02 août 2007
La mort brutale du professeur Samba Kaputo, député et conseiller de Joseph Kabila en matière de sécurité
Originaire du Nord-Katanga, Guillaume Samba Kaputo est
décédé mercredi 1er août en Afrique du Sud à la suite d’une crise
d’hypertension.
Ses amis assurent que l’homme était en parfaite santé. Le décès
du conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité suscite toutes
les spéculations au moment où des sources expriment des « vives préoccupations
» sur l’état de santé de Katumba Mwanke.
« Connaissez-vous la nouvelle ? Le professeur Samba Kaputo
est décédé ». C’est l’information qui a circulé dans la matinée de mercredi à
Bruxelles. A Kinshasa et à Lubumbashi, aucune source ne pouvait ni confirmer ni
infirmer la nouvelle. Au début de l’après-midi, il n’y avait plus l’ombre d’un
doute : Samba est bien mort. De quoi donc ?
Il est décédé en Afrique du Sud de suite d’une « crise
d’hypertension artérielle », selon certaines sources. L’information a été
finalement confirmée par la
Présidence de la République. De quoi souffrait-il ? « L’homme ne
buvait pas une goutte d’alcool. Il menait une vie assez sobre », remarque un
parlementaire étiqueté « AMP » (Alliance de la majorité présidentielle) joint
au téléphone à Kinshasa. « Je l’ai rencontré il y a 72 heures. Samba ne présentait aucun signe pathologique », indique pour
sa part un autre membre de la
Chambre basse. « Nous devrions d’ailleurs nous revoir ce
week-end », ajoute-t-il. Selon des éléments d’informations obtenues par la
rédaction de Congoindependant, Samba se serait plaint de « maux d’estomac »
avant de présenter de signes d’hypertension artérielle d’où son évacuation,
mardi 31 juillet, en Afrique Sud. A Bruxelles, tout comme à Kinshasa, chaque
observateur y va de son « appréciation» de l’événement. Il n’est pas rare
d’entendre parler d’« empoisonnement ».
Empoisonnement par qui ? Pourquoi ? Deux questions qui
restent, pour le moment, sans réponse. Reste que dans l’imaginaire collectif
congolais, le fait de soulever ce genre d’interrogations est en soi une
réponse…En tous cas, des analystes égrènent les « multiples décès » qui ont
endeuillé le « clan kabiliste ». On cite dans la foulée notamment : Jean-Paul
Kanga Boongo , Vangu Mambwene, et Christian Eleko.
"Il y a trop de décès
suspects dans l’entourage de Kabila", confie un opposant politique.
Selon certaines sources, Augustin Katumba Mwanke, l’homme
fort du « clan présidentiel », aurait des « graves ennuis » de santé. Il serait
en soins intensifs dans une clinique dans la capitale chinoise. Paranoïa
collective ? Le duo Samba et Katumba constituent – constituaient ? - les
véritables piliers du régime de Joseph. Le premier avait en charge les
questions politiques et sécuritaires. Le second est « l’homme d’affaires » du
groupe. C’est lui qui détient les cordons de la bourse. C’est lui l’homme des
contrats miniers qualifiés par la terre entière de « léonins ».
Né à Moba le 13
avril 1946, Guillaume Samba Kaputo était titulaire d’un doctorat en sciences
politiques (ULB). Il a été plusieurs fois ministre et gouverneur de province
sous Mobutu Sese Seko. Il a été élu député national aux législatives de 2006
tout en conservant ses fonctions de conseiller spécial de Joseph Kabila en
matière de sécurité. Le défunt laisse une image controversée. Pour les uns, il
faisait partie des « faucons ». Pour d’autres, ce fut une « colombe ». Un
analyste joint à Kinshasa de conclure : « Il n’était ni faucon ni colombe. La
disparition de Samba Kaputo prive Joseph Kabila de sa principale tête
pensante».
B. Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2007
Commentaires
hommage à un grand Homme
la RDC vient de perdre un grand homme,un des pilliers du clan Kabila pour ne pas dire le pillier du clan. J'ai connu cet homme dépuis ma tendre enfance, je peux vous dire qu'il laisse un vide immense dans sa famille , irremplaçable. Difficile à digérer encore.
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