deraillement_rain_kasai_orientalUn quatuor de ministres congolais a été dépêché vendredi au Kasaï occidental, dans le centre de la RDC, où au moins 120 personnes ont péri dans le déraillement d'un train, un énième accident qui met en évidence l'état de délabrement du matériel ferroviaire dans ce pays

La plupart des victimes étaient "des passagers clandestins qui ont l'habitude de prendre place à bord des wagons de marchandises à l'insu des agents" de sa société, a expliqué l'administrateur-délégué général de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC), Médard Ilunga. L'accident s'est produit dans la nuit de mercredi à jeudi à Tshibahu, à 170 km au nord de Kananga, dans le centre de la République démocratique du Congo.  

"Selon les informations en notre possession, au moins cent passagers ont péri et plusieurs dizaines ont été blessées dans le déraillement d'un train de marchandises au niveau de la rivière Luembe, à 170 km au nord de Kananga, chef-lieu du Kasaï occidental, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Thoussaint Tshilombo Send, également ministre de l'Information.

La délégation gouvernementale - conduite par le général Denis Kalume Numbi, ministre de l'Intérieur - est également composée des ministres de la Santé, des Affaires humanitaires et des Transports, chargés d'évaluer la situation et d'assister les victimes. Une importante quantité des produits pharmaceutiques a été embarquée à bord de l'avion transportant les ministres, pour approvisionner les hôpitaux ayant accueilli les 120 blessés. Le train assurait la liaison Ilebo-Kananga, deux villes distantes de 300 km.  

La locomotive a déraillé pendant qu'elle s'engageait sur une pente près de la rivière Luembe, selon la direction régionale de la SNCC à Kananga.

"Les clandestins voyagent moyennant quelques pots-de-vin qu'ils versent aux machinistes et d'autres sont des fraudeurs qui se mettent sur les toits de wagons", a expliqué un agent de la direction de la SNCC à Kinshasa.

Il s'agit du deuxième accident au Kasaï occidental en l'espace de trois semaines sur cette voie ferroviaire vieille de plus de 70 ans. Une enquête a été diligentée par le gouvernement pour déterminer les causes exactes du déraillement. Mais, en RDC, les voyageurs savent combien l'outil de travail de la SNCC est défectueux.

L'entreprise a besoin de nouveaux wagons et locomotives. La plupart des rails doivent être remplacés. "Il arrive fréquemment que les voyageurs soient bloqués pendant plusieurs jours dans les gares, faute de trains", explique ainsi un responsable de l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH) contacté depuis Kananga.  

© AFP