kabila_dos_santosKinshasa, 03/08/2007

Les archives des administrations coloniales de la Belgique et du Portugal, anciennes puissances titulaires respectivement de l’RDC et de l’Angola, vont être mises à contribution dans l’examen de la querelle autour du tracé frontalier de Kahemba entre les deux grands pays voisins de l’Afrique centrale.

En visite de 48 heures à Luanda, en Angola, le Président de
la République Joseph Kabila s’est entretenu lundi 30 et mardi 31 juillet 2007 avec son homologue angolais José Edouardo Dos San­tos.

Outre la signature de plusieurs protocoles d’accord (voir communiqué conjoint ci-dessous) entre
la République démocratique du Congo et l’Angola, les deux chefs d’Etat ont évoqué ensemble des questions brûlantes d’actualité, notamment l’expulsion de plus de 7000 Congolais d’Angola et l’épineux dossier de l’occupation d’une partie du territoire de Kahemba par les Forces armées angolaises.

Sur ce dernier point, les présidents Joseph Kabila et Edouardo Dos Santos ont réaffirmé leur volonté de régler cette question par des voies pacifiques. Et surtout de solliciter le concours des experts et des archives des puissances colonisatrices pour éclairer toutes les zones d’ombre qui marquent cette question. Et les résultats de ces échanges diplomatiques se manifestent déjà sur terrain.

Selon des sources concordantes, des experts et historiens congolais, Angolais, Belges et Portugais se rendront dans quelques semaines dans le territoire du Kahemba, à la frontière avec l’Angola pour déterminer avec exactitude les limites frontalières entre
la RDC et l’Angola.

« Leur enquête exploratoire devra déterminer l’appartenance réelle des 11 villages du territoire de Kahemba. Les cartes et les archives amenées par les experts belges et portugais vont aider au règlement pacifique du différend territorial de Kahemba », a déclaré un expert de l’Institut Géographique du Congo (IGC).

La confiance

Il convient de souligner qu’au cours de la réunion de Luanda, Joseph Kabila et Edouardo Dos Santos ont convenu de solliciter le concours des experts congolais, angolais mais également belges et portugais pour régler le différend territorial entre
la RDC et l’Angola. Les experts belges et portugais se sont dits disposés à mettre leurs archives à la disposition de leurs anciennes colonies pour trouver un compromis final au différend territorial qui les oppose.

Cette contribution des anciennes métropoles a été du reste saluée par la société civile de la province du Bandundu. Celle-ci continue de croire que seules les références historiques fournies par des archives belges et portugaises pourraient déterminer si réellement les 11 villages de Kahemba font bel et bien partie de la RDC ou de l’Angola.

« Nous avons confiance et nous nous inclinerons devant le verdict des experts belges et portugais qui furent les premiers à tracer les 2.500 kilomètres de frontière commune entre la RDC et l’Angola », a dit un membre de la société civile du Bandundu.

 © Luc-Roger Mbala Bemba | L’Observateur