27 juillet 2007
Journal de la RTNC 26 juillet 2007
Le journal de la RTNC : 26 juillet 2007
Kolwezi : Les minerais tuent à petit feu femmes et portefaix
Il est 6 heures 30 du matin. Salongo,
la grande avenue du quartier industriel de Kolwezi, à 300 km au nord-ouest de
Lubumbashi au sud de la
République démocratique du Congo, est prise d’assaut, comme à
l’accoutumée, par une foule de gens. Ce sont les "nkwanda", "les
chameaux", ces portefaix qui s’agglutinent devant la cinquantaine de
dépôts de minerais installés sur cette avenue. Leur travail : charger et
décharger les véhicules, soulèver à longueur de journée des tonnes de minerai
sur leurs épaules pour, avouent-ils, "pas grand chose".
Des tonnes de cobalt et de cuivre
sont tamisées et lavées à mains nues par les femmes, transportées dans des
dépôts sur le dos des hommes à Kolwezi, dans la province du Katanga au sud de la RD Congo.
Beaucoup de risques pour des salaires de misère. Reportage dans ces dépôts de minerais d’un autre âge… Dans leur sillage, des femmes tamisent les minerais bruts et les lavent à Dilala, un ruisselet situé juste derrière les parcelles de Salongo, dont certaines font office des concessions minières. Puis elles les stockent dans des sacs. Pour les uns comm e pour les autres, le travail n’est ni aisé, ni cher payé. Avec 100 Fc par sac de 100 ou 120 kg transporté, soit exactement 0,2 $, il faut vraiment que les portefaix mouillent leur combinaison de travail pour se faire un peu de sous à la fin de la journée. "Je soulève tout au plus 25 sacs de 100 kg et je gagne 2500 FC (5 $) chaque jour", explique un jeune homme de 21 ans de petit gabarit. Ses compagnons le raillent. Pour eux, un homme ‘normal’ doit transporter un minimum de 50 sacs par jour. "Si tu veux gagner beaucoup, il faut soulever un grand nombre de sacs. Aujourd’hui, je compte aller même jusqu’à 100 sacs…", affirme, moqueur, Patient Mwamba, un ‘nkwanda’ bien robuste. Peu soucieux des risques qu’entraîne ce laborieux métier pour leur santé, les portefaix affirment que "c’est le prix à payer pour totaliser 10 à 20 $ le soir, à la fermeture des dépôts". Les femmes gagnent, elles, 5 000 Fc (10 $) par jour chez Bazano, une concession minière de Salongo.
L’argent au détriment de la santé
Les femmes et les chargeurs manipulent sans gants ni casques de protection, cobalt, cuivre et autre hétérogéniste (mélange de deux minerais). Les opérations de tri des minerais dégagent des nuées de poussière qui se répandent dans les environs, exposant tout le monde à des risques d’irradiation et polluant Dilala, le petit ruisseau attenant. "Les ions de l'uranium bombardent l'organisme des gens qui travaillent dans ces dépôts. Les mamans qui lavent les produits ne tiennent pas compte des infections ni de la contamination de cette eau", fait remarquer Boniface Kyungu, un géologue du bureau des mines de Kolwezi. Mais ce n’ est pas tout. A cause du travail des mines, on assiste à la "disparition des êtres vivants", ajoute-t-il. Au début, le petit cours d’eau était poissonneux. Aujourd’hui, "les petits poissons ont tous disparu". Mêmes les arbrisseaux de part en part de la rivière sont devenus calcinés "sous les effets d’ions d'uranium". Médecin épidémiologiste de l’OMS à Kolwezi, Dr Kalume Sabinti tire la sonnette d’alarme. "Il y a plusieurs conséquences dans ce genre de milieu. C’est notamment les lésions au niveau de la colonne vertébrale ; la silicose, la tuberculose qui peut conduire à la stérilité, surtout pour les êtres faibles, les femmes et les enfants…", explique-t-il. A cela s’ajoute"la propagation du VIH/Sida occasionné par la prostitution qui se développe dans ces milieux".
Ordre de quitter la ville
Pour ne pas sentir le poids des tonnes des minerais qu’ils transportent à longueur de journée, les chargeurs ingurgitent de l’alcool et d’autres drogues. Les jeunes filles et les femmes qui exercent le petit commerce autour d’eux (vente d’alcool en sachet, des beignets, etc.) sont alors leur "proie". "Nous voyons comment ils les prennent après le travail… ", témoigne Mbeya Mbombo, une femme de 35 ans, bébé attaché au dos. Pour ne pas laisser la dépravation des mœurs, la détérioration de la santé et la pollution des ruisseaux se développer, le gouverneur de la province du Katanga a décidé, au mois de juin dernier, de fermer tous ces dépôts des minerais installés en pleine ville. Les explo itants miniers, les négociants et leurs dépendants suivent le mot d’ordre. Le temps que les services urbains leur trouvent, comme cela leur a été promis, un autre site en dehors de la ville pour installer leurs dépôts. Mais vont-ils, une fois réinstallés hors de la ville, continuer à travailler sans protection ? C’est la grande question.
© Syfia Grands Lacs/RD Congo - Eliane Tshilobo et Toto Kyanda
Larme de crocodile des experts de l'Onu
Comme on le voit ce rapport des experts de l’Onu va encore
une fois compliquer la tache du gouvernement congolais.
Comme pendant la
guerre, la communauté internationale est en passe de faire croire que le
gouvernement congolais peut faire des miracles, assurer l’ordre et la sécurité
à l’Est du pays sans que les pays voisins qui, visiblement ne favorisent pas la
sécurisation de la Rdc,
soient rappelés à l’ordre. Pour que Kigali sécurise ses frontières, il a envoyé
des troupes au Congo. Le Rwanda n’a jamais été condamné pour violation de la
charte de l’Onu.
La condamnation de l’Ouganda à la suite de la plainte du
Congo à la Haye,
semble n’avoir aucune influence, aucune pression sur Kampala qui, par conséquent
ne trouve pas des raisons de se guérir du démon de la déstabilisation du Congo.
En Sierra Leone, la communauté internationale a non
seulement fait pression sur les autorités libériennes, mais aussi et surtout,
Charles Taylor est devant la barre à la
Cpi pour répondre de son soutien aux mouvements rebelles dans
la région. Kagame et Museveni n’ont jamais caché leur soutien aux rébellions
congolaises qui ont fait plus de cinq millions de morts.
Ces supplications n’ont pas d’effets sur une communauté
internationale qui a ses raisons que les Congolais ignorent. Ce qui est
choquant voire mesquin, c’est l’attitude de la communauté internationale
lorsque le gouvernement congolais, face à l’impuissance de la communauté
internationale, veut se prendre en charge. Il avait suffi dernièrement que le
chef de l’Etat mette de l’ordre dans l’armée pour que les ballets diplomatiques
se bousculent. Ils ont eu tous pour mot d’ordre, non recours à la force pour
mettre fin à la situation d’insécurité à l’Est du pays.
Encouragés par cette protection implicite, les rebelles
hutus et Nkundabatware se croient tout permis. Ils attaquent les Fardc là où
ils devraient se mettre en défensive. C’est ici que l’on peut s’interroger sur
le comportement des Fdlr. Indésirables au Rwanda, elles ne peuvent compter que
sur l’hospitalité congolaise. Car, en un moment, les politiciens congolais, au
lieu de s’acharner contre les Interahamwe et les Fdlr, demandaient que le
Rwanda permette un dialogue interrwandais afin que les exilés en Rdc ne
rentrent pas dans leur pays pour l’échafaud, sinon pour la prison. Qui peut
comprendre que les Fdlr choisissent plutôt de devenir des mal aimés des
Congolais au point de se mettre entre deux feux.
Très étonnant est encore le cas Nkundabarware. Encore une
fois, l’Onu demande que l’on ne puisse recourir à la force pour le neutraliser.
L’organisation
mondiale craint que la région puisse encore s’embraser.
C’est une façon de reconnaître que s’attaquer à
Nkundabarwaren c’est s’attaquer au Rwanda. Quelle solution de rechange
propose-t-on au non recours à la force ? La population a rejeté
catégoriquement le forum inter-ethnique proposé par le gouvernement pour ôter
tout prétexte à Nkundabatware ? Ce dernier n’a du reste jamais inscrit ce
forum dans ses revendications. Pendant ce temps, l’insécurité se porte bien
dans cette partie du pays. L’Est de la
Rdc est devenu invivable.
C’est se moquer lorsque la commission des experts de l’Onu
responsabilise le gouvernement sans se montrer ferme vis-à-vis des pays voisins
qui non seulement poursuivent l’exploitation illégale des ressources
naturelles, mais aussi approvisionnent les groupes armés en armes et munitions.
© L’Avenir
Menace de confrontation militaire à l’Est
La 3ème guerre pointe déjà à l’horizon et tout se passe comme
si le décor était déjà planté. Dans sa dernière déclaration, le président du
Conseil de sécurité lance un dernier rappel à l’ordre et désigne d’un doigt
accusateur le gouvernement de Kinshasa, le général dissident Nkunda et les pays
voisins de la RDC,
connus pourtant sans qu’il les cite. Fuite en avant de la part de l’Onu,
désengagement de la
Communauté internationale devant des turpitudes alors que
l’Onu est co-responsable dans cette démarche de la restauration de la paix et
de la sécurité en RDC ainsi que dans la région ?
Le Conseil de sécurité
accuse …
Les inquiétudes persistent sur une éventuelle reprise des hostilités en
République démocratique du Congo.
Ces propos sont ceux du président du Conseil de sécurité contenus
dans sa déclaration du 23 juillet. Déclaration qui relève des insuffisances
dans l’action du gouvernement dans la perspective de ramener effectivement la
paix au Kivu. Le Conseil de sécurité tient à démontrer ainsi à la face du monde
qu’il revient en premier lieu au gouvernement congolais, et à lui seul,
d’assurer la sécurité sur son territoire, de s’impliquer positivement dans
l’opération de démobilisation, désarmement et réinsertion, de promouvoir la
réconciliation nationale, la cohésion sociale et de relancer le développement
du pays. Le Conseil de sécurité s’empresse ici de mettre le gouvernement
congolais devant ses responsabilités pour que les choses soient bien dites et
comprises.
En plus, le Conseil de sécurité accuse le gouvernement
congolais de ne pas proposer « un plan global de collaboration étroite avec la Monuc pour garantir la
sécurité dans l’Est du pays ». Accusation grave, comme si le Conseil de
sécurité venait de prendre note de la passivité du gouvernement congolais à ne
pas résoudre dans l’immédiat cette question d’insécurité. Aussi, s’empresse-t-il
de se donner de la voix et de « laver les mains » pour qu’en cas de
confrontation militaire, avec des effets d’entraînement sur toute la région, le
gouvernement congolais en assume la responsabilité devant la Communauté internationale.
Nkunda et le Rwanda
accusés aussi
Poursuivant dans le même élan, comme s’il voulait se disculper avant que les
choses ne se gâtent, le Conseil de sécurité accuse également Nkunda et le
Rwanda. « Le Conseil s’inquiète vivement du recrutement de combattants, y
compris d’enfants, en violation du droit international applicable, à
l’intérieur et en dehors de la
République démocratique du Congo, en particulier par le
forces fidèles à Laurent Nkunda.
Le Conseil engage les Etats voisins concernés à faciliter
davantage la réinsertion effective des ex-combattants rentrant dans leur pays
et à empêcher toute activité de recrutement sur leur territoire. Il reconnaît
que de bonnes relations régionales, en particulier entre la République démocratique
du Congo et le Rwanda, sont un facteur important pour résoudre la crise dans
les Kivu », précise encore le président du Conseil de sécurité dans cette même
déclaration.
Les choses sont claires. L’Onu est bien informée que Laurent
Nkunda continue à recruter des combattants, non pas seulement à l’intérieur de la RDC, mais également dans un
pays voisin, le Rwanda en l’occurrence. Malheureusement, le même Conseil de
sécurité n’évoque aucune sanction, bien qu’il ait brandi la violation du droit
international, contre Laurent Nkunda. Moins encore à l’endroit du Rwanda qui
est en train de violer également le droit international, en plus de la Charte de sécurité, de
stabilité et de développement de la région des Grands Lacs qui l’est également
violée. Le Conseil de sécurité laisse faire, peut-être par complaisance,
préférant s’acharner contre le gouvernement congolais, convaincu certainement
de « l’absence d’un leadership fort ».
La paix ou rien
Evidemment, le gouvernement congolais est placé ici devant ses responsabilités.
Quoi que l’on dise, il est condamné à relever le défi. Le Conseil de sécurité
le fait savoir sans état d’âme. En aurait-il marre des turpitudes du
gouvernement congolais ? Possible.
Il est vrai qu’il existe réellement une divergence d’approches
pour ramener la paix au Kivu entre le gouvernement congolais et l’Onu soutenue
par des partenaires extérieurs qui viennent d’accréditer la thèse de
l’International Crisis Group. C’est-à-dire qu’il faut donner des signaux forts
d’un leadership fort au sommet de l’Etat et de s’engager dans la voie du
dialogue pour une solution politique. Le recours à la solution militaire ne
peut être envisagée que dans un contexte international sous l’égide de la Monuc et des pays de l’Union
européenne dans l’évidence où la faiblesse des FARDC en pleine restructuration
ne peut conduire à une victoire militaire. La mise en place d’un « Plan global
de désarmement » des groupes armés achoppe justement à ce niveau.
Il n’empêche que le Conseil de sécurité ne doit nullement se
dédouaner, ni se disculper en ces moments précis. A cause justement du
caractère dubitatif de certains de ses membres pour reconnaître l’agression
contre la RDC, la
crise congolaise a mis autant de temps que tout le monde connaît pour parvenir
à un compromis. Preuve incontestable que la crise en RDC est au centre des
intérêts régionaux et internationaux.
Voilà que l’on ré-assiste quasiment à un même scénario que
celui qui a précédé les deux premières guerres d’agression contre la RDC. Comment interpréter
autrement ce traitement de faveur à l’endroit de certaines personnalités qui
font déjà l’objet d’un mandat d’arrêt international et quelques Etats de la
région, si ce n’est que la politique de deux poids, deux mesures ? Scénario qui
intervient toujours curieusement au moment où les bruits de bottes au Kivu
annoncent déjà le déclenchement d’une troisième guerre en République
démocratique du Congo.
Et pourtant, le Conseil de sécurité, en sa qualité de
co-partenaire de paix et de développement, sait pertinemment bien qu’en ces
instants cruciaux, il n’y a qu’une alternative : la paix ou rien. C’est le défi
à relever ensemble avec le gouvernement congolais.
Droits de reproduction
et de diffusion réservés © Le Potentiel 2005
Usage strictement
personnel.
Nicolas Sarkozy reconnaît que la colonisation "fut une grande faute"
© LEMONDE.FR avec AFP |
26.07.07 | 20h51 • Mis à jour le 26.07.07 | 20h55
"Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes, car
il y a eu des fautes et il y a eu des crimes", a déclaré le chef de l'Etat
à l'université Cheikh-Anta-Diop, dans la capitale sénégalaise. La traite
négrière et l'esclavage ne furent "pas seulement un crime contre les
Africains, ce fut un crime contre l'homme, un crime contre l'humanité toute
entière", a-t-il souligné.
"Regarder
ensemble (...) Au-delà de cette déchirure"
"Le colonisateur est venu, il a pris, il s'est servi,
il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui
appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa
liberté, de sa terre, du fruit de son travail." Mais "la colonisation
n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique, a
estimé Nicolas Sarkozy. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que
se font les Africains entre eux", ni des "génocides", des
"dictateurs", du "fanatisme", "de la corruption et de
la prévarication (...), des gaspillages, de la pollution."
Nicolas Sarkozy a de nouveau affirmé que nul ne pouvait
demander aux générations d'aujourd'hui d' "expier ce crime perpétré par
les générations passées". Il a souligné qu'il n'était pas venu à Dakar
parler de "repentance" mais proposer aux Africains de "regarder
ensemble (...) au-delà de cette déchirure et de cette souffrance".
En accord avec le président sénégalais Abdoulaye Wade,
Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi qu'il allait, par la suite, rencontrer les
membres de l'opposition sénégalaise. "En plein accord avec le président
Wade, ils ont demandé à me voir, je suis là, je les vois", a déclaré M.
Sarkozy. Les opposants avaient contesté la réélection de M. Wade, intervenue
dès le premier tour de l'élection présidentielle du 25 février.
Les priorités des Africains selon le New York Times
© Isabelle Grimaldi | BBC Afrique, Washington | 26 Juillet,
2007 - 04:13 GMT
Au vu des résultats publiés par le quotidien américain, ce
sont les Ghanéens et les Tanzaniens qui sont le plus satisfaits des progrès de
la démocratie dans leur pays, tandis que les Nigérians et les Ethiopiens sont
les plus mécontents sur ce plan.
67% des Nigérians estiment ainsi que les élections
présidentielles d'avril n'ont pas été justes et libres. Ils sont même 87% à
désapprouver la situation dans leur pays.
80% des Nigérians pensent en particulier que la richesse
tirée du pétrole ne profite pas aux gens ordinaires. Le sondage montre
d'ailleurs qu'au Nigeria comme dans les 9 autres pays sondés, une majorité d'Africains
jugent que la corruption des élites et des dirigeants politiques est un
problème important.
Une majorité des personnes interrogées indiquent cependant
que leur propre situation financière s'est améliorée depuis cinq ans, sauf en
Côte d'Ivoire, en Tanzanie et en Ouganda.
Malgré leur préoccupation à propos du SIDA, peu de personnes
interrogées savent si elles sont infectées. Au Ghana, où le chiffre est le plus
bas des 10 pays sondés, 4% seulement des adultes ont ainsi subi le test du
SIDA.
En ce qui concerne l'éducation, la majorité des personnes
interrogées soulignent qu'il leur est plus difficile de trouver un enseignement
de qualité pour leurs enfants que d'assurer leurs besoins alimentaires.
Le New York Times a également voulu connaître l'image que
les Africains ont des Etats-Unis.
A cet égard, le sondage montre que la majorité des personnes
interrogées considèrent les Etats-Unis comme un allié fiable de leurs pays.
Néanmoins, la culture américaine et les valeurs de la
société américaine sont jugées négativement. Le rejet est le plus fort en
Tanzanie et au Sénégal, et dans une moindre mesure au Mali, au Ghana et au
Kenya.
MONUC : Le Nord-Kivu est au centre de nos préoccupations
© N. Yacoubian & E. Young / MONUC
26 juillet 2007 - 18h10
La situation sécuritaire au Nord Kivu, les opérations conjointes MONUC/FARDC,
sa prochaine visite en Ituri, ainsi que de la phase III du Démobilisation,
Désarment et Réintégration (DDR): tels ont été les sujets abordés par le
Commandant des Forces de la
MONUC, le général Babacar Gaye, dans un entretien à monuc.org ce 25 juillet 2007.
Entretien
Actuellement, quelle est la situation
sécuritaire dans le Nord-Kivu ?
La situation sécuritaire dans le Nord Kivu est une situation qui est tendue,
caractérisée d'une part, par un désastre humanitaire, car il y a 600.000
personnes déplacées, auxquelles le Représentant spécial et moi-même avons rendu
visite, notamment à Kiwanja.
D'autre part, il y a un processus d'intégration qui est en panne, puisque cinq
brigades ont été mixées. Elles doivent absolument aller vers le brassage. Cette
situation pose aujourd'hui problème.
Enfin, cette situation est caractérisée, chacun le sait, par une intense
activité diplomatique pour éviter une confrontation qui serait bien sûr source
de beaucoup de risques.
Donc, c'est la province qui est au centre de nos préoccupations, et c'est pour
cela qu'au niveau de la MONUC,
nous y avons déployé tous les moyens disponibles pour être en mesure de mettre
en œuvre notre mandat qui est d'une part de protéger les populations civiles et
d'autre part de soutenir les FARDC.
Pouvez-vous nous parler des opérations
conjointes avec les FARDC à l'Est. Quels en sont le bilan et le plan pour
l'avenir? La MONUC
est accusée par certains medias d'être coupable d'armer Laurent Nkunda, à
travers des brigades mixées. Qu'est ce que vous en dites ?
Je crois que les opérations conjointes avec les FARDC à l'Est du pays sont
parmi les choses qui constituent les caractéristiques de la MONUC. Si on fait le
bilan, nous avons commencé au tout début de 2005 par apporter un entraînement à
des unités qui, à l'époque, n'étaient même pas intégrées parce que nous savions
qu'il nous fallait très rapidement opérer avec les FARDC et nous l'avons fait à
la fin de l'année 2005.
Nous avons lancé notre première opération conjointe de grande envergure contre
les ADF/NALU «Opération North Night Final» à l'occasion de laquelle nous avons
perdu un adjudant indien. Ensuite, nous avons développé ce concept aussi bien
en Ituri qu'au Sud-Kivu.
Ce bilan est positif dans la mesure où maintenant nous savons comment opérer
conjointement avec les FARDC. Nous avons mesuré toutes les difficultés de
l'entreprise et nous avons été suivis par UNDPKO et par le Conseil de sécurité
qui nous a donné le mandat d'entraîner les brigades, les bataillons qui sont
déployés à l'Est du Congo.
Donc, le concept opérationnel de notre département de maintien de la paix qui
est issu des opérations conjointes est maintenant bien maîtrisé et je crois
qu'il a bien porté ses fruits, notamment en Ituri, où nous voyons tous les
groupes armés aller progressivement vers l'intégration.
Bien évidemment, la situation reste dans les Kivu tendue, et le problème des
FDLR reste entier. Mais enfin le concept d'opérations conjointes est maintenant
bien maîtrisé dans sa phase de conception dans laquelle nous associons la
communauté humanitaire.
Dans sa phase de planification pour laquelle nous avons déjà des contacts avec
les états majors des FARDC, et dans sa phase de mise en œuvre où nous sommes en
train de tout faire pour améliorer l'interopérabilité entre nos forces et
celles des FARDC.
C'est une nouvelle accusation, et si elle est au stade d'accusation, elle ne
nous trouble pas. Mais si vous voulez ma réponse, bien évidemment, nous n'avons
pas la mission d'armer Laurent Nkunda et par conséquent, nous ne le faisons
pas.
Le Président Kabila a donné un ultimatum
à Nkunda. Est-ce que la MONUC
pourrait participer avec les FARDC dans les opérations conjointes contre Nkunda
?
Ce n'est pas l'option que nous préférons. Il y a eu un intense ballet
diplomatique. Il y a eu beaucoup d'actions menées par le Représentant spécial.
Vous venez d'avoir une déclaration très importante à la fois du Conseil de
sécurité et du Secrétaire général des Nations Unies pour dire que l'option de
la confrontation armée devait absolument être évitée.
Donc, c'est dans cette dynamique que nous inscrivons toutes nos actions visent
à cela. Moi-même j'ai eu des séances de travail avec le général Kahembe à
l'occasion desquelles je lui ai dit qu'il fallait absolument éviter d'arriver à
ce scénario et qu'il fallait à cet égard développer une politique de
communication qui permettrait à chacun de comprendre pourquoi les brigades
intégrées additionnelles seraient déployées dans les Kivu, plus
particulièrement au Nord Kivu.
Je l'ai incité à expliquer cela et à placer cet éventuel renforcement dans le
cadre de la protection des populations. Je l'ai incité à créer toutes les
conditions pour que les gens volontaires pour le brassage puissent s'y rendre
notamment de la manière la plus sécurisée et dans des conditions logistiques
les meilleures possibles.
Vous allez la semaine prochaine visiter
les camps d'entraînement en Ituri. Quel est l'objectif de cet entraînement
FARDC/MONUC et de votre mission là-bas ?
J'ai surtout l'avantage d'aller en Ituri avec le chef d'état major des FARDC
qui va voir ces unités à l'entraînement. Vous savez, cet entraînement est un
mandat du Conseil de sécurité.
L'objectif de cet entraînement est d'améliorer l'interopérabilité entre nos
forces: les Casques bleus et les FARDC. Ceci dans une vision à court terme,
celle de pouvoir opérer conjointement de manière efficace avant la fin de notre
mandat qui pour l'instant est un mandat qui va jusqu'au 31 décembre 2007 et qui
probablement sera prolongé au courant de l'année 2008.
Donc, c'est une contribution, si modeste soit elle, à la reforme du secteur de
la sécurité, puisque nous essayons de consolider le brassage qui pour l'instant
se résume à 45 jours. Ils auront plus de cohésion dans les centres des
brassages.
Concernant la phase III du DDR qui a
débuté à Bunia le 21 juillet dernier, avec des séances de sensibilisation, quel
en est le bilan à ce jour ?
Au plan militaire qui est celui qui me concerne directement, chaque fois que
nous créons les conditions pour trouver des solutions négociées, des solutions
politiques à des problèmes militaires, nous avons fait notre travail. Donc, par
conséquent nous sommes très attentifs aux résultats de ce DDR et je dois dire
que la date du 18 septembre qui est pour l'instant la date retenue pour la
fermeture des sites de transit est pour nous un repère très important, à l'issu
duquel nous ferons une nouvelle évaluation de la situation. Et nous espérons
que nous n'aurons pas besoin de relancer des opérations pour contraindre les
groupes récalcitrants à déposer leurs armes et aller au DDR. Il faut signaler
que cette fois-ci nous aurons des noms et des chiffres pour mieux contrôler les
candidats à la démobilisation.
monuc.org © 1999-2006 Nations
Unies - MONUC |






