers le même rapport.

Pour rappel, après l’introduction, ce rapport (Kassem) a un deuxième titre : « Changement de tactique avec les réseaux d’élite ». Citons deux extraits de ce rapport. « Les réseaux sont composés d’un petit noyau de dirigeants politiques et militaires et d’hommes d’affaires, et, dans les zones occupées, de certains chefs rebelles et administrateurs. Certains membres des réseaux d’élite occupent des postes clefs au sein de leur gouvernement ou de leur groupe rebelle respectif. » Comment opèrent-ils ? « Les membres de ces réseaux agissent en coopération pour produire des revenus (…) Et « les réseaux d’élite assurent la viabilité de leurs activités économiques en exerçant un contrôle sur les forces armées et autres forces de sécurité auxquelles ils ont recours pour mener des opérations d’intimidation, menacer de recourir à la violence ou encore commettre des actes de violence. »

Ce mode opératoire datant d’avant la mascarade électorale congolaise n’a pas disparu avec elle. D’ailleurs, il a servi au financement de la campagne de certains partis politiques. Que Marie-Thérèse N’Landu parle de Kin-Mazière comme lieu où sévit « la police politique » du pouvoir actuel, elle rend témoignage à la continuité assurée à ce mode opératoire. Lundi 23 juillet, au cours du débat organisé entre les députés, les sénateurs, les secrétaires généraux des Mines et des Hydrocarbures et les membres de la société civile, le vice-président de l’Assemblée nationale, Lutundula Apala, auteur du rapport sur « l’exploitation des ressources naturelles de
la RDC » s’est montré « moins optimiste » quant à l’amélioration de la gestion des ressources issues des industries extractives. Il a déploré ce qui suit : « manque de transparence dans la passation des marchés et de traçabilité des flux générés par ces revenus ; absence de mécanismes de contrôle, absence de thèmes de référence ou de textes définissant le profil des partenaires ; sous évaluation des produits ; connexion avec des réseaux extérieurs maffieux, voire des réseaux officiels extérieurs mais qui refusent de jouer franc jeu avec l’Etat congolais (…) »

(Le rôle des parlementaires dans le contrôle des ressources minières est déterminant, dans www.monuc.org)

Un parlement infiltré peut-il devenir capable de démanteler ces « réseaux maffieux et officiels », ennemis du franc jeu ? Si Lutundula Apala est « moins optimiste » quant à la réponse positive à donner à cette question, lui qui connaît de l’intérieur le fonctionnement de ces réseaux, cela serait lié au fait qu’il en connaît aussi « l’efficacité ».

Bref, au vu de ce qui se passe au Congo, il ne serait pas exagérer d’affirmer que le fameux moratoire participe d’un plan de déstabilisation des institutions du pays au profit de la prédation. D’où l’instrumentalisation de
la Constitution. Les maîtres à bord du navire congolais y recourent ou pour avaliser leur forfaiture ou pour écarter de ce navire « les menus fretins » afin de donner la fausse impression que « la recréation est terminée ». En témoigne, l’affaire Kahemba.

Kahemba_2L’affaire Kahemba

Il y a quelques jours, à l’Assemblée Nationale, la Commission Lumbala a prouvé que le Congo est occupé par les militaires angolais. Son rapport a été accepté par la majorité parlementaire et l’opposition institutionnelle.Quelques jours après, le député Mboso a enfoncé le clou, en démontrant, cartes à l’appui, que le territoire occupé n’a jamais appartenu à l’Angola.

Ce travail est réalisé après que « les experts » du gouvernement aient soutenu, haut et fort, la thèse contraire. Le législatif étant chargé de contrôler l’exécutif devrait tirer toutes les conclusions logiques de cette affaire. L’intégrité du territoire national n’ayant pas été sauvegardée par la faute du gouvernement, celui-ci devrait être traduit en justice pour crime de « haute trahison ». (cfr l’article 63 de la Constitution ). Il devrait démissionne 

 Au lieu de cela, que se passe-t-il ? Vital Kamerhe propose que les deux gouvernements aidés par les anciennes puissances coloniales et les experts retracent les frontières (violées par l’Angola).

Bon sang ! Ce sophisme est applaudi à Kinshasa. Il y a des médias Congolais qui ne tarissent plus d’éloges à l’endroit de Vital. (Au royaume des aveugles, les borgnes ne sont-ils pas rois ?) Kamerhe croit, avec ce sophisme, éviter « le piège de ceux qui veulent qu’il y a ait affrontements militaires entre l’Angola et le Congo. Nous savons, dit-il, que beaucoup de politiciens avaient fait des surenchères autour de ce dossier. Ils voulaient qu’il en soit ainsi pour qu’on dise : « Qu’est-ce que nous avions dit : donc, l’Angola qui a aidé hier le Congo, aujourd’hui il devient l’agresseur du Congo ». » Et pourtant, ce qui serait important à exiger, ce n’est pas que le Congo fasse la guerre à l’Angola. Non. Que le gouvernement démissionne pour avoir bradé une partie de notre territoire. Malheureusement, le raisonnement de Vital Kamerhe ne va pas dans ce sens. Il détourne la question essentielle et y répond à sa manière.

Pour lui, ce sont les autres qui tendent des pièges ! Tous les mêmes ! Politisant maladroitement une question juridique, Kamerhe trouve vite des boucs émissaires - les politiciens mal intentionnés qui tendent des pièges- pour se dédouaner de la énième violation de
la Constitution. (Qui avait dit que cette Constitution a été fabriquée à Liège ? Avec cet instrument fabriqué ailleurs pour l’usage des Congolais (et leurs mais étrangers ayant infiltrés les institutions du pays), le Congo continue sa navigation à vue. Souvent, quand il n’y a pas politisation des normes, il y a juridisation de la politique. Le cas des 18 députés invalidés en dit long.)

Et puis, si nous posions à Vital ces questions : « L’Angola a aidé le Congo hier, qu’est-ce le Congo lui a donné en retour ? Cela peut-il être connu par la population ou cela relève tout simplement des secrets d’Etat ? (Il faut « bayeba te ».) Après avoir aidé un Congo dont les caisses ont été vidées par les nouveaux prédateurs, ce pays n’aurait-il pas reçu l’ordre de ces derniers pour qu’il vienne se servir sur place au pays, là où il y a du diamant à gogo? » Que nous répondrait-il ? Que dirait-il à ce journaliste du Zambèze (hebdomadaire de Maputo du 3 mai) affirmant qu’avec l’accord de la communauté (dite) internationale, « des détachements des forces spéciales angolaises, de l’armée et de la police, soutenues par des task forces des services de sécurité et d’information (SIM et SINFO) sont maintenus en permanence en RDC.

Leur mission principale est la protection d’objectifs vitaux du régime, y inclus la sécurité personnelle de JK »? Et quels sont les objectifs vitaux du régime en place aujourd’hui à Kinshasa et de ses réseaux ? Une relecture de notre histoire immédiate nous conduirait à croire que ces objectifs se résument dans la facilitation de l’infiltration des institutions du pays par les membres des réseaux (maffieux et officiels) d’élite prédateurs et dans l’ouverture du Congo à l’économie mondiale de la prédation.

Atteindre ces objectifs passe par l’usage de certaines armes de destruction massive : le décervelage de nos populations par la culture de l’auto-flagellation et de la haine à l’endroit des choses de l’esprit, la corruption des élites résistantes et des médias nationaux et internationaux, l’entretien de l’insécurité et la violence par le biais de « la police politique », la rhétorique sur les incontournables « cinq chantiers », l’imposition de la pensée unique, etc.

En effet, il y a beaucoup de traits communs entre ce qui se passe aujourd’hui au Congo et ce qui s’est passé hier en URSS et en Allemagne Nazie. Un lecteur assidu des Origines du totalitarisme de Hannah Arendt serait édifié par le rapprochement de ces deux époques très éloignées dans le temps. La banalisation de la mort, le goût prononcé de la trahison chez les «collabos», la haine et l’inutilité de soi entretenues dans le peuple, l’ivrognerie, etc. les rapprochent. L’homme n’a pas beaucoup évolué imaginairement, spirituellement, moralement et culturellement.

Les quelques peuples ayant compris qu’il arrive que l’histoire les lie a des « civilisations thanatophiles » ont rompu le cordon ombilical. Ce sont des peuples moulés dans les traditions de la solidarité et de la résistance. Tel est le cas des héritiers de la révolution bolivarienne. A quand le Congo ?

Source : www.lepotentiel.com | Date : 2007-07-26 21:01:10

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Kahemba vendu par les autorités ?

lumbalaDossier Kahemba : Des enjeux politiques suicidaires !
Kinshasa, 27/07/2007 / Politique

L’idée que les autorités congolaises ont vendu une partie du territoire national à partir de Kahemba continue insidieusement de faire son bonhomme de chemin depuis la déposition de la Commission Lumbala à l’Assemblée nationale quelques jours plus tôt.

Cet accueil avait été préparé longtemps à l’avance auprès de la population, mais il faudrait savoir que la thèse du complot contre la Nation congolaise est sous-tendue par une lutte féroce pour le pouvoir qui met aux prises, en coulisse bien sûr, les membres de la Commission parlementaire d’enquête et certains membres du gouvernement. 

Pour trouver la vraie solution au problème, les données de la géographie aussi bien physique qu’humaine seront bien plus importantes que le simple fait de faire parler la population congo­laise de la contrée de Kahemba qui, soit dit en passant, n’est pas contente de voir l’Angola récupérer ce qui était pour elle un sanctuaire à l’épo­que de la guerre civile angolaise.

L’affaire de l’occupa­tion présumée d’une portion du territoire congolais, en l’occurrence dans le secteur de Kahemba dans la province de Bandundu par l’armée angolaise, figure encore en bonne place dans le hit-parade de l’actualité nationale presque à la même place que l’insécurité à l’Est, puis­qu’elle induit le risque d’un conflit armé entre deux Etats. Elle ne trouvera d’is­sue pacifique que si l’on veut bien relever à l’intention de l’opinion publique les dessous-de-table de ce qui se cache derrière le rapport de
la Commission Lumbala.

L’enquête des députés, lue du haut de la tribune de l’Assemblée nationale par le rapporteur de la Commission Kin-Kiey Mulumba, a conclu à la véracité de ce qui était déjà un fait établi au sein d’une certaine opinion, à savoir que les Angolais étaient bel et bien les Rwan­dais de l’Ouest de la RDC, occupants illégaux d’un pays qui n’est pas le leur.

Depuis le jour de la déposi­tion du rapport de la Commission Lumbala jusqu’à aujourd’hui, la conviction de beaucoup parmi la popula­tion congolaise qui a confiance en ses élus, s’est cristallisée au point que la pression peut devenir rapi­dement insupportable sur le gouvernement, appelé à gérer cette affaire au mieux des intérêts des deux pays parties au litige, mais d’abord au profit des Con­golais.

Pourtant, rien n’est moins sûr que cette conviction intime inspirée par l’ignorance des faits scientifiques et le besoin de faire confiance aux députés de la République.


mulumbaDes luttes d’influence féroces cachées derrière un nationalisme de surface

La politique n’est pas une science simple à cause de ses implications qui tou­chent à la complexité de la nature humaine ; au Congo démocratique cette particu­larité du phénomène politique est marquée du sceau de la rivalité entre les act­eurs. Le président de

la Commission qui est allé faire la lumière sur les allégations au sujet de l’occupation du territoire congolais par l’armée angolaise est un député qui s’est autoproclamé un jour comme « le troisième nationaliste après Patrice Lumumba et le M’zée LD Kabila ». Le rapporteur est un homme qui a un palmarès politique élo­quent derrière lui et qui n’entend pas s’arrêter là.

© L’Avenir

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Kabila à Luanda

kabila_museveniUne délégation congolaise déjà à Luanda, en prévision de la visite de Joseph Kabila ce week-end
Kinshasa | 27 Juillet 2007 à 13:13:09

Une délégation gouvernementale de la RDC a précédé le chef de l’Etat congolais en Angola, où débutent ce vendredi des travaux de la commission mixte entre les deux pays, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, rapporte radiookapi.net

La délégation congolaise comprend 7 membres du gouvernement et leurs experts, indique le communiqué. Il s’agit des ministres d’Etat, Antipas Mbusa Nyamwisi, des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, et Pierre Lumbi, des Infrastrutures, Travaux publics et Reconstruction; du ministre près le premier ministre, Godefroid Mayobo; des ministres, Ignace Gata Mavinga, de l’Intégration régionale, Remy Henri Kuseyo, des Transports et Voies de communication, Martin Kabwelulu Labilo, des Mines, et Lambert Mende, des Hydrocarbures, ainsi que du vice-ministre de l’Intérieur, Joseph Dovel Mpango Okundo. Cette délégation sera rejointe en fin de semaine par le président Joseph Kabila, ajoute le communiqué.

La situation des refoulés congolais, l’exploitation du pétrole à la frontière entre les deux pays, l’exploitation des œuvres d’art, le courant électrique d’Inga, la circulation des biens et des personnes entre les deux pays voisins, constituent, entre autres, les points à l’ordre du jour des travaux de la commission mixte, précise encore le communiqué du ministères des Affaires étrangères. Ces travaux pourraient déboucher sur la signature des accords de coopération par les deux gouvernements.

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Affaire Kahmere : Réponse de François Soudan

kamerhePortraits interdits
© François Soudan,

J’ai écrit, il y a deux semaines dans Jeune Afrique, le portrait de Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale congolaise (Kinshasa), secrétaire général du parti au pouvoir et l’homme qui monte dans la galaxie locale. Pour cela je l’ai rencontré, bien sûr, longuement.

Mais j’ai aussi écouté nombre de témoins, diplomates, députés, membres de la société civile, amis ou ennemis. Au final : l’itinéraire d’un personnage à la fois brillant et ambitieux, qui n’hésite pas à affirmer sa personnalité. Au final surtout, une petite tempête médiatico-politique à Kinshasa.

Car Vital Kamerhe figure en « Une » de Jeune Afrique, sur la couverture et cela, apparemment, c’est impardonnable. Le chef de l’Etat, me dit-on, n’a pas apprécié, tout comme ses proches, que cet homme censé être l’un de ses collaborateurs les plus précieux soit ainsi mis en valeur.

Les partisans de Vital ne sont pas en reste : « Tu l’as crucifié ! » me dit l’un, « Tu l’as piégé » ajoute un autre. Et il se murmure même qu’en réalité, cette « opération » a été commanditée par Joseph Kabila lui-même pour mieux torpiller un personnage trop encombrant. Bref, on ne trouve plus un Jeune Afrique en vente à Kin et on raconte tout et n’importe quoi.

En Afrique il est vrai, du Maroc à
la Tunisie et de l’Algérie au Burundi, en passant par la RDCongo, le Cameroun et tous les autres, publier à la Une le portrait d’une personnalité proche du chef serait, dit-on, le meilleur moyen de l’assassiner. Combien de fois il m’est arrivé d’entendre, de la part d’un ministre : « Surtout, ne parles pas de moi, ne me mets pas en avant, quant à la cover : Tu veux ma mort ! ».
Non, le journaliste ne veut la mort de personne. Mais il veut encore moins être le prisonnier de politiciens que les médias obsèdent et terrifient à la fois.

Au fait, comment a réagi Kamerhe, le principal intéressé ?

Plutôt crânement ! « J’assume », m’a t-il dit et répété, non sans m’envoyer, tout de même, deux ou trois « précisions » destinées à couvrir ses arrières. Pas mal…

Soyons précis. C’est moi qui ai sollicité et écrit ce portrait de Kamerhe. L’intéressé ne s’est pas opposé à ce projet, sinon il ne m’aurait pas reçu pour me parler de son itinéraire. Mais, pour rédiger ce portrait, j’ai vu et écouté d’autres personnes qui, souvent sous le couvert de l’anonymat, m’ont parlé de lui.

Il ne s’agit donc en aucune façon d’une interview et ce qui est écrit, sauf les propos cités entre guillemets, relèvent de ma seule responsabilité.

Pour le fun : la dernière version qui court à Kin dans les milieux dits bien informés est la suivante. J’aurais rédigé ce portrait sur commande des adversaires de Vital Kamerhe, afin de provoquer sa chute !

En d’autres termes et puisqu’on me reproche par ailleurs d’avoir rédigé un texte plutôt flatteur pour l’intéressé (avec photo cover en prime), le meilleur moyen de « descendre » une personnalité en RD Congo serait d’en dire du bien et la meilleure façon de la protéger, voire de la conforter, serait de la critiquer !

Quant au président Kabila, qui n’était évidemment pas au courant de ce projet et que j’ai par ailleurs longuement interviewé lors de mon séjour, je le sais trop fin pour croire une seconde aux multiples versions congolaises de la théorie du complot.

Contrairement à J.P. Bemba, dont le grand tort est de se surestimer et de sous-estimer son rival (lequel a largement profité de cette erreur d’appréciation), je crois, moi, que Joseph Kabila est un homme élaboré.

Enfin : sur la parution des deux covers à deux semaines d’intervalle. Pur hasard dicté par les lois du marché. D’ailleurs, dans le prochain numéro de Jeune Afrique, vous aurez droit à une interview de… Bemba.

Qu’est-ce qu’on ne va pas dire encore, à Kin !

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A Dakar, Nicolas Sarkozy appelle l'Afrique à "renaître" et à "s'élancer vers l'avenir"

Sarko5© Philippe Bernard et Christophe Jakubyszyn | Le Monde | 27.07.07 | 10h31

Le "discours de Dakar" ne sera sans doute pas à Nicolas Sarkozy ce que celui de Brazzaville avait été au général de Gaulle en 1944. Alors que le président français avait lui-même évoqué ce parallèle la veille, les applaudissements à peine polis que lui ont réservés les 1300 auditeurs triés sur le volet à l'université Cheikh Anta Diop, jeudi 26 juillet, ont sonné le glas de cette ambition.

Debout dans la limousine du président sénégalais Abdoulaye Wade, Nicolas Sarkozy avait pu apprécier, en début de journée, l'accueil bruyant, coloré, bon enfant – et très organisé – traditionnellement réservé aux chefs d'Etat français dans les anciennes colonies. "J'aime l'Afrique, j'aime et je respecte les Africains", a-t-il indiqué.

A la tribune de l'université, le président a lancé une longue adresse à la jeunesse d'Afrique. Déclinant l'un des thèmes de sa campagne présidentielle, il a rappelé son refus d'entrer dans un exercice de repentance, parce que "nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères".

Certes, le président n'a "pas nié les fautes ni les crimes, car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes". Avec des mots plus forts que jamais, il a qualifié "la traite négrière et l'esclavage" de "crimes contre l'homme, crimes contre l'humanité" . Et il a longuement dénoncé les effets pervers de la colonisation. "Ils ont cru qu'ils étaient la civilisation (…). Ils ont abîmé une sagesse ancestrale. (…) Le colonisateur a pris, s'est servi, il a exploité, il a pillé des ressources (…). Ils ont eu tort" a-t-il scandé.

"Ils se trompaient mais ils étaient sincères", a-t-il toutefois nuancé. Plutôt que la repentance, M.Sarkozy préfère le partage, la compassion au sens premier : "Je suis venu vous dire que ta déchirure et ta souffrance sont les nôtres et donc les miennes." Puis, comme s'il cherchait à équilibrer les torts, M. Sarkozy a invité l'Afrique a faire sa propre autocritique : "L'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur : la colonisation n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux, des génocides, des dictateurs, du fanatisme, de la corruption et de la prévarication." 

Pour le président français, c'est au sein même de l'identité africaine qu'il semble falloir chercher les freins au développement du continent : "Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire (…). Jamais il ne s'élance vers l'avenir (…). Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout est écrit d'avance. (…) Il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès."  Pour M. Sarkozy, le salut du continent ne pourra venir que du métissage, de l'assimilation de la part de civilisation européenne laissée par l'Histoire : "Elle est le fruit d'un grand péché d'orgueil de l'Occident mais elle n'est pas indigne (…) , car elle est l'appel de la liberté, de l'émancipation et de la justice." Le chef de l'Etat français pense que ce métissage préparera "l'avènement de l'Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l'Europe et l'Afrique" que son projet d'"Union méditerranéenne" pourrait préfigurer.

"Il faut revenir bâtir l'Afrique"

Pour cette "Renaissance africaine" qu'il appelle de ses vœux, M.Sarkozy estime que l'Afrique aura besoin de sa jeunesse : "Jeunes d'Afrique, vous devez pouvoir acquérir hors d'Afrique la compétence et le savoir que vous ne trouvez pas chez vous (…). Vous devez aussi à la terre africaine de mettre à son service les talents que vous aurez développés." "Il faut revenir bâtir l'Afrique" a-t-il lancé. Un thème qu'il avait déjà développé lors de sa conférence de presse au côté du président Wade pour justifier sa politique d'immigration restrictive : "

La France n'a pas à rougir de ce qu'elle fait (…), elle est un pays ouvert, généreux, qui aime l'Afrique, mais qui n'a pas l'intention de piller le Sénégal et qui ne peut accueillir tout le monde." Le président sénégalais dit partager cette analyse : "L'immigration est un danger, même pour l'Afrique", a-t-il affirmé.

Un an avant son élection, M.Sarkozy avait appelé à "construire une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé" avec l'Afrique. Une "rupture" avec les vieilles habitudes de la "Françafrique".

Annoncées voici quelques semaines, les destinations envisagées pour le premier voyage africain du président – Afrique du Sud, Congo-Kinshasa, Ghana, en plus du Sénégal – semblaient conforter cette ambition, avant d'être abandonnées. Au pouvoir depuis quarante années, le président gabonais Omar Bongo, auquel M.Sarkozy rend visite vendredi à Libreville, peut difficilement passer pour un symbole de renouveau. "Vous savez qu'en Afrique, l'ancienneté d'un chef d'Etat, ça compte, a confié le président français. Pas un chef d'Etat africain n'aurait souhaité qu'on humilie le doyen."

"Parler de précarré n'a aucun sens, ce n'est pas respectueux, a affirmé, agacé, M. Sarkozy, jeudi à Dakar, à un journaliste sénégalais. Nous avons en Afrique des amis parce que nous avons une histoire commune, et d'autres dont nous avons intérêt qu'ils se développent. (…)

La France est amie de l'Afrique, de l'Afrique francophone d'abord, mais elle ne s'interdit pas d'avoir des amis ailleurs." Le président a promis qu'il effectuera prochainement "une autre tournée" africaine, différente.

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Le chef de l'Etat français entame sa tournée par le Sénégal, avant de rejoindre le Gabon

sarkozy_wade© Thomas Hofnung | vendredi 27 juillet 2007

En 1995, pour son premier voyage en Afrique subsaharienne en tant que président, Jacques Chirac avait visité le Sénégal, la Côte-d'Ivoire et le Gabon, trois piliers traditionnels du pré carré français sur le continent. Douze ans plus tard, son successeur, Nicolas Sarkozy, était, hier, à Dakar, première étape de sa première «tournée» africaine. Aujourd'hui, il sera au Gabon, chez le «doyen» Omar Bongo, au pouvoir depuis. 1967. Seule l'escale d'Abidjan a disparu du périple, le contact entre l'Elysée et le président Gbagbo n'ayant toujours pas été rétabli.

Serait-ce là la seule rupture avec l'ère Chirac ?

L'année dernière, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy avait prononcé un discours musclé au Bénin, assurant vouloir rompre avec la « Françafrique» de papa fondée, en grande partie, sur des liens personnels et opaques. «Ce n'est ni à Dakar, ni à Libreville, que le Président pouvait prononcer un discours annonçant la rupture avec les usages du passé», confie l'un de ses conseillers.

Rumeurs

Le choix des étapes de ce premier voyage du Président Sarkozy en Afrique fut un véritable casse-tête, alimentant une querelle entre les «Anciens» et les «Modernes». Les premiers ont plaidé pour le respect des liens traditionnels, les seconds pour une étape au Ghana ou en Afrique du Sud, deux pays anglophones, ou en république démocratique du Congo, soutenue à bout de bras par l'Union européenne. Ils n'ont pas eu gain de cause.

Nicolas Sarkozy, lui-même en convient, a été rattrapé par le poids des traditions. Le Sénégal est «incontournable», dit-il. Tout comme le «doyen» Bongo : «En Afrique, le statut d'ancien, cela compte. Ne pas aller à Libreville, c'était humilier Bongo.»

Et le président français de rappeler qu'il ne s'est jamais rendu au Gabon. Certes, mais depuis son élection, il a déjà rencontré à deux reprises Omar Bongo à Paris, alimentant les rumeurs du «village franco-africain» sur ces liens, décidément bien particuliers avec Libreville.

Enquêtes

A défaut de rupture tonitruante avec les usages du passé, les observateurs auront noté des inflexions inédites à Paris depuis l'arrivée de Sarkozy à l'Elysée. Saisie par des ONG, qui les accusent de détourner l'argent public, la justice française a récemment décidé d'enquêter sur le patrimoine immobilier du président Bongo et de son homologue congolais, Denis Sassou N'guesso, à Paris.

Autre première : deux Rwandais, recherchés par la justice internationale pour leur responsabilité dans le génocide de 1994, viennent d'être arrêtés en France, dans l'attente de leur éventuelle extradition.

Enfin, le «suicide» du juge Borrel à Djibouti a été brusquement requalifié en «assassinat», au lendemain de la réception à l'Elysée de sa veuve.

«Nous voulons promouvoir le changement, plutôt que de verser dans le déni des relations anciennes que nous entretenons avec des gens adoubés par leurs pairs africains», justifie un conseiller de Sarkozy.

Un changement dans la continuité plutôt qu'une rupture franche et nette.

Posté par CDF Afrique à 16:20 - Afrique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

France / Afrique 2007

sarkozy_senegal

Sarkozy à Dakar
© Chritophe Boisbouvier

Lors de son discours à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, le président français, Nicolas Sarkozy, a appelé la jeunesse africaine à « regarder ensemble vers l'avenir ».

Le président français Nicolas Sarkozy, a profité de sa visite à Dakar, le 26 juillet, pour exposer sa vision des relations avec l'Afrique. Il a aussi appelé la jeunesse africaine à aller de l'avant en évitant de ressasser la passé. Alors que l'auditoire était assez perplexe devant son intervention, le président français a néanmoins partagé une même vision que le président Abdoulaye Wade à propos de l'immigration.

Devant un millier d'étudiants et de hauts fonctionnaires réunis dans un amphithéâtre de l'université Cheikh Anta Diop, à Dakar, le président français a développé ses thèmes favoris sur l'immigration, la non repentance, tout en qualifiant la colonisation de « grande faute ».

Sarkozy et la colonisation

«...De cette grande faute est née l'embryon d'un destin commun.»

Tout en se défendant d'être un donneur de leçons, le chef de l'Etat français s'est tout de même lancé dans une analyse sociologique des maux dont souffrent les Africains en leur indiquant la voie de la modernité.

La renaissance africaine

«Le paysan africain ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestesc et des mêmes paroles. »

Le chef de l'Etat français a terminé son discours par des propositions en affirmant la volonté de la France d'accompagner l'Afrique sur le chemin de la bonne gouvernance.

Le partenariat

«Ce que veut l'Afrique et la France avec elle, c'est la coopération, c'est l'association, c'est le partenariat entre des nations égales en droits et en devoirs.» 

Immigration choisie

C'est à une sorte de mea-culpa que s'est prêté Nicolas Sarkozy, hier à Dakar lors d'une conférence de presse auprès d'Abdoulaye Wade. « Oui j'ai changé d'opinion sur l'immigration choisie et c'est le président sénégalais qui m'a ouvert les yeux...Si les africains formés s'en vont, avec qui vous développerez l'Afrique ? », a-t-il annoncé.

Abdoulaye Wade en a profité pour dire qu'il allait prendre ses responsabilités et il a ajouté : « nous allons faire revenir les gens qui sont partis clandestinement, nous le faisons avec l'Espagne, nous le ferons avec la France ».

Posté par CDF Afrique à 16:16 - Afrique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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