05 août 2007
Médard Autsai confirme l'occupation de six localités par des Soudanais et des Ougandais
© Le
Phare | Kisangani, 2 Août 2007 | André
SAFARI
Lors de sa rencontre avec la presse de Kisangani, mercredi
dernier, le gouverneur de la province Orientale, Médard Autsaï Asenga, a
confirmé l'occupation de six localités congolaises par le Soudan et l'Ouganda.
Il a indiqué que six villages situés le long de la frontière
entre le Congo, le Soudan et l'Ouganda sont illégalement entre les mains de nos
voisins. A la demande des autorités, il a reconnu avoir entrepris la démarche
de rencontrer ses homologues des districts de Medi, West-Nil, Kobogo et Ruwa
qui partagent la même frontière avec la province Orientale. A sa grande
surprise, les parties soudanaise et ougandaise ont été moins enthousiastes et
ont boycotté la rencontre, selon le calendrier convenu de commun accord. « Je
suis déçu et ce n'est pas une preuve de faiblesse », a-t-il déclaré indigné.
En lieu et place d'une option militaire, Autsaï Asenga veut
plutôt privilégier la voie diplomatique et trouver des solutions durables à
cette question. « Je préfère l'humiliation, pourvu qu'aucune vie humaine ne
soit mise en danger de mort par la guerre », a-t-il dit. Et d'annoncer qu'il va
entreprendre des visites dans les localités occupées, afin de dialoguer avec
les envahisseurs dans les prochains jours.
10 millions de FC par
district
Médard Autsaï a également révélé que le gouvernement provincial
vient de mettre à la disposition de chaque district un montant de 10 millions
de Francs Congolais pour le fonctionnement. L' Ituri a été la première à être
servi, puis les autres.
En ce qui concerne la sécurité au sein de la province, il
s'est félicité du fait que les principaux seigneurs de guerre (Peter Karim,
Kobra Matata et Matthieu Kuzolo) ont enfin accepté de s'engager dans le
processus de brassage.
L'insécurité, a-t-il promis, doit prendre fin en province orientale.
La population doit appuyer le nouveau commandant de la 9ème région militaire,
le général de brigade Jean-Claude Kifwa, mieux connu sous le sobriquet
Tango-Tango, qui succède au général Joseph Padiri Bulenda qui a rejoint son
poste d'affectation, le Katanga.
Nombreux sont ceux qui lient l'actuelle recrudescence de
l'insécurité à ce changement intervenu à la tête de la région militaire. Mais,
personne ne peut comprendre le fait que certains officiers de l'armée soient
liés soit directement, soit indirectement à l'insécurité. Vendredi 27 juillet,
lors d'une parade militaire au Camp sergent Ketele de la commune Makiso, le
nouveau commandant région a présenté quatre personnes arrêtées, impliquées dans
les actes de barbarie, il y a deux semaines, dans la commune Tshopo.
Ce sont des militaires hauts gradés, et autres réfractaires
au processus de pacification du milieu. D'autres sont d'anciens condamnés à des
lourdes peines qui sont curieusement en liberté. JC. Kifwa sollicite la
collaboration de toute la population pour dénoncer tout suspect, et ne pas se
faire justice.
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