30 juillet 2007
Matadi : condamnation de 5 adeptes d’un mouvement politico-religieux à 6 mois de SPP
Bas
Congo | 28 Juillet 2007 à 15:32:01
Violation de domicile, arrestations arbitraires, usurpation
des fonctions et association des malfaiteurs, tels sont des griefs retenus par
le tribunal de grande instance de Matadi à charge de 9 adeptes de BDK. Mais les
prévenus ont rejeté tous ces griefs.
Lundi dernier, ces adeptes de BDK ont été envoyés par leur chef afin de
procéder à l’arrestation d’un débiteur dans la commune de Nzanza à Matadi. Les
faits se sont passés vers 5 heures du matin, selon des témoins. Cet homme
devrait fournir des explications au siège de BDK, au sujet d’une dette qu’il
aurait contractée. Mais la population s’est opposée à cette arrestation. Ce qui
a provoqué un incident. Quelques adeptes de ce mouvement et des policiers
dépêchés sur place pour calmer la situation ont été blessés.
Saisi de l’affaire, le ministère public a introduit une plainte. Le verdict a
été rendu vendredi : 6 prévenus dont 5 membres de BDK ont été condamnés à 6
mois de servitude pénale. Trois autres ont été acquittés.
Me Mawanda Samuel, avocat des adeptes, n'approuve pas le verdict. Il compte
ainsi faire appel dans le délai légal.
Arrestation des délégués syndicaux de la RTNC : l'Adg Emmanuel Kipolongo sert et s'identifie au régime
Deux délégués syndicaux de la RTNC, Vincent Hata et Michel
Shango, ont été arrêtés le 27 juillet courant par des éléments de la garde
présidentielle commis à la protection de la RTNC sur ordre de l’Adg de cette entreprise
publique qui les accuse d’avoir tenu une réunion en vue de détruire les
installations de la
RTNC
Accusation démentie par Kalala Tshitenge, responsable
de la délégation syndicale qui a déclaré à l’ONG Journaliste en danger (JED)
que les délégués syndicaux arrêtés voulaient plutôt convoquer une assemblée
générale de tous les travailleurs. Objectif : réclamer à l’employeur le
paiement de dix mois d’arriérés de prime représentant 35% des recettes
mensuelles de la RTNC
décidé depuis main 2006 par le comité de gestion pour pallier à la modicité de
la rémunération payée par l’Etat.
Le comportement de l'Adg de la Radio télévision nationale
congolaise, (Rtnc) ne me surprend pas personnellement. Il doit justifier
son poste pour avoir pris fait et cause pour le "Chef" lors de la
campagne électorale. Il semble qu'il clame à qui veut l'entendre
avoir participé à l'élection de Joseph Kabila. Ce qui lui confère tous les
droits et aucune obligation à l'égard de ceux qu'il dirige par défi !
Le problème de la Rtnc demeure celui-là, malheureusement
Les
journalistes, voire professionnels comme Kipolongo, qui ont fourbi leurs
armes dans cette maison, sont loin de se départir de vieilles habitudes
mobutistes qui font de cette boîte "une vraie caisse de résonance au
profit du seul gouvernement" et plus précisément au profit de tout
président de la République. Toute critique contre l'action gouvernementale
est vite sanctionnée par une suspension ou une révocation. Question de
prouver sa loyauté auprès du ministre, du gouvernement et du chef de l'Etat.
Je le dis en connaissance de cause pour y avoir travaillé
pendant plus de dix ans. Je me rappelle avoir été interdit d'antenne après
une intervention critique à la radio dans le journal de six heures contre
un ministre des Finances. Alors que je revenais pour présenter mon enquête à
7h00, il m'avait été dit par le régisseur d'antenne que sur ordre du
directeur de l'information radio (curieusement, il s'agissait de monsieur
Kipolongo et de la haute hiérarchie), je ne pouvais plus, jusqu'à preuve
du contraire, passer à la radio jusqu'à mon audition.
Dans cette entreprise, le journaliste doit
s'autocensurer tous les jours et s'attendre à tout, en cas de traitement
objectif de l'information. La conception qui veut que la Rtnc soit une entreprise
d'Etat, je voulais dire du gouvernement, est encore de mise, malgré
l'appellation complaisante de "La voix du peuple". Qu'il
convient de comprendre par " La
Voix du gouvernement". Il y a lieu de se demander
comment un gouvernement peut rectifier le tir et oeuvrer pour l'intérêt du
peuple si l'organe qui est sensé le ramener à l'ordre ne fait que le caresser
dans le sens du poil.
C'est pour cette raison que j'avais eu à soutenir,
dans un de mes articles publiés sur CongoOne.net, lorsque l'on
annonçait la mise sur satellite de la Rtnc que c'était une
bonne chose, mais pour présenter quel programme de qualité pouvant
susciter l'intérêt. Non pas que cette maison manque de journalistes de
qualité, mais puisqu'elle est toujours contrainte à ne faire que la volonté de
ceux qui sont au pouvoir, sans plus. Les membres de la délégation
syndicale de la Rtnc
ont toujours fait l'objet d'attaques, d'arrestations de la part des
gouvernements, curieusement, avec le concours des autorités de la Rtnc.
L'on se rappelle
qu'après le départ du ministre Kikaya, quelques membres de cette délégation
syndicale avaient été traînés en justice et condamnés, pour avoir dévoilé les
détournements opérés par ce dernier lors de son passage à la tête de
ministère. L'on sait également comment la délégation syndicale dirigée par
Mme Mikiti fut séquestrée par la soldatesque mobutienne alors qu'elle ne
réclamait que le bien-être des journalistes et agents de la Rtnc.
Il y a également
lieu de rappeler les menaces des Pdg de l'ère LD Kabila à l'endroit de ce
personnel qui ne demandait qu'à être bien payé. Faut-il enfin rappeler que la Rtnc
a payé le prix fort, à l'arrivée des "aventuriers et
opportunistes" de l'Afdl, se voyant décoiffer de tous les directeurs
et sous-directeurs pour lesquels l'Etat avait déboursé beaucoup d'argents
pour leurs formations, traités tous, à tort des mobutistes et remplacés
par une horde d'incompétents de tout poils, ramassés tout au long du
parcours des "fameux" libérateurs.
Plus de dix ans après, force est de constater que la
machine demeure, avec toutes ses pannes et personne ne veut apporter un
brin de changement.
"Salaire insignifiant et
Difficilement Acquis", Sida .
Revenons à la cause de l'arrestation de ces deux
journalistes et apprécions l'imagination féconde des fonctionnaires
congolais qui ont trouvé une définition exceptionnelle du sida, à savoir,
"Salaire Insignifiant et Difficilement Acquis". Il semble qu'à
chaque rumeur de paiement de salaire, les fonctionnaires congolais se
déplacent, à pied bien entendu, pour aller toucher leurs "
Sida". Mais, une fois au centre ville, ils sont déçus d'apprendre que ce
n'était qu'une fausse rumeur. Certains piquent, rapporte-t-on, des crises d'Avc
qui finissent par les emporter ad patres.
Finalement, ce "sida" gouvernemental tue au même titre que le
sida-maladie, d'après les échos en provenance de Kin, la belle-poubelle,
la capitale congolaise que le gouverneur André Kimbuta tient à réhabiliter.
Les journalistes de la Rtnc vivent le même calvaire puisque assimilés
aux fonctionnaires. Et malgré les prises de positions en faveur des hommes
au pouvoir, aucun gouvernement n'a jamais pensé à résoudre le problème
de salaires des "propagandistes" du pouvoir.
Ni Mobutu qui, semble-t-il, fut un correspondant de
Courrier d'Afrique, ni les Kabila ne pensent à revoir le salaire des
journalistes de la presse officielle. Le salaire varie entre 10 dollars
américains pour le planton et 60 à 80 $US pour le directeur. Pour tenir les
deux bouts du mois et mieux paraître, le journaliste congolais en général,
et de la Rtnc en
particulier, vit d'un système vil et humiliant, devenu une institution, à
savoir le "Coupage". En d'autres termes, lorsque le journaliste va
couvrir une manifestation, l'organisateur doit prévoir l'argent pour la
location de matériel ( entre 10 et 20 $US), les frais de montage, du
réalisateur voire les frais rédactionnels. Il doit, en plus, penser à
l'équipe venue couvrir la manifestation, composée généralement pour ce qui
est de la Rtnc,
d'un journaliste, d'un caméraman, d'un preneur de son, d'un éclairagiste.
Sans ces frais, l'information risque un non traitement,
et donc une non diffusion. Avec le "coupage",
l'information est traitée à la hauteur de la participation financière de
l'organisateur de la manifestation et est plus favorable au plus offrant. Cette
situation est connue de tous, du Pdg ou Adg de la Rtnc pour en avoir été aussi
bénéficiaires au début de leur carrière au président de la République. Curieusement,
personne ne bronche pour autant qu'elle pallie au manque à gagner du
journaliste, lui donnant l'illusion d'un mieux être.
Au fil des années, ce système décrédibilise le
journaliste et son travail
Il en devient ridicule et en souffre
intérieurement. Mais, il ne peut rien faire que s'en contenter.
Plusieurs cas peuvent être cités pour illustrer cette decrédibilisation
du journaliste. Certains musiciens, par exemple, ont fait déchausser
des journalistes afin de récupérer les chaussures leur achetées pour avoir
été critiqués. En d'autres termes, pour avoir reçu des chaussures de ce
musicien, ce chroniqueur de musique n'avait pas le droit de le
critiquer, devenant ainsi " sa chose" à manipuler à sa guise.
D'autres se font arrêter pour avoir tourné casaque puisque
"son journaliste" a pris faits et causes pour un adversaire
politique ... D'autres peuvent même être assassinés, comme c'est devenu la
coutume depuis quelques années.
Revendications
légitimes
C'est certainement pour éviter de faire perdurer cette
humiliation que les journalistes de la Rtnc exigent de bénéficier des primes sur base
des recettes produites par l'entreprise. Mais, cela n'a jamais été chose
facile.
Tout simplement puisque les différents Pdg ou Adg gèrent les
recettes de la publicité comme argent de poche. J'en connais un qui, après
avoir vidé ses poches au "M16"-une boîte de nuit située dans la
commune de Kasa-Vubu, non loin du Palais du Peuple- envoyait carrément son
chauffeur et son garde du corps aller récupérer l'argent des
communiqués que perçoit un agent à l'entrée de la Rtnc afin de poursuivre sa
soirée avec ses amis.
Un Pdg pareil n'est pas prêt à admettre que la
délégation syndicale lui exige le paiement d'un pourcentage dû au
personnel. Et la réaction tombe comme un couperet, dés lors que l'on bénéficie
de la protection du Président de la République. Voilà donc comment un Adg,
journaliste professionnel ayant fait carrière à la Rtnc, juge utile de se
comporter face à ses confrères, tout simplement puisqu'il est Adg,
jouissant d'une protection de la "haute hiérarchie".
Désolant !
Autant la RD Congo n'a jamais eu
des dirigeants qu'elle mérite pouvant oeuvrer pour le bonheur de tous les
Congolais, autant la Rtnc
souffre de mandataire devant se battre pour permettre à ses confrères de
travailler dans la dignité, avec un salaire digne (non un Sida, comme
ci-dessus défini), sans faire du journalisme-mendiant, ou mieux, sans être un «
Quado » dans la pourriture, recherchant tous les jours l'argent au bout du
fil".
Car, hormis l'actuel Adg avec ses impairs et ses attitudes
dictatoriales à l'image de son chef suprême, il y a lieu de signaler qu'un
autre Pdg, toujours ancien de la maison, avait réussi l'exploit de
transformer un car de reportage-radio en jeep personnelle, sans gêne,
obligeant les techniciens de transmission de prendre chaque fois un taxi afin
de transporter ce matériel de travail.
Une situation générale
de la presse congolaise
Bref, il convient de noter que la situation qui prévaut à la Rtnc n'est pas différente de
celle de la presse écrite ou des chaînes audiovisuelles privées tant
laïques que confessionnelles qui pullulent tant à Kinshasa qu'à travers
toute la république.
Partout, le journaliste mène une vie de misère, à
l'exemple des fonctionnaires, brimés par l'état pour les uns, et par les
éditeurs et propriétaires des journaux et des chaînes audiovisuelles, pour les
autres. Le bonheur est pour les patrons, la misère pour le
journaliste. C'est celle-là la dure réalité de tous nos confrères
éparpillés à travers toute la
RD Congo.
Et comme sans presse libre, il est difficile de voir
une démocratie crédible prendre corps, il est temps que les uns et les
autres attendent plusieurs décennies avant de voir s'ériger en RD Congo
une démocratie, où la liberté d'expression, l'analyse libre de la
situation socio-politique dans les limites de l'éthique et de la
déontologie professionnelles auront droit de cité.
Aussi longtemps que l'homme politique congolais n'acceptera
pas la critique faite par une presse responsable, travaillant dans de
bonnes conditions, pour l'intérêt, non des gouvernements, mais de la
nation, la RD Congo
est encore loin de sortir des ténèbres qui l'enveloppent depuis des
décennies.
Pour l'instant, nous ne pouvons que condamner le
comportement autocratique qui caractérise l'actuel Adg de la Rtnc à l'égard de deux
délégués syndicaux de la Radiotélévision nationale congolaise. Il ne doit
pas se sentir digne par cette attitude vis-à-vis de ses confrères. Et il
est trop tôt, pour monsieur Kipolongo, d'oublier ce qu'il a connu à
l'arrivée de l'Afdl, lui dont on entend encore la voix vantant la bonne
santé de Mobutu --dans le film « Mobutu, roi du Zaïre »- en décembre 1996.
Si les dictatures de Mobutu et de LD Kabila, qu'il a
servies avec zèle, ont échoué, il doit également s'attendre à l'échec de
la dictature de Joseph Kabila dont il se fait, une fois de plus, le
porte-étendard, oubliant que la bonne cause a toujours été du côté du
peuple, représenté ici par les journalistes de la Rtnc qu'il veut brimer.
CongoOne , Mise en
ligne le 29-07-07
Fonds Monétaire International (FMI) : Monnaie, Servitude et Liberté …
La Répression monétaire de l'Afrique
Eminent économiste africain du Cameroun, Tchundjang
Pouémi décédé le 27 décembre 1984 avait mené une réflexion pénétrante et
innovante sur la répression monétaire en Afrique, hissant le débat sur les
cimes des questions théoriques fondamentales, autant que sur celles plus
appliquées de domination, cernant avec à-propos la vassalisation tendancielle
de l’Afrique par un FMI fabricant industrieux de misère. Son désormais
classique
Monnaie, Servitude et Liberté [Editions MENAIBUC, 2ème
édition, 2000] est un passage obligé dans la compréhension des asservissements
par la monnaie, une critique du terrorisme monétariste obtus du FMI.
Instant Misery Fund, cette inscription, en 1979 figure sur une pancarte exhibée
par des manifestants qui protestent devant le siège du FMI contre un crédit
accordé au gouvernement du Général Somoza président du Nicaragua. De là
Tchundjang Pouémi tire cette expression tellement appropriée au rôle macabre du
FMI dans le monde pauvre, le Fonds de Misère Instantanée dont les
interventions monopolistiques s’éternisent et se multiplient, laissant derrière
elles une misère à chaque fois démultipliée. En fait il y a un rapport direct
entre les stratégies d’intervention du FMI, son unique et standard modèle
passe-partout pour être exact, et la génération d’une gamme complexe de
situations de pauvreté pour le plus grand nombre.
Cependant le FMI représente d’abord une violence symbolique
et une anomalie démocratique par ses effets de domination, de vassalisation
exercés sur des gouvernements, des systèmes de légitimation à l’évidence pas
toujours parfaits, mais pour d’aucuns plus ou moins représentatifs de
collectivités indirectement humiliées …avant le désastre de l’après plan.
L’inquisition menée avec morgue, arrogance et sur une allure martiale par le
quartet ou le quintet d’experts du siège qui daignent se déplacer
annuellement pour inspecter les comptes des Etats, en impose aux gouvernements,
rabaissant l’autorité des pays, les insérant dans des codes de notations
internes scolaires et infantilisants, terrorisant des titulaires de mandats
administratifs et électoraux.
Une asymétrie de cette nature, se justifiant de l’argutie
selon laquelle le FMI intervient à la demande des Etats -qui n’ont pas toujours
le choix, contraints par les partenaires bilatéraux occidentaux- est malséante
et inappropriée. De plus, le catalogue de mesures édictées par l’institution de
Bretton woods implique de facto une remise des clés de la nation, de sa
souveraineté économique aux firmes étrangères, occidentales, ce qui est à la fois
inadmissible et très probablement anti-constitutionne
C’est bien entendu par son monétarisme étroit et incohérent
que le FMI fabrique la pauvreté à la chaîne et de façon systématique. Précisons
que son approche économique, dominée par les phénomènes monétaires et la
nécessité de lutter contre l’inflation en priorité, en tant que les prix sont
des signaux guidant les calculs des agents, conséquence de quoi la masse
monétaire en circulation -crédits- devrait être limitée et très contrôlée, cette
approche conduirait logiquement à bannir les systèmes de changes fixes
-administrés et non issus du marché-, comme les francs CFA ou la zone euro par
exemple. Le FMI s’en accommode pourtant, à l’opposé de la lettre monétariste.
Bricolage…
Tout déséquilibre économique en appelle à une réponse FMiste
unique, du Brésil en Afrique du Sud en passant par l’Inde, le Laos ou le Cap
vert. Réduire la masse monétaire en rationnant le crédit, dévaluer les monnaies
pour faire redémarrer les exportations, réduire les dépenses publiques,
privatiser l’économie, libéraliser tous les secteurs, favoriser la préhension
des secteurs lucratifs par les firmes occidentales…
Les prescriptions du FMI sont malheureusement à l’inverse
des priorités évidentes de pays en développement frappés par la pauvreté de
masse, des niveaux d’éducation et de santé publique très insuffisants. Car
elles impliquent, décryptées, la réduction de la masse salariale le plus
souvent par des licenciements de la fonction publique, la limitation des subventions
aux secteurs agricoles, le primat de l’inflation sur la création de richesse,
proposition délirante en contexte de sous-activité et de sous-emploi. Il vaudra
toujours mieux d’avoir davantage d’inflation et des revenus viables plutôt que
pas d’inflation et pas de revenus. De plus le préjugé sur la perte de
compétitivité internationale liée à l’inflation est valable pour les
exportateurs de produits manufacturés, pas dans les filières des matières
premières où les prix locaux n’ont aucune incidence sur les cours
mondiaux…Trivial.
Le FMI pêche bien encore par ses analyses autant que par ses
préférences prétendument anti-inflationniste
A la hausse ou à la baisse, les
monnaies africaines ne changeront rien aux marchés des produits de base qui
dépendront toujours dans leur dynamique, de la demande occidentale, c’est à
dire des besoins de la croissance de ces pays occidentaux. Hors ces
considérations, les dévaluations africaines amenuisent les niveaux de vie
locaux, accentuent la pauvreté de ceux qui ne peuvent répercuter le
renchérissement du coût de la vie et des prix des biens importés sans incidence
durable sur le solde extérieur.
Quant au déficit public qu’il faudrait naturellement
contenir, tous les déficits ne se valent pas : il vaudrait mieux accepter
un éventuel déficit sur les secteurs de capital humain, formateur des facteurs de
production, de main d’œuvre qualifiée plutôt que d’empêcher la construction de
routes, écoles ou hôpitaux…
Enfin l’analyse fondamentalement fausse du bricolage
monétariste FMiste consiste à considérer que toute inflation provient d’un
excès de circulation de la masse monétaire dans l’économie. S’il est vrai que
l’inflation est au moins en partie un phénomène monétaire, il ne s’agit pas de
prendre l’effet -hausse des prix- pour la cause -monnaie. En effet l’inflation
peut résulter d’une mauvaise allocation de la masse monétaire, notamment
par les financements irrationnels à l’instar des crédits politiques.
La
croissance de la masse monétaire en circulation génère de l’inflation si
fondamentalement l’économie est en plein-emploi, c’est à dire si des crédits
supplémentaires ne peuvent augmenter le niveau de production arrivé à son
maximum. Or faire une telle hypothèse implicite dans les économies africaines
ressemblerait à une pathologie doctrinaire proche de l’autisme de
anti-inflation.
Incapable ni de redresser les économies du Tiers-monde, ni
de les conduire à une quelconque prospérité, il serait tant que le FMI abdique
de ses missions africaines, que les Africains gèrent eux-mêmes leurs relations
monétaires dans le cadre de structures collectives ou individuelles
responsables et avisées.
© ZE Belinga
Sarkafrique
L’Afrique est malade de ses mythes, dit Sarko
C’est vrai,
cependant, le premier de ces mythes africains c’est celui qui consiste à croire
que les autres, comme lui, peuvent venir de n’importe où donner des leçons de
vie aux Africains. Sarko serait-il donc plus africain que les Africains,
eux-mêmes ?
Son discours, hier au temple du savoir devant un parterre de sommités
politiques, intellectuelles et citoyennes buvant béatement ses paroles,
pourrait en tout cas le laisser croire. Auquel cas, on serait en pleine
hérésie. « J’aime l’Afrique, je la respecte ». N’est-ce pas Sarko
qui, candidat à l’élection présidentielle française, déclarait : «La France n’a pas besoin de
l’Afrique économique ? ».
Si c’est ça le respect pour l’Afrique …
Cette Afrique dont il est, en fait, venu
exhorter ses fils à rester chez eux et attendre qu’on les invite en France tout
en oeuvrant à l’ouverture des frontières africaines afin que les entreprises de
l’Hexagone viennent y tirer le maximum de profits. Aussi, en s’adressant
particulièrement à la jeunesse africaine dans un discours chargé de poésie
lénitive et flatteuse des richesses de l’Afrique, Sarko trahit ainsi son seul
souci de défendre sa politique d’« immigration choisie ».
Remarquez,
il a bien « choisi » les intellectuels notamment étudiants pour
adresser son message visant à fixer « ses » jeunes africains dans
leurs pays. Il aurait été intéressant qu’il s’adressât à ceux-là qui,
réellement, empruntent les chemins tortueux de l’émigration.
Ceux-là ne sont pas dans les amphithéâtres, ils sont dans la rue, dans les
menuiseries, les restaurants, etc… Ils sont dans les villages les plus reculés
où rien que l’eau ou le minimum vital fait défaut, où le revenu de la pêche
arrive à peine à nourrir correctement deux personnes dans une famille de vingt
marmailles… (comme ça rime bien avec racaille).
Oh, ce n’est pas la faute à
Sarko, encore moins à la France,
si cette situation est ainsi révoltante. Mais venir dire à cette marmaille
pourquoi il faut qu’elle reste, vaille que vaille, dans cet environnement
hostile parce que « l’Afrique est belle, intelligente » avec un
potentiel bla, bla, bla, c’est du bla-bla. Oui, c’est le même. Les discours de
Nicolas Sarkozy, c’est un peu comme à la Foir’fouille. On trouve de tout. Un patchwork
contradictoire destiné à séduire le plus large public possible.
Il est ainsi renversant et bouleversant de voir les autres, comme Sarko, venir
nous dire toujours ce que nous ne savons déjà que trop. « L’Afrique se
développera grâce à ses élites », dit encore Sarko. Quel scoop. C’est un
visionnaire, ce gars-là.
Ah, j’oubliais, il « aime l’Afrique et la
respecte ». Lui à-t-on simplement demander d’aimer l’Afrique ?
Soit,
s’il l’aime tant, cette Afrique, empruntons alors à Vincent Hugeux du quotidien
l’ « Express », ses interrogations quant au penseur de bois sculpté
d’Aliou, cette statuette offerte, en septembre 2006, par ce « vendeur
d’art » de Dakar à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur,
trône-t-elle comme promis sur le bureau élyséen de l’élu du 6 mai ? Ou
alors, le fétiche légué non loin du cimetière de Bel-Air, là où repose Léopold
Sédar Senghor, médite-t-il, dans un carton empoussiéré, sur la vanité des serments
humains ?
Ce serait fâcheux : au long de son quinquennat, le nouveau
président aura bien besoin du présent d’Aliou pour maintenir à flot son
ambition africaine.
Car, au-delà du verbe, le sort du continent noir n’est pour
lui ni une obsession, ni même une priorité. Tout juste un dossier parmi
d’autres, à traiter au mieux des intérêts de la France ou de l’idée qu’il
s’en fait ; un enjeu que le fils rebelle de la Chiraquie semble en
outre examiner au travers du prisme réducteur, donc déformant, de l’immigration.
De quoi méditer sur ce proverbe, africain : « Ne te laisse pas lécher
par qui peut t’avaler.
© SOMBEL FAYE
Source : Sud Quotidien
The Economist : Only just staying in one piece (RDC)
© The Economist print edition | The Economist (28th - 3rd
August 2007, Vol. 384, No 8539)
July 26th 2007 | GOMA AND KINSHASA
Since last year's
historic elections, political and economic progress has stalled, while war
drums are rumbling in the country's east
IF EVER there were an urgent case for change in Congo after years of neglect
and war, it is Kinshasa's general hospital. The emergency room reeks of stale
urine. The sick lie outside, while relatives collect money for treatment.
Life-threatening cases are accepted but nothing happens until someone stumps up
the cash—even if the patients die.
Nine months after Congo's elections (the first for more than
40 years), which were meant to mark a fresh start after a war that left some 4m
dead, Dr Mbwebwe Kabamba, a surgeon in the hospital, is expecting no miracle
overnight. But, like millions who walked miles, risked attacks by gunmen or
simply stood in the rain to vote, he is looking for signs that those in power
might improve the situation.
Candidates made spectacular donations of thousands of
dollars to the hospital while they campaigned. But the doctor says none has
been back since. “Many say that the elections were a waste of time,” he
explains. “They don't see a difference between those in power before and those
in power now.”
Change, so far, has been small. Joseph Kabila, who was
nominated president in 2001 after his father, Laurent, was assassinated, is
still president. But now he has a five-year mandate, after winning 58% of the
vote. His first five years were spent trying to defeat rebels backed by the
armies of neighbouring countries and then holding together an unwieldy transitional
government. Now he must rebuild a country that was already crippled by decades
of dictatorship and corruption before it descended into the war that lasted
from 1998 to 2003, the most lethal anywhere since the second world war.
The elections were relatively free and fair. Even the
cynical were ready to give Mr Kabila a chance after he made a triple promise in
his inauguration speech: to ensure good governance, democracy and respect for
human rights. But the signs since then have been less hopeful. In February the
security forces killed at least 100 people demonstrating against rigged
provincial elections. In March hundreds more, mostly civilians, were killed
when fighting erupted between government forces and men loyal to Jean-Pierre
Bemba, a former rebel who came second in the presidential poll. Mr Bemba's
bodyguards were routed; he has gone into exile in Portugal. Attacks on
journalists have also been increasing in frequency.
Diplomats whose countries spent well over $500m paying for the elections were
shaken by the violence, particularly as some of their own houses were looted in
the fighting. But the president merely castigated those who complained that his
government had been heavy-handed.
The economy has yet to improve. Salaries have not gone up
but prices in the markets have. Pot-holes in the capital have not been filled
in. Electric power cuts out more often. Olivier Kamitatu, the planning minister,
says the country will take time to get back on its feet. According to the UN, a
Congolese person manages on average to get access to health care once in seven
years. Last month a meeting of would-be donors to discuss ways of giving the
Congolese a “peace dividend” was plunged into darkness by a power cut, despite
being held in Kinshasa's plushest hotel.
Some good initiatives have been launched. The government has
persuaded some opposition politicians who boycotted political institutions
after the post-election fighting to return. Legislators promise to keep
spending in check by reviewing it every three months. Those who want to run
state bodies will now be tested by officials on some basic skills, not just
their political connections. Logging and mining contracts worth billions of
dollars will apparently be reviewed.
But there is no sign that the country's vast mineral
resources will benefit more than a lucky handful. Few of the taxes that are
paid actually go into the state coffers. A Western diplomat estimates that
direct benefits to the state from mining totalled a paltry $32m last year,
though Congo-based copper-mining companies alone have made hundreds of millions
on stockmarkets in recent months.
Parliament has adopted a budget for 2007, albeit more than
six months into the year. But the government may struggle to lure back donors
after mismanagement led to the suspension of many lending programmes agreed on
last year. The budget this year, for a country of 60m-odd people, is a meagre
$2.4 billion.
Most worrying of all is the east, the centre of the last two
wars, where land and ethnic issues still stir up hatred. Rebel Rwandan Hutus,
home-grown militias and an abusive national army all continue to prey on
civilians. In North Kivu, the UN's Children's Fund (UNICEF) has helped 250,000
people who have fled violence since the elections. Faced with the killing,
raping and looting, civilians no longer differentiate between the various
groups of men with guns. “They all just pillage,” says a skeletal man
sheltering in a church. “It doesn't matter which side they are on.”
Hutu rebels from Rwanda, many of whom took part in the
genocide of 1994 when some 800,000 or so Rwandans were killed, once gave the
Rwandan government a reason for invading eastern Congo. They no longer threaten
Kigali, Rwanda's capital. But their very presence in Congo enrages their Tutsi
enemies in Congo's east, especially their self-proclaimed protector, General
Laurent Nkunda, a Congolese Tutsi who refused to join the army after the war
and has led a rebellion in the east instead.
Kabila still needs the peacekeepers
President Kabila's government says it wants Mr Nkunda
arrested for war crimes, but Mr Kabila has also sent an envoy to negotiate.
Turning down an offer of $2.5m and a life of exile in South Africa, Mr Nkunda
accepted a deal in January to integrate some of his men into the national army.
Mr Kabila hoped this would weaken Mr Nkunda. Instead, it let him recruit more
Tutsis and others from Rwanda. He claims still to want to join the national
army, but his influence has spread across North Kivu. By taking over the
police, tax collection and the intelligence services, he runs a parallel
administration.
Mr Kabila is now sending soldiers, tanks and helicopter
gunships to the east, threatening to squash Mr Nkunda for good. “There's an
international plot against the Tutsis and we won't accept it,” says Mr Nkunda
in his headquarters, protected by well-trained soldiers and anti-aircraft guns.
“They can come and attack. They have all the means but I will take them on. I'm
not scared to die.”
Much of this mess arises from botched attempts to reform the
army and police. Foreign donors failed to plan how to integrate tens of
thousands of gunmen into a national army. A demobilisation and reintegration
programme stopped at the end of last year as the money ran out and the agency
involved was accused of corruption. Some 15 integrated brigades, embracing men
from groups that had fought one another in the civil war, have been formed, but
they are pretty chaotic. Some 80,000 soldiers remain in separate units.
In any event, the rump of the army is rotten. By one
account, soldiers get just 15 meals a month. Most of their wages are stolen, so
they turn to theft in their turn. The 100,000 or so who had demobilised have
had little success in finding jobs. Many may rejoin armed groups out of
frustration. Western diplomats say the government will soon turn to China for a
no-strings arms deal and military training in return for easier access to
mining, oil and logging.
Can outsiders hold the
ring for ever ?
This leaves the UN's 17,000 peacekeepers stuck in the
middle. Some have been accused of participation in sex rings and gold
smuggling. But without the UN, the elections would not have taken place. The UN
mission, a state within a state, is in an increasingly awkward position. For
instance, despite the fact that some of Mr Nkunda's men have committed war
crimes, the UN must still carry out joint patrols with them as they are
officially part of the national army. And if violence were to erupt again, the UN
would probably be asked by Mr Kabila to help him arrest rebel leaders such as
Mr Nkunda. This poses a danger of the UN being sucked into a new civil war.
With the elections over and new missions elsewhere, pressure
is mounting for the UN's force to be reduced. The Congo mission costs more than
$1 billion a year. William Swing, its head, has given warning against pulling
out before the job is done. “I've said please don't give us arbitrary draw-down
formulas. I want something that makes sense in military terms.” But no one
seems to know what that will be—and few are confident that Congo can stand on
its own feet any time soon.
Confessions d’un tueur à gages économique : Fiction ou Réalité ?
Retranscription
d’une interview de John Perkins, ancien membre respecté de la communauté bancaire
Dans son livre "Confession of an Economic Hit Man"
(Confessions d’un tueur à gages économique) il décrit comment, en tant que
professionnel très bien payé, il a aidé les Etats-Unis à extorquer des
milliards de dollars aux pays pauvres à travers le monde en leur prêtant plus
d’argent qu’ils ne pouvaient rembourser pour ensuite prendre le contrôle de
leurs économies.
Il y a 20 ans, Perkins a commencé à écrire un livre intitulé "La Conscience d’un Tueur à
gage Economique"
Perkins écrit, "le livre à l’origine était dédié aux Présidents de deux
pays, des hommes qui avaient été mes clients et que j’ai respecté et que je
tenais en estime - Jaime Roldos, président de l’Equateur, et Omar Torrijos,
président du Panama.
Les deux sont morts dans des crashs d’avion. Leurs morts ne
sont pas accidentelles. Ils ont été assassinés parce qu’ils s’opposaient à
l’alliance entre les dirigeants des multinationales, les gouvernement et les
banques dont l’objectif est de construire l’Empire Global.
Nous, les tueurs à gages économiques, n’avons pas réussi à
retourner Roldos et Torrijos, alors un autre type de tueurs à gages, les
chacals de la CIA,
qui étaient toujours dans notre sillage, sont entrés en scène."
John Perkins écrit aussi : "On m’a convaincu de ne pas écrire le livre. Je
l’ai commencé quatre fois au cours des vingt dernières années. A chaque fois,
ma décision était motivée par des événements mondiaux : l’invasion du Panama
par les Etats-Unis en 1980, la première Guerre du Golfe, la Somalie, et la montée
d’Oussama Ben Laden. Cependant, des menaces et des pots de vin m’ont toujours
convaincu de m’arrêter."
Perkins a finalement publié son livre intitulé
"Confessions of an economic hit man" [confession d’un tueur à gages
économique]. Il est avec nous dans les studios.
Amy Goodman : Nous sommes avec John
Perkins. Bienvenu à "Democracy Now" [titre de l’émission - NDT]
John Perkins : Merci, Amy. Je suis heureux d’être avec vous.
Amy Goodman : Et nous sommes heureux de
vous recevoir. Bien, expliquez-nous ce terme "tueur à gages
économique", comme vous dites.
John Perkins : En gros, nous étions formés et notre travail consistait à
construire l’empire américain. De créer des situations où le maximum de
ressources étaient drainées vers ce pays, vers nos multinationales, notre
gouvernement, et nous avons été très efficaces.
Nous avons construit le plus grand empire de l’histoire du
monde. Et nous l’avons fait au cours des 50 ans qui ont suivi la deuxième
guerre mondiale, avec peu de moyens militaires en réalité. En de rares
occasions, comme en Irak, les militaires interviennent mais uniquement en
dernier recours.
Cet empire, contrairement à tout autre empire de l’histoire
du monde, a été crée d’abord par la manipulation économique, par la fraude, par
la corruption de personnes avec notre mode de vie, et à travers les tueurs à
gages économiques. J’en faisais partie.
Amy Goodman : Et comment en êtes-vous
arrivé là ? Pour qui avez-vous travaillé ?
John Perkins : J’ai
été recruté lorsque j’étais encore étudiant dans une école de commerce, à la
fin des années 60, par l’Agence de Sécurité Nationale [NSA - acronyme anglais,
NDT], la plus grande et la moins connue des agences d’espionnage du pays. A la
fin, j’ai travaillé pour des compagnies privées.
Le premier tueur à gage économique était Kermit Roosevelt,
dans les hannées 50, le petit-fils de Teddy [président des Etats-Unis - NDT] ,
qui renversa le gouvernement Iranien, un gouvernement démocratiquement élu, le
gouvernement de Mossadegh qui avait été désigné "homme de l’année"
par le magazine Time.
Il a réussi à le faire sans verser de sang - enfin, il y en
a eu un peu, mais sans intervention militaire, juste en dépensant des millions
de dollars et en remplaçant Mossadegh par le Chah d’Iran. A ce stade, nous
avons compris que l’idée d’un tueur à gages économique était une très bonne
idée. Nous n’avions plus à nous préoccuper d’un risque de conflit armé avec la Russie en opérant ainsi. Le
problème était que Roosevelt était un agent de la CIA. Il était donc un
employé du gouvernement.
S’il avait été découvert, nous aurions eu de gros ennuis.
Cela aurait été très embarrassant. Alors la décision a été prise de faire appel
à des organisations comme la CIA
et la NSA pour
recruter des tueurs à gages économiques comme moi et nous faire travailler pour
des sociétés privées, des sociétés de conseil, de construction. Ainsi, si on se
faisait prendre, il n’y avait aucun lien avec le gouvernement.
Amy Goodman : D’accord. Pour qui
avez-vous travaillé ?
John Perkins : Et
bien, le compagnie pour laquelle je travaillais s’appelait Chas. T. Main à
Boston, Massachusetts. Nous avions environ 2000 employés, et je suis devenu
leur économiste en chef. J’avais 50 personnes sous mes ordres. Mais mon
véritable job était de conclure des affaires. J’accordais des prêts à des pays,
des prêts énormes, qu’ils ne pouvaient pas rembourser.
Une des clauses du prêt - disons 1 milliard de dollars pour
un pays comme l’Indonésie ou l’Equateur - était que le pays devait retourner
90% du prêt à des compagnies états-uniennes, pour reconstruire des
infrastructures, des compagnies comme Halliburton ou Bechtel.
Ce sont de grosses compagnies. Ces compagnies ensuite
construisaient des réseaux électriques ou des ports ou des autoroutes qui ne
servaient qu’aux quelques familles les plus riches de ces pays. Les pauvres de
ces pays se retrouvaient en fin de compte avec une dette incroyable qu’ils ne
pouvaient absolument pas payer.
Un pays aujourd’hui comme l’Equateur consacre 50% de son
budget national juste pour rembourser sa dette. Et il ne peut pas le faire.
Ainsi nous les tenons à la gorge. Si nous avons besoin de plus de pétrole, nous
allons voir l’Equateur et nous leur disons, "Bon, vous ne pouvez pas nous
rembourser, alors donnez à nos compagnies les forêts d’Amazonie qui regorgent
de pétrole."
C’est ce que nous faisons aujourd’hui et nous détruisons les
forêts amazoniennes, obligeant l’Equateur à nous les donner à cause de cette
dette. Ainsi, nous accordons ce gros prêt, et la majeure partie revient aux
Etats-Unis. Le pays se retrouve avec une dette plus d’énormes intérêts et il devient
notre serviteur, notre esclave. C’est un empire. Ca marche comme ça. C’est un
énorme empire. Qui a eu beaucoup de succès.
Amy Goodman : (...) Vous dites que vous
avez longtemps retardé l’écriture de ce livre pour cause de pots de vin et
d’autres raisons. Que voulez-vous dire par là ? Qui a tenté de vous acheter ou
quels sont les pots de vin que vous avez acceptés ?
John Perkins : Et
bien, dans les années 90, j’ai empoché un demi million de dollars pour ne pas
écrire le livre.
Amy Goodman : De qui ?
John Perkins :
D’une grosse société de construction.
Amy Goodman : Laquelle ?
John Perkins :
C’était la compagnie Stoner-Webster. Légalement, ce n’était pas un pot de vin.
J’étais payé comme consultant. C’était tout à fait légal. Mais je n’avais pas
de travail, en réalité. Il était entendu, comme je l’explique dans mon livre,
que je n’aurais en réalité pas grand chose à faire si j’acceptais cet argent en
tant que consultant, alors qu’ils savaient que j’étais en train d’écrire le
livre qui, à l’époque, devait s’intituler "la conscience d’un tueur à gage
économique". Il faut dire que c’est une histoire extraordinaire, c’est
presque du James Bond.
Amy Goodman : En tous cas, c’est
l’impression que l’on retire à la lecture du livre
John Perkins: Oui, et ça l’était réellement, vous savez. Lorsque la NSA m’a recruté, ils m’ont
fait passer au détecteur de mensonges pendant une journée entière. Ils ont
découvert toutes mes faiblesses et m’ont immédiatement séduit.
Ils ont utilisé les drogues les plus puissantes de notre
culture, le sexe, le pouvoir et l’argent, pour me soumettre. Je venais d’une
très vieille famille de la Nouvelle Angleterre, Calviniste, fortement imprégnée de valeurs morales.
Vous savez, je crois que je suis plutôt quelqu’un de bien,
et je crois que mon histoire montre réellement comment ce système et ses
puissantes drogues comme le sexe, l’argent et le pouvoir peuvent exercer une
séduction, parce que j’ai été réellement séduit. Et si je n’avais pas mené
moi-même cette vie de tueur à gages économique, je crois que j’aurais eu du mal
à croire que quelqu’un puisse faire de telles choses.
Et c’est la raison pour laquelle j’ai écrit ce livre, parce
que notre pays a vraiment besoin de comprendre. Si les gens de ce pays
comprenaient la nature réelle de notre politique étrangère, la nature réelle de
notre aide à l’étranger, comment fonctionnent les multinationales, où passe
l’argent de nos impôts, je sais qu’ils demanderaient que cela change.
Amy Goodman : Dans votre livre, vous
expliquez comment vous avez participé à la mise en place d’un plan secret
destiné à rapatrier des milliards de dollars du pétrole Saoudien vers les
Etats-Unis, ce qui a renforcé les liens entre le régime Saoudien et les
administrations successives US.
John Perkins : Oui, c’était une époque fascinante. Je me souviens bien, vous
étiez probablement trop jeune pour vous en souvenir, mais je me souviens au
début des années 70 comment l’OPEP exerçait son pouvoir pour réduire la
fourniture de pétrole. Nous avions des files de voitures devant les pompes à
essence.
Le pays avait peur d’une nouvelle crise comme celle de 1929,
une récession. Et ceci était inacceptable. Alors le Département du Trésor m’a
embauché avec quelques autres tueurs à gages économiques. Nous sommes allés en
Arabie Saoudite.
Amy Goodman : On vous appelle réellement
des tueurs à gages économiques ?
John Perkins : Oui,
c’est comme ça que nous nous appellons. Officiellement, j’étais un économiste
en chef. Mais nous nous appelions les tueurs à gage économiques. C’était de
l’ironie. C’était pour dire que personne ne nous croirait si nous le disions,
vous comprenez ?
Alors nous sommes allés en Arabie Saoudite au début des
années 70. Nous savions que l’Arabie Saoudite était la clé de notre
indépendance énergétique, ou le moyen de contrôler la situation. Et nous avons
donc monté cet accord où la
Maison Royale Saoudienne était d’accord pour nous envoyer la
majeure partie de leurs petro-dollars, et les investir aux Etats-Unis.
Le Département du Trésor utiliserait les intérêts de ces
investissements pour engager des compagnies US pour reconstruire de nouvelles
villes en Arabie Saoudite, de nouvelles infrastructures, et c’est que nous
avons fait.
Et la Maison
Royale garantirait le prix du pétrole dans des limites
acceptables pour nous, chose qu’ils ont fait pendant tout ce temps. En échange,
nous assurions leur maintien au pouvoir tant qu’ils respecteraient l’accord, ce
que nous avons fait, et c’est une des raisons pour lesquelles nous sommes
entrés en guerre en Irak.
En Irak, nous avons essayé la même politique avec Saddam
Hussein, mais Saddam n’a pas marché dans la combine. Lorsque les tueurs à gages
économiques échouent, l’étape suivante est d’envoyer ce que nous appelons les
chacals de la CIA,
à savoir des personnes qui tentent de fomenter un coup d’état ou une
révolution. Si ça ne marche pas, ils recourent aux assassinats, ou ils
essaient. Dans le cas de l’Irak, ils n’ont pas réussi à atteindre Saddam
Hussein.
Ses gardes du corps étaient trop efficaces. Il avait des
sosies. Ils n’ont pas réussi à l’atteindre. Alors la troisième ligne de
défense, si les tueurs à gages économiques échouent et si les chacals échouent,
c’est d’y envoyer des jeunes hommes et des jeunes femmes pour tuer et se faire
tuer. Ce qui est évidemment en train de se passer en Irak.
Amy Goodman :
Pouvez-vous nous expliquer comment est mort Torrijos ?
John Perkins: Omar
Torrijos, le président du Panama, avait signé un accord sur le Canal du Panama
avec Carter. Vous savez que cet accord n’a été approuvé par le Congrès que par
une majorité d’une seule voix. C’était un sujet très controversée.
Puis Torrijos est allé de l’avant et a commencé à négocier
avec les Japonais la construction d’un nouveau canal. Les Japonais voulaient
financer et construire un nouveau canal au Panama. Torrijos leur en a parlé, ce
qui n’a pas plus du tout à Bechtel Corporation, dont le président était George
Schultz, et son conseiller principal était Casper Weinberger.
Lorsque Carter a été viré (et il serait intéressant de
raconter comment il a été effectivement viré), lorsqu’il a perdu les élections,
et que Reagan est arrivé au pouvoir, Schultz est devenu Secrétaire d’Etat et
Weinberger est devenu Secrétaire à la Défense et ils étaient très en colère contre
Torrijos. Ils ont essayé de l’amener à renégocier le traité du Canal et de
laisser tomber les Japonais. Il a platement refusé. C’était un homme de
principes.
Il avait ses défauts, mais c’était un homme de principes.
C’était un homme étonnant. Puis il est mort dans un crash d’avion, un magnétophone
relié à une bombe avait été placé dans l’appareil. J’y étais. J’avais travaillé
avec lui. Je savais que nous, les tueurs à gages économiques, avions échoué. Je
savais que les chacals avaient été appelés.
Puis son avion a explosé avec un magnétophone piégé. Il ne
fait aucun doute pour moi que c’était un travail de la CIA. De nombreux
enquêteurs latino-américains sont arrivés à la même conclusion. Bien sûr, nous
n’en avons jamais entendu parler chez nous.
Amy Goodman : Et quand avez-vous changé
d’idées ?
John Perkins : J’ai
toujours eu un sentiment de culpabilité, depuis le début, mais j’étais séduit.
Le pouvoir, le sexe, l’argent exerçaient une forte attirance sur moi. Et bien
sûr, je faisais des choses pour lesquelles j’étais félicité. J’étais un
économiste en chef. Je faisais des choses qui plaisaient à des gens comme
Robert McNamara, et ainsi de suite.
Amy Goodman : Quels étaient vos
relations avec la
Banque Mondiale ?
John Perkins : Je travaillais en très étroite collaboration
avec la Banque
Mondiale. La Banque Mondiale fournit la majeure partie de
l’argent utilisé par les tueurs à gages économiques, ainsi que le FMI.
Mais après les attentats du 11 Septembre, j’ai changé. Je
savais que je devais raconter l’histoire parce que les événements du 11
septembre sont le résultat direct du travail des tueurs à gages économiques. Et
la seule manière pour retrouver la sécurité dans ce pays et retrouver une
conscience tranquille serait d’utiliser ces mécanismes que nous avons mis en
place pour apporter des changements positifs à travers le monde.
Je crois réellement que nous pouvons le faire. Je crois que la Banque Mondiale et
d’autres institutions peuvent être changées et être amenées à faire ce qu’elles
sont censées faire, qui est de reconstruire les zones dévastées de la planète.
Aider, aider réellement les pauvres. 24 000 personnes meurent de faim chaque
jour. Nous pouvons changer cela.
Source : Democracy Now, 28 octobre 2005, www.democracynow.org
Traduction Viktor Dedaj
28 juillet 2007 10:11:57
RD Congo : Septembre 2007, le mois de tous les dangers
Revendication de hausse salariale, rentrée scolaire,
privatisations des entreprises publiques, rétrocession des 40% des recettes aux
entités provinciales, session budgétaire au Parlement, évaluation de
l’exécution du programme économique du gouvernement par le Fonds monétaire
international ...
Tels sont les sujets qui vont défrayer la chronique de la vie
politique et sociale en RD Congo. Dans l’interview accordée à l’hebdomadaire
parisien « Jeune Afrique », Joseph Kabila avait promis de faire le bilan des
six premiers mois du gouvernement Gizenga.
En RD Congo, le mois
de septembre s’approche dans un climat de morosité générale.
L’argent ne circule pas, car les fournisseurs de l’Etat sont
impayés. Il en est de même de certains employés de l’Etat et même du secteur
privé. C’est dans cette ambiance de paupérisation générale que fut déclenchée
au début du mois de juillet la grève des régies financières. Il s’agit de la
direction générale des impôts (DGI), de l’Office des douanes (Ofida) et de la Direction générale des
recettes administratives et domaniales (DGRAD). Devant la radicalisation du
mouvement, la Présidence
de la République
a enjoint le ministre des Finances de trouver « immédiatement » des solutions
aux revendications des grévistes. Ce qui a été fait. Maintenant, tous les
fonctionnaires et agents de l’Etat se sont rendus compte de leur force quand
ils demeurent unis. Ils revendiquent les augmentations des salaires promises
par le gouvernement dans le cadre de l’Accord de Mbudi. Dans l’entendement des
fonctionnaires, cette hausse salariale doit prendre effet à partir du mois de
juillet qui s’achève avec effet rétroactif au 1er janvier 2007.
Le problème est que
l’Etat n’aura pas assez de ressources pour y faire face
Dans certains milieux, on affirme déjà que le gouvernement a
décidé de postposer l’application du nouveau barème suite au manque à gagner
provoqué par la grève des régies financières. Septembre est aussi le mois de la
rentrée scolaire. Cela se traduit par un effort financier considérable des
parents pour faire face aux frais scolaires.
Mais comme la plupart d’entre eux sont mal ou pas du tout
payés, cela se traduit invariablement par des tensions sociales. Mais cette
année sera spéciale. C’est la première rentrée scolaire d’après les élections.
Nombreux sont les Congolais moyens qui ont été réconfortés à l’idée qu’après
les élections la crise économique sera jugulée.
Tous les partenaires
extérieurs et bailleurs de fonds en ont même fait leur fonds de commerce
Aujourd’hui, la crise est plus profonde qu’avant les
élections. Mis à part cela, les enseignants du domaine public menacent déjà
d’aller en grève à la rentrée des classes si leurs revendications salariales ne
sont pas satisfaites. A tous ces problèmes s’est invitée la question de la
privatisation des entreprises publiques.
Elles sont toutes virtuellement en faillite et disposent
d’un personnel pléthorique. A titre d’exemple, une entreprise comme « L.AC. »
(Lignes aériennes congolaises) ne dispose depuis belle lurette d’aucun avion.
Mais ses 2.000 agents qui continuent à venir au "boulot" affirment
que l’entreprise leur doit au moins huit années d’arriérés de salaires ! Pour
la survie de ces entreprises, il faut la privatisation.
Ce qui signifie mettre à la porte tout le personnel
excédentaire. Les syndicats le savent. C’est pourquoi la privatisation des
entreprises publiques est considérée comme le mal absolu. Il faudra pourtant
passer par là.
Le gouvernement s’est déjà engagé auprès du Fonds monétaire
international (FMI) et des bailleurs de fonds pour amorcer le processus de
privatisation de la plupart des sociétés d’Etat durant l’année en cours. Une
confrontation entre les travailleurs et le gouvernement n’est pas à exclure
dans les semaines à venir.
Le mois de septembre
sera aussi consacré à l’évaluation du programme économique du gouvernement par
les services du FMI.
Une matrice des critères de performance a été mise en place.
Pour prétendre bénéficier des ressources prévues au budget de l’Etat de 2007 au
titre des donations extérieures, le gouvernement doit appliquer une série de
mesures impopulaires.
C’est notamment le plafond sur les salaires de la fonction
publique, la privatisation et la décentralisation. Sur le problème de la décentralisation,
le gouvernement s’est engagé envers le FMI à différer la rétrocession des 40%
des recettes aux provinces.
Or, dans l’entendement
des dirigeants provinciaux, cette rétrocession doit commencer en septembre
2007.
Les populations des provinces considérées riches sont déjà
mobilisées à cet effet. En attendant, la loi sur la décentralisation n’a
toujours pas été votée par l’Assemblée nationale. Septembre enfin, est le mois
de l’ouverture de la session parlementaire consacrée notamment au budget de
l’Etat. Il n’est pas exclu que le gouvernement soit sérieusement chahuté suite
à son immobilisme et aux nombreuses promesses non tenues.
Jean-Pierre Tsheba © Congoindépendant 2003-2007
Jeunes Africains, pour mettre un terme définitif à la propagande négationniste et falsificatrice.
Source THOTEP :
http://www.thotep.com/article.php3?id_article=339
http://www.thotep.com/article.php3?id_article=335
Paris, le 28 juillet 2007
Après l'ignoble insulte faite par le président "démocratiquement élu"
de la République
française aux enfants du Continent Mère de l'Humanité, dans le pays symbolique
de Gorée, dans les lieux symboliques de l'Université Cheikh Anta DIOP de Dakar
au Sénégal, une mise au point s'impose.
La colonisation et l'esclavage sont un programme idéologique qui prend son
essence dans le Pentateuque, c'est-à-dire dès les premiers textes de l'Ancien
Testament: Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome.
Il suffit de lire ou relire quelques versets pour comprendre la profondeur de
cette idéologie.
De l'ancien testament à nos jours, en passant par Christophe Colomb ou Victor
Hugo et Napoléon, le peuple Noir (ou Kémite) dans sa globalité et l'Afrique ont
été offerts en pâture aux autres peuples.
Il ne s'agit pas, ici, de savoir si ce qui est écrit dans l'Ancien Testament
est vrai ou pas.
Il ne s'agit pas de mettre en évidence les nombreuses et flagrantes
incohérences de ces livres qui mélangent dans une même époque des récits vrais
ou faux d'époques très diverses.
Mais il s'agit de bien comprendre qu'au jour d'aujourd'hui, en 2007, des
peuples fondent leur politique sur ces écrits sans en rejeter ou dénoncer les
versets sataniques; pis, ils en revendiquent "l'héritage divin"
Genèse chapitre 9 versets 18 à 27
Esclavage : Canaan, la descendance de Cham (les Kémites ou Noirs), est condamné
à l'esclavage perpétuel parce que Cham a découvert son père Noé saoul et nu.
Celui qui ne boit pas, Cham, est accusé et puni; celui qui se saoule,
Noé, est encensé.
Genèse chapitre 12 versets 1 à 9 &
Deutéronome, chapitre
12, versets 29
Colonisation : le pays de Canaan est "offert par Dieu" à la
descendance d'Abram.
Genèse chapitre 12 versets 10 à 20, chapitre
13 verset 1
Tromperie et Pillage de l'Egypte (Kemet) : Après que le Pharaon ait accueilli
Abraham et sa famille suite à la famine qui s'était installée au Pays de Canaan
que "Dieu venait de leur donner" (mais qu'en ont-il fait de ce beau
"cadeau divin"? Quand a commencé cette famine, qui a causé cette
famine ?), le Dieu d'Abraham frappe de grandes plaies le Pharaon "pour
avoir pris sa femme". Pourtant Abraham avait menti au Pharaon et ne
lui avait pas dit que cette belle femme, Sara, était sa femme et qu'il
[Abraham] l'avait "prise" ... au pays de Canaan (verset 10).
Là encore, celui qui commet la faute [le mensonge] accuse la victime.
Et la fourberie ne s'arrête pas là, car le livre programme "s'émeut"
que Abram ait été "reconduit à la frontière avec tout ce qu'il possédait".
Et ce "tout ce qu'il possédait n'était pas rien" puisque
"Abraham était très riche en troupeux, en argent et en or". Ce
tour de passe-passe ne réussit pas à cacher le pillage systématique des terres
visitées "données par Dieu" et vite dépouillées.
Et là encore, celui qui commet la faute [le pillage] accuse la victime.
Exode chapitre 1, versets 1 à 10
Se faire accueillir puis pourrir son hôte de l'intérieur: Le peuple accueilli
par Kémet (l'Egypte) a entrepris de se multiplier et de devenir "de plus
en plus nombreux et puissants, au point que le pays en fut rempli" (verset
7).
"Il combattrait contre nous pour ensuite sortir du pays" décrit
l'inquiétude des Egyptiens face à un peuple visiblement connu pour être des
pilleurs.
Exode chapitre 3, versets 21 et 22
Spoliation de Kémet (l'Egypte) ordonnée par Dieu et fourberie "divine":
"Je ferai gagner à ce peuple la faveur des Egyptiens, et quand vous
partirez, vous ne partirez pas les mains vides... vous en dépouillerez les
Egyptiens".
Exode chapitre 4, versets 21 à 23
Un Dieu machiavélique qui rend [plus] méchant le soi-disant ennemi de son
peuple pour mieux se venger : "Mais
moi, j'endurcirai son coeur à Pharaon (comment, par quels actes ignobles ?) et
il ne laissera pas partir le peuple"
Et comme Pharaon ne laissera pas partir le peuple, alors Dieu promet de faire
périr le fils premier-né de Pharaon.
Exode chapitre 7, chapitre 11
Génocide "divin" contre Kémet : Le Dieu qui a endurci le coeur de
Pharaon empoisonne l'eau du fleuve et tue les poissons. Il tue tous les
premiers-nés du pays, que ce soit ceux de Pharaon, des servantes ou du bétail.
Deutéronome, chapitre 12, versets 2 et
3, 29
Génocide culturel ordonné par Dieu, effacement de l'Histoire : "Vous abolirez
tous les lieux où les peuples que vous dépossédez auront servi leurs dieux ... Vous
démolirez leurs autels, leurs stèles, leurs pieux sacrés, vous les brûlerez,
les images sculptées de leurs dieux, vous les abattrez, et vous abolirez leur
nom en ce lieu"
Voilà pourquoi aujourd'hui les Kémites ne connaissent pas leur Histoire.
Bulles papales de 1452 et 1493
http://www.un.org/french/WCAR/e-kit/indigenous.htm
http://www.africamaat.com/article.php3?id_article=220
Colonisation, Pillage et Esclavage en parfaite continuité
avec l'Ancien Testament : Avec les bulles papales de Nicolas V au roi du
Portugal en 1452 et de Alexandre XI au roi d'Espagne en 1493, les Papes
prennent le relais de Dieu dans la machine à coloniser.
"Nous avions jadis, par de précédentes lettres, concédé au Roi Alphonse,
entre autres choses, la faculté pleine et entière d’attaquer, de conquérir, de
vaincre, de réduire et de soumettre tous les sarrasins (c-a-d les Nègres),
païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient, avec leurs royaumes,
duchés, principautés, domaines, propriétés, meubles et immeubles, tous les
biens par eux détenus et possédés, de réduire leurs personnes en servitude
perpétuelle (...) de s’attribuer et faire servir à usage et utilité ces dits
royaumes, duchés, contrés, principautés, propriétés, possessions et biens de
ces infidèles sarrasins (nègres) et païens (...)"
Christophe Colomb (de son vrai nom
Cristobal COLON)
Pillage et Colonisation chrétienne dans la droite ligne de l'Ancien Testament,
sans rupture!
Cristobal COLON, père de la
COLONisation moderne au service du Christ n'a pas renié
l'Ancien Testament. Pas plus que ces admirateurs de notre époque avec par
exemple le "plaidoyer pour ma terre" de Herbert Pagani que l'on
trouve sur de nombreux sites Internet
http://www.alephbeth.net/israel/herbertpagani.html
http://www.col.fr/article-123.html
http://www.harissa.com/D_forum/Judaisme/plaidoyerhp.htm,
http://www.sefarad.org/desinfo/20020325.html)
Cristobal COLON était parti pour "une mission divine" à la recherche
d'or "pour reconstruire le temple de Jérusalem".
Et bien sûr l'économie divine ne souffre pas que l'on y résiste. Ainsi quand
les Amérindiens de 14 ans et plus ne lui ramenaient pas suffisamment d'or,
l'Illuminé de Dieu leur faisait trancher les mains et saigner à blanc !
Victor Hugo et son "hommage
inspiré" à Victor Schoelcher
Toujours dans la droite ligne du Pillage et de la Colonisation divine :
Lisez ces extraits du discours, un 18 mai 1879, du sieur Victor Hugo en hommage
à Victor Schoelcher, lequel est célébré encore aujourd'hui pour "son"
combat contre l'esclavage des Noirs.
Est-ce que vous voyez le barrage ?
Il est là, devant vous, ce bloc de sable et
de cendre, ce morceau inerte et passif qui, depuis six mille ans, fait
obstacle à la marche universelle, ce monstrueux Cham qui arrête Sem par son
énormité, -l’Afrique.
Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Amérique
a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire.
L’Afrique n’a pas d’histoire. Une sorte de légende vaste et obscure
l’enveloppe. Rome l’a touchée, pour la supprimer
Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre. Prenez là. A qui ? À personne.
Prenez cette terre à Dieu.
Dieu donne la terre aux hommes, Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la.
"
Alors, Jeunes Africains, ne permettez plus aux autres d'écrire votre Histoire
et de vous insulter.
Debout !
© Gilbert Léonard
La situation sécuritaire à l’Est de la République n’est guerre brillante
Les provinces les plus concernées par l’insécurité sont le Nord et
le Sud-Kivu, où des groupes armés étrangers ne cessent de semer la désolation
et la mort parmi la population civile.
Le territoire de Walungu (Sud-Kivu), reste encore le bastion des groupes armés,
dont ceux des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Dans la
foulée, il y a un autre groupe dénommé « Rasta » qui impose la loi du
Talion dans cette partie du Sud-Kivu.
Le village de Buli, situé à 2 kilomètres à l’Ouest de Walungu/centre, a été
la cible d’une attaque des combattants hutu rwandais, le vendredi 27 juillet
2007. Bilan : quatre femmes enlevées et plusieurs biens de valeur pillés,
a rapporté radiookapi.net.
Joseph Muking Kakez, administrateur du territoire de Walungu, a confirmé cette
attaque devant la presse locale. A ce sujet, il a déclaré qu’ « il
s’agit bien des combattants Hutu rwandais venus probablement de la forêt de
Mugaba. Ils ont investi le village et pillé des effets de grande valeur,
notamment des matelas, des habits, des porcs. Ils ont emporté deux femmes et
deux filles. Quand nos forces (les FARDC) ont réagi, les assaillants ont
abandonné tous les biens de valeur et relâché une femme. Et quand vous descendez
au niveau de Buli, vous pouvez voir les premiers éclaireurs de la Monuc, les gens avertissent
eux-mêmes la Monuc
à temps ».
Avant d’ajouter que si les FARDC n’étaient pas vite intervenus, les choses
pouvaient s’aggraver. Car, il fallait une réorganisation de deux minutes et un
parcours d’environ deux kilomètres pour atteindre rapidement le lieu de
l’attaque. La
Belgique est, en outre, de loin, le plus gros acheteur
d’étain en provenance de cette région, et le bénéfice finit dans les poches de
chefs de guerre, indique notre confrère flamand.
Le territoire de Walungu a souvent été la cible d’hommes armés, notamment les
groupes armés étrangers qui y ont élu domicile. La dernière attaque remonte au
mois de mai dernier. 19 personnes avaient été tuées à l’arme blanche et près de
30 autres blessées.
Karel De Gucht demande des précisions
aux experts de l’Onu
Nos confrères du « Morgen » indiquaient vendredi que, selon un
récent rapport d’experts de l’Organisation des Nations unies, la Belgique reste la plaque
tournante de l’or en provenance de l’Est du Congo, avec lequel des armes
illégales sont achetées.
Une action de la Monuc
Le chef de la diplomatie belge précise que « la justice belge a d’ores et
déjà commencé à étudier un certain nombre de questions mentionnées dans le
rapport », dont une tentative de vente de pyrochlore.
M. De Gucht insiste sur la « priorité » que représente pour la Belgique la transparence
au sujet de l’exploitation des richesses naturelles. Il suggère que l’on fasse
« effectuer l’inventaire des réseaux existants, par, par exemple, le
groupe d’experts des nations unies », mais estime aussi que la Monuc (Mission de l’Onu au
Congo) doit soutenir « activement le désarmement de ces groupes armés par
les forces de combat congolaises (FARDC) et agir au niveau de leur financement).
Jusqu’ici, malgré une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu lui rappelant
qu’elle est habilitée « à utiliser tous les moyens nécessaires » pour
défendre les civils congolais menacés par des groupes armés, la Monuc préfère se contenter
d’appuyer l’armée congolais – qui n’est pas très entreprenante contre les
groupes armés, notamment en raison de l’attitude ambiguë, en la matière, du
pouvoir de Kinshasa. © La Libre Belgique / Le
Potentiel
Occupation du territoire congolais par l'Angola !
Il y a quelques jours, à l’Assemblée Nationale, la Commission Lumbala
a prouvé que le Congo est occupé par les militaires angolais.
Son rapport a été
accepté par la majorité parlementaire et l’opposition institutionnelle.
Quelques jours après, le député Mboso a enfoncé le clou, en
démontrant, cartes à l’appui, que le territoire occupé n’a jamais appartenu à
l’Angola. Ce travail est réalisé après que « les experts » du gouvernement
aient soutenu, haut et fort, la thèse contraire.
Le législatif étant chargé de contrôler l’exécutif devrait tirer toutes les conclusions logiques de cette affaire.

