27 juillet 2007
Pillage des ressources congolaises ...
Belgique plaque
tournante du minerai congolais
27 juillet 10:29 | TAS
La Belgique est de loin le plus gros importateur d'étain en provenance de la région en guerre dans l'Est de la République démocratique du Congo dont le bénéfice fini dans les poches des chefs de guerre qui utilisent des enfants soldats et qui sont responsables de graves atteintes aux droits de l'Homme. C'est ce qu'indique le rapport final d'experts de l'ONU qui sera publié prochainement.
Les Journaux De Morgen et De Tijd publient vendredi des
extraits de ce rapport qui porte sur le respect de l'embargo sur les armes en
vigueur depuis 2003.
Le Morgen affirme que le rapport indique que la Belgique reste la plaque
tournante de l'or en provenance de l'Est du Congo avec lequel des armes
illégales sont notamment achetées. Les chiffres portant sur l'importation par la Belgique d'étain en
provenance de l'Est du Congo sont inquiétants, selon le quotidien.
Des 2.904 tonnes exportées en 2006 de la ville Goma, 2.296
tonnes (soit près de 80 pc) partent vers la Belgique.
Le Rwanda est le deuxième importateur avec 429 tonnes et la Malaisie le troisième
avec 73,8 tonnes.
Le rapport de l'ONU ne mentionne pas de noms d'entreprises.
Propagande médiatique belge !
Des contradictions
nuisibles à la mémoire collective congolaise
© Congolite | 27/07/2007
Marie-France Cros et la mémoire
collective congolaise Il est et restera toujours intéressant de suivre de près
l'approche de l'histoire du Congo à travers les médias belges.
Lire de façon continue Colette Braeckman ou Marie-France
Cros peut être révélateur du lien existant entre les écrits de ces deux
journalistes belges et les propositions d'orientation belgo-occidentale de la
politique étrangère congolaise.
Pour le moment par exemple, « les partenaires extérieurs »
du Congo lui ont demandé d'initier le dialogue et les négociations avec « les
mutins » (?) pour résoudre le problème de l'insécurité à l'Est du pays et
d'éviter la solution militaire.
Le Congo ne semble pas suivre cette voie. L'armée aurait
lancé « une offensive disproportionnée », note Marie-France Cros. Quand ces
deux « spécialistes du Congo » sont lues posément et attentivement, les
contradictions existant entre leurs écrits d'hier et ceux d'aujourd'hui sautent
aux yeux. Leur souci d'être le plus proche possible de la politique congolaise
de leur pays et de ses alliés justifierait ces contradictions nuisibles à la
mémoire collective et historique congolaise. Etudions le cas de Marie-France
Cros.
Dans un article publié dans La libre Belgique, Marie-France Cros note : «
Depuis la mi-juillet, de nouvelles violences armées ensanglantent le plateau de
Minembwe (Sud-Kivu), où vit la minorité des Banyamulenge (Tutsis congolais).
Leur sort a déjà été à l'origine du déclenchement de la première guerre
congolaise (1996-1997) ». (M.-F. Cros, Nouvelles violences au Sud-Kivu, dans La Libre Belgique du
25 juillet 2007).
Est-ce vrai que c'est
« le sort de cette ethnie (qui) a déjà été à l'origine de la première guerre au
Congo » ?
La réponse donnée jadis par la même journaliste dans un
livre publié avec François Misser se passe de tout commentaire.
Reproduisons-la : « Enfin, alors que toute l'Afrique est
secouée par la vaque des conférences nationales, Mobutu n'apparaît plus comme
le partenaire incontournable pour gérer cette partie du continent.
Peu à peu, les esprits se sont préparés à l'avènement d'une
relève et même à un éclatement du pays. Des scénarios de partition sont évoqués
au Pentagone où l'on semble se résigner à leur inéluctabilité. (Elle ajoute une
note : « Dans un célèbre rapport intitulé Reform, Conflict and Security in
Zaïre, publiait en juin 1996, le professeur Steven Metz, de l'US Army War
College, préconisait qu'au cas où une telle « désintégration » du pays se
produirait, « les Etats-Unis n'auraient pratiquement pas d'autre choix que
d'accepter tous les Etats nouveaux qui émergeraient du Zaïre » »)
En définitive, l'initiative est venue en septembre 1996 des
acteurs régionaux (Ouganda, Rwanda et Tanzanie d'abord) dont certains, naguère,
avaient hébergé des opposants congolais menant quelques petites opérations de
déstabilisation aux marges du Zaïre. » (M.-F. Cros et F. MISSER, Géopolitique
du Congo (RDC), Bruxelles, Complexe, 2006, p.111).
Il est clair que dans ce texte, la question de la minorité
Tutsi congolais n'apparaît pas. L'initiative de la partition du Congo est prise
sans eux. Elle est américaine. Marie-France Cros en donne des preuves dont
celle-ci : « En août 1997, quatre mois après l'avènement de l'AFDL, un rapport
de l'organisation américaine Human Rigths Watch signale la présence
d'instructeurs des Special Forces américaines au Nord-Kivu, où elles entraînent
des troupes rwandaises. En octobre 1996, des avions C-5 Galaxy et Hercules
C-130 de l'US Airforce débarquent sur l'aéroport ougandais d'Entebe des armes
pour l'AFDL. Cette même année, des camions, des systèmes radar et d'autres
types de matériel militaire américain sont livrés à l'Ouganda. » (Ibidem,
p.112).
Ce texte dit clairement que la première guerre du Congo
initiée par les Etats-Unis implique, pour en donner une coloration africaine,
deux alliés (l'Ouganda et le Rwanda) et une marionnette, l'AFDL.
Le pretexte du sort
réservé à l'ethnie Banyamulenge, inexistante dans l'histoire du Congo, fut un
faux-fuyant.
Cette guerre finira par être dirigée contre le chef de
l'AFDL. Pourquoi ?
La réponse est encore donnée par Marie-France Cros. « A
peine une semaine après la réunion de Bruxelles, la secrétaire d'Etat
américaine, Madeleine Albright, rencontre après plusieurs heures d'antichambre,
Laurent Kabila le 11 décembre 1997 à Kinshasa et l'exhorte à libéraliser
l'économie, à garantir la liberté d'association et à autoriser les activités
des partis politiques. Non content de faire la sourde oreille, en février 1998,
Kabila inflige un affront au président Bill Clinton, en refusant de rencontrer
son envoyé spécial, le pasteur Jesse Jackson, qui a commis le crime de
lèse-majesté de rencontrer au préalable l'éternel opposant Etienne Tshisekedi.
» (p.113)
Où Marie-France Cros voit-elle le sort de l'ethnie Tutsi
congolais à travers cette exhortation de Madeleine Albright ?
Tous ces textes affirment que le nerf de la guerre est
l'engagement du Congo sur « la nouvelle voie » tracée par les Etats-Unis.
Ceux–ci ont un projet : redessiner la carte de l'Afrique en
l'ouvrant à l'économie libérale de façon que leurs intérêts vitaux soient
garantis.
Ces textes de Marie-France Cros sont corroborés par une
intervention de la congressiste américaine Cynthia McKinney au cours d'une
audition organisée au Congrès américain en 2000. Elle disait entre autres ceci
: « Nous avons l'occasion de prononcer un jugement sur l'héritage Clinton et de
mettre à jour ce que Madeleine Albright et son équipe de politique étrangère
ont exactement fait dans la région des Grands Lacs.
Je pense qu'il est également important de signaler d'emblée
que les Etats-Unis et la
Belgique méritent une condamnation spéciale pour les trente
sept ans de souffrance infligée à la
RDC parce que ce sont leurs services de renseignements qui
ont comploté pour mener à terme l'assassinat du Premier ministre
démocratiquement élu Patrice Lumumba. »
Et parlant du Rwanda
et de l'Ouganda, elle disait : « Le Rwanda, l'Ouganda et leurs alliés ont
commencé la guerre en août 1998 en RDC, sous le prétexte de combattre les
Interahamwe hutu.
Le président Museveni de l'Ouganda et le président Kagame du
Rwanda ont toujours affirmé qu'en se battant en RDC, ils vaincraient les
Interahamwe et sécuriseraient ainsi leurs frontières tout en évitant qu'un
autre génocide à la rwandaise se reproduise.
Ils persistent à maintenir cette position jusqu'à ce jour,
mais cette justification rwando-ougandaise de leur invasion de la RDC est un mensonge.
Ce qui se passe n'est
pas une guerre noble pour sauver les populations civiles d'un génocide ou pour
protéger la démocratie d'une tyrannie.
Au contraire, cette guerre n'est dictée que par leurs
propres intérêts et leur cupidité. » (H. NGBANDA NZAMBO, Crimes organisés en
Afrique centrale. Révélations sur les réseaux rwandais et occidentaux, Paris,
Duboiris, p.14)
Le recours à la menace
que constitueraient les Interahamwe et à la protection de la minorité
Banyamulenge pour justifier la guerre d'agression imposée au Congo est un
argument que les faits historico-économiques et démographiques ont fini par
balayer.
Oser affirmer aujourd'hui que « le sort de cette ethnie
(Banyamulenge) a déjà été à l'origine de la première guerre du Congo »
(1996-1997) et même de celle qui l'a suivie en 1998 est un mensonge.
Et ce mensonge est un
viol fait à la mémoire collective congolaise.
Malheureusement, l'entretien de ce mensonge a encore des
beaux jours devant lui. En témoigne, l'interview que le Ministre des Affaires
étrangères du Rwanda a eue dernièrement avec la Radio Okapi. Les cris de Ruberwa et les FDLR
Marie-France Cros voulant répercuter le cri de détresse de
Ruberwa eu égard à « l'offensive disproportionnée » lancée par l'armée
congolaise (?) contre les mutins écrit ce qui suit : « Le plus connu d'entre
eux (les Banyamulenge), Me Azarias Ruberwa, président du Rassemblement des
Congolais pour la démocratie (RCD, ex-guérilla appuyée par le Rwanda, devenu
parti politique), jette 'un cri de détresse' au sujet des habitants de cette
région. »
Voyons ! Comme il est établi que le Rwanda et l'Ouganda ont
agressé le Congo comme chiens de garde du « nouveau désordre mondial » et pour
« leurs propres intérêts et leur cupidité », prétendre que le RCD, ex-guérilla,
a été appuyé par le Rwanda devient une contre-vérité. Il n'a pas livré une
guerre pour protéger les minorités Tutsi contre quelque plan d'épuration
ethnique.
Les rébellions congolaises
et étrangères ont servi la cause des Etats-Unis, de l'Ouganda et du Rwanda.
Le RCD est un maillon de la longue chaîne des réseaux
rwandais ayant infiltré les institutions congolaises pour les déstabiliser et
réussir ainsi le projet ayant provoqué le déclenchement de ces guerres
successives : la partition du Congo et la création de «la République Tutsi
des Volcans » dont Minembwe pourra être l'un des territoires.
Une relecture des textes de Marie-France Cros, du livre de
Honoré Ngbanda susmentionné et de la Constitution de la troisième République
(prévoyant la subdivision du Congo en 26 provincettes) peut être très édifiante
sur ce projet. Il a été et sera toujours fondé sur le mensonge, les mises en
scène cyniques et la violence.
Comment expliquer que
l'armée congolaise puisse lancer 2500 de ses hommes contre 150 à 250 mutins
retranchés sur le plateau de Minembwe et laisser les FDLR tranquilles ?
Et pourtant, « les FDLR commettent journellement des
exactions épouvantables, notamment le viol systématique et public de
villageoises congolaises, avec mutilations génitales (…).
En raison du nombre de cas, cette pratique entraîne la
destruction des villages, ce que plusieurs observateurs considèrent comme une
politique d’épuration ethnique. » (M.-F. Cros, art. cit.) Et s'il est établi,
comme l'écrit Marie-France Cros, selon une source diplomatique que « jusqu'il y
a peu, ils (les FDLR) jouissaient encore -malgré toutes les déclarations
officielles- d'un soutien important de Kinshasa (…) », cette une relation de
complicité entre les FDLR et le pouvoir de Kinshasa confirmerait la thèse de
l'infiltration des hommes liges du Rwanda au sommet de l'Etat congolais.
Comme plusieurs autres
observateurs l'ont relevé, Cynthia McKinney y compris, les FDLR sont un subterfuge
pour piller le Congo et justifier les incursions prédatrices du Rwanda au
Congo.
Ceci transparaît à travers l'interview du ministre rwandais
des Affaires étrangères quand, se confiant à la radio Okapi. Pendant que les
FDLR tuent les Congolais (es), toutes les ethnies confondues, sans qu'une seule
attaque contre le Rwanda ait été mentionnée, Charles Murigande, dit : « Il y a
toujours eu cette pierre d'achoppement entre nos deux pays, c'est la présence
continue des FDLR. (…) Je crois que ça a toujours constitué une pomme de
discorde. Certainement que si l'on veut harmoniser les relations, les rendre
meilleurs possibles, il va falloir qu'on trouve une solution définitive à ce
problème. » (FDLR, négociations, Laurent Nkunda, uniformes : Charles Murigande
fait le point, dans www.radiookapi.net)
Pourquoi le Rwanda a-t-il privilégié sa médiation dans la
conflit opposant Nkunda à Kabila au lieu d'en finir avec la question des FDLR ?
Tout ceci participe de ces mises en scènes cyniques montées pour servir un
projet concocté dans les bureaux climatisés de Washington et de Bruxelles.
Le recours à cette « fausse pomme de discorde » permet au
Rwanda et à ses alliés de vider les villages congolais de leurs habitants et de
les repeupler du surplus des populations rwandaises. Une petite conclusion A la
lecture de notre histoire telle qu'elle est conté par « les autres », un réseau
de « veilleurs-protecteurs » de la mémoire historique des populations
congolaises s'est imposé une ligne de conduite, une discipline : lire, relire
et étudier, dans la mesure du possible, ce qui s'écrit sur le Congo et son
histoire. Il a fait un pari : « Tant que quelques « veilleurs-protecteurs » de
la mémoire historique de nos populations vivront, notre histoire ne s'écrira
plus seulement à partir de Bruxelles, Washington, Rome, Paris ou Londres. Elle
s'écrira aussi et surtout au Congo; par ses fils et filles ».
Ce réseau est convaincu que le monde culturel étant toujours
précurseur, l'écriture et la réécriture de l'histoire du Congo par ses filles
et fils permettra, tant soit peu, de revisiter des contre-vérités et des
mensonges entretenus par « les maîtres du monde », leurs valets et les
médiamensonges. En effet, « les veilleurs-protecteurs » de la mémoire
historique de nos populations ont fini par sonner le glas de l'espace
médiatique mondial occupé par « les experts » et « les spécialistes » du Congo
et de l'Afrique. C'est vrai; ce temps est pour eux plus que révolu. « Rien ne
sera plus comme avant ».
J.-P. Mbelu © Copyright Congolite
Une Suédoise guérie d'un cancer par des tradipraticiens Congolais
RD CONGO - 25 juillet 2007 - © PANAPRESS
Le Centre de médecine ultra- traditionnelle du Congo
(MUTRAC) a guéri une Suédoise qui souffrait d'un cancer de la gorge, après que
le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Stockholm a échoué dans ce
traitement, a appris mercredi la
PANA, auprès de l'ambassade de Suède à Kinshasa.
C’est un produit traditionnel inventé par Nlandu Wa Mpezo,
naturothérapeute et responsable dudit centre, qui a opéré cette guérison,
indique la même source.
Rentrée depuis le 12 juillet dernier, pour 3 mois en Suède,
Mme Marianne Pierce, la quarantaine révolue, aurait créé l'étonnement des
différents médecins du CHU de Stockholm qui l'avaient examinée dans son état
antérieur, surpris de la voir pétillante de santé, lors d'un contrôle médical
auprès d’eux en vue de s’assurer techniquement de son rétablissement physique.
Abordé par la
PANA, le naturothérapeute Nlandu Wa Mpezo, a indiqué que le
centre est d’abord spécialisé dans la réhabilitation du système immunitaire du
genre humain appelé "Nkama Songo" et qui traite plusieurs maladies du
corps humain.
Durant les années 80, renseigne-t-
M. Nlandu Wa Mpezo a, à cette occasion, lancé un appel au
gouvernement congolais et à la communauté internationale, pour doter son
"Centre des maladies difficiles", de matériels et infrastructures
convenables.
William Swing fait docteur honoris causa de l’Unil
William Lacy Swing, représentant spécial du secrétaire
général de Nations Unies en RDC, recevra samedi 28 juillet à Lubumbashi,
chef-lieu de la province du Katanga, un diplôme de Docteur honoris Causa
conféré par la faculté des Sciences sociales, politiques et administratives de
l’Université de Lubumbashi. Kemal Saïki, porte-parole de la Monuc, qui a annoncé cette
nouvelle n’a donné aucune explication sur les motivations profondes qui ont
guidé les autorités académiques de décerner ce titre à Swing.
Il a simplement indiqué que le chef de la Monuc était très honoré par
cette distinction conférée par l’une des meilleures universités du pays.
Signalons que le Département d’état américain a proposé la candidature de
William Swing à la tête de l’Organisation internationale des Migrations. Si
cette candidature est acceptée, le chef de la Monuc ne pourra prendre ses fonctions que vers le
second semestre de l’année 2008, donc plusieurs mois après la fin du mandat
renouvelé de la Mission
en RDC.
Rappelons également que le dernier titre de Docteur honoris causa qui avait
fait couler beaucoup d’encre et de salive est celui que l’Académie militaire
belge comptait décerner au président congolais Joseph Kabila. L’annonce de
cette nouvelle par le ministre belge de la Défense André
Flahaut avait soulevé un grand tollé en Belgique et la cérémonie a été même
ajournée jusqu’alors.
Combats à l'Est de la RDC
Sud-Kivu
| 26 Juillet 2007 à 12:00:21
Ces combats ont opposé le 21 juillet dernier dans la
localité de Muramvia, les soldats loyalistes aux insurgés. Le bilan de la Monuc fait également état
d’une dizaine de blessés du côté des FARDC, rapporte radiookapi.net.
Ces informations ont été livrées mercredi à Kinshasa. Le
bilan du côté des insurgés n’était pas encore disponible. Cependant, selon le
porte-parole militaire de la
Monuc, le lieutenant-colonel De Brosse, ces derniers ont fui
dans la forêt et abandonné sous contrôle des FARDC la localité de Muramvia
qu’ils occupaient.
A la question de savoir ce que la
Monuc comptait faire pour la sécurisation de cette contrée,
l’officier militaire a indiqué que la mission onusienne dispose d’une base
mobile opérationnelle « à une certaine distance ». A partir de cette base, les
casques bleus peuvent escorter des convois humanitaires pendant une journée,
a-t-il précisé ...
Par ailleurs, réunis mardi et mercredi, des notables ainsi que des
représentants des églises et des ONG locales, ont condamné toute action
militaire dans le territoire de Minembwe.
Le Ministre des Finances s'exprime par rapport
© Le Soft International
n°914 | 25 juillet 2007
Une interview fleuve
du ministre des Finances, Athanase Matenda Kyelu au «Soft International»: sur
la grève qui a paralysé des jours durant ses services, sur la recette appliquée
pour la briser, sur le niveau de réalisation des Finances publiques, etc. Le
ministre répond à ses détracteurs.
Face à ses Syndicats maison, le ministre des Finances se défend d’avoir
capitulé. «Le pays, nous dit-il, était au bord de la rupture des relations avec
les institutions de Bretton-Woods» quand il arrive au ministère.
«Au 30 juin 2007, soit quatre mois après notre avènement, le taux d’inflation a
été ramené de 18,2% à 11,9%. Le taux de change est passé de CDF 600 pour 1
dollar USD à moins de 500 CDF, les réserves internationales se sont stabilisées
aux normes convenues».
Soit, nous explique le ministre, «trois semaines
d’importations et, last but not least, du déficit de CDF 40 milliards au 31
décembre 2006 l’on est passé à un excédent de plus de CDF 50 milliards. Une
économie s’appréciant à travers les chiffres, qu’on nous oppose un tableau qui
pouvait contraster avec ces chiffres».
Au Katanga, cependant, on vous accuse de
tout bloquer... Que reprochez-vous au Gouverneur Moïse Katumbi Chapwe?
Il me paraît opportun de vous informer avant tout que ma première mission à
l’intérieur du pays, je l’ai effectuée dans la Province du Katanga à la
mi-mars 2007, à un moment où le Gouverneur Moïse Katumbi faisait face à
quelques velléités de contestation pour des mesures qu’il avait prises. Au
cours de cette mission, j’ai apporté et confirmé le soutien actif du
Gouvernement aux mesures conservatoires prises par le Gouverneur pour endiguer
le phénomène des exportations des minerais bruts ainsi que la fraude douanière
via le poste frontalier de Kasumbalesa.
C’est vous dire qu’il n’y a aucun problème avec Monsieur le Gouverneur du
Katanga, dont je salue les initiatives et les actions. C’est dans «le Soft
International» que j’ai lu qu’il me reprochait de tout bloquer, parce qu’il a
sollicité des exonérations douanières qu’il n’a pas obtenues, particulièrement
pour l’importation des véhicules de service et du maïs pour la consommation des
populations. Je crois qu’il y a là une question d’information, à moins que
sinon ces demandes n’auraient pas dû être formulées. Il ressort en effet de la Constitution de la République que les
exemptions et les allègements en matière fiscale ne peuvent être accordées
qu’en vertu de la loi. Je pense à l’article 174 alinéa 3.
À cet égard, la loi tarifaire précise que les importations effectuées par ou
pour le compte de l’État, des entités décentralisées et autres services et
organismes publics acquittent les droits et taxes conformément au tarif, à
l’exception des matériels de guerre. En ma qualité de Ministre des Finances, je
suis confronté quotidiennement à des sollicitations multiples dans ce domaine,
et mon rôle est aussi de rappeler le cadre juridique des exonérations à tous
ceux qui semblent ne pas s’en souvenir. C’est dans ce contexte que dès mon
arrivée au Ministère des Finances, j’ai pris une instruction relative au gel de
toutes les exonérations non fondées sur le code des investissements et d’autres
législations spécifiques. En toute responsabilité, l’on ne peut logiquement me
reprocher d’adopter une attitude visant à faire respecter la Constitution et les
lois du pays en la matière.
Une grève qui paralyse le système financier national de collecte, n’est-ce pas
la pire des choses qui puisse arriver au Ministre des Finances alors qu’on
parle de mobilisation des recettes pour tenir les défis du budget de l’État ?
La manière dont le mouvement de grève a été mené au niveau des régies
financières semblait en effet assez préoccupante au regard des enjeux
budgétaires et des efforts entrepris par le Gouvernement afin de renforcer la
stabilité macroéconomique qui demeure relativement fragile. Qu’à cela ne
tienne, l’essentiel pour le Gouvernement est de maintenir la poursuite des
réformes entreprises pour le renforcement des finances publiques à travers une
orthodoxie budgétaire en vue d’instaurer un climat de croissance économique et
une résorption des problèmes sociaux.
La grève ne doit pas être considérée comme la pire des choses encore que c’est
un droit qui est reconnu et garanti par la Constitution de la RDC, pourvu que ce droit soit
exercé dans le strict respect du cadre légal établi. Mais, face à ce mouvement,
des mesures particulières de sauvegarde des intérêts du Trésor public ont été
prises pour faire face à un mouvement de grève qui s’enlisait et s’écartait de
toute rationalité syndicale.
Comment en est-on arrivé là alors qu’on
invoque des coups fourrés ?
Les partisans du mouvement de grève ont prétendu faire état d’un mécontentement
général au sein des régies financières qui trouverait sa justification dans le
non respect des engagements pris au niveau du Ministère des Finances. Bien au
contraire, lors de l’entrée en fonction du Gouvernement, nous avons hérité
d’une situation marquée par des arriérés importants en termes de rétrocession
et de paiement des primes de performance.
Il s’agit de :
- rétrocessions des mois de décembre 2006 et janvier 2007 pour un montant
global de FC 5.904.434.160,38 à raison de 29.56.956.605,10 pour l’OFIDA,
2.244.677.963,18 pour la DGI
et 700.799.592,10 pour la
DGRAD.
- primes de performance des 3ème et 4ème trimestres 2006 pour un total de FC 9.
052.094.830,40, à raison de FC 4.058.148.494,80 pour l’OFIDA, FC 3.269.774.294,47
pour la DGI et FC
1.734.172 .041,13 pour la
DGRAD.
- des rétrocessions des mois de décembre 2006 à mars 2007; - de la prime de
performance du 3ème trimestre 2006 d’un montant de 3.916.995.271,73 FC.
Je voudrais préciser qu’au moment où les agents des régies déclenchaient le
mouvement de grève, le Ministère avait déjà ordonnancé le mois d’avril 2007 que
le Ministère du Budget venait de liquider. Pour ce qui est de la rétrocession
du mois de mai 2007, la liquidation est intervenue le 9 juillet 2007.
De toutes leurs revendications, il ne restait que le seul arriéré du bonus du
quatrième trimestre 2006 et vu l’importance du montant, il avait été proposé un
paiement fractionné. La surenchère dans les revendications des syndicalistes a
été révélatrice d’une autre donne et il y a lieu de se poser des questions.
On dit que vous auriez interrompu un voyage à l’étranger. N’avez-vous pas le
sentiment, face à cette nouvelle donne sans doute politicienne, d’avoir négocié
genoux à terre? Navez-vous pas donné le sentiment d’avoir fait montre de
panique? En clair, n’avez-vous pas trop précipitamment cédé tout aux syndicats ?
Négocier genoux à terre? Cédé tout aux syndicats? Je n’en ai pas le sentiment
et ce, pour plusieurs raisons.
La première est de loin la plus importante à mes yeux, ce qu’il s’est agi de
négocier autour d’un droit convenu par un Protocole d’Accord dûment conclu avec
l’un de mes prédécesseurs à ce poste.
Quoique les discussions aient été âpres par moment, l’objet
de la revendication était légitime et parfaitement légal.
Ensuite, et c’est une seconde raison qui évacue le sentiment que j’aurais
négocié genoux à terre, toutes les questions qui ont fait l’objet de l’accord
intervenu le 16 juillet 2007 entre le Ministère des Finances, les Responsables
des Régies financières, l’Intersyndicale nationale du Congo et les Délégations
Syndicales de trois Régies étaient déjà en négociations avec les syndicats bien
avant mon départ à l’étranger.
Je me réjouis par contre que la rapidité avec laquelle cet accord est
intervenu, c’est-à--dire, dès le lendemain de mon retour au pays, ait permis de
couper court à la tendance à la politisation du mouvement d’arrêt de travail
observé dans les Régies Financières. En accédant vite et totalement aux
revendications des agents, j’ai voulu ramener le débat à sa vraie dimension
sociale, vidant ainsi le mouvement de son prétexte syndical. Du coup, j’ai pu
avoir, face à moi, des interlocuteurs parlant le même langage que moi en
partageant les mêmes préoccupations. Je l’ai fait en fin stratège syndical et
décidé en âme et conscience.
Vous dites paniqué, retour précipité au pays? Dans tous les cas, interrogez
tous ceux qui me connaissent ou ont suivi mon parcours professionnel, ils vous
diront que cela n’est ni dans ma nature, ni dans mon tempérament. Quant à mes
réservations, je vous le confirme, elles sont restées exactement les mêmes qu’à
mon départ... même si, pour des raisons d’encombrements aux aéroports,j’ai dû
modifier les itinéraires. Cela est vérifiable.
J’ajoute par ailleurs que s’agissant précisément du paiement de la prime de
performance du 4èmc trimestre 2006 autrement appelée Bonus, nous avions déjà
conclu au paiement des 2/3, quitte à ce que le 1/3 restant fut payé par les
Régies directement. En d’autres termes, tout au long de ces discussions et
comme il sied dans des négociations responsables, le Ministre que je suis est
demeuré parfaitement serein, ouvert et, au moment de conclure, un seul
sentiment l’a guidé: la bonne foi.
Malgré ces sommes à première vue mirobolantes pour le trésor public, les agents
ne seraient-ils pas des crève-la-faim? Si oui, comment faire face ?
Les agents des régies financières sont parmi les mieux lotis des employés du
secteur public. Comparés à ce que touchent leurs collègues du secteur public,
vous comprendrez que votre assertion est fausse. Ce qu’il nous faut combattre,
ce sont les anti-valeurs qui ont malheureusement élu domicile au sein des
régies. Pour y faire face, il faut un changement des mentalités, un nouvel état
d’esprit; et le Gouvernement va s’employer à combattre la fraude sous toutes
ses formes et réhabiliter la sanction, positive ou négative, selon le cas.
Les dégâts en termes de manque à gagner
seraient une catastrophe ...
À proprement parler, il n’y a pas eu de manque à gagner en termes des recettes.
Les stratégies mises en place ont permis d’atténuer les effets pernicieux de
cette grève dans le cadre de la mobilisation des recettes.
À la date du 20 juillet 2007, sur des assignations mensuelles de 290.523.796.280
FC, les réalisations s’élèvent à FC 278.699.418.026,00 soit un taux de
réalisation de 95,92%. Si nous ajoutons la situation des pétroliers
producteurs, contre des prévisions de FC 371.878.896.280,06, les réalisations
sont de FC 353.851.540.574,72, soit un taux d’exécution de 95,15%.
C’est certain, qu’au regard de l’évolution des recettes, les assignations
seront atteintes voire même dépassées. Voilà pourquoi je vous ai dit que des
stratégies avaient été mises en place pour sauvegarder les intérêts du Trésor
même si l’objectif poursuivi par le mouvement des grévistes ne rencontrait pas
celui de l’intérêt de toute la
Nation qui a plus besoin des ressources pour l’amélioration
des conditions sociales et la relance de l’économie.
Je vous informe que grâce à ces aménagements spécifiques, la DGI a pu collecter pour les
seules journées du 16 et 17 juillet 2007, un montant de FC 9.915.562.718,41
pour ne citer que cette régie. La
DGRAD par exemple a déjà dépassé ses assignations mensuelles
fixées à FC 3.900.000.000,00, elle est à ce jour à plus ou moins 36.535.887.621,65.
Je ne suis Directeur Général ni de la
DGI, ni de l’OFIDA, ni de la DGRAD. Je n’ai donc pas,
en tant que Ministre des Finances, des syndicats maison. Il m’arrive, en tant
qu’autorité de tutelle, d’avoir à dialoguer avec des syndicats des Régies; et
c’est dans l’ordre de choses. Mais ce qui n’est pas normal, et je le déplore
depuis toujours, c’est cette pratique qui a toujours consisté à amener les
syndicalistes des Régies financières à négocier de manière systématique
directement avec le Ministre des Finances.
Je le déplore dis-je parce que cette façon de procéder a créé des distorsions
dans les négociations brisant le sacro-saint principe de négociations par
paliers. Et puis, il y a plus détestable: le syndicalisme étant une profession
noble qui exige beaucoup de qualités, il n’est pas sain qu’on y laisse
s’enraciner des pratiques qui confondent négociations et agitations, dialogue
et confrontation.
Vous dites : vous n’êtes pas dirigeant d’une régie. Mais d’aucuns estiment vous
voir y prêter trop le flanc: aux premiers jours de votre mandat, on aurait pu
vous voir comme Inspecteur des Finances. C’est quoi, selon vous, être Ministre
des Finances ?
Ceux qui ont émis ces critiques ont sans doute voulu faire allusion aux mesures
conservatoires que j’ai prises à mon arrivée au Ministère des Finances. Je
viens d’évoquer la décision de gel des exonérations non fondées sur la loi.
J’ai également suspendu toutes les missions de contrôle à la DGI et à l’IGF. Ces mesures
étaient dictées par la nécessité de ne pas laisser se poursuivre certains
comportements de nature à mettre en péril les droits du Trésor Public. En
effet, le contexte de passation de pouvoir incite parfois à ce genre de
comportements, dans la mesure où certains cadres veulent profiter de ces
moments de flottement. Les choses ayant été remises à leur place, les missions
de contrôle qui sont du ressort de chacun de ces services ont été à nouveau
autorisées.
Quant au rôle du Ministre des Finances, il est bien défini par les textes qui
organisent le fonctionnement du Gouvernement. D’une manière générale, le
Ministre des Finances a la responsabilité de la mobilisation des recettes tant
internes qu’externes, de la politique fiscale et monétaire, de la gestion du
Compte Général du Trésor, de la politique et de la gestion de la dette publique
intérieure et extérieure, des relations avec les institutions financières
internationales.
Comme vous pouvez vous en rendre compte les tâches du Ministre des Finances
sont multiples, complexes et délicates.
Elles emportent beaucoup de
responsabilités et requièrent de la disponibilité.
Doit-on de ce fait vous attribuer la
stabilisation du taux de change ?
La stabilisation du change ou plus largement celle du cadre macro-économique ne
saurait, en aucune façon, être ni le fait et encore moins l’affaire d’une
personne ou d’un ministère. C’est l’œuvre de l’équipe gouvernementale dans son
ensemble avec comme point focal certes le secteur économico-financier. Chacune
des composantes de cette équipe a un rôle spécifique à jouer et le Ministère
des Finances y contribue à travers trois leviers essentiels qui sont la
maximisation des recettes, la discipline au niveau des dépenses (gestion sur
base caisse), la surveillance de tous les autres paramètres économiques tant au
niveau budgétaire que monétaire et des relations avec les Partenaires
extérieurs.
À ce propos, quels clignotants avez-vous
trouvés à votre nomination ?
À l’avènement de l’actuelle équipe gouvernementale, les principaux indicateurs
macro-économiques (taux d’inflation, taux de change, réserves internationales,...)
crevaient les limites conventionnelles propres à un cadre macro-économique
assainie.
Le pays était alors au bord de la rupture des relations avec les institutions
de Bretton-Woods. Au 30 juin 2007, soit quatre mois après notre avènement, le
taux d’inflation a été ramené de 18,2% à 11,9%. Le taux de change est passé de
CDF 600 pour 1 dollar américain à moins de 500 CDF, les réserves
internationales se sont stabilisées aux normes convenues soit trois semaines
d’importations et, last but not least, du déficit de CDF 40 milliards au 3I
décembre 2006 l’on est passé à un excédent de plus de CDF 50 milliards.
Une économie s’appréciant à travers les chiffres, qu’on nous oppose un tableau
qui pouvait contraster avec ces chiffres.
Ma conviction est que si nous poursuivons sur ce cheminement, le point
d’achèvement est à la portée de la République Démocratique
du Congo. Vous pouvez vous représenter la suite ...
Précisément, de ce point d’achèvement... Rentrée scolaire, revendications
salariales, etc..., partout, le pessimisme semble prendre le dessus avec les
nouvelles échéances. Ne seriez-vous pas seul à croire à ce point d’achèvement ?
Atteindre le point d’achèvement est l’un des objectifs du Gouvernement. Il le
sera comme fruit d’un travail collectif et non du fait du Ministre des
Finances.
Il suffit de passer en revue la lettre d’intention avec le FMI pour se rendre
compte qu’au delà de la simple maîtrise du cadre macro-économique, le
comportement des institutions et de l’ensemble des acteurs politiques et
sociaux conditionne le résultat final. C’est la raison pour laquelle j’estime
que le fait d’entraver l’action du Gouvernement ou de l’amener à ne pas
respecter son programme économique risque de compromettre le succès attendu
d’atteindre le point d’achèvement. Toutefois, vu le chemin déjà parcouru et au
regard du large consensus national autour de cette question, je reste fermement
optimiste.
D’aucuns font état de rapports
privilégiés que vous auriez développés avec les institutions financières
internationales ...
Je vous retourne la question: est-ce une mauvaise chose que d’avoir de bons
rapports avec ces institutions et dites-moi en quoi? En quoi la fréquentation
des institutions financières internationales serait-elle mauvaise, honteuse ou
inavouable pour un pays dont le Gouvernement s’est fixé comme entre autres
objectifs de booster la croissance et de réduire la pauvreté à travers des
mécanismes classiques conclus avec ces mêmes institutions. L’Assemblée
Nationale n’a-t-elle pas adopté le Programme du Gouvernement qui justement
privilégie ces relations que l’exécutif a l’obligation de concrétiser? Lorsque
j’entends ce genre de discours persifleur sur les supposés rapports privilégiés
que certains responsables politiques entretiendraient avec les institutions
financières internationales alors qu’ils ne font qu’agir en tant que commis de
l’État, je me pose franchement la question de savoir si nous faisons vraiment
assez pour nous concentrer sur l’essentiel au détriment de l’accessoire.
Nous devrions sur cette relation avec ces institutions financières
internationales veiller à nous décomplexer et cesser une fois pour toutes ces
sortes d’autoflagellation somme toute improductive.
Votre Contrat triennal, est-ce réalité
ou de la poudre aux yeux ?
Je suppose que vous parlez du Programme Triennal avec le FMI. Il ne s’agit pas
de la poudre aux yeux. Ce programme sera conclu dès que l’on aura rempli les
critères du Programme Relais de Consolidation. Nous y travaillons.
Qu’attendre de la visite, fin juillet,
de Donald Kaberuka ?
Comme vous le savez, M. Donald Kaberuka est le président du groupe de la BAD. Dans le cadre de
l’exercice de mes fonctions, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec lui en
avril 2007 lors des Assemblées de printemps de Conseils de Gouverneurs du Fonds
Monétaire International et du Groupe de la Banque Mondiale à
Washington.
Lors des assemblées annuelles de la
BAD, tenues à Shanghai en Chine au mois de mai 2007, j’ai pu
faire le point avec la
Direction des opérations de la BAD, sur la situation d’exécution des projets en
RDC. Le montant total des projets financés par la BAD en RDC s’élève à 130
millions de dollars américains.
Cependant, la mise en œuvre des différents
projets est rendue difficile à cause notamment de leur inadéquation avec la
réalité actuelle et des contraintes d’ordre organisationnel. La visite du
président de la BAD
entre dans le cadre de la redynamisation des projets, dont le taux d’exécution
reste relativement faible.
Vous parliez tout à l’heure de
l’Assemblée Nationale. Quels sont vos rapports actuels avec cette Chambre
législative ?
À priori très bons. Étant moi-même une émanation de l’Assemblée Nationale de
l’actuelle Législative élu dans la circonscription électorale de Pangi dans le
Maniema, en ma qualité d’ancien Député de la transition ayant eu à présider
l’une des Commissions permanentes, en l’occurrence, la Commission de la Reconstruction et
du Développement, j’ai le plus grand respect pour l’Assemblée Nationale et le
travail des Parlementaires.
Cependant, devenu membre du Gouvernement, il est possible que par moments, mes
propos ne cadrent pas totalement avec les points de vue des Députés et je le
concède bien volontiers. Cela a été le cas notamment en ce qui concerne le
Budget lorsque le Ministre des Finances devrait défendre le point de vue du
Gouvernement, lequel point de vue, faut-il le préciser, tenait à ce qu’il soit
pris en compte les engagements pris avec le FMI.
Mais en définitive, étant donné que c’est l’Assemblée Nationale qui est
l’autorité budgétaire, le Gouvernement s’est incliné et ce débat appartient
désormais au passé.
Conformément aux options levées par l’Assemblée Nationale, je m’attèle à
organiser les Régies, à travers les réunions hebdomadaires de mobilisation des
recettes, pour les amener à répondre à leurs obligations face à la mobilisation
des ressources.
Certains Députés souhaiteraient pourtant vous entendre - et c’est litote -
après vos propos anti-Assemblée Nationale au Sénat lors de ce débat sur le
Budget ...
Permettez-moi d’abord de rectifier une chose: jamais je n’ai tenu de propos
anti -Assemblée Nationale au Sénat. Les archives sont là, écrites et vivantes,
vous pouvez vérifier.
Il est vrai par contre que j’avais reçu du Gouvernement mission pour continuer
à plaider sa cause à la
Chambre des Sages quant à la nécessité du respect des
engagements ultérieurs pris avec les partenaires au développement. Ce recours,
par ailleurs constitutionnel, avait été introduit dans le sens d’implorer - et
je pèse bien mes mots - le Sénat à réexaminer les projections des recettes en
ce qui concerne la DGRAD
principalement car comme vous le savez celle-ci collecte des recettes qu’elle
n’a ni constatées ni liquidées, sa responsabilité étant partagée avec les
services d’assiette.
Ce qui a été d’ailleurs démontré à travers notamment une
double comptabilisation des recettes pétrolières qui ont été portées en
déduction.
Face aux attentes des cinq chantiers du Chef de l’État, le pays est-il armé?
De quelle arme le pays a-t-il encore besoin ? La volonté politique de ses
dirigeants et le dynamisme de sa population ne sont-ils pas les atouts majeurs
et l’arme principale pour le développement d’un pays? Nonobstant la nécessité
de l’appui de la Communauté
internationale, le développement de tout peuple est conditionné par ces atouts.
En énonçant les cinq chantiers, le Chef de l’État a fixé les axes principaux de
l’action du Gouvernement pendant les cinq années de son mandat; il ne s’agit
pas du tout d’un voeu pieux. Bien évidemment, l’on ne peut pas se voiler la
face sur l’existence des difficultés, cependant, nous nous attèlerons tous
ensemble à y trouver des solutions pour respecter les engagements pris
vis-à-vis du peuple, et chacun doit y mettre du sien.
L’absence de débat à ce propos et la place trop laissée au slogan alors qu’il
ne resterait que trois ans d’espace de temps effectif pour convaincre et
gagner, n’est-ce point inquiétant ?
Je pense que les inquiétudes que se font certains compatriotes sont
prématurées. Au cours des débats sur le Budget, des indications ont été données
sur les actions devant concourir à la réalisation de la tranche annuelle du
programme du Gouvernement, quand bien même des critiques et préoccupations ont
été émises à ce sujet, démocratie oblige.
Il convient de relever que, pour marquer la rupture d’avec le passé, le
Gouvernement se devait d’abord de faire l’état des lieux et les félicitations
qui étaient adressées au Premier Ministre et au Gouvernement pour avoir tout de
même réussi à présenter un budget dans un laps de temps aussi court, démontrent
à suffisance la volonté politique qui anime l’ensemble du Gouvernement pour la
mise en œuvre effective des cinq chantiers du Chef de l’État, tels que traduits
dans son programme. Il ne me paraît pas juste de soutenir que les cinq
chantiers du Chef de l’État ne sont pas l’objet de débats.
Il en a été question
pendant le vote du Budget dans les deux Chambres du Parlement; les membres du
Gouvernement se prêtent volontiers aux préoccupations de la presse tant écrite
qu’audiovisuelle, c’est sans doute lorsqu’on en parle dans ou à travers la
presse que l’on a l’impression qu’il s’agit d’un slogan comme vous le dites.
Telle n’est pas la perception des membres du Gouvernement qui en parlent, car
quoiqu’il en soit le Gouvernement a la ferme volonté d’a:uvrer pour la
réalisation des ces cinq chantiers.
Il s’agit pour chacun des membres du Gouvernement d’un challenge. Qu’il en soit
également ainsi pour chaque Congolais, même pour ceux qui se veulent critiques,
d’autant plus que dans la construction du bien-être collectif il ne peut y
avoir des acteurs d’un côté et des spectateurs de l’autre.
N’est-ce point inquiétant l’absence de
flux de capital financier international privé, seul à permettre le décollage?
Je suis d’accord avec vous sur la nécessité des capitaux privés étrangers pour
le décollage économique de notre pays. Nous espérons vivement que la mise en
place des institutions politiques issues des élections démocratiques, organisées
du reste ,avec l’appui massif de la communauté internationale, et la poursuite
des programmes suivis par les partenaires au développement, permettront de
soigner l’image de notre pays dont les diverses richesses naturelles et
humaines sont incontestablement autant d’atouts pour attirer les capitaux
privés.
La volonté du politique affichée par le Président de la République et le
Gouvernement pour combattre les anti-valeurs et instaurer et raffermir la bonne
gouvernance finiront par dissiper les hésitations. Du reste, les signaux en
provenance des investisseurs étrangers sont déjà perceptibles, même s’il n’y a
pas encore de bousculades au portillon.
Qu’est-ce qui compte pour vous
aujourd’hui en politique ?
Ce qui compte pour moi aujourd’hui en politique, et comptera toujours du reste,
c’est de servir mon pays de toute mon âme et de toutes mes forces, de
participer à son développement et à renforcer la cohésion nationale.
Comment va le Kivu-Maniema ?
Le Maniema va très bien. Avec ses réalités, il sort du bois. Quelles réalités?
La sempiternelle question de son enclavement, l’absence chronique d’énergie
électrique. ..mais attention... depuis trois ou quatre mois bientôt, grâce à la
volonté et à la détermination du Président de la République, la Ville de Kindu est désormais
alimentée en énergie électrique, sans délestage s’il vous plaît!, à partir de la Centrale hydroélectrique
du Lutshulukulu située à Kalima. Et depuis, l’eau de la Regideso coule aussi dans
les robinets !
Monsieur le Ministre, s’il vous était
demandé de faire un bilan mi-parcours de votre passage au ministère des
Finances, quel serait ce bilan ?
Il est prématuré de parler de bilan. Dans tous les cas, notre engagement de
servir la Nation
en assumant nos responsabilités se traduit jour après jour par les activités
que nous menons tant au pays qu’à l’étranger, conformément aux attributions qui
sont les nôtres. Il ne me paraît pas élégant de les énumérer ici.
De tous vos prédécesseurs, pour qui vous avez de l’admiration ou le plus
d’admiration ?
Argentier de la République,
c’est assurément un honneur, mais c’est aussi et surtout une lourde charge. Les
hommes qui ont été appelés à cette charge ont servi dans des contextes et des
situations différents. La TVA, grâce au mécanisme de déductibilité qui la
caractérise principalement, permettra à l’État d’accroître ses rentrées
fiscales de manière significative, tout en rendant notre secteur productif plus
dynamique et compétitif.
Les contraintes, les atouts, les opportunités, les environnements internes et
externes n’étant pas les mêmes pour tous, il serait extrêmement risqué de se
hasarder à un jugement de valeur. Je pense en définitive que seuls le temps et
l’histoire peuvent juger équitablement. Laissons au temps le temps.
Qu’est ce qui serait le pire ennemi du
décollage économique quand des pays au départ moins nantis sont des Dragons,
des Tigres et... des Lions ?
À mon sens, au-delà même des préoccupations liées à la fiscalité, l’insécurité
juridique et judiciaire, ainsi que les tracasseries administratives gênent de
manière considérable notre décollage économique. Lorsque nous aurons
suffisamment maîtrisé les choses de ce côté-là, nous deviendrons nous-mêmes à
coup sûr un Léopard bondissant qui inspirera respect et considération.
Vous êtes d’accord que l’un des goulots d’étranglement est le système fiscal
qui n’est pas attractif, guère en mesure de générer du développement ...
Le système fiscal de notre pays est en pleine réforme, avec le concours de nos
partenaires bi et multilatéraux, dans le but de le rendre suffisamment
attractif, incitatif et compatible aux impératifs du développement, notamment
en procurant à l’État plus de ressources grâce à l’élargissement de l’assiette
fiscale. Les réfonnes envisagées font partie d’un processus qui a commencé
depuis quelques années déjà avec mes prédécesseurs. Nous les poursuivons, avec
des ajustements nécessaires. Dans ce contexte, des actions significatives ont
déjà été menées, tandis que d’autres sont en cours, tant sur le plan de la
fiscalité de fond que sur le plan des structures et méthodes de gestion de la
fiscalité.
Il y a sans doute entre autres cette réforme sur la TVA. ... Parmi les
actions en cours, il y a en effet l’instauration de la Taxe sur la Valeur Ajoutée en
remplacement de l’impôt sur le chiffre d’affaires. À cet effet, j’ai mis en
place un comité inter-ninistériel d’experts pour piloter cette réforme qui est
une véritable révolution fiscale, dont l’aboutissement est prévu pour 2009. Il
importe de noter que notre pays est parmi les rares pays au monde qui
pratiquent encore l’impôt sur le chiffre d’affaires, un impôt cumulatif qui
gène la compétitivité du secteur productif.
Des actions accompagnatrices de cette réforme se poursuivent
également, telles que la mise en place des Centres des Impôts avec des méthodes
de gestion analogues à celles de la Direction des Grandes Entreprises (DGE) qui a
permis à la DGI
d’augmenter sa capacité de mobilisation des recettes, la généralisation du
numéro impôt, qui permettra à terme de ramener l’économie souterraine au grand
jour et de juguler le secteur informel. Le nouveau code de douanes devra être
promulgué incessamment pour remplacer une législation douanière surannée et
dont le texte de base date de 1949. Il est vrai que la lutte contre la fraude
et l’évasion fiscale, de même la nécessité de susciter l’éveil du civisme
fiscal, constituent des axes importants sur lesquels nous travaillons. Le train
de la réforme de notre système fiscal est, faut-il le dire, véritablement en
marche.
© ALUNGA MBUWA.
lesoftonline.net 26/07/2007
Démolition de l'hôpital de Kintambo ...
L’opération de
démolition des constructions anarchiques, initiée par le gouverneur de la ville
de Kinshasa, André Kimbuta Yango et son gouvernement provincial, se poursuit
dans la capitale de la Rdc.
Le site situé derrière l’Hôpital de Kintambo, dans la commune portant le même
nom, envahi par des constructions anarchiques, a été rasé hier, mercredi soir,
par le bulldozer de l’Hôtel Ville de Kinshasa. Cette opération s’est déroulée
sous une haute surveillance policières et sous la coordination du bourgmestre
de Kintambo.
C’est vers 16h30 que le conducteur du bulldozer, placé devant la Maternité de l’Hôpital,
a démarré le moteur pour raser les maisons anarchiques placées vers l’entrée
principale de cette formation médicale et tout le long de la rivière Makelele.
Les occupants des habitations en cause presque en larmes, surveillaient les
tôles ainsi que les portes et fenêtres, récupérables, de leurs maisons
détruites par la décision du conseil des ministres du gouvernement provincial
de jeudi 19 juillet dernier et rendu public par la porte-parole, Madame la
ministre de l’Education, Information, Condition Féminine et Famille, Thérèse
Olenga Kalonda.
Le personnel de l’Hôpital exulte
Pendant que les occupants de ce site pleuraient à chaudes larmes, le personnel
de l’Hôpital de Kintambo et les maraîchères étaient en fête. Pour le personnel
médical de cette formation de santé, la démolition des constructions
anarchiques sur ce lotissement est une bonne chose. « Nous soutenons le
gouverneur Kimbuta pour avoir pris le courage de démolir ce site érigé sur le
terrain de notre hôpital. C’est la troisième fois que les gens construisent sur
ce site. Nous pensons qu’ils ne vont plus revenir, car l’hôpital utilise cet
espace pour jeter ses déchets. Nous demandons aux victimes de poursuivre le
conservateur qui a autorisé le lotissement de cet espace et non de s’en prendre
à l’autorité urbaine qui ne fait qu’appliquer la loi », a laissé entendre
un agent de l’hôpital qui observait l’opération démolition.
Un autre agent s’est posé la question de savoir la suite du dépôt
pharmaceutique promis par une Organisation non gouvernementale. En lieu et
place de ce dépôt, vanté, c’étaient plutôt des maisons d’habitation qui ont été
construites. Pour lui, les victimes de cette opération ne doivent s’apprendre
qu’à eux même.
Le bourgmestre de Kintambo a rappelé que la loi est dure, c’est la loi.
« C’est depuis longtemps que nous avons prévenu les occupants de ne pas
lotir sur ce site. Nous avons même saisi plusieurs autorités du pays. Nous
remercions le gouverneur Kimbuta qui a répondu aux vœux de la population de
Kintambo de démolir ce site. Nous pensons que ceux qui ont attribué les
terrains seront poursuivis par les victimes », a-t-il souligné.
Par ailleurs, les maraichères qui cultivaient sur ce site ont également fêté la
démolition de ce terrain de l’extension de l’Hôpital de Kintambo. Elles ont
fait savoir que les occupants de ce site les avaient non seulement délogées
illégalement de cet endroit mais ils ont détruit leurs champs des feuilles de
manioc, des légumes et autres.
Badara et RTNC dans le collimateur
Des sources proches de l’Hôtel de Ville de Kinshasa, nous apprenons que le
gouvernement provincial que dirige André Kimbuta est déterminé à poursuivre
l’opération de démolition des constructions anarchiques jusqu’au bout. Après
le site de l’Hôpital de Kintambo, les parcelles situées entre le camp Badara
et le boulevard Lumumba, dans la commune de Nsele, seront détruites par les
bulldozers de la ville.
S’agissant du lotissement de la
Cité de la Voix
du peuple, communément appelé site de l’IFASIC, l’exécutif provincial a invité
les occupants de cet espace à se présenter au ministère du Plan et de la Reconstruction situé à l’Hôtel du gouvernement provincial, sur l’avenue Kwango n°18, quartier
Kazamar dans la commune de Barumbu, munis des documents en leur possession. Les
occupants de Binza Météo et ceux de Bisthaku-tshaku (Usoke) sont également
concernés par ce communiqué du gouvernement provincial.
Nous pensons que les agents des Affaires Foncières, impliqués dans la vente
anarchique des terrains, doivent également subir la rigueur de la loi. Voire
même les anciens ministres ou les secrétaires généraux.
© Jerry Kalemo/L’Observateur
Katebe Katoto réclamé pour diriger l’opposition !
Des Députés, Sénateurs et partis politiques, qui ne voient plus en Jean-Pierre
Bemba et Etienne Tshisekedi les candidats idéaux pour rassembler et coordonner
l’opposition institutionnelle et extraparlementaire d’ici 2011, aimeraient voir
le richissime homme d’affaires katangais, Raphaël Katebe Katoto, revenir au
pays prendre les commandes. On dit de lui qu’il est à l’abri de besoins
matériels, moralement irréprochable et de tempérament calme.
La gestion des ambitions au sein de l’opposition s’annonce plus difficile que
prévue. Le rôle de Coordinateur ou Porte-parole de l’opposition que certains
prenaient naturellement pour un acquis sera amplement disputé. L’entrée
fracassante dans le jeu du richissime homme d’affaires katangais, Raphaël
Soriano Katebe Katoto, frère aîné du tout puissant gouvernator du Katanga Moïse
Katumbi, a de quoi faire sursauter ceux qui dormaient tranquillement sur leurs
lauriers tout en espérant que, le moment venu, le poste leur reviendrait de
droit.
Monsieur Alu Bashonga, Secrétaire Général de l’Union des Libéraux pour la Démocratie –ULD-,
affirme subir de fortes pressions au quotidien de la part de plusieurs
sénateurs, députés et partis politiques, au dedans et en dehors des
Institutions, pour que Raphaël Katebe Katoto revienne au pays prendre les
commandes de toute l’opposition politique. C’est-à-dire, l’opposition
institutionnelle et extraparlementaire. Pourquoi Katebe et pas quelqu’un
d’autre ?
Selon Alu Bashonga, on commettrait une grave erreur si l’on se bornait à croire
que le Coordonnateur devrait provenir uniquement du 2ème parti à l’issue des
élections. Jean-Pierre Bemba, dit-il, ne peut rassembler l’opposition. Pour la
simple raison que ses méthodes, parfois violentes, ont montré leurs limites.
Elles sont connues des adversaires au pouvoir qui savent comment mettre Bemba
dans tous ses états.
Il en est de même pour le sphinx de Limete, Etienne Tshisekedi, dont les
méthodes se sont révélées défaillantes depuis plus de deux décennies.
Les manifestations des rues à
répétition, toujours réprimées, ont fini par démobiliser les combattants.
Alu Bashonga poursuit son argumentation que Bemba et Tshisekedi n’ont aucune
idée de gens qui sont en face d’eux. Il ajoute qu’il faut opposer à Kabila un
homme moralement irréprochable, totalement à l’abri de besoins matériels et
surtout au tempérament calme. Un leader qui doit avoir une vision claire de là
où il veut conduire l’opposition. Autrement dit, renforcer l’unité de
l’opposition jusqu’aux élections de 2011. Le fait de réorganiser l’opposition,
prévient Alu Bashonga, ne confère pas automatiquement au Coordonnateur le droit
de se présenter à la présidentielle de 2011. Le moment venu, au nom de l’unité
et pour ne pas éparpiller les voix, un candidat devrait être désigné par
consensus.
Le Secrétaire Général de l’ULD s’est engagé à transmettre les desiderata des
Elus et des partis politiques de l’opposition au président de son parti, M.
Raphaël Katebe, qui vit à Bruxelles. Connaissant son combat en faveur de la
démocratie, on voit mal comment Katebe Katoto refuserait de consacrer une fois
de plus ses forces pour la stabilité et la consolidation de la jeune démocratie
congolaise.
La Prospérité | 26-07-2007 - 09:42:29
© Copyright La Prospérité
La nécessité d’une ouverture surveillée des frontières
Au risque d’être une nouvelle Albanie, de paupériser davantage sa population la RD Congo ne peut emprunter la
voie de l’autarcie. Dans le processus de recherche des différentes voies pour
son développement, la RDC
doit s’insérer dans le commerce mondial en développant ses potentialités dans
le commerce sud-sud et plus tard pouvoir prétendre peser d’un poids
proportionnel à son étendue et à son effectif. La RDC doit
s’ouvrir tout en veillant à réduire le plus possible la porosité de ses
frontières, compte tenu du développement de la communication sans fil et des
nouvelles technologies de l’information.
La nature des reliefs montre tantôt les limites de chaque pays, tantôt elle ne
permet pas de reconnaître d’emblée la séparation entre deux pays. On en arrive
à voir des lignes frontalières qui varient au grès des changements de
gouvernements ou encore selon le nomadisme des populations frontalières. Ces
populations s’installent dans le pays voisin pour une durée tellement longue
qu’elles ont le temps de voir venir une deuxième génération et d’avoir la
conviction illusoire d’être chez elle. Cette illusion s’estompera avec pleurs
et cris de colère le jour où l’administration du pays voisin se souviendra de
son devoir de protéger ses frontières.
Sur le plan socio culturel et économique, il y a des situations structurelles
et parfois ponctuelles que les lois des deux pays voisins doivent gérer avec
beaucoup de circonspection. De part et d’autre de toutes nos frontières, il y a
des familles consanguines. Dans le cours normal de leur vie , elles enfreignent
soit les lois des deux pays pour conserver et enrichir les liens sacrées de la
famille. Les habitants d’un pays sont souvent tentés de traverser la frontière
pour bénéficier des avantages sociaux inexistants chez eux. Des services
marchands sous-tendant des relations commerciales frontalières peuvent se
révéler mieux organisés et plus rentables d’un seul côté. Des commerçants
véreux des deux cotés peuvent organiser la pénurie des produits de première
nécessité avec comme conséquences immédiates une hausse exponentielle des prix.
L’effet d’entrainement fait que cette hausse ne se limite pas aux produits
raréfiés mais elle sera générale. Les conséquences sont très néfastes si les
revenus ne suivent pas le même sens de progression.
Le climat de bon voisinage et d’amitié que la RDC doit entretenir avec ses voisins, doit être
différent de celui qu’il doit vivre avec le Ruanda ;
- différent, non pas du fait de son peuple, mais plutôt parce que ses
gouvernants se doivent avant tout de respecter les congolais ;
- différent parce que nous savons que les dirigeants actuels du Ruanda ont
voulu, veulent et voudront toujours annexer une partie de notre territoire ;
- différent parce que qu’ils arment , protègent et utilisent le terroriste
ruandais Kundabatware et ses complices rénégats Mutebusi et consorts- ( La
presse congolaise devrait s’interdire de les désigner par Général pour l’un et
Colonel pour l’autre, titres militaires qu’ils ont acquis suite au désordre qui
a régné dans le pays à une certaine époque ) ;
- différent parce que le Ruanda est la source des affrontements tribaux entre
les Hemas (tutsis ) et les Lendu, les Alur…
- différent pace que le Ruanda veut rendre pays infréquentable aux
investisseurs étrangers ;
- différent parce que savons que le Ruanda envoie des éléments dûment formés au
terrorisme en RD du Congo en les faisant passer pour des combattants du FDLR
afin de créer et entretenir l’insécurité dans la région et de transférer la
responsabilité à cette organisation hutu ;
- différent parce que le Ruanda , mine de rien , a installé furtivement des
ilots de non droit à l’Est de la République Démocratique
du Congo servant comme postes avancés pour un futur établissement de son
administration.
La relance de la C.E.P.G.L. est-elle opportune ?
Les mandats d’arrêt internationaux émis contre Kundabatware et Mutebusi sont la
résultante d’une procédure judiciaire militaire régulière comme ça se fait dans
toutes les vielles démocratie de ce monde . Tous les gouvernements ayant ce
genre d’organisation politique, doivent respecter cette décision de la justice
congolaise ;en premier , nos voisins et ensuite tous les pays avec lesquels la RDC partage des relations diplomatiques
ou encore membres d’interpol. Ils doivent normalement aider le gouvernement
congolais à mettre les fauteurs de trouble hors d’état de nuire.
Dans ce contexte post-conflit, le Ruanda aurait dû arrêter tout soutien à ses
agents de déstabilisation cités ci-haut. En leur assurant la protection et
probablement leur accordant le statut comme exilé politique , le gouvernement
ruandais en leur assurant une base arrière, montre qu’il n’est pas prêt à
rétablir les relations harmonieuses entre nos deux pays. Pour continuer à
déstabiliser notre pays, Kagame a ouvert les portes à ses soient disant ‘’
frères de sang’’. Le gouvernement congolais devra interpréter ceci comme un
message à ‘’tous les frères de sang’’ de Kagame actifs en RD Congo.
En 2006, Kigali par le canal de son ministre des affaires étrangères Murigande
avait émis le souhait de la réouverture de la mission diplomatique à Kinshasa,
avec la conviction de l’occurrence d’une nouvelle plaidant pour cette
réouverture après les élections législatives et présidentielle. Les ruandais
misaient sur la réapparition de la
CEPGL ( Communauté Economique des Pays des Grands Lacs) ,
organisme international à vocation sous-régionale a été créé le 20/09/1976 par
la signature à Gisenyi d’un accord de coopération entre 3 pays – Burundi –
République Démocratique du Congo et le Ruanda - anciennement unis sous la loi
coloniale belge . A l’époque , il était question de promouvoir les voies et
moyens pour une bonne coopération économique, commerciale, scientifique, militaire,
culturelle et touristique.
Aujourd’hui, dans un contexte relationnel flou, on veut réactualiser la CEPGL dont l’arrêt des
activités était nécessité par les conflits tribaux entre tutsis et hutus au
Ruanda et au Burundi depuis les années 90. L’initiateur de cette idée qui est
le lobby libéral belge, ne doit pas être bien inspiré. Nous nous efforçons
quand même de lui rappeler qu’après la 2ième guerre mondiale, à la veille de la
reconstruction de l’Europe, et de la
Société des Nations, la neutralisation des instincts
belliqueux de l’Allemagne et du Japon avait conditionné le retour de ces deux
pays sur la scène politique internationale. Ce lobby va devoir attendre ( si
les autorités congolaises accepteront d’approfondir cette idée) que les
différends entre la R.D.Congo
et le Ruanda fassent l’objet d’une étude sérieuse.
Dans la région des grands lacs, tous les pays sont indépendants. Le
rétablissement d’un climat propice au développement d’une coopération saine
dans la région doit être assis sur une base solide . Cette base est la
reconnaissance mutuelle entre voisins du droit à la souveraineté et à
l’autonomie ; du droit à la stabilité .
Entre la R.D du Congo et le Ruanda
, cette base préalable est inexistante !!!
Le Ruanda ne reconnaît pas au Congo-Kinshasa une existence pacifique, donnée
essentielle à son épanouissement. Les plaies causées par les conflits armées
entre 1997 et 1999 sont encore béantes. Renouer une quelconque coopération avec
ce pays est un pari très risqué. Le calme dont fait preuve le Ruanda
actuellement est une mise en veilleuse de son ignoble appétit. Le souhait de
réouverture de leur mission diplomatique à Kinshasa est une caresse ‘dans le
sens du poil avec du parfum pour mieux amadouer la proie et la croquer le
moment venu. Cette mise en veilleuse appelle non pas une extinction mais plutôt
un réveil. Celui-ci pourrait intervenir après l’installation des diplomates
ruandais à Kinshasa. Après cette installation, pendant 10 ans au moins, le
temps de remettre au goût du jour les danseurs Ntore pour le bien du tourisme
des deux pays , les caresses ruandaises continueront et la mission diplomatique
à Kinshasa leur servirait bien d’un mini QG pour téléguider leur future
opération de sabotage de la vie kinoise. Ce mini QG leur avait fait défaut lors
de l’opération aéroportée de James Kabarebe sur Kitona . En acceptant la
réouverture de cette mission diplomatique sans des sérieuses précautions, le
gouvernement congolais ne permettrait-il pas aux ruandais de reculer pour mieux
sauter et capturer ce qu’ils n’avaient pas pu avoir la première fois ?
La relance de la
Communauté Economique des Pays des Grands Lacs arrive pour
mettre les congolais devant un fait accompli. En ce sens qu’en acceptant
d’occuper la place qui est sienne au sein de cet organisme, le Congo-Kinshasa
renoue de facto avec le Ruanda. La réouverture des ambassades de part et
d’autre des nos frontières ne posera plus problème.
Nous pensons qu’en acceptant de participer aux activités de la CEPGL aujourd’hui, le
Président Kabila :
- Contredirait ses pairs de la
SADEC et demanderait ainsi indirectement la réintégration du
Ruanda en son sein . Pour rappel, lors de ses assises du mois d’Août 2005 à
Gaboronne , les chefs d’Etat membres de la SADEC avaient rejeté la requête de réintégration
du Ruanda pour cause de ses intentions reconnues d’annexer une partie du Congo
Kinshasa
- Conforterait Mr Kagame dans sa ruse d’utiliser le FDLR et les Interhamhue
comme spectre du terrorisme sur le sol congolais
- Reconnaitrait que les décisions de justice de son pays ne mérite pas d’être
respectées car il aurait ainsi accepté que les mandats d’arrêt internationaux
émis à l’encontre des renégats Kundabatware et Mutebusi n’étaient pas sérieux
- Aurait complètement oublié non seulement sa participation physique dans la
libération de l’aéroport de Kinsangani mais aussi le calvaire des nos sœurs et
frères de l’Est
- Aurait accepté de mécontenter les congolais qui l’ont choisi pour un avenir
meilleur afin encore de développer l’AMOUR DE LA PATRIE. Le
mécontentement populaire constitue un terreau pour la culture de l’incivisme
populaire. Les puissance étrangères tel que les Etats-Unis et la CEE par la Belgique, la France et la Grande Bretagne
interposées sont souvent enclines à proposer aux pays faibles des solutions
pour leur organisation socio politique . Des solutions du genre gouvernement
d’union nationale après une élection au suffrage universelle ou encore n’ayant
aucun programme économique si non que le timing des rendez-vous avec les
hiérarques du F.M.I. Ces solutions ont souvent transformé le pays en un espace
ingouvernable. La relance des activités de la CEPGL en fait partie. Le mécontentement populaire
qui pourrait en résulter, engendrera non seulement la perte de confiance aux
autorités éluées mais aussi le développement de l’incivisme populaire. Dans les
pays économiquement avancés, les gouvernements s’appuient sur la force de
travail tant manuelle qu’intellectuelle de la population, au sein de laquelle
s’incrustent de façon continue l’amour de la patrie et l’esprit civique. Dans
tous ces pays, le système démocratique a été instaurée et maintenue jusqu’à ce
jour et demain grâce à l’esprit civique de la population qui est constamment
entretenu par la rigueur de la loi. Nous sommes conscients que c’est dur, mais
tout pays faible qui veut aller loin avec son peuple doit faire du
développement de l’esprit civique, une priorité.
Et demain . . . ?… ?
** A l’Est , du nord au sud, la République Démocratique du Congo doit gérer des lacs et leur environnement, non pas avec le Ruanda et
le Burundi uniquement, mais aussi avec l’Ouganda et la Tanzanie. Avec cette dernière, la R.D.
du Congo partage une véritable mer intérieure qu’est le lac Tanganyka. Autour
de celui-ci et des autres , lac Edouard et lac Kivu, existent des trafics de
toutes sortes qui nécessite une bonne réglementation qui concernera la gestion
de toutes les ressources lacustres. Cette gestion exigera la présence des
scientifiques des pays de la région autour de la table. Cette coopération qu’on
espère franche, pourra être très bénéfique pour toute l’humanité. Selon le
rapport annuel 2007 du Musée royal de Tervueren ( Belgique ), le lac Tanganyka est
du plus haut intérêt pour l’étude des changements climatiques. Le développement
durable aura beaucoup à y gagner. ! ! !!!!!!. Faudrait-il que l’Union
Européenne ou le Commonwealth ou encore les Etats-Unis puisse nous montrer
combien l’élargissement de la
CEPGL nous est important ou nous pouvons y aller par nous
même ? Ce, bien sûr, pour la République Démocratique du Congo, après avoir
tenu compte de certains points soulevés dans les paragraphes précédents.
** Un des pays de l’Est de l’Afrique pourra bien se servir de la langue swahili
pour créer une communauté culturelle ou autre …. Cette communauté devra
englober les iles des Comores et peut-être avoir son siège dans l’île de
Zanzibar. Du simple fait qu’elle aura pour objet d’organiser ne fut-ce qu’un
pan de la vie des peuples, une telle communauté ne pourra voir le jour sans la
garantie de l’existence des préalables juridiques évoqués ci-haut.
Nous avons foi en l’avenir ! ! !.
©
TSIKU Ta-Ma. M. Roger | Copyright UCDP
Commission
consultative UCDP / Europe



