kamerhe_tutsi© Afriqu'Echos Magazine | 30/07/2007

On le savait déjà. Un conseiller d’un président de
la République d’un pays de l’Afrique centrale, qui a requis l’anonymat, nous avait prévenus à la lecture de l’interview-portrait de Vital Kamerhe dans Jeune Afrique l’Intelligent (n° 2426), une semaine après celle de Joseph Kabila parue dans le même organe de presse. Ça sentait le roussi ! On avait cru que le conflit au sein du gouvernement proviendrait de l’opposition - neutralisée déjà avec le départ (en exil) de Jean-Pierre Bemba, le silence de Tshisekedi et le ralliement du vieux Gizenga au camp Kabila. Que non ! C’est plutôt au sein même du PPRD, le parti de Joseph Kabila, qu’il jaillit. Vital Kamerhe est le seul et le premier à nous l’apprendre à travers sa mise au point concernant le portrait élogieux que lui a consacré Jeune Afrique l’Intelligent. Ce portrait méritait « quelques précisions », selon lui.

Outre, les observations que nous avait confiées le diplomate cité ci-haut, Vital Kamerhe avait embrayé sans retenue sur quelques considérations peu amènes sur le chef de l’Etat : « Je ne me suis jamais opposé à la désignation de Joseph Kabila comme successeur de son père à la magistrature suprême » … « Il n’était qu’un petit ». Disons, selon l’expression consacrée, « un simple commissaire général adjoint du gouvernement, ne disposant d’aucune autorité face aux dinosaures et courtisans de la cour de M’zee. »

Vital Kamerhe est prolixe et susceptible. Il voit le diable partout, même dans son propre camp. Il parle de son éloignement de l’entourage de Joseph Kabila, comme d’un résultat des manoeuvres politiciennes orchestrées dans sa propre famille politique. Sa conclusion sur le PPRD sonne comme une interpellation au chef de l’Etat quant aux dissensions qui minent sa famille politique et au danger de non-respect des promesses faites aux Congolais au lendemain de l’élection présidentielle.

Peut-on alors parler d’un malaise entre les deux hommes ? Nous ne le pensons pas. À moins que la lecture que l’on fera des propos du président de l’Assemblée Nationale ne transcende pas certaines passions et quelques relents d’antagonisme mal placé. Dire la vérité n’est pas toujours le propre des politiciens, même si elle s’avère nécessaire pour la bonne gouvernance.

Samedi 28 juillet 2007 Bazakana Bayete (AEM )
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