01 août 2007
RDC : Six millions de déplacés
31 juillet 2007
Le ministre congolais des Affaires humanitaire, Jean-Claude Muyambo affirme
aujourd'hui, dans une dépêche de l'AFP, que plus ou moins 6.000.000 de
personnes ont abandonné leur milieu d'origine en fuyant les combats,
particulièrement au Nord et au Sud-Kivu (est), en Ituri (nord-est), au Maniema
(centre-est), au Nord-Katanga (sud-est) ainsi qu'au nord de l'Équateur
(nord-ouest).
Le ministre Muyambo qui vient de terminer une tournée du pays,
affirme qu'à ces déplacés il faut ajouter les 20.000 Congolais expulsés
récemment des zones diamantifères d'Angola et plus de 50.000 kinois qui sont
sans abri dans la capitale à cause de récentes catastrophes naturelles (des
pluies abondantes et des glissements de terrains) et démolitions de
constructions anarchiques. Le Ministre affirme que le gouvernement va
solliciter l'appui de la communauté internationale pour venir en aide à ces
populations sinistrées.
À propos de ces expulsions, le président angolais Eduardo dos Santos, a déclaré
aujourd'hui à l'agence de presse Angop, à l'occasion de la visite de son
homologue, Joseph Kabila, que le phénomène de l'immigration illégale
(congolaise) avait atteint des proportions alarmantes qui impliquait la sécurité
nationale du pays. On sait que si les autorités présidentielles en RDC et en
Angola ont cherché à désamorcer les tensions reliées à ce qu'il est convenu de
nommer "l'affaire Kahemba", mais les parlementaires congolais, eux,
n'ont pas démordu.
Depuis le début, ils ont dénoncé un empiètement angolais du
territoire congolais. Depuis, il n'y a pas de solution en vu, l'exécutif et le
législatif congolais se regardent en chien de faïence, mais le président Kabila
persiste et signe en affirmant que les liens entre les deux pays "sont
excellents et vigoureux".
Économiquement en tous cas ces liens ce
renforcent. On a qu'à penser à la construction du chemin de fer Benguela-Moxico
qui reliera les zones de production de cuivre de l'est de la RDC et de la Zambie au reste du monde
via le port angolais de Lobito sur la côte Atlantique. Prévu originalement pour
être inauguré en 2008, il semble que ce chemin de fer de 1.350 kilomètres
ne sera pas terminé avant 2010. Comme le tout est financé et construit par la Chine , on comprendra où le
cuivre sera acheminé ... Pendant ce temps à Genève, une spécialiste onusienne des droits de la Homme, Yakin Erturk, affirme
que les pires atrocités perpétrées dans l'est du Congo le sont par ceux qu'elle
qualifie de "groupes rebelles dont beaucoup se sont réfugiés en RDC après
avoir participé au génocide (des Tutsi et des Hutu modérés) de 1994 au
Rwanda". La situation au
Sud-Kivu est particulièrement alarmante et requiert, selon Yakin Erturk, une
attention immédiate. Plus de 4.500 cas de violences sexuelles ont été signalées
dans cette province depuis le début de l'année mais ce chiffre pourrait être
une sous-évaluation. À Bukavu, l'hôpital spécialisé Panzi accueille chaque
année environ 3.500 femmes souffrant de fistules et autres blessures génitales
résultant de ces atrocités, selon Mme Erturk. Selon elle 20% des cas de viols
signalés sont commis par des membres des FARDC et de la police congolaise, car
signale-t-elle "la violence contre les femmes semble être perçue comme
normale par de vastes pans de la société (congolaise)". La justice congolaise étant quasiment inexistante et vulnérable aux
manipulations et corruptions de toutes sortes, il est un peu ironique de lire
dans une dépêche de l'AFP qu'un rapport de l'ONU recommande, à propos des
événements sanglants du Bas-Congo en début d'année (2007), que les autorités
judiciaires congolaises identifient et traduisent devant les tribunaux les
personnes, tant du côté de Bunda dia Kongo que du côté de l'armée et de la
police, qui ont contrevenu à la loi. On comprend bien que la MONUC ne pouvait pas pas
dire autre chose face aux manifestations violentes organisées par Bunda dia
Kongo et à la répression sauvage utilisée pour les réprimer. Comme l'Assemblée
nationale congolaise recommande grosso modo des poursuites similaires contre
les responsables de ces émeutes et les policiers et militaires impliqués dans
la répression sauvage, il reste à voir si les autorités judiciaires auront la
volonté et les moyens de traduire devant les tribunaux des membres des forces
armées, particulièrement des membres de la garde républicaine.
En d'autres termes par les FDLR (Interahamwe et Co.). Viol,
esclavage sexuel, inceste for ou cannibalisme, Mme Erturk affirme que les atrocités
perpétrées par ces groupes armés sont d'une brutalité inimaginable qui va bien
au-delà du viol, ajoutant qu'il s'agissait de la pire situation qu'elle ait vue
en quatre ans d'enquête sur les violences faites aux femmes.
Selon elle, des unités de l'armée (NDLR Obsac : elle fait référence ici aux
brigades "mixés") se sont délibérément attaquées à des localités
soupçonnées de soutenir la guérilla, se livrant au "pillage, au viol en
réunion (viol de groupe) et dans certains cas au meurtre de civils". Des
soldats ou des policiers se considérant au-dessus des lois ont aussi commis de tels
actes. ces actes relèvent du crime de guerre et, dans certains cas, du crime
contre l'humanité, a déclaré l'experte des droits de l'Homme.
Citant un cas où 70 policiers ont riposté à l'incendie d'un poste de police à
Karawa en brûlant cette ville de la province d'Équateur. À cette occasion des
civils ont été torturés et au moins 40 femmes, dont une fillette de 11 ans,
violées. Aucun policiers n'a pourtant été arrêté ou poursuivi, et des exactions
similaires se seraient produites à Bonyanga et Bongulu, dans le nord-ouest du
pays également. Les conclusions de Mme Erturk seront présentées au Conseil des
droits de l'Homme en septembre 2007. Évidemment, tant les FDLR que le
gouvernement et le général Nkunda affirmeront qu'il ne sont pas responsable de
ces crimes ...
© P. B. | Obsac
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