31 juillet 2007
Tintin au Congo s'acclimate mal en Afrique du Sud
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Après la
Grande-Bretagne, l'Afrique du Sud. Tintin au Congo qui a
récemment été retiré de certaines librairies britanniques, pourrait subir le
même sort en Afrique. En cause, le "racisme" et le
"colonialisme" de l'ouvrage. Le dessinateur sud-africain Zapiro
parle, lui, de censure.
Le grand héros de bande dessinée Tintin et son fidèle
compagnon sont accusés de racisme : leur créateur Georges Rémi, plus connu sous
le nom de Hergé, est décrié pour avoir décrit, dans Tintin au Congo, les
Africains comme des demi-sauvages et des sous-hommes stupides. Mais, en Afrique
du Sud, le dessinateur primé Zapiro, de son vrai nom Jonathan Shapiro, estime
que les éditeurs sud-africains du héros belge ne doivent pas censurer le livre
pour ses propos racistes. Human and Rosseau, l'éditeur en afrikaans de la
célèbre BD, a toutefois décidé de ne pas publier de version afrikaans de Tintin
au Congo au motif qu'il présente "les Africains de façon stéréotypée et
peu flatteuse", explique sa porte-parole Carina Diedericks-Hugo. Cet
ouvrage est le deuxième volume des 23 aventures de l'intrépide reporter Tintin
et de son chien Milou. La série, traduite dans 77 langues, s'est vendue à 220
millions d'exemplaires dans le monde entier.
Tintin au Congo est taxé de racisme depuis des années, aussi bien par les
grands fans du reporter du Petit Vingtième que par ses détracteurs. Mais la
controverse s'est réactivée récemment, lorsque David Enright, un avocat
londonien spécialiste des droits de l'homme, est tombé dans une librairie du
Royaume-Uni sur cette BD publiée en 1931 et y a vu un véritable dérapage
raciste : "Ces propos suggèrent [aux enfants] que les Africains sont des
sous-hommes, des imbéciles à demi sauvages," déclarait-il récemment dans
un entretien. Hergé relate les aventures de son héros blanc au Congo avec, en
toile de fond, une population noire inepte et semblable à une bande de
chimpanzés, qui finit par considérer Tintin et son chien comme des divinités.
Shapiro se dit un "grand défenseur de la liberté d'expression" et
estime qu'il ne faut pas "interdire" cette bande dessinée. "Nous
savons très bien aujourd'hui que Hergé a profondément regretté certaines de ses
attitudes passées", explique Shapiro. "Moi aussi, je trouve ce livre
arrogant et insultant, mais les gens changent."
Au début du mois, la chaîne Borders a annoncé le retrait du livre de la section
enfants de ses magasins britanniques, suite à la plainte d'Enright. Des mesures
semblables devraient être prises dans les 499 autres magasins de la chaîne aux
Etats-Unis. Tintin au Congo sera désormais placé dans le rayon "romans
graphiques". Shapiro souligne que, dans ses œuvres suivantes, Hergé a
commencé à "manifester une profonde empathie pour les peuples qui ont été
colonisés et brutalisés. Il a vécu certaines choses qui l'ont fait évoluer, et
cela se ressent dans ses histoires." Les contenus les plus polémiques ont
été supprimés de certaines éditions de Tintin au Congo. Une version expurgée,
publiée au Royaume-Uni en 2005, était vendue avec un avertissement rappelant le
contexte colonial de la création de cette œuvre. Shapiro est favorable à la
publication de la bande dessinée "avec une sorte de notice expliquant les
regrets d'Hergé. Je préférerais qu'on en parle plutôt que de le voir
censuré", conclut-il.
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© Natasha Joseph | Cape Times
Des femmes victimes de viols et d'esclavagisme au Congo
© Le Monde | 31.07.07 | 15h24 • Mis à
jour le 31.07.07 | 15h24
New York - Nations unies - Correspondant
Victimes d'une "oppression généralisée" en République démocratique du Congo (RDC), des milliers de femmes congolaises subissent, selon Yakin Ertürk, une experte de l'ONU, des atrocités sexuelles, pour lesquelles leurs tortionnaires "bénéficient de l'impunité". Elles sont "victimes une deuxième fois quand elles sont rejetées par leur propre communauté, famille ou mari, à cause de la stigmatisation attachée au viol".
De retour d'une mission en RDC du 16 au 27 juillet, Mme
Ertürk, rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l'homme chargée de la
violence à l'égard des femmes, dresse un tableau alarmant de la situation dans
le Sud-Kivu (est) - la "pire crise" qu'elle ait rencontrée. Depuis
janvier, 4 500 cas de violence sexuelle ont été recensés, mais "le nombre
réel de cas est sans aucun doute beaucoup plus élevé ", affirme-t-elle
dans une déclaration, car beaucoup de victimes "ont peur de porter plainte
ou n'ont pas survécu à la violence".
Selon l'experte turque, docteur en sociologie, les
principaux coupables sont "des groupes armés étrangers non étatiques"
dont certains "semblent avoir été impliqués dans le génocide
rwandais". Ils opèrent dans la jungle, "pillent, violent, emmènent
les femmes et les filles comme esclaves sexuelles et les soumettent au travail
forcé".
"Les femmes sont soumises à des viols collectifs
brutaux, souvent devant leur propre famille ou leur communauté tout entière,
affirme Mme Ertürk. Dans de nombreux cas, les hommes de la famille sont
contraints, sous la menace d'une arme, de violer leur propre fille, leur mère
ou leur soeur. Après le viol, il est fréquent que les bourreaux tirent au fusil
dans l'appareil génital de la femme ou qu'ils la poignardent dans cette partie
de son corps. Plusieurs femmes, qui ont survécu à des mois d'esclavage, m'ont
raconté que leurs tortionnaires les avaient forcées à manger les excréments ou
la chair des membres de leur famille assassinés", poursuit-elle.
A l'hôpital de Panzi, à Bukavu, près de la frontière
rwandaise, où 3 500 femmes sont soignées chaque année pour des blessures
génitales graves, Yakin Ertürk s'est entretenue avec une fillette de 10 ans,
enlevée à ses parents, qui a subi une opération d'urgence après que ses "tortionnaires
eurent brutalement enfoncé un bâton dans ses organes génitaux".
Des militaires et des policiers congolais, "protégés"
par leurs supérieurs, seraient, selon l'experte, responsables de 20 % des actes
de violence sexuelle au Sud-Kivu ou en Ituri (nord-est). Certains "pillent,
violent massivement et dans certains cas tuent des civils" dans les
communautés soupçonnées d'appuyer des milices rebelles. Des actes qui, estime Mme
Ertürk, "constituent des crimes de guerre et, dans certains cas, des
crimes contre l'humanité" .
© Philippe Bolopion
Bernard Kouchner, un ministre non embarqué
Accusé par ses anciens amis socialistes d'être à la tête
d'un ministère fantoche, le french doctor se voit contraint de se justifier.
« Un acteur qui n'a finalement joué aucun rôle, ce n'est
plus un acteur, c'est un spectateur ! » Voilà comment François Hollande
définissait, ce mardi matin, la fonction de Bernard Kouchner.
A la demande du
groupe socialiste, le ministre des Affaires étrangères a rendu compte de son
action devant les députés pendant plus d'une heure.
La réunion a porté sur la
libération des infirmières bulgares par la Libye. Pour François
Hollande, qui regrette de n'avoir aucun moyen de vérifier si des contreparties
financières ont été versées à Tripoli, il s'agit d' « otages ».
Selon Bernard
Kouchner, en revanche, ces infirmières étaient retenues du fait « d'une
décision judiciaires que nous (la
France) trouvions injuste ». Mais au-delà de la discussion
sur le bien fondé de l'action qui a permis leur libération, les socialistes ont
surtout contesté le rôle de Bernard Kouchner.
En creux, ils interrogent le
ministre sur l'irruption de Cécilia Sarkozy sur la scène internationale. «
J'avais le président au téléphone toutes les demi-heures pendant les
négociations », s'est justifié le ministre devant la presse, comme si le temps
passé au téléphone avec le président témoignait de son importance et de la
confiance qui lui est accordée ...
Depuis quelques temps, Bernard Kouchner multiplie les déclarations dans ce
sens. Dans une interview à Corse-matin, le 24 juillet, il assurait que ses
relations avec Nicolas Sarkozy étaient « très directes et très franches », tout
en reconnaissant que c'est le président « qui décide ».
Du côté de l'Elysée,
pour le moment, aucun signe public de soutien n'a été donné à ce ministre de
l'ouverture en position difficile.
Bien au contraire, le chef de l'Etat ne l'a
pas convié pour sa tournée africaine, une première dans l'histoire de la République. Il lui
a préféré la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade.
Et tandis que
Bernard Kouchner peine sur le dossier libanais, sans résultat probant, c'est
encore Rama Yade qui est chargée d'une mission humanitaire sur le Darfour, une
région que, pourtant, le french doctor affirme bien connaître.
Placé, comme ses
collègues, sous l'étroite tutelle de l'Elysée, le ministre n'aurait même pas
été libre de choisir son directeur de cabinet.
Alors que Bernard Kouchner
souhaitait être assisté de Jean-Maurice Ripert, ancien conseiller diplomatique
de Jospin, c'est Philippe Etienne, ex-directeur adjoint d'Hervé de Charrette,
qui a été finalement imposé.
Ce matin, il n'y avait guère que le député UMP des
Yvelines, Jacques Myard, pour prendre la défense du ministre des Affaires
étrangères et célébrer son « talent ».
Un cauchemar pour le french doctor !
Mardi 31 Juillet 2007 - 17:21
© Anna Borrel |
Marianne
L'ONU exige des poursuites contre les auteurs de violences du Bas-Congo
© AFP via Monuc | Kinshasa, 30 juil 2007
La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) exige des poursuites judiciaires contre les auteurs des violences post-électorales meurtrières qui ont secoué fin janvier la province du Bas-Congo (ouest), dans un rapport parvenu lundi à l'AFP.
Des affrontements avaient opposé les 31 janvier et 1er
février à Matadi (capitale du Bas-Congo), à Boma, à Muanda et à Songololo, les
forces de l'ordre et des partisans du mouvement politico-religieux Bundu dia
Kongo (BDK), qui dénonçaient des cas de corruption lors de l'élection du
gouverneur de cette province. Ces violences ont fait 87 morts, selon le
ministère de l'Intérieur, et plus de 100 selon l'ONU.
Plusieurs ONG et des députés de l'opposition avaient dénoncé
un "usage disproportionné" de la force lors de la répression par
l'armée des manifestations des partisans de BDK, essentiellement armés de
bâtons.
Les autorités judiciaires doivent identifier et
traduire en justice les personnes ayant violé la loi lors de ces incidents,
qu'il s'agisse des membres de BDK, des FARDC (Forces armées de la RDC) ou de la PNC (Police nationale
congolaise) écrit la Monuc
qui avait dépêché sur les lieux une équipe.
Les conclusions de cette mission, transmises depuis
plusieurs mois aux autorités du pays, font état d'au moins 105 civils et forces
de l'ordre tués et plus de 100 personnes blessées dans ces violences.
Le nombre de victimes pourrait être "plus élevé eu
égard au nombre des cas de blessés" admis dans les hôpitaux de la
province", précise le rapport.
La Monuc demande aux autorités judiciaires de "transférer devant la juridiction civile compétente le procès en appel" des cinq adeptes de BDK condamnés à des peines diverses par le tribunal militaire de Boma.
Elle appelle à un "dialogue efficace et effectif"
avec les dirigeants de BDK pour "décourager de futurs actes de violence et
traiter les tensions persistantes au Bas-Congo".
L'ONU demande également au gouvernement d'équiper la police
congolaise pour lui permettre de "faire face" à d'éventuelles
situations des troubles.
En février, le gouvernement avait présenté le BDK comme un mouvement paramilitaire ayant échafaudé un plan visant à paralyser la province pour justifier la répression. L'Assemblée nationale - qui a également initié une enquête sur ces violences - a recommandé début juillet des poursuites judiciaires contre leurs auteurs.
Discours de Nicolas SARKOZY à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal)
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de remercier d’abord le gouvernement et le peuple sénégalais de
leur accueil si chaleureux. Permettez-moi de remercier l’université de Dakar
qui me permet pour la première fois de m’adresser à l’élite de la jeunesse
africaine en tant que Président de la République française.
Je suis venu vous parler avec la franchise et la sincérité que
l’on doit à des amis que l’on aime et que l’on respecte. J’aime l’Afrique, je
respecte et j’aime les Africains.
Entre le Sénégal et la France, l’histoire a tissé les liens d’une amitié
que nul ne peut défaire. Cette amitié est forte et sincère. C’est pour cela que
j’ai souhaité adresser, de Dakar, le salut fraternel de la France à l’Afrique toute
entière.
Je veux, ce soir, m’adresser à tous les Africains qui sont
si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue, qui n’ont pas
la même religion, qui n’ont pas les mêmes coutumes, qui n’ont pas la même
culture, qui n’ont pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les
uns les autres comme des Africains. Là réside le premier mystère de l’Afrique.
Oui, je veux m’adresser à tous les habitants de ce continent
meurtri, et, en particulier, aux jeunes, à vous qui vous êtes tant battus les
uns contre les autres et souvent tant haïs, qui parfois vous combattez et vous
haïssez encore mais qui pourtant vous reconnaissez comme frères, frères dans la
souffrance, frères dans l’humiliation, frères dans la révolte, frères dans
l’espérance, frères dans le sentiment que vous éprouvez d’une destinée commune,
frères à travers cette foi mystérieuse qui vous rattache à la terre africaine,
foi qui se transmet de génération en génération et que l’exil lui-même ne peut
effacer.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour pleurer avec
vous sur les malheurs de l’Afrique. Car l’Afrique n’a pas besoin de mes pleurs.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour m’apitoyer sur
votre sort parce que votre sort est d’abord entre vos mains.
Que feriez-vous, fière jeunesse africaine de ma pitié ?
Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne
s’efface pas.
Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a
eu des fautes et il y a eu des crimes.
Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les
hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce
crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime
contre l’homme, ce fut un crime contre l’humanité toute entière.
Et l’homme noir qui éternellement « entend de la cale
monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit de
l’un d’entre eux qu’on jette à la mer ». Cet homme noir qui ne peut
s’empêcher de se répéter sans fin « Et ce pays cria pendant des siècles
que nous sommes des bêtes brutes ». Cet homme noir, je veux le dire ici à
Dakar, a le visage de tous les hommes du monde.
Cette souffrance de l’homme noir, je ne parle pas de l’homme
au sens du sexe, je parle de l’homme au sens de l’être humain et bien sûr de la
femme et de l’homme dans son acceptation générale. Cette souffrance de l’homme
noir, c’est la souffrance de tous les hommes. Cette blessure ouverte dans l’âme
de l’homme noir est une blessure ouverte dans l’âme de tous les hommes.
Mais nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui
d’expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander
aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.
Jeunes d’Afrique, je ne suis pas venu vous parler de
repentance. Je suis venu vous dire que je ressens la traite et l’esclavage
comme des crimes envers l’humanité. Je suis venu vous dire que votre déchirure
et votre souffrance sont les nôtres et sont donc les miennes.
Je suis venu vous proposer de regarder ensemble, Africains
et Français, au-delà de cette déchirure et au-delà de cette souffrance.
Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non d’oublier
cette déchirure et cette souffrance qui ne peuvent pas être oubliées, mais de
les dépasser.
Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non de
ressasser ensemble le passé mais d’en tirer ensemble les leçons afin de
regarder ensemble l’avenir.
Je suis venu, jeunes d’Afrique, regarder en face avec vous
notre histoire commune.
L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre
malheur. On s’est entretué en Afrique au moins autant qu’en Europe. Mais il est
vrai que jadis, les Européens sont venus en Afrique en conquérants. Ils ont
pris la terre de vos ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les
croyances, les coutumes de vos pères. Ils ont dit à vos pères ce qu’ils
devaient penser, ce qu’ils devaient croire, ce qu’ils devaient faire. Ils ont
coupé vos pères de leur passé, ils leur ont arraché leur âme et leurs racines.
Ils ont désenchanté l’Afrique.
Ils ont eu tort.
Ils n’ont pas vu la profondeur et la richesse de l’âme
africaine. Ils ont cru qu’ils étaient supérieurs, qu’ils étaient plus avancés,
qu’ils étaient le progrès, qu’ils étaient la civilisation.
Ils ont eu tort.
Ils ont voulu convertir l’homme africain, ils ont voulu le
façonner à leur image, ils ont cru qu’ils avaient tous les droits, ils ont cru
qu’ils étaient tout puissants, plus puissants que les dieux de l’Afrique, plus
puissants que l’âme africaine, plus puissants que les liens sacrés que les
hommes avaient tissés patiemment pendant des millénaires avec le ciel et la
terre d’Afrique, plus puissants que les mystères qui venaient du fond des âges.
Ils ont eu tort.
Ils ont abîmé un art de vivre. Ils ont abîmé un imaginaire
merveilleux. Ils ont abîmé une sagesse ancestrale.
Ils ont eu tort.
Ils ont créé une angoisse, un mal de vivre. Ils ont nourri
la haine. Ils ont rendu plus difficile l’ouverture aux autres, l’échange, le
partage parce que pour s’ouvrir, pour échanger, pour partager, il faut être
assuré de son identité, de ses valeurs, de ses convictions. Face au
colonisateur, le colonisé avait fini par ne plus avoir confiance en lui, par ne
plus savoir qui il était, par se laisser gagner par la peur de l’autre, par la
crainte de l’avenir.
Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a
exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient
pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre,
du fruit de son travail.
Il a pris mais je veux dire avec respect qu’il a aussi
donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires,
des écoles. Il a rendu féconde des terres vierges, il a donné sa peine, son
travail, son savoir. Je veux le dire ici, tous les colons n’étaient pas des
voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs.
Il y avait parmi eux des hommes mauvais mais il y avait
aussi des hommes de bonne volonté, des hommes qui croyaient remplir une mission
civilisatrice, des hommes qui croyaient faire le bien. Ils se trompaient mais
certains étaient sincères.
Ils croyaient donner la liberté, ils créaient l’aliénation.
Ils croyaient briser les chaînes de l’obscurantisme, de la
superstition, de la servitude.
Ils forgeaient des chaînes bien plus lourdes, ils imposaient
une servitude plus pesante, car c’étaient les esprits, c’étaient les âmes qui
étaient asservis. Ils croyaient donner l’amour sans voir qu’ils semaient la
révolte et la haine.
La colonisation n’est pas responsable de toutes les
difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres
sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des
génocides.
Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas
responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la
prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution.
Mais la colonisation fut une grande faute qui fut payée par
l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne
comprenaient pas pourquoi on leur en voulait autant.
La colonisation fut une grande faute qui détruisit chez le
colonisé l’estime de soi et fit naître dans son cœur cette haine de soi qui
débouche toujours sur la haine des autres.
La colonisation fut une grande faute mais de cette grande
faute est né l’embryon d’une destinée commune. Et cette idée me tient
particulièrement à cœur.
La colonisation fut une faute qui a changé le destin de
l’Europe et le destin de l’Afrique et qui les a mêlés. Et ce destin commun a
été scellé par le sang des Africains qui sont venus mourir dans les guerres
européennes.
Et la France
n’oublie pas ce sang africain versé pour sa liberté.
Nul ne peut faire comme si rien n’était arrivé.
Nul ne peut faire comme si cette faute n’avait pas été
commise.
Nul ne peut faire comme si cette histoire n’avait pas eu
lieu.
Pour le meilleur comme pour le pire, la colonisation a
transformé l’homme africain et l’homme européen.
Jeunes d’Afrique, vous êtes les héritiers des plus vieilles
traditions africaines et vous êtes les héritiers de tout ce que l’Occident a
déposé dans le cœur et dans l’âme de l’Afrique.
Jeunes d’Afrique, la civilisation européenne a eu tort de se
croire supérieure à celle de vos ancêtres, mais désormais la civilisation
européenne vous appartient aussi.
Jeunes d’Afrique, ne cédez pas à la tentation de la pureté
parce qu’elle est une maladie, une maladie de l’intelligence, et qui est ce
qu’il y a de plus dangereux au monde.
Jeunes d’Afrique, ne vous coupez pas de ce qui vous
enrichit, ne vous amputez pas d’une part de vous-même. La pureté est un
enfermement, la pureté est une intolérance. La pureté est un fantasme qui
conduit au fanatisme.
Je veux vous dire, jeunes d’Afrique, que le drame de
l’Afrique n’est pas dans une prétendue infériorité de son art, sa pensée, de sa
culture. Car, pour ce qui est de l’art, de la pensée et de la culture, c’est
l’Occident qui s’est mis à l’école de l’Afrique.
L’art moderne doit presque tout à l’Afrique. L’influence de
l’Afrique a contribué à changer non seulement l’idée de la beauté, non
seulement le sens du rythme, de la musique, de la danse, mais même dit Senghor,
la manière de marcher ou de rire du monde du XXème siècle.
Je veux donc dire, à la jeunesse d’Afrique, que le drame de
l’Afrique ne vient pas de ce que l’âme africaine serait imperméable à la
logique et à la raison. Car l’homme africain est aussi logique et raisonnable
que l’homme européen.
C’est en puisant dans l’imaginaire africain que vous ont
légué vos ancêtres, c’est en puisant dans les contes, dans les proverbes, dans
les mythologies, dans les rites, dans ces formes qui, depuis l’aube des temps,
se transmettent et s’enrichissent de génération en génération que vous
trouverez l’imagination et la force de vous inventer un avenir qui vous soit
propre, un avenir singulier qui ne ressemblera à aucun autre, où vous vous
sentirez enfin libres, libres, jeunes d’Afrique d’être vous-mêmes, libre de
décider par vous-mêmes.
Je suis venu vous dire que vous n’avez pas à avoir honte des
valeurs de la civilisation africaine, qu’elles ne vous tirent pas vers le bas
mais vers le haut, qu’elles sont un antidote au matérialisme et à
l’individualisme qui asservissent l’homme moderne, qu’elles sont le plus
précieux des héritages face à la déshumanisation et à l’aplatissement du monde.
Je suis venu vous dire que l’homme moderne qui éprouve le
besoin de se réconcilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l’homme
africain qui vit en symbiose avec la nature depuis des millénaires.
Je suis venu vous dire que cette déchirure entre ces deux
parts de vous-mêmes est votre plus grande force, et votre plus grande faiblesse
selon que vous vous efforcerez ou non d’en faire la synthèse.
Mais je suis aussi venu vous dire qu’il y a en vous, jeunes
d’Afrique, deux héritages, deux sagesses, deux traditions qui se sont longtemps
combattues : celle de l’Afrique et celle de l’Europe.
Je suis venu vous dire que cette part africaine et cette
part européenne de vous-mêmes forment votre identité déchirée.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, vous donner des
leçons.
Je ne suis pas venu vous faire la morale.
Mais je suis venu vous dire que la part d’Europe qui est en
vous est le fruit d’un grand péché d’orgueil de l’Occident mais que cette part
d’Europe en vous n’est pas indigne.
Car elle est l’appel de la liberté, de l’émancipation et de
la justice et de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Car elle est l’appel à la raison et à la conscience
universelles.
Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas
assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires,
vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la
nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la
répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de
place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe
à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste
immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance.
Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui
vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.
Le problème de l’Afrique et permettez à un ami de l’Afrique
de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans
l’histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté
d’écouter et d’épouser sa propre histoire.
Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours
répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour,
c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter, ne
reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé.
Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent
dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance.
Le problème de l’Afrique, c’est que trop souvent elle juge
le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que
personne ne peut espérer ressusciter.
Le problème de l’Afrique, ce n’est pas de s’inventer un
passé plus ou moins mythique pour s’aider à supporter le présent mais de
s’inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres.
Le problème de l’Afrique, ce n’est pas de se préparer au
retour du malheur, comme si celui-ci devait indéfiniment se répéter, mais de
vouloir se donner les moyens de conjurer le malheur, car l’Afrique a le droit
au bonheur comme tous les autres continents du monde.
Le problème de l’Afrique, c’est de rester fidèle à elle-même
sans rester immobile.
Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à regarder son
accession à l’universel non comme un reniement de ce qu’elle est mais comme un
accomplissement.
Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à se sentir
l’héritière de tout ce qu’il y a d’universel dans toutes les civilisations
humaines.
C’est de s’approprier les droits de l’homme, la démocratie,
la liberté, l’égalité, la justice comme l’héritage commun de toutes les
civilisations et de tous les hommes.
C’est de s’approprier la science et la technique modernes
comme le produit de toute l’intelligence humaine.
Le défi de l’Afrique est celui de toutes les civilisations,
de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité
sans s’enfermer parce qu’ils savent que l’enfermement est mortel.
Les civilisations sont grandes à la mesure de leur
participation au grand métissage de l’esprit humain.
La faiblesse de l’Afrique qui a connu sur son sol tant de
civilisations brillantes, ce fut longtemps de ne pas participer assez à ce
grand métissage. Elle a payé cher, l’Afrique, ce désengagement du monde qui l’a
rendue si vulnérable. Mais, de ses malheurs, l’Afrique a tiré une force
nouvelle en se métissant à son tour.
Ce métissage, quelles que fussent les conditions
douloureuses de son avènement, est la vraie force et la vraie chance de
l’Afrique au moment où émerge la première civilisation mondiale.
La civilisation musulmane, la chrétienté, la colonisation,
au-delà des crimes et des fautes qui furent commises en leur nom et qui ne sont
pas excusables, ont ouvert les cœurs et les mentalités africaines à l’universel
et à l’histoire.
Ne vous laissez pas, jeunes d’Afrique, voler votre avenir
par ceux qui ne savent opposer à l’intolérance que l’intolérance, au racisme
que le racisme.
Ne vous laissez pas, jeunes d’Afrique, voler votre avenir
par ceux qui veulent vous exproprier d’une histoire qui vous appartient aussi
parce qu’elle fut l’histoire douloureuse de vos parents, de vos grands-parents
et de vos aïeux.
N’écoutez pas, jeunes d’Afrique, ceux qui veulent faire
sortir l’Afrique de l’histoire au nom de la tradition parce qu’une Afrique ou
plus rien ne changerait serait de nouveau condamnée à la servitude.
N’écoutez pas, jeunes d’Afrique, ceux qui veulent vous
empêcher de prendre votre part dans l’aventure humaine, parce que sans vous,
jeunes d’Afrique qui êtes la jeunesse du monde, l’aventure humaine sera moins
belle.
N’écoutez pas jeunes d’Afrique, ceux qui veulent vous
déraciner, vous priver de votre identité, faire table rase de tout ce qui est
africain, de toute la mystique, la religiosité, la sensibilité, la mentalité
africaine, parce que pour échanger il faut avoir quelque chose à donner, parce
que pour parler aux autres, il faut avoir quelque chose à leur dire.
Ecoutez plutôt, jeunes d’Afrique, la grande voix du
Président Senghor qui chercha toute sa vie à réconcilier les héritages et les
cultures au croisement desquels les hasards et les tragédies de l’histoire
avaient placé l’Afrique.
Il disait, lui l’enfant de Joal, qui avait été bercé par les
rhapsodies des griots, il disait : « nous sommes des métis culturels,
et si nous sentons en nègres, nous nous exprimons en français, parce que le
français est une langue à vocation universelle, que notre message s’adresse
aussi aux Français et aux autres hommes ».
Il disait aussi : « le français nous a fait don de
ses mots abstraits -si rares dans nos langues maternelles. Chez nous les mots
sont naturellement nimbés d’un halo de sève et de sang ; les mots du
français eux rayonnent de mille feux, comme des diamants. Des fusées qui
éclairent notre nuit ».
Ainsi parlait Léopold Senghor qui fait honneur à tout ce que
l’humanité comprend d’intelligence. Ce grand poète et ce grand Africain voulait
que l’Afrique se mit à parler à toute l’humanité et lui écrivait en français
des poèmes pour tous les hommes.
Ces poèmes étaient des chants qui parlaient, à tous les
hommes, d’êtres fabuleux qui gardent des fontaines, chantent dans les rivières
et qui se cachent dans les arbres.
Des poèmes qui leur faisaient entendre les voix des morts du
village et des ancêtres.
Des poèmes qui faisaient traverser des forêts de symboles et
remonter jusqu’aux sources de la mémoire ancestrale que chaque peuple garde au
fond de sa conscience comme l’adulte garde au fond de la sienne le souvenir du
bonheur de l’enfance.
Car chaque peuple a connu ce temps de l’éternel présent, où
il cherchait non à dominer l’univers mais à vivre en harmonie avec l’univers.
Temps de la sensation, de l’instinct, de l’intuition. Temps du mystère et de
l’initiation. Temps mystique ou le sacré était partout, où tout était signes et
correspondances. C’est le temps des magiciens, des sorciers et des chamanes. Le
temps de la parole qui était grande, parce qu’elle se respecte et se répète de
génération en génération, et transmet, de siècle en siècle, des légendes aussi
anciennes que les dieux.
L’Afrique a fait se ressouvenir à tous les peuples de la
terre qu’ils avaient partagé la même enfance. L’Afrique en a réveillé les joies
simples, les bonheurs éphémères et ce besoin, ce besoin auquel je crois
moi-même tant, ce besoin de croire plutôt que de comprendre, ce besoin de ressentir
plutôt que de raisonner, ce besoin d’être en harmonie plutôt que d’être en
conquête.
Ceux qui jugent la culture africaine arriérée, ceux qui
tiennent les Africains pour de grands enfants, tous ceux-là ont oublié que la Grèce antique qui nous a
tant appris sur l’usage de la raison avait aussi ses sorciers, ses devins, ses
cultes à mystères, ses sociétés secrètes, ses bois sacrés et sa mythologie qui
venait du fond des âges et dans laquelle nous puisons encore, aujourd’hui, un
inestimable trésor de sagesse humaine.
L’Afrique qui a aussi ses grands poèmes dramatiques et ses
légendes tragiques, en écoutant Sophocle, a entendu une voix plus familière
qu’elle ne l’aurait crû et l’Occident a reconnu dans l’art africain des formes
de beauté qui avaient jadis été les siennes et qu’il éprouvait le besoin de
ressusciter.
Alors entendez, jeunes d’Afrique, combien Rimbaud est
africain quand il met des couleurs sur les voyelles comme tes ancêtres en
mettaient sur leurs masques, « masque noir, masque rouge, masque blanc–et-noir ».
Ouvrez les yeux, jeunes d’Afrique, et ne regardez plus,
comme l’ont fait trop souvent vos aînés, la civilisation mondiale comme une
menace pour votre identité mais la civilisation mondiale comme quelque chose
qui vous appartient aussi.
Dès lors que vous reconnaîtrez dans la sagesse universelle
une part de la sagesse que vous tenez de vos pères et que vous aurez la volonté
de la faire fructifier, alors commencera ce que j’appelle de mes vœux, la Renaissance africaine.
Dès lors que vous proclamerez que l’homme africain n’est pas
voué à un destin qui serait fatalement tragique et que, partout en Afrique, il
ne saurait y avoir d’autre but que le bonheur, alors commencera la Renaissance africaine.
Dès lors que vous, jeunes d’Afrique, vous déclarerez qu’il
ne saurait y avoir d’autres finalités pour une politique africaine que l’unité
de l’Afrique et l’unité du genre humain, alors commencera la Renaissance africaine.
Dès lors que vous regarderez bien en face la réalité de
l’Afrique et que vous la prendrez à bras le corps, alors commencera la Renaissance africaine.
Car le problème de l’Afrique, c’est qu’elle est devenue un mythe que chacun
reconstruit pour les besoins de sa cause.
Et ce mythe empêche de
regarder en face la réalité de l’Afrique.
La réalité de l’Afrique, c’est une démographie trop forte
pour une croissance économique trop faible.
La réalité de l’Afrique, c’est encore trop de famine, trop
de misère.
La réalité de l’Afrique, c’est la rareté qui suscite la
violence.
La réalité de l’Afrique, c’est le développement qui ne va
pas assez vite, c’est l’agriculture qui ne produit pas assez, c’est le manque
de routes, c’est le manque d’écoles, c’est le manque d’hôpitaux.
La réalité de l’Afrique, c’est un grand gaspillage
d’énergie, de courage, de talents, d’intelligence.
La réalité de l’Afrique, c’est celle d’un grand continent
qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu’il n’arrive pas à se
libérer de ses mythes.
La Renaissance dont l’Afrique a besoin, vous seuls, Jeunes d’Afrique, vous pouvez l’accomplir parce que vous seuls en aurez la force.
Cette Renaissance, je suis venu vous la proposer. Je suis
venu vous la proposer pour que nous l’accomplissions ensemble parce que de la Renaissance de
l’Afrique dépend pour une large part la Renaissance de l’Europe et la Renaissance du monde.
Je sais l’envie de partir qu’éprouvent un si grand nombre
d’entre vous confrontés aux difficultés de l’Afrique.
Je sais la tentation de l’exil qui pousse tant de jeunes
Africains à aller chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas ici pour faire
vivre leur famille.
Je sais ce qu’il faut de volonté, ce qu’il faut de courage
pour tenter cette aventure, pour quitter sa patrie, la terre où l’on est né, où
l’on a grandi, pour laisser derrière soi les lieux familiers où l’on a été
heureux, l’amour d’une mère, d’un père ou d’un frère et cette solidarité, cette
chaleur, cet esprit communautaire qui sont si forts en Afrique.
Je sais ce qu’il faut de force d’âme pour affronter le
dépaysement, l’éloignement, la solitude.
Je sais ce que la plupart d’entre eux doivent affronter
comme épreuves, comme difficultés, comme risques.
Je sais qu’ils iront parfois jusqu’à risquer leur vie pour
aller jusqu’au bout de ce qu’ils croient être leur rêve.
Mais je sais que rien ne les retiendra.
Car rien ne retient jamais la jeunesse quand elle se croit
portée par ses rêves.
Je ne crois pas que la jeunesse africaine ne soit poussée à
partir que pour fuir la misère.
Je crois que la jeunesse africaine s’en va parce que, comme
toutes les jeunesses, elle veut conquérir le monde.
Comme toutes les jeunesses, elle a le goût de l’aventure et
du grand large.
Elle veut aller voir comment on vit, comment on pense,
comment on travaille, comment on étudie ailleurs.
L’Afrique n’accomplira pas sa Renaissance en coupant les
ailes de sa jeunesse. Mais l’Afrique a besoin de sa jeunesse.
La Renaissance de l’Afrique commencera en apprenant à la jeunesse africaine à vivre avec le monde, non à le refuser.
La jeunesse africaine doit avoir le sentiment que le monde lui
appartient comme à toutes les jeunesses de la terre.
La jeunesse africaine doit avoir le sentiment que tout
deviendra possible comme tout semblait possible aux hommes de la Renaissance.
Alors, je sais bien que la jeunesse africaine, ne doit pas
être la seule jeunesse du monde assignée à résidence. Elle ne peut pas être la
seule jeunesse du monde qui n’a le choix qu’entre la clandestinité et le
repliement sur soi.
Elle doit pouvoir acquérir, hors, d’Afrique la compétence et
le savoir qu’elle ne trouverait pas chez elle.
Mais elle doit aussi à la terre africaine de mettre à son
service les talents qu’elle aura développés. Il faut revenir bâtir
l’Afrique ; il faut lui apporter le savoir, la compétence le dynamisme de
ses cadres. Il faut mettre un terme au pillage des élites africaines dont
l’Afrique a besoin pour se développer.
Ce que veut la jeunesse africaine c’est de ne pas être à la
merci des passeurs sans scrupules qui jouent avec votre vie.
Ce que veut la jeunesse d’Afrique, c’est que sa dignité soit
préservée.
C’est pouvoir faire des études, c’est pouvoir travailler,
c’est pouvoir vivre décemment. C’est au fond, ce que veut toute l’Afrique.
L’Afrique ne veut pas de la charité. L’Afrique ne veut pas d’aide. L’Afrique ne
veut pas de passe-droit.
Ce que veut l’Afrique et ce qu’il faut lui donner, c’est la
solidarité, la compréhension et le respect.
Ce que veut l’Afrique, ce n’est pas que l’on prenne son
avenir en main, ce n’est pas que l’on pense à sa place, ce n’est pas que l’on
décide à sa place.
Ce que veut l’Afrique est ce que veut la France, c’est la
coopération, c’est l’association, c’est le partenariat entre des nations égales
en droits et en devoirs.
Jeunesse africaine, vous voulez la démocratie, vous voulez
la liberté, vous voulez la justice, vous voulez le Droit ? C’est à vous
d’en décider. La France
ne décidera pas à votre place. Mais si vous choisissez la démocratie, la
liberté, la justice et le Droit, alors la France s’associera à vous pour les construire.
Jeunes d’Afrique, la mondialisation telle qu’elle se fait ne
vous plaît pas. L’Afrique a payé trop cher le mirage du collectivisme et du
progressisme pour céder à celui du laisser-faire.
Jeunes d’Afrique vous croyez que le libre échange est
bénéfique mais que ce n’est pas une religion. Vous croyez que la concurrence
est un moyen mais que ce n’est pas une fin en soi. Vous ne croyez pas au
laisser-faire. Vous savez qu’à être trop naïve, l’Afrique serait condamnée à
devenir la proie des prédateurs du monde entier. Et cela vous ne le voulez pas.
Vous voulez une autre mondialisation, avec plus d’humanité, avec plus de
justice, avec plus de règles.
Je suis venu vous dire que la France la veut aussi. Elle
veut se battre avec l’Europe, elle veut se battre avec l’Afrique, elle veut se
battre avec tous ceux, qui dans le monde, veulent changer la mondialisation. Si
l’Afrique, la France
et l’Europe le veulent ensemble, alors nous réussirons. Mais nous ne pouvons
pas exprimer une volonté votre place.
Jeunes d’Afrique, vous voulez le développement, vous voulez
la croissance, vous voulez la hausse du niveau de vie.
Mais le voulez-vous vraiment ? Voulez-vous que cesse
l’arbitraire, la corruption, la violence ? Voulez-vous que la propriété
soit respectée, que l’argent soit investi au lieu d’être détourné ?
Voulez-vous que l’État se remette à faire son métier, qu’il soit allégé des
bureaucraties qui l’étouffent, qu’il soit libéré du parasitisme, du
clientélisme, que son autorité soit restaurée, qu’il domine les féodalités,
qu’il domine les corporatismes ? Voulez-vous que partout règne l’État de
droit qui permet à chacun de savoir raisonnablement ce qu’il peut attendre des
autres ?
Si vous le voulez, alors la France sera à vos côtés
pour l’exiger, mais personne ne le voudra à votre place.
Voulez-vous qu’il n’y ait plus de famine sur la terre
africaine ? Voulez-vous que, sur la terre africaine, il n’y ait plus
jamais un seul enfant qui meure de faim ? Alors cherchez l’autosuffisance
alimentaire. Alors développez les cultures vivrières. L’Afrique a d’abord
besoin de produire pour se nourrir. Si c’est ce que vous voulez, jeunes
d’Afrique, vous tenez entre vos mains l’avenir de l’Afrique, et la France travaillera avec
vous pour bâtir cet avenir.
Vous voulez lutter contre la pollution ? Vous voulez
que le développement soit durable ? Vous voulez que les générations
actuelles ne vivent plus au détriment des générations futures ? Vous
voulez que chacun paye le véritable coût de ce qu’il consomme ? Vous
voulez développer les technologies propres ? C’est à vous de le décider.
Mais si vous le décidez, la
France sera à vos côtés.
Vous voulez la paix sur le continent africain ? Vous
voulez la sécurité collective ? Vous voulez le règlement pacifique des
conflits ? Vous voulez mettre fin au cycle infernal de la vengeance et de
la haine ? C’est à vous, mes amis africains, de le décider . Et si vous le
décidez, la France
sera à vos côtés, comme une amie indéfectible, mais la France ne peut pas vouloir
à la place de la jeunesse d’Afrique.
Vous voulez l’unité africaine ? La France le souhaite aussi.
Parce que la
France souhaite l’unité de l’Afrique, car l’unité de
l’Afrique rendra l’Afrique aux Africains.
Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est regarder en face les
réalités. C’est faire la politique des réalités et non plus la politique des
mythes.
Ce que la
France veut faire avec l’Afrique, c’est le co-développement,
c’est-à-dire le développement partagé.
La France veut avec l’Afrique des projets communs, des pôles de compétitivité communs, des universités communes, des laboratoires communs.
Ce que la
France veut faire avec l’Afrique, c’est élaborer une
stratégie commune dans la mondialisation.
Ce que la
France veut faire avec l’Afrique, c’est une politique
d’immigration négociée ensemble, décidée ensemble pour que la jeunesse
africaine puisse être accueillie en France et dans toute l’Europe avec dignité
et avec respect.
Ce que la
France veut faire avec l’Afrique, c’est une alliance de la
jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit
un monde meilleur.
Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est préparer l’avènement
de l’Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l’Europe et l’Afrique.
A ceux qui, en Afrique, regardent avec méfiance ce grand
projet de l’Union Méditerranéenne que la France a proposé à tous les pays riverains de la Méditerranée, je veux
dire que, dans l’esprit de la
France, il ne s’agit nullement de mettre à l’écart l’Afrique,
qui s’étend au sud du Sahara mais, qu’au contraire, il s’agit de faire de cette
Union le pivot de l’Eurafrique, la première étape du plus grand rêve de paix et
de prospérité qu’Européens et Africains sont capables de concevoir ensemble.
Alors, mes chers Amis, alors seulement, l’enfant noir de
Camara Laye, à genoux dans le silence de la nuit africaine, saura et comprendra
qu’il peut lever la tête et regarder avec confiance l’avenir. Et cet enfant
noir de Camara Laye, il sentira réconciliées en lui les deux parts de lui-même.
Et il se sentira enfin un homme comme tous les autres hommes de l’humanité.
Je vous remercie.
Grands Lacs Confidentiel édition du 31 juillet 2007
GRANDS-LACS CONFIDENTIEL
Fondé le 13 janvier, 1999
Année 2007, Numéro 19
Édition du 31 juillet 2007
A. EDITORIAL
Le Congo, une
poubelle des puissances impérialistes ?
Les Congolais sont-ils
intelligents et capables de lire leur histoire et en tirer une leçon?
En 1960 lorsque l’Onu coupe l’herbe sous le pied du jeune
gouvernement indépendant de Patrice Emery Lumumba (que son âme repose en paix),
les historiens fantaisistes et épousant la thèse de la manipulation
impérialiste voulaient que le Congo ne compte pas suffisamment d’intellectuels
pour gouverner leur pays. Aujourd’hui, à la lumière de ce qui se passe au
Congo, sous le regard impuissant des intellectuels chevronnés mais souvent
corrompus jusqu’à la moelle des os, l’Onu comme en 1960, reprend la direction
de la manipulation du gouvernement pour placer la direction du territoire
congolais sous le contrôle du Rwanda. Le Congolais aujourd’hui éduqué, regarde
impuissant comment cette organisation de la mafia internationale renforce
encore le désordre à l’Est du Congo pour pérenniser la guerre. Ainsi le temps a
montré que le problème n’est pas que les congolais n’ont pas suffisamment
étudié, mais c’est qu’ils n’avaient pas compris qui est leur ennemi, quel jeu
il utilise et comment il faut le combattre.
Le gouvernement Kabila actuel, à force de croire le langage
des puissances occidentales fallacieusement garantissant la sécurité de son
pouvoir se retrouve entre l’enclume et le marteau. L’enclume c’est aujourd’hui
le peuple (majoritairement du Congo oriental) qui l’a conduit au pouvoir par
des élections libres et démocratiques. Ce peuple le juge sans pitié parce que
jusqu’à présent, Joseph Kabila n’a pas réussi à faire son choix entre servir le
peuple et faire confiance aux puissances impérialistes qui viennent lui
psalmodier un discours pharisien à l’oreille. Il n’a pas livré la marchandise
de la paix et de la garantie de l’intégrité territoriale du Congo oriental
comme partie intégrante du territoire congolais. Le marteau ce sont ces
puissances coloniales, vecteurs puissants de la mondialisation qui viennent en
charognards pour piller les richesses naturelles du Congo.
Les négociations en catimini entre le gouvernement Kabila et
Nkundabatware, sous le commandement de Kisempia et de John Numbi (qui fait
toujours partie du gouvernement congolais) ont fait chuté drastiquement la
confiance que l’électorat congolais avait accordée à Joseph Kabila.
Désenchantés, désillusionnés, les Congolais originaires de l’ancien Kivu
observent impuissants le déraillement lent mais certain, du gouvernement actuel
qui croit de plus en plus dans le discours de la même communauté internationale
qui a financé la guerre contre le Congo par le Rwanda au coût de 8 millions de
vies congolaises.
Peu importe qui on est et combien on est malin, en
politique, on ne peut pas s’enfuir ni se cacher indéfiniment. Il faut arriver à
faire son choix quelles que soient les menaces de mort et les intimidations
auxquelles font face quotidiennement les dirigeants des pays pauvres par les
puissances impérialistes qui, à tout prix, tiennent à défendre ce qu’ils
appellent leurs intérêts. On doit choisir entre faire quotidiennement face à la
mort aux cotés du peuple, comme Patrice Lumumba; ou bien, comme Mobutu,
tourner le dos à son peuple et servir allégrement les puissances impérialistes.
Laurent Désiré Kabila l’avait bien compris lorsqu’il déclara qu’il avait choisi
le camp populaire, qu’il ne trahirait jamais son peuple, que peu importent les
menaces et les assassinats, il ne changerait pas son choix.
Malgré la personnalité de « gentleman » qu’affiche
Joseph Kabila auprès des occidentaux, ceux-ci n’ont jamais donné raison au
Congo. Tout ce qu’on voit dans la communauté internationale c’est le Congo qui
porte le poids et paye le prix du génocide rwandais. Paul Kagame, le
déclencheur officiel de ce crime monstrueux, profite jusqu'à présent de ses
retombées et savoure en toute quiétude le pouvoir à Kigali.
Que dire encore de la Cour Pénale
Internationale et de sa vraie mission lorsque son premier prisonnier, si ce
n’est pas le dernier, est un pauvre Lubanga et lorsque les plus grands
criminels siégent dans l’opulence en Afrique centrale ?
L’ironie la plus mordante et à la fois ridicule on l’a vu
récemment quand Louise Arbour venait donner la leçon des droits de l’homme au
gouvernement et au peuple congolais! Le monde entier n’a pas encore oublié que
c’est la même Louise Arbour qui a travaillé fort pour cacher les preuves
incriminant Paul Kagame, comme déclencheur principal du génocide rwandais. Elle
a été découverte et dénoncée publiquement par le journal Canadien
« National Post » dans son édition du 1er mars 2000, et depuis les
preuves l’incriminant n’ont cessé d’abonder.
Et comme en 1960, la Belgique et l’Onu sont encore au centre de
l’acharnement criminel dont est victime le Congo aujourd’hui. Le peuple
congolais a, depuis 1960, démontré qu’il n’est pas prêt à signer la dislocation
de son territoire en mini-États. Rendons-lui justice, il a besoin d’un leader
qui le place en premier et fasse passer les autres pays après.
Dans ce terrain de l’incertitude sur lequel s’avance
imprudemment Joseph Kabila, le grand et ancien Kivu reste un bourbier de sang
alors que les mêmes multinationales occidentales pillent les richesses
naturelles.
Avec la main gauche, on lui interdit toute option militaire en lui
faisant croire qu’on va lui garantir la paix alors qu’avec la main droite, on
organise des tentatives d’assassinat, on soutient des milices parallèles, on donne
aux mercenaires des armes pour prendre l’Est, on arme Jean Pierre Bemba et
Laurent Nkundabatware et la
Belgique est prise la main dans le sac par le récent rapport
de l’Onu. Forcer le Congo à se défendre en l’attaquant et l’empêcher de
le faire par des pressions, des sanctions et des embargos sur les armes, voila
le piège qui est tendu, un piège vieux comme le monde.
Comme le dit Bob Marley : « Tell the
children the truth ». Le peuple congolais doit dire à ses enfants et ses
petits enfants que c’est la
Belgique qui a tué Lumumba en découpant son corps en
mini-brochettes avant de le plonger dans l’acide sulfurique. Que c’est encore la Belgique qui a gardé,
comme échantillon, une dent de Lumumba pour démontrer sa victoire sur le peuple
congolais. Que c’est encore aujourd’hui la Belgique du « Fantôme du roi léopold
II » qui est prise la main dans le sac par le récent rapport de l’Onu, en
train de centraliser les retombées issues des souffrances du peuple congolais.
Il est urgent pour Joseph Kabila de cesser de tergiverser.
La culture séculaire des puissances occidentales de faire du Congo leur
poubelle doit prendre fin. Mon rôle n’est pas de lui proposer le choix à faire,
mais il doit le faire en âme et conscience car tôt ou tard ce n’est pas
l’Occident qui le jugera. La mission des puissances impérialistes n’est pas de
juger les dirigeants des pays en voie de développement mais de former des
instruments qui les serviront et qu’ils finissent par récompenser en monnaie de
singe. Jonas Savimbi, John Garang et Mobutu Sese Seko sont des exemples
frappants qui devraient faire réfléchir les dirigeants africains qui optent
pour servir l’impérialisme
B. LES NOUVELLES
1. Une guerre impérialiste va bientôt enflammer le Zimbabwe

Rusomo, Rwanda, le 29 juillet 2007 (GLAC) – Une guerre
concoctée et financée par certaines puissances impérialistes occidentales,
visant à plonger le Zimbabwe dans un bain de sang, est en préparation au Rwanda
sous l’hospice du président Paul Kagamé qui est en charge du recrutement et de
la formation des mercenaires.
En plus des informations que nous avons diffusées la semaine
passée (Grands-Lacs Confidentiel No 17 du 23 juillet 2007), nous apportons
ci-dessous beaucoup plus de précisions sur cette affaire qui risque
d’ensanglanter davantage l’Afrique, tel le bourbier de sang que connaît
actuellement l’Afrique des Grands-Lacs.
Lieu d’entraînement et de formation : Rusumo, village rwandais
périphérique de la frontière avec la Tanzanie.
Composition des recrues : majoritairement des
zimbabwéens, on compte aussi des Malawites, des mercenaires blancs d’Afrique du
Sud ainsi que plusieurs démobilisés ougandais et rwandais recrutés pour cette
mission pour le compte des présidents Museveni et Paul Kagamé
Pays organisateurs du coup : Angleterre, Portugal, Malawi, Rwanda, Uganda,
États-unis.
Responsables du recrutement et de la formation : Rwanda et Ouganda.
Financement : Angleterre et Portugal.
Armes et munitions : Etats-unis.
Cantonnement et infiltration : Malawi, sous la coordination
des mercenaires blancs sud-africains. Ce sont eux aussi qui s’occupent de la
duplication des uniformes de l’armée zimbabwéenne que porteront les mercenaires
pendant la guerre.
Composition des instructeurs : deux zimbabwéens membres de
l’opposition et trois occidentaux : deux anglais et un portugais. Ceux-ci
sont chargés du recrutement et du paiement des recrues. Au moment où nous
mettons sous presse cette information, ils sont tous logés à l’hôtel Mille
Collines de Kigali
Paul Kagamé est
maintenant bien connu comme l’assassin du Président Habyarimana et par ce fait,
comme le déclencheur du génocide rwandais.
Grâce à l’appui d’une communauté internationale qui a fermé
les yeux sur toutes les preuves qui l’incriminent, le dossier du génocide
rwandais a connu une distorsion historique notoire et flagrante. C’est lui
encore le maître qui tient la houlette d’une guerre que la mafia internationale
a imposée en République démocratique du Congo faisant 8 millions de morts.
Ce nouvel évangéliste de la re-colonisation et de
l’extermination de la race noire a déjà sa cible bien définie: le Zimbabwe,
pour lancer une guerre « civile » sous prétexte de « faire
partir Robert Mugabe à tout prix ». Mais rappelons-nous : quand on a
lancé la guerre au Congo, on disait bien que c’était pour faire partir Mobutu.
Mobutu est parti depuis longtemps, mais ce sont encore les mêmes criminels qui
s’arrangent et travaillent fort pour que la guerre ne finisse pas. Voilà ce qui
attend le Zimbabwe.
L’enjeu principal de cette guerre vise la réappropriation
des terres zimbabwéennes aux fermiers blancs, les anciens colonisateurs du
Zimbabwe qui alors s’appelait la Rhodésie. Ces terres ont été partagées avec les
autochtones zimbabwéens qui en dépendent pour l’agriculture de subsistance.
A la fin de cette édition vous allez trouver notre article
du 21 juillet 2007, intitulé « Paul Kagame recrute pour chasser Robert
Mugabé du Zimbabwe ».
2.La Monuc au cœur de la mafia à
l’Est du Congo Kigali, Rwanda, le 28 juillet 2007 (GLAC) - Malgré les
élections démocratiques qui se sont bien déroulées en République Démocratique
du Congo et qui laissaient présager le démarrage de la paix, la Monuc (Mission de
l’Organisation des Nations-Unies pour le Congo) et les puissances impérialistes
ne lâchent pas prise. Elles sont déterminées à manipuler le gouvernement actuel
en faveur de l’occupation et de l’exploitation du Congo par le Rwanda,
l’Ouganda et les puissances coloniales qui ont envoyé Kagamé faire la guerre au
Congo. Voici en bref la situation sécuritaire à l’Est de la RDC.
- Après avoir appris avec frustration la victoire des
Mai-Mai sur les mercenaires, Paul Kagamé a précipitamment dépêché, mercredi le
25 juillet 2007 dans la soirée, trois hauts officiers de l’armée rwandaise à
Goma à la base de la
Monuc.
Jeudi le 26 juillet, ces trois officiers de l’armée
rwandaise étaient déjà vêtus en officiers des Casques Bleus de la Monuc, avant de prendre un
avion de la Monuc,
entre 9h30 et 10h00 locales, pour s’envoler en destination de Minembwe.
Selon
nos sources fiables à Kigali, le même avion a apporté aussi les équipements
suivants : Une arme lance-roquettes appelée familièrement « Douze
tubes » ou encore « Katyusha », vingt bombes, un ordinateur puissant
pour faciliter le changement des fréquences ainsi que 6 motorolla. « La
nouvelle position de la Monuc
à Minembwe a un objectif précis : renforcer et positionner davantage
l’occupation de l’Est par les mercenaires et détruire de manière insidieuse,
les efforts de résistance des Mai-Mai et de l’armée nationale congolaise sur ce
territoire ».
Voilà ce qu’affirme un haut officier de l’armée burundaise
qui suit à la loupe toutes les tentatives d’infiltration des ennemis du Congo
en provenance du Rwanda par la province voisine de Cibitoke au Burundi.
- L’ambassade des États-Unis à Kinshasa est à la base de
tout le mouvement de résistance de Nkundabatware dans le Nord-Kivu ainsi que de
l’occupation du Congo oriental par l’armée rwandaise et ses mercenaires de
l’Éthiopie, de la Somalie
et de l’Ouganda. Dans ce cadre, les sources de Grands-Lacs Confidentiel
indiquent que le plan américain pour l’Est du Congo consiste a implanter une
base de la Monuc
à Minembwe, afin de bien faciliter et accélérer l’infiltration des mercenaires,
pour implémenter sans plus tarder le plan de la conquête du Kivu.
- Les mercenaires à Minembwe étudient présentement l’option
de lancer une guerre pour prendre temporairement le contrôle d’une bande de
terre qui s’étend depuis Minembwe jusqu’à la Ruzizi. Celle-ci
leur servirait pendant quelques jours seulement de couloir pour acheminer des
armes et faire traverser des milliers de mercenaires vers les hauts plateaux
d’Uvira. Ceux-ci viendront renforcer ceux qui sont à Minembwe et dans les
environs et qui, selon leurs frères, sont «menacés »
- Chaque jour qui passe apporte davantage de preuves que la Monuc est l’agente qui
renforce l’insécurité à l’Est du Congo. Telle la même Onu qui opérait en
cachette pour miner le gouvernement Lumumba en 1960 ; la Monuc est au Congo pour
accomplir un plan qui à long terme vise démanteler le Congo. En voici un
fait : Au cours de cette semaine (du 19 au 25 juillet 2007), un major des
FDRL (forces rebelles opposés au gouvernement du Rwanda) nommé Dieudonné est
venu de Shabunda pour échanger de l’or contre armes et munitions avec la Monuc à Bukavu. L’officier
de la Monuc lui
a promis de lui fournir davantage d’armes et l’a encouragé à semer davantage de
désordres et d’affrontements à l’Est.
- Cyangugu (Rwanda) : Les militaires rwandais attendent
toujours pour trouver l’opportunité et la disposition frontalière afin de
traverser en RDC pour rejoindre leurs confrères à Bijombo.
- Rutshuru : Plusieurs infiltrations sont signalées à
Runyoni, Jomba, Matebe, Ndamugenga, Chongerero et Katwiguro pour préparer la
résistance contre l’arrivée éventuelle des soldats de l’armée congolaise.
- Masisi : A Kichanga, Mwesso, Mufamando et Ngungu les
rwandais attaquent des positions congolaises sous prétexte que ce sont des
FDRL. Dans toute la contrée de Goma, l’insécurité atteint des proportions
alarmantes et ceci est confirmé par les observations d’un spécialiste
occidental qui y séjourne. Plusieurs travailleurs du gouvernement congolais à
Goma continuent passer la nuit au Rwanda.
- Une réunion s’est tenue à Gisenyi le dimanche le 22
juillet 2007 pour analyser la situation qui prévaut dans les hauts plateaux du
Sud-Kivu. Deux immigrés rwandais vivant au Congo étaient présents : un
certain nommé « John » et l’autre « Chirac ». L’issue de la
réunion reste inconnue.
- Dans la zone de Lubero, un Mai-Mai connu sous le nom de
Jackson et Kakolele, ont lancé des attaques sur Kasiki et Karumba, deux
contrées qui sont tombées sous leur contrôle.
Alors que l’Onu vient de condamner le gouvernement congolais
pour tout effort de résistance visant à reconquérir la partie du territoire
congolais qui est sous le contrôle du Rwanda, il est très intrigant de
constater que la même organisation n’a jamais condamné directement le Rwanda
pour le génocide qu’il a commis au Congo. Comme en 1960 contre Lumumba, l’Onu
travaille fort pour faire dominer le Congo par le Rwanda, instrument des
multinationales occidentales. Les Congolais sont-ils capables de comprendre que
« quel que soit ce que tu offres à un sorcier, rien ne l’empêchera de
réclamer ta tête »?
Dans cette confusion diplomatique généralisée, selon les
sources de Grands-Lacs Confidentiel, le directeur général de la sécurité de
Joseph Kabila connu familièrement sous le nom de « ADG MATH » aurait
séjourné à Rutshuru (au Nord-Kivu) jeudi le 26 juillet pour rencontrer Laurent
Nkundabatware. Le but et l’issue de ce voyage de l’émissaire du gouvernement
Kabila restent inconnus.
Entre temps, Kigali et Kampala encouragent de plus en plus
certains Tutsis du « noyau dur » de Bujumbura pour préparer un coup
et éliminer physiquement le président Pierre Nkurunziza. Ces tutsi voient déjà
l’abandon du gouvernement actuel de Bujumbura et le retour des représentants
FNL (Front national de libération) dans le maquis comme une occasion qui leur
permettra d’obtenir plus de soutien parmi les Burundais déçus.
3. Déclaration
finale faite par les chefs traditionnels du territoire de Moba a l’issue de la réunion
extraordinaire du comite de l’alliance nationale des autorités traditionnelles
du Congo/territoire de Moba
Nous, Chefs Traditionnels du Territoire de Moba, réunis en
séance extraordinaire au sujet des informations concordantes et persistantes,
en notre possession sur le retour imminent des Tutsi Rwandais dans le
territoire de Moba, notamment à Vyura, déclarons ce qui suit :
Vu la constitution de la République Démocratique
du Congo en ses articles 63 et 207 ;
Vu le refus notoire des Tutsi Rwandais, ayant résidé dans le
Territoire de Moba avant la guerre d’agression, de s’intégrer dans la
communauté; attitude illustrée par les fait ci-après :
Les velléités hégémonistes en créant une chefferie de fait
dans le secteur de BENA KAMANIA. Ce fait a été considéré comme étant une menace
grave à la République
aux deux congrès du MPR, d’où le Chef du Secteur reçut l’ordre formel de se
débarrasser de ces hors-la-loi. Et c’est ce qui fut fait en 1975 lorsque les
Tutsi Rwandais partirent s’installer à Vyura.
Avoir excellé à la récidive en créant une fois de plus un
territoire dont la rivière Lufuko étai la limite au Sud.
Création anarchique d’un aérodrome, de plusieurs écoles,
églises, etc…
Avoir envoyé des jeunes gens en renfort au Rwanda pendant la
guerre débutée en 1990 pour grossir les rangs de leurs frères Tutsi. Les
premiers cités sont revenus militaires à l’entrée de l’AFDL.
Le vol de bétail des sociétés d’élevage ELGYMA/PEPA et
ONDE/KANSIMBA jusqu’à la faillite de cette dernière.
Avoir pâturé intentionnellement leur bétail dans les champs
des autochtones, et cela sans aucun dédommagement aux victimes.
Mise à mort de leurs travailleurs autochtones dans les
travaux champêtres et le commerce qui osaient réclamer leur salaire.
Le mépris du chef
traditionnel exprimé par :
Le refus de s’acquitter de la redevance coutumière,
L’agression à coups de fouet du Grand Chef NGANIE, en signe
de refus du payement de la redevance coutumière. La bastonnade subie a
tellement été atroce que le Grand Chef a dû être interné à l’hôpital et subir
une intervention chirurgicale.
L’assassinat de Chef Coutumier du groupement KABWELA enterré
vif dans une même tombe avec son neveu.
