29 juillet 2007
Le préalable à la pacification de la région des Grands-lacs est la démocratisation du Rwanda
La politique de l’autruche à
l’Onu favorisant le seul Rwanda a trop duré : que le régime rwandais se
démocratise aussi !
Le temps est venu pour les instances onusiennes de mettre
fin à la politique hypocrite consistant à culpabiliser continuellement la Rdc tout en fermant les yeux
sur les fautes du Rwanda qui ne cherche à régler sa crise interne que sur le
dos des Congolais.
On ne doit pas mâcher les mots au regard de la duplicité de
la communauté internationale dans la crise des Grands lacs africains. Cette
guerre qui se poursuit aujourd’hui par intermittence, laquelle guerre a pris
naissance au Rwanda et qui a fait plus de quatre millions de morts essentiellement
congolais, est une guerre d’hypocrisie.
Depuis longtemps, on sait où se trouvent les racines de la violence cyclique
qui ensanglante les pays de l’Est africain jusque dans la corne du continent où
se guerroient l’Ethiopie, la
Somalie et l’Erythrée. Le cas spécifique du Rwanda et du
Burundi est particulièrement révélateur du paroxysme d’un conflit ethnique et
foncier exacerbé par des préjugés raciaux et la haine de l’Autre, enracinée depuis
l’époque coloniale pour les besoins de la cause.
A titre de comparaison, l’Afrique du sud de l’époque de l’apartheid n’est pas
très différente d’un Rwanda non démocratique d’aujourd’hui. C’est dire que la
seule solution à ce conflit est l’instauration de la démocratie, précédée d’un
dialogue comme celui qui avait eu lieu en son temps entre les représentants de
l’ANC de Nelson Mandela et ceux du pouvoir ségrégationniste conduit par le
président Frederick De Klerk, et qui est à l’origine de l’étonnante stabilité
actuelle de la République
sud africaine.
Par conséquent l’idée conjointe de l’Union européenne et du secrétaire général
de l’Onu est une idée médiane qui privilégie la solution diplomatique au
détriment de celle rébarbative et coûteuse de la guerre. Il suffit d’un peu de
sacrifice de la part des autorités rwandaises qui sont par ailleurs déjà assez
repues du pouvoir pour introduire sans coup férir la démocratie dans leur pays.
On pourrait avoir comme en Rsa d’un côté la majorité au pouvoir et de l’autre,
une classe de bourgeois ; les uns et les autres travailleront pour la paix
dans les Grands Lacs après avoir transformé le faux en charrue.
Pour les pays de cette partie du continent africain comme pour tout ce
continent d’ailleurs, la solution au développement et à la paix reste la
démocratie ; il ne sert à rien de se voiler la face et de dire aux
Congolais de s’entendre, car en réalité ces derniers n’ont jamais eu de litiges
entre eux. Si cette politique de l’autruche n’est pas définitivement mise au
boisseau, la région des Grands Lacs ratera la perche qui lui est tendue cette
fois par les Nations Unies sous l’égide de Ban Ki-Moon.
© L’Avenir
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