04 août 2007
Une date maudite par le peuple congolais : Triste anniversaire
Le Rassemblement congolais pour la démocratie a célébré son
neuvième anniversaire depuis sa création le 2 août 1998.
Pour de nombreux congolais cet anniversaire sonne aux oreilles comme une
insulte pour la mémoire des millions de compatriotes tombés sous le champ de
bataille du fait du RCD, non pour des intérêts globaux, mais au nom de ceux
d’une ethnie sur les 400 que compte ce pays continent.
Plutôt que d’essayer de faire son auto critique après son échec aux élections
générales organisées dernièrement en RDC et de demander pardon au peuple
congolais pour tout ce dont on l’accuse, le président Ruberwa s’est lancé hier
dans un chassé croisé furieux de critiques inutiles.
Ensuite il a amalgamé les propositions pour tenter de s’attirer la sympathie
de tout le monde, en pure perte ; car les congolais n’entendent plus se
laisser distraire par des discours politiciens sur la réconciliation, le
dialogue ou autres thèmes qui n’ont fait que passer son temps.
Le Rassemblement congolais pour la démocratie a neuf ans.
Cet anniversaire qui est célébré le 2 août de chaque année est somme toutes
légitime du point de vue de la démocratie, mais il renvoi à beaucoup de
souvenirs douloureux de la période sombre de la guerre de 1998.
Dans un discours
de vingt pages lu devant des journalistes par le président du RCD, Maître
Azarias Ruberwa a appelé à l’unité nationale et à la paix des cœurs. Quoi de
plus normal dans un pays qui a connu toutes les affres de la division. Mais la
satisfaction de cette assertion s’arrête là.
La personnalité du parti cher à Azarias Ruberwa n’est pas étrangère à la
réputation malfamée qui est la sienne au sein de la population congolaise.
Née des évènements tragiques qui ont conduit à l’assassinat du président Laurent Désiré Kabila, la rébellion du RCD est la pire que la République démocratique du Congo ait jamais connue dans son histoire.
Massacres et pogroms des
populations civiles congolaises, crimes de toutes sortes sont mis au compte de
ce mouvement qui s’est transformé à la faveur des négociations pour mettre fin
à la guerre, en parti politique.
Ces faits sont restés gravés en lettres de feu dans la mémoire collective du
peuple congolais. Point n’est besoin de combattre l’amnésie populaire par des
slogans lénifiants.
L’opinion congolaise aurait aimé voir le RCD profiter du
neuvième anniversaire de sa création pour faire son bilan aussi bien sur le
plan politique que sur celui de sa gestion en tant que parti qui a eu à gérer
un tiers du territoire pendant cinq ans, et récemment pendant le gouvernement
de transition.
Des thèmes sélectionnés à dessein pour
la bonne cause
Pour un parti qui prône l’unité, la célébration par le RCD de son neuvième
anniversaire fut une manifestation de son Apartheid.
Certains des journalistes
présents à la cérémonie ont été traités comme des parias au milieu de leurs
confrères ; comme des gens qui débarquent dans une partie où ils ne sont
pas invités à qui on donne des journaux à lire, ces journalistes ont été priés
d’agir à leur guise, comme des enfants non accompagnés.
Le RCD accuse le gouvernement actuel d’institutionnaliser non pas la division,
mais les divisions. " Que pouvons faire avec toutes ces divisions ?
" s’est interrogé le président Ruberwa.
On aurait tendance à lui poser
cette question légitime au regard de son particularisme ethnique : "
Mais que pouvons faire contre toutes vos revendications qui mettent les autres
sur la défensive ? " Car en effet le RCD n’est pas comme les autres
partis politiques qui pullulent en République démocratique du Congo.
Il est
tout sauf un parti de masses. Les masses ne se reconnaissent pas en lui.
Pourquoi ? Parce que son idéologie est un courant de pensée irrédentiste.
Les dirigeants actuels de la
RD Congo ne sont pas des racistes ; ce n’est pas non
plus la qualité du peuple congolais qui a décidé de passer l’éponge sur les
exactions du RCD dont il a été victime.
Ruberwa lui-même a reconnu que le
président de la République
a montré ses talents humanistes en nommant à la tête de la police et des forces
armées des personnalités favorables au RCD.
Mais loin de s’arrêter à applaudir
cette avancée de Joseph Kabila en matière de réconciliation nationale, l’Avocat
demande au chef de l’Etat en toute bonne foi de faire encore plus.
De fil en aiguille et s’il trouve du répondant à chacune de ses exigences, Maître Azarias Ruberwa ne pourra pas s’empêcher de demander pour plus de démocratie en RDC, au président de la République de revenir au système 1+4.
C’est le propre des régimes mono ethniques de chercher à tirer de manière
léonine le drap de leur côté et d’exercer une pression hydraulique pour obliger
l’adversaire à faire toujours plus des concessions.
C’est aussi une seconde
nature des partis comme le RCD de faire l’amalgame pour rendre les eaux claires
d’un ruisseau peu profond noires comme celles d’un marigot où s’ébattent des
sauriens. Ainsi les masques ne sont pas enlevés jusqu’à la victoire finale.
Le fait de demander aux autorités d’aider Jean Pierre Bemba à rentrer au pays,
de leur demander de décerner un prix d’exception à Etienne Tshisekedi et
d’autres réclamations revendicatives similaires s’inscrit dans cette logique.
Maître Azarias exige du gouvernement une amnistie illimitée en faveur de toutes
les personnes poursuivies et/ou condamnées dans le cadre des crimes commis de
façon indifférenciée contre la
République démocratique du Congo.
Pourquoi ne pas commencer au préalable par demander pardon au peuple congolais
pour toutes les exactions attribuées au RCD durant les cinq dernières années de
guerre.
Il serait assez accusateur et vexatoire pour les membres du RCD à
commencer par Ruberwa lui-même qui cultive maintenant une autre image que celle
qu’il avait à l’époque de la guerre, d’affirmer que au RCD on ne dit jamais
pardon.
On parle de paix mais on fait la guerre
par la ruse
Pour toutes les revendications populaires, le RCD y voit une manipulation
télécommandée. On l’a vu quand les habitants de Bukavu se sont insurgés en 2004
contre la tentative d’occupation de leur localité par le félon N’Kundabatware
et son homme-lige, et dans d’autres actions spontanées des congolais voulant
s’élever contre les agissements des Rwandophones.
Aujourd’hui le feu couve à
Moba dans le nord Katanga ; Ruberwa n’a pas choisi par hasard de parler de
retour d’exil de certains congolais. C’est par ce que les Banyamulenge que le
Hcr veut réimplanter à Moba sont honnis par la population autochtone.
On a souvent parlé de la xénophobie des congolais ou de l’inutilité d’une
nationalité qui se veut une et indivisible. Sans doute. Mais contrairement à ce
que pensent les gens du RCD les congolais ne sont pas racistes. Simplement
comme les faits l’ont prouvé, personne parmi les peuples du monde ne peut
accepter d’être re colonisé maintenant ou plus tard sans protester.
C’est ainsi
que le peuple congolais réagit par l’entremise de son gouvernement, en exigeant
de temps en temps que ce dernier utilise la force contre ceux qui se sont
érigés en frein pour son développement.
Le génocide dont Ruberwa a stigmatisé le recommencement dans
les Kivu n’est qu’une manière particulièrement vicieuse de retourner le glaive
dans la plaie non encore cicatrisée des congolais.
Avant que le dialogue tous
azimuts sur lequel insiste l’Avocat ne prenne corps, il faut que la hache de
guerre soit définitivement enterrée par les siens.
Personne ne fait la guerre
au Congo uniquement pour nuire aux intérêts du RCD. La croisade médiatique de
Ruberwa sur fond de célébration d’un anniversaire qui trouble la conscience du
peuple congolais n’a fait que l’effet d’une cautère sur une jambe de bois. La RD Congo
est résolument tournée vers un avenir où la distraction n’aura pas de place. En
attendant, ses dirigeants s’emploient au rétablissement de la paix, pas
nécessairement selon Maître Azarias Ruberwa.
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