31 juillet 2007
Bernard Kouchner, un ministre non embarqué
Accusé par ses anciens amis socialistes d'être à la tête
d'un ministère fantoche, le french doctor se voit contraint de se justifier.
« Un acteur qui n'a finalement joué aucun rôle, ce n'est
plus un acteur, c'est un spectateur ! » Voilà comment François Hollande
définissait, ce mardi matin, la fonction de Bernard Kouchner.
A la demande du
groupe socialiste, le ministre des Affaires étrangères a rendu compte de son
action devant les députés pendant plus d'une heure.
La réunion a porté sur la
libération des infirmières bulgares par la Libye. Pour François
Hollande, qui regrette de n'avoir aucun moyen de vérifier si des contreparties
financières ont été versées à Tripoli, il s'agit d' « otages ».
Selon Bernard
Kouchner, en revanche, ces infirmières étaient retenues du fait « d'une
décision judiciaires que nous (la
France) trouvions injuste ». Mais au-delà de la discussion
sur le bien fondé de l'action qui a permis leur libération, les socialistes ont
surtout contesté le rôle de Bernard Kouchner.
En creux, ils interrogent le
ministre sur l'irruption de Cécilia Sarkozy sur la scène internationale. «
J'avais le président au téléphone toutes les demi-heures pendant les
négociations », s'est justifié le ministre devant la presse, comme si le temps
passé au téléphone avec le président témoignait de son importance et de la
confiance qui lui est accordée ...
Depuis quelques temps, Bernard Kouchner multiplie les déclarations dans ce
sens. Dans une interview à Corse-matin, le 24 juillet, il assurait que ses
relations avec Nicolas Sarkozy étaient « très directes et très franches », tout
en reconnaissant que c'est le président « qui décide ».
Du côté de l'Elysée,
pour le moment, aucun signe public de soutien n'a été donné à ce ministre de
l'ouverture en position difficile.
Bien au contraire, le chef de l'Etat ne l'a
pas convié pour sa tournée africaine, une première dans l'histoire de la République. Il lui
a préféré la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade.
Et tandis que
Bernard Kouchner peine sur le dossier libanais, sans résultat probant, c'est
encore Rama Yade qui est chargée d'une mission humanitaire sur le Darfour, une
région que, pourtant, le french doctor affirme bien connaître.
Placé, comme ses
collègues, sous l'étroite tutelle de l'Elysée, le ministre n'aurait même pas
été libre de choisir son directeur de cabinet.
Alors que Bernard Kouchner
souhaitait être assisté de Jean-Maurice Ripert, ancien conseiller diplomatique
de Jospin, c'est Philippe Etienne, ex-directeur adjoint d'Hervé de Charrette,
qui a été finalement imposé.
Ce matin, il n'y avait guère que le député UMP des
Yvelines, Jacques Myard, pour prendre la défense du ministre des Affaires
étrangères et célébrer son « talent ».
Un cauchemar pour le french doctor !
Mardi 31 Juillet 2007 - 17:21
© Anna Borrel |
Marianne
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