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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

05 août 2007

L’intégration d’ex-combattants dans l’armée au Nord-Kivu a échoué selon MSF

Nkunda_le_hitlerL’ONG sonne l’alarme pour les populations

Médecins sans frontières craint que l’échec du mixage dans l’armée des forces rebelles qui se sont longtemps opposées, dans le Nord-Kivu, ne conduise à de nouvelles violences.

L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) s’inquiète pour les populations de la province du Nord-Kivu située à l’est de la République Démocratique du Congo. Selon elle, « la situation peut [y] basculer à tout moment à cause de l’échec de l’opération de mixage conçue pour faire rentrer dans les rangs de l’armée les divers groupes de combattants » qui s’y sont opposés par le passé.

« L’opération de mixage conçue pour faire rentrer dans les rangs de l’armée les divers groupes de combattants ne donne pas les résultats attendus. Les brigades mixées sont divisées et les rebelles lancent des attaques, créant une grande insécurité pour les populations », a déclaré MSF dans un communiqué dont copie a eté transmise samedi à la PANA, à Paris.

L’armée aussi « commet des actes de prédation sur la population »

Dans la province, se trouvent des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), des Hutus rwandais venus après le génocide, mais aussi des Hutus congolais et des opposants au régime de Kigali auxquels s’ajoutent les milices "Maï-Maï", dont certains groupes refusent d’intégrer les rangs de l’armée et cherchent à protéger leurs propres intérêts.

Quant à l’armée congolaise déployée au Kivu, MSF indique qu’elle est mal équipée, mal payée et « commet des actes de prédation sur la population ». « Autre élément d’instabilité : l’armée est composée de soldats de l’armée régulière et des combattants fidèles au général dissident Laurent Nkunda lequel, à l’instar des autres parties, remet en cause cette opération de mixage », ajoute le document.

«Tout cela créé des tensions et l’on craint que les combats ne reprennent entre ses hommes et les troupes régulières », avertit l’organisation humanitaire.

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Le Kasaï Occidental toujours bloqué : 27 millions de FC se volatilisent dans la nature

accident_train_kasai© Bapa | Le Phare, 17 juillet 2007

Ce sont, pratiquement, des cris de désespoir qui parviennent depuis bientôt plusieurs semaines à la presse nationale au sujet de la situation que vit la province du Kasaï Occidental.

Des notables de cette entité rencontrés dans la capitale se plaignent en effet du blocage que vit leur province depuis le vote de la motion de défiance, par les députés provinciaux, contre le gouverneur Trésor Kapuku. Pire, des sources concordantes ont fait état du retrait en deux chèques, le samedi 16 juin, d’un montant de 27 millions de Francs Congolais sur le compte de la province aux guichets de la BCC à Kananga.

Cet acte a scandalisé la population et choqué les ressortissants du Kasaï Occidental du fait que cet argent n’a servi ni à payer des salaires, ni à réaliser un quelconque ouvrage d’intérêt public. Qui est à la base de ce retrait massif un samedi et pourquoi, s’interroge-t-on à Kananga. Le plus choquant dans cette affaire, a appris Le Phare, c’est que tout ceci arrive au moment où d’autres provinces ont déjà présenté leurs gouvernements respectifs et adopté leurs programmes d’action.

Blocage

Selon des sources généralement bien informées dans le chef-lieu du Kasaï Occidental, la remise et reprise n’a toujours pas eu lieu à Kananga en dépit du fait que le gouverneur Trésor Kapuku a fait l’objet d’une motion de défiance, ce qui a pour conséquence de bloquer toutes les institutions provinciales qui ne savent plus sur quel pied danser. Mais la principale cause du blocage, expliquent les observateurs, c’est le fait que le gouverneur Trésor Kapuku a introduit une requête auprès de la Cour Suprême de Justice, après que la Cour d’Appel de Kananga se fut déclarée incompétente.

Depuis, c’est la longue attente, dont la conséquence est non seulement la paralysie des institutions provinciales, mais aussi la déportation à Kinshasa des querelles de positionnement ainsi que la montée de la tension tant parmi les députés provinciaux qu’au sein de la population, désagréablement surprise d’apprendre toutes les manipulations qui se déroulent autour de l’arrêt attendu de la Cour Suprême de Justice.

L’une de ces manipulations et qui a fait monter la tension au Kasaï Occidental est la diffusion par la Radio « Kadiomba Ka Ndudi » de l’information selon laquelle des sources proches de la Haute Cour auraient indiqué que l’acte posé par l’Assemblée provinciale était précoce. On imagine évidemment le tollé provoqué par cette annonce, d’abord en raison du principe de la séparation des pouvoirs - la motion de défiance ne relevant pas du contentieux électoral , ensuite du fait qu’une telle fuite suggérerait que la Haute Cour n’est pas neutre et qu’elle travaillerait sous influence.  

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Médard Autsai confirme l'occupation de six localités par des Soudanais et des Ougandais

medard_autsai© Le Phare  | Kisangani, 2 Août 2007 | André SAFARI

Lors de sa rencontre avec la presse de Kisangani, mercredi dernier, le gouverneur de la province Orientale, Médard Autsaï Asenga, a confirmé l'occupation de six localités congolaises par le Soudan et l'Ouganda.

Il a indiqué que six villages situés le long de la frontière entre le Congo, le Soudan et l'Ouganda sont illégalement entre les mains de nos voisins. A la demande des autorités, il a reconnu avoir entrepris la démarche de rencontrer ses homologues des districts de Medi, West-Nil, Kobogo et Ruwa qui partagent la même frontière avec la province Orientale. A sa grande surprise, les parties soudanaise et ougandaise ont été moins enthousiastes et ont boycotté la rencontre, selon le calendrier convenu de commun accord. « Je suis déçu et ce n'est pas une preuve de faiblesse », a-t-il déclaré indigné.

En lieu et place d'une option militaire, Autsaï Asenga veut plutôt privilégier la voie diplomatique et trouver des solutions durables à cette question. « Je préfère l'humiliation, pourvu qu'aucune vie humaine ne soit mise en danger de mort par la guerre », a-t-il dit. Et d'annoncer qu'il va entreprendre des visites dans les localités occupées, afin de dialoguer avec les envahisseurs dans les prochains jours.

10 millions de FC par district

Médard Autsaï a également révélé que le gouvernement provincial vient de mettre à la disposition de chaque district un montant de 10 millions de Francs Congolais pour le fonctionnement. L' Ituri a été la première à être servi, puis les autres.

En ce qui concerne la sécurité au sein de la province, il s'est félicité du fait que les principaux seigneurs de guerre (Peter Karim, Kobra Matata et Matthieu Kuzolo) ont enfin accepté de s'engager dans le processus de brassage.

L'insécurité, a-t-il promis, doit prendre fin en province orientale. La population doit appuyer le nouveau commandant de la 9ème région militaire, le général de brigade Jean-Claude Kifwa, mieux connu sous le sobriquet Tango-Tango, qui succède au général Joseph Padiri Bulenda qui a rejoint son poste d'affectation, le Katanga.

Nombreux sont ceux qui lient l'actuelle recrudescence de l'insécurité à ce changement intervenu à la tête de la région militaire. Mais, personne ne peut comprendre le fait que certains officiers de l'armée soient liés soit directement, soit indirectement à l'insécurité. Vendredi 27 juillet, lors d'une parade militaire au Camp sergent Ketele de la commune Makiso, le nouveau commandant région a présenté quatre personnes arrêtées, impliquées dans les actes de barbarie, il y a deux semaines, dans la commune Tshopo.

Ce sont des militaires hauts gradés, et autres réfractaires au processus de pacification du milieu. D'autres sont d'anciens condamnés à des lourdes peines qui sont curieusement en liberté. JC. Kifwa sollicite la collaboration de toute la population pour dénoncer tout suspect, et ne pas se faire justice.

Copyright © 2007 Le Phare.

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Règlement des comptes ou crime crapuleux ? Un Belge abattu à son domicile

kinshasa_vue© J.R.T. | Kinshasa, le 3 août 2007

Après l’exécution du colonel Mopepe, récemment nommé inspecteur provincial adjoint de la police pour le Katanga, chargé de l’administration et de la logistique, dans la nuit du 7 au 8 juillet 2007, à Limete, ensemble avec le chauffeur Achille, l’industrie du crime vient de récidiver dans le quartier Socimat, un quartier résidentiel très coquet de Kinshasa, avec la même cruauté et la même détermination.

Hier matin, des coups de feu ont crépité dans la commune de la Gombe. L’industrie du crime est passée par là, et signé un assassinat qui a plongé dans l’émoi toute la communauté belge de Kinshasa.

La victime, M. Michel Hans, sujet belge, 56 ans, résidant sur avenue Lomande n°5, a été sauvagement abattu vers 8H
30’, au moment où il s’apprêtait à se rendre à son bureau.

Ce quadragénaire, figure bien connue dans les milieux des sociétés de construction de Kinshasa, est le directeur financier de l’entreprise « Construct Number One ».

Des habitants du quartier affirment avoir vu trois hommes en tenue civile, faire les cent pas dans ce quartier. Venus il y a quelques trente minutes plus tôt, ils ont cheminé au pas de course sur l’avenue Lomande.

Personne ne les avait suspectés jusque là, puisqu’ils donnaient l’impression d’être des travailleurs pressés d’atteindre à temps un nouveau chantier ouvert dans le quartier.

Alors qu’un calme particulier régnait dans le quartier, à 8H
30’, une fusillade crépite subitement dans la villa occupée par le sujet belge. Quand les voisins alertés se précipitent dans cette parcelle pour s’enquérir de la situation, trois suspects en ressortent en catastrophe et tentent de s’enfuir. Sur le champ, ils sont pris en chasse. Les badauds se joignent à cette course-poursuite. A plus de 500 mètres du lieu, essoufflés, deux de ces trois malfaiteurs sont appréhendés.

Sur avenue Lomande n°5, l’appartement livre un constat poignant. M. Michel Hans étalé par terre, est inanimé. Deux blessures montrent que les criminels l’avaient tué de sang-froid, en ayant choisi de toucher un point vital. Au cou et à l’avant-bras gauche. Le corps gît dans une mare de sang.

Cet expatrié qui avait choisi la RDC comme sa seconde patrie, vient donc d’être arraché à l’affection de ses compatriotes et de ses nombreux amis.
Dans le quartier, il passait pour un habitant sympathique. Son assassinat a plongé tout le quartier dans l’inquiétude, à la suite de ce crime commis en plein jour et qui montre si besoin en était, la recrudescence de la criminalité dans la ville de Kinshasa. Une criminalité qui n’épargne ni les Congolais, ni les expatriés. Elle frappe, on l’a vu, civils et officiers supérieurs, gouvernants et gouvernés, au point que les habitants sont appelés à se prendre en charge en attendant l’intervention de la police ou des autres forces de l’ordre.

L’enquête dévoile que les criminels sont des éléments incontrôlés


Les éléments de
la Haute cour militaire alertés par la fusillade, sont vite descendus dans ce quartier proche où ils ont surpris deux de trois assassins neutralisés grâce à la clameur publique.

Sur le lieu, des enquêteurs ont pu identifier les deux criminels. Il s’agit de Tamba Kibambe et Kongolo wa Kongolo, ils sont des éléments incontrôlés des Fardc dont on dit qu’ils étaient administrés par la Force terrestre. Une trouvaille importante pour la suite des investigations est faite : une douille du fusil automatique Fa, l’arme du crime utilisée par les inciviques.

Aujourd’hui, au moment où les limiers recherchent le troisième membre de la bande, nous apprenons que l’interrogatoire des prévenus permettra, a indiqué au Phare un des enquêteurs, de découvrir les mobiles de ce crime et toute son organisation.

Car, les criminels se réfugient précipitamment derrière la thèse d’un simple cambriolage qui a tourné au drame. Mais les limiers mûs par une longue expérience, sont plutôt attirés par la thèse d’un crime parfait. Un crime commandé qui a vu le trio s’intéresser à mettre fin à la vie de M. Michel Hans, sans se préoccuper d’emporter ses biens. Il y a donc là, une main invisible qui vraisemblablement a poussé le trio criminel à commettre son sinistre besogne.

Signalons que hier, il s’est ouvert le procès en matière flagrance de l’affaire Assassinat de Michel Hans, devant le Tribunal militaire de garnison de Ngaliema.

Les prévenus aux arrêts, sont poursuivis pour association des malfaiteurs, tentative de vol à main armée, désertion et meurtre.

Kinshasa est toujours en proie à une insécurité grandissante qui requiert un renforcement de la couverture sécuritaire des habitants de la capitale. C’est là une interpellation pour les nouveaux responsables de la police.

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La gestion des congolais de l'étranger planifiée

Colette_Tshomba© Le Phare (Kinshasa) | Tshieke Bukasa | 3 Août 2007

Le ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale a ouvert, le mercredi 1er août, la série des conférences scientifiques à la Foire internationale de Kinshasa (Fikin)

 A cet effet, la vice-ministre des Congolais de l'Etranger (CDE), Colette Tshomba a décliné les attributions et le plan d'actions prioritaires dévolus à son département. D'entrée de jeu, elle a indiqué que son ministère a été mis en place pour mobiliser les Congolais de l'étranger pour le développement du pays et leur intégration dans la vie nationale. L'identification, le recensement, le suivi, la protection et la défense des droits, des intérêts des Congolais de l'étranger font partie des compétences du vice-ministère des CDE.

Concrètement, révèle-t-elle, ces taches consistent, entre autres, à mettre en place des mécanismes et des projets incitatifs en vue d'encourager les compatriotes de l'étranger à investir au pays ; à canaliser leurs flux financiers vers les circuits économiques productifs du pays ; à encourager la création d'une caisse de solidarité ; à assurer la promotion de l'emploi et de la formation, la protection sociale et culturelle susceptible d'améliorer la situation de nos compatriotes dans leurs pays d'accueil ; à encourager et persuader les investisseurs étrangers, à travers le faisceau des Congolais vivant à l'étranger, de manière à recourir en priorité à leur expertise lors de leur implantation en RDC, etc.

Les actions prioritaires de Colette Tshomba

Préoccupé par le sort de plus de 6 millions de ressortissants congolais éparpillés dans le monde, le ministère des CDE entend publier des dépliants ainsi que la revue « Les Racines », lettre des CDE, pour un échange régulier d'informations entre eux et avec la mère patrie ; créer et animer un site Internet destiné aux Congolais de l'étranger, des émissions radio et télé pour une communication permanente ; Organiser le premier Forum des CDE dans le but de recueillir leurs avis et suggestions sur leur implication dans le développement du pays ; organiser des points focaux, des conseillers des CDE au sein de nos Ambassades et des Consulats ; participer chaque année aux activités foraines de la Fikin, en aménageant un espace dénommé « Maison des Congolais de l'étranger », pour la vulgarisation de la politique de gestion et d'encadrement des Congolais de l'étranger, l'exposition des activités des CDE et des projets à venir ; obtenir l'ouverture des Bureaux d'Accueil et d'Information des CDE aux points d'entrée principaux, à l'aéroport de Ndjili et au Beach Ngobila dans un premier temps, pour la facilitation des formalités de voyages en vue de lutter contre les tracasseries récurrentes à chaque retour au pays ; constituer une banque de données sur les expertises et compétences des CDE en les incitant à participer au développement et à la reconstruction de notre pays, etc.

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Affaire Kahemba : Dialogue des Peuples

Plus on est de fous, plus on rit …
©
Organe de l’asbl « Dialogue des Peuples »

Les Belges et le Portugais vont mettre leurs lumières et leurs archives à la disposition du Congo et le l’Angola pour les aider à résoudre le différend frontalier connu sous le nom d’ «Affaire Kahemba ». Cela nous promet encore de beaux jours !

Admettons que le différend soit réellement un problème frontalier On peut en douter, et y voir plutôt une question de reprise en main de zones longtemps livrées à l’anarchie et aux trafics de toutes natures… Mais enfin, puisque dispute de frontière il y aurait, à ce qu’on nous dit, acceptons-en l’augure…

Exhumer des archives les discussions de frontières entre Belges et Portugais risque fort d’obscurcir l’affaire plutôt que de l’éclairer. (Mais c’est peut-être ce que l’on cherche…)

Pour le comprendre, il suffit de jeter un regard sur les deux cartes ci-dessous.

Congo_1887

 

Congo_1900

Même un myope remarquera immédiatement que la frontière angolaise est celle qui a « bougé » le plus durant la période où l’on a dû passer de la frontière tracée sur la carte à grand renfort de lignes droites sur la carte à Berlin, et sa concrétisation sur le terrain.

Et il n’est pas besoin non plus de sortir une grosse loupe pour voir que, de tous les voisins de Léopold II, les Portugais ont été ceux qui ont eu le plus sujet de se dire « floués » dans l’histoire.

La raison en est simple : l’Angleterre, la France et l’Allemagne étaient alors au sommet de leur puissance, alors que le Portugal était depuis longtemps entré en décadence. La frontière angolaise a été la seule où les Belges se sont trouvés confrontés avec un voisin plus faible qu’eux.

Ayant assez rarement l’occasion de faire, sur la scène internationale, des effets de biceps, ils ont parfois cédé à la tentation. De leur côté, les Portugais n’ont pas toujours été beaux joueurs et n’ont pas toujours résisté à l’envie de dépasser les bornes (de la frontière) ou de les déplacer … 

Une chose est donc certaine, les Africains vont recevoir un cadeau de poids, car le dossier des incidents de frontières entre Belges et Portugais est particulièrement volumineux.

Une autre chose saute également aux yeux, lorsqu’on compare le tracé de 1887 avec celui de 1900 : dans la mesure du possible, on a substitué aux lignes droites, simplement définies par des longitudes et des latitudes, des tracés moins rectilignes, mais correspondant à des obstacles naturels, aisément repérables sur le terrain.

Mais cela n’a pas été possible partout, et le tronçon de frontière sur lequel se situe la borne XXI, contestée dans l’incident de Kahemba, est de celles qui ont été définies par les traités simplement par leur latitude (le 7° parallèle).

Faut-il le dire, un parallèle n’est pas visible sur le terrain et ne l’était pas plus hier, pour les colonisateurs, qu’il ne l’est aujourd’hui, pour les autochtones.

Ceci réduit à néant les deux rapports concurrents au sujet desquels les Congolais se disputent.

En effet, les experts gouvernementaux n’ont pu trouver, dans les archives, que des disputes byzantines où Belges et Portugais ont fait assaut de mauvaise foi.

Et la commission d’enquête parlementaire n’a certainement pu voir le 7° parallèle, même en montant en hélicoptère. Quant à l’avis des chefs coutumiers, même donné de bonne foi, on ne peut s’y fier qu’en faisant bon marché du fait que l’autorité traditionnelle est lignagère, et non territoriale, et du fait que les Cokwe, notamment, sont un population semi-nomade. Enfin, on ne sait si c’est vrai ou non, mais semblerait que le nom même d’un des 11 villages litigieux , « Shayimbwanda » signifierait, dans le dialecte local « l’endroit qui est des deux côtés à la fois », ou « le village à cheval sur la frontière », ce qui donne quand même à penser.

Toujours est-il que le problème « où passe exactement cette frontière ?» se ramène en fait à localiser exactement sur le terrain, en y plantant un jalon, le lieu où passe ce fameux parallèle mentionné dans les traités entre colonisateurs. Et il est quand même évident que le déballage d’archives poussiéreuses datant d’un temps où l’on ne disposait, faute de satellites artificiels, que de mesures extrêmement rudimentaires, ne servira pas à grand-chose pour faire avancer le schmilblick !

Le 26 janvier 2006, « De Standaard » annonçait qu’un cartographe flamand (Filip De Doncker) était chargé de « refaire la carte du Congo ».La raison en était que le cadastre minier n’était plus vraiment fiable et qu’il fallait déterminer les points géodésiques par des méthodes modernes faisant appel aux satellites, méthodes dont on ne disposait évidemment pas au moment où les anciennes délimitations avaient été effectuées à l’époque coloniale.

Or, qu’est-ce qu’un cadastre, sinon a délimitation de frontières entre des propriétés, parcelles ou concessions privées ? Entre la clôture d’un jardin, les limites d’une concession minière et les frontières d’un état, il y a une différence juridique, mais la nature de la limite est la même : il s’agit toujours de tracer une ligne idéale, là où la nature n’a pas eu la bonté de placer une rivière au bon endroit !

Tout ce qui vient d’être dit est un enchaînement de faits plus évidents les uns que les autres. Sauf à supposer que, dans les bureaux de Kinshasa, comme dans ceux de Luanda, il n’y a que des imbéciles, ce qui nous saute aux yeux doit être également visible pour eux. Et l’on sait fort bien, de part et d’autre, que la solution d’un problème frontalier (s’il y en a un !) passe par des observations géodésiques spatiales et qu’il n’y a pas d’autre solution satisfaisante. Les idiots ne sont d’ailleurs pas plus nombreux à Lisbonne et à Bruxelles, et tout ce que l’on peut déduire des attitudes prises par les diplomaties belge et portugaise, c’est que les anciennes métropoles sont d’accord avec les gouvernements africains pour noyer le poisson.

Une façon fort dangereuse d’amuser la galerie !

© Dialogue des Peuples, | 5/08/2007

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Humanisme

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