06 août 2007
Identités juives et racines africaines
Le Continent noir a toujours été considéré comme hors du
champ d’expansion du judaïsme, à l’exception de l’Ethiopie. Pourtant, des Juifs
noirs vivent en Afrique. Qui sont-ils ? Pour répondre nous allons nous rendre
en Afrique du Sud, chez les Lembas, au Nigeria, chez les Ibos, en Ouganda, chez
les Abayudaya, nous traverserons le Mali pour arriver au Sénégal et dans les
îles du Cap-Vert.
Après ce voyage, nous nous poserons la question de savoir
s’il existe des thématiques particulières dans ce monde noir judaïsé.
Nous en distinguerons
trois :
- une thématique biblique ;
- une thématique historique qui nous mènera à la recherche
de traces juives en Afrique ;
- une thématique contemporaine qui nous fera toucher des
questions sociales, culturelles et politiques.
Chez les Lembas d’Afrique du Sud, il existe des rites très
anciens auxquels les historiens et les ethnologues attribuent une origine
sémite bien qu’il n’y ait jamais eu de consensus sur l’origine ou la nature de
ces traditions.
Il n’est pas exclu que des éléments extérieurs aient pu
pénétrer leurs coutumes au point de donner au fil du temps naissance à une
forme de syncrétisme culturel.
Les Lembas croient en un Dieu unique. Ils n’adorent pas les
esprits des ancêtres ni les animaux ni les arbres, les pierres, le soleil, la
lune ou les étoiles. Ils prient avec un linge blanc autour du cou. Ils concluent
leurs prières par « amen ». Ils ne mangent ni porc ni animal impur, ni poisson
sans nageoires ni écailles. Ils observent le repos hebdomadaire du shabbat.
On reconnaît un certain nombre de traditions hébraïques et
aussi des traditions africaines qui ne sont plus pratiquées depuis qu’elles ont
été supplantées par le christianisme et l’islam. Les Lembas affirment leur
origine juive.
Leur tradition orale fait d’eux un peuple migrant, parti de la Judée il y a deux mille cinq
cents ans, pour s’établir à Sanaa dans la vallée de l’Hadramaout au Yémen. Par
la suite ils seraient passés du Yémen en Afrique pour s’arrêter au Zimbabwe
avant de se disséminer en Afrique du Sud.
Au Zimbabwe, se trouve un site appelé le « Grand Zimbabwe »
: ce sont des édifices en pierre, imposants, objets pour les chercheurs
d’interrogations sur une civilisation disparue. Ceux qui cherchent les mines
d’or du Roi Salomon sont passés par là. Il y a souvent du romantisme et de l’exotisme
dans ces recherches.
En revanche, d’autres chercheurs s’attachent à étayer leurs
hypothèses sur des théories scientifiques. Des recherches génétiques ont été effectuées
chez les Lembas. Une parenté avec la population du Yémen a été trouvée, liée au
chromosome Y marqué génétiquement par l’ascendance des Cohen, les grands
prêtres de Jérusalem.
Mieux vaut ne pas s’égarer dans cette direction et rappeler
que l’identité juive n’a rien à voir avec la biologie et la couleur de la peau.
Quoi qu’il en soit, comme nous l’apprend Tudor Parfitt (2), qui nous a fait
connaître les Lembas, les Lembas d’aujourd’hui sont déjà très différents des
Lembas d’il y a vingt ou trente ans. Il y a chez eux des lycéens et des
professeurs. Beaucoup leur ont apporté des livres sur le judaïsme. Cependant,
il semble que l’affirmation de leurs origines juives ne soit pas suivie d’un
développement communautaire important, comparable à ce qu’on observe
actuellement au Nigeria chez les Ibos.
On trouve chez les Ibos comme chez les Lembas des rituels
hébraïques. Aujourd’hui, il existe un centre communautaire juif à Abuja, au
centre du Nigeria Selon l’Association des Juifs du Nigeria, The Ibo Bnei Ysrael
Association of Nigeria, il y aurait vingt-six synagogues au Nigeria rassemblant
des Ibos et aussi des Nigérians d’autres origines.
Des Nigérians sont montés en
Israël. Ils sont devenus juifs et israéliens. Evoquons l’histoire de deux
d’entre eux, Haï Ben Daniel et Chimchon Adeshina (1) : Haï Ben Daniel est
arrivé en Israël avec l’idée qu’il était juif. Il connaissait la Bible mais ignorait le
Talmud. Il a passé plusieurs années dans une yechiva. Il enseigne à présent la Guemara dans une classe
pour enfants. Sa conversion n’a pas été facile. Il raconte que tous ses
collègues venant d’Amérique ou d’Europe obtenaient leur conversion en deux ans
tandis que lui devait attendre. Il s’est posé la question de savoir s’il
n’avait pas été refusé parce qu’il était Noir.
N’était-ce pas du racisme ? Haï Ben Daniel a protesté en
s’inscrivant dans l’enseignement talmudique selon lequel il n’y a pas de
couleur chez les hommes, ou alors le rouge du sang, le même pour tous les
hommes. Finalement le rav Ovadia Yosef est intervenu. Haï Ben Daniel explique qu’il a été reconnu comme Juif par une
procédure particulière (homra ve safek). Paradoxalement, la sévérité a été plus
grande parce qu’il y avait un doute sur son identité juive préalable.
En somme, il ne s’agit pas d’une conversion mais d’une confirmation. C’est un propos que l’on entend souvent au sein des communautés juives noires. Beaucoup préfèrent parler de retour plutôt que de conversion. Aujourd’hui, Haï Ben Daniel est trois fois Juif. Il est Juif en tant qu’Ibo ayant des origines juives, il est Juif parce qu’il a un certificat du rabbinat ashkénaze et il est encore Juif parce qu’il a un certificat du rabbinat sépharade.
La démarche de Chimchon Adeshina est sensiblement
différente. Chimchon Adeshina était prêtre chrétien à Lagos. De lui-même, par
la réflexion et l’étude, il s’est tourné vers le judaïsme. La situation s’est
compliquée quand il a voulu entraîner sa communauté sur le même chemin. Il n’y
a pas eu d’accord unanime. Chimchon Adeshina est monté en Israël avec toute sa
famille.
Au cours d’une conversation sur ses racines africaines, la question de
la femme noire de Moïse a été posée. Chimchon Adeshina déclara avec vivacité
qu’il ne savait rien sur le sujet et qu’en plus il n’était pas présent à
l’époque pour voir lui-même ce qui se passait. Sous la forme d’une
plaisanterie, il signifiait que le judaïsme était indifférent aux origines et
que la conversion était affaire d’étude et d’observance de la halakha (règle
traditionnelle).
En Ouganda, existe une communauté juive dont l’histoire
commence comme celle d’Adeshina. C’est la démarche individuelle, spontanée,
d’un homme, Samei Wakilenzi Kakungulu, né en 1860. Cet Africain devenu
protestant, officier dans l’armée britannique, s’est senti attiré par les
pratiques juives à force de lire la Bible. Il a fondé une communauté d’environ deux
mille personnes. Par la suite, il rencontra un commerçant juif et s’initia au
judaïsme traditionnel.
Plusieurs personnes se sont intéressées à cette
histoire, en particulier Israël Ben Zeev. Ben Zeev était président de la World Union for
Propagation of Judaism dans les années cinquante. Sa position sur les
conversions était inverse de celle des institutions juives. Il pensait que les
Juifs devaient pratiquer le prosélytisme pour la raison que le peuple juif
était menacé par sa faiblesse démographique. Selon lui, il fallait renforcer et
régénérer le peuple juif par la conversion de peuples qui n’avaient pas été
contaminés par l’antisémitisme. Il pensait particulièrement aux Africains et
aux Asiatiques.
Il s’agissait aussi de contrer les missionnaires qui
convertissaient les Juifs d’Ethiopie, et continuent à être actifs aujourd’hui
en Israël même. Actuellement, des paysans africains pratiquent le judaïsme dans
plusieurs villages à quelque deux cents kilomètres de Kampala.
En 2002, quatre rabbins américains du mouvement conservative
ont officiellement converti quatre cents Abayudaya. Passons au Mali, à
Tombouctou, dans la boucle du Niger. Ce sont des mots qui font rêver, pourtant
la présence juive dans ces lieux appartient au domaine de l’histoire et non de
la légende. Ismaël Diadié Haidara écrit dans son livre Les Juifs de Tombouctou
: Les Juifs qui fuirent de Castille, d’Aragon, des Baléares et de l’Afrique du
Nord, descendirent jusqu’au fleuve Niger où vivait alors une communauté juive
avec sa synagogue, ses puits et ses jardins.
Rappelons qu’à l’époque où l’on partait à la découverte de
l’Afrique, les Juifs ont joué un rôle majeur. Les plus anciennes cartes de
l’Afrique (l’Atlas Catalan d’Abraham Cresques au quatorzième siècle) ont été
composées par les cartographes de l’école de Majorque.
Ils étaient aussi rabbins et dirigeaient des yechivot. La
cartographie était une de leurs sources de revenus. En 1492, il n’y eut pas
seulement l’expulsion des Juifs d’Espagne mais aussi un massacre de Juifs au
Sahara, par un chef religieux musulman, El Maghrili. Les Juifs se sont
défendus. Certains se sont réfugiés chez un roi africain dans le royaume de
Gao. Il est probable que des Juifs soient descendus plus au Sud dans les pays
de la forêt, c’est peut-être là que l’on peut faire un lien avec les Ashantis
du Ghana et les Ibos du Nigeria. Le Mali est un pays musulman. On rencontre,
là-bas, des personnes dont le nom évoque une origine juive.
Au Sénégal, les traces juives sont moins difficiles à
suivre. Des Juifs portugais ont vécu sur la petite côte du Sénégal et dans les
Iles du Cap-Vert aux seizième et dix-septième siècles. Ils s’étaient installés
là pour pouvoir pratiquer librement le judaïsme et faire du négoce.
Le commerce des cuirs, des peaux, de la cire, de l’ivoire et
aussi, comme tous les commerçants de la région, portugais, anglais, français,
africains, le commerce des esclaves. Sous la domination des Portugais, les
Juifs ont subi l’Inquisition, qui les obligeaient à se convertir avec leur
entourage.
Les Juifs judaïsaient leurs esclaves. Les archives révèlent
que les Nouveaux Chrétiens continuaient à pratiquer le judaïsme parfois en se
cachant, parfois très ouvertement, comme en 1597, ce chirurgien du Cap-Vert,
Manuel Nunes, dénoncé par le trésorier de l’Archevêché. Et aussi Nuno Francez
Da Costa, condamné pour avoir déclaré qu’il préférait un ongle de ladite
esclave avec laquelle il vivait maritalement à toutes les confessions et
messes. Ces Juifs décidés à rester juifs ont laissé une descendance.
Quelques chercheurs sont allés à la recherche des Juifs du
Cap-Vert au Sénégal. Izabelle de Moraes, une chercheuse brésilienne, n’a pas
retrouvé la synagogue de Rufisque fermée par Isabelle la Catholique. Un
ambassadeur d’Israël, Zvi Loker, a écrit un livre sur la nation portugaise
juive aux Caraïbes. Les juifs Portugais ont laissé aussi une descendance aux
Caraïbes. Au dix-huitième siècle il y eut une communauté juive métisse à
Paramaribo au
Zvi Loker s’était interrogé sur l’existence éventuelle de
Juifs au Cap-Vert il y a plusieurs années. A Dakar, des Capverdiens qu’on
appelle les Portugais racontent que l’on allumait chez eux une bougie tous les
soirs et deux bougies le vendredi soir. Ils n’en connaissaient pas la raison.
Certains touchaient le chambranle de la porte quand ils rentraient chez eux, ce
qui rappelle la façon dont les Juifs embrassent la mezuza à l’entrée de leur
maison.
Très récemment, une Capverdienne m’a raconté son histoire
longtemps gardée secrète. C’est une histoire que l’on n’espérait plus
découvrir, semblable à celle des Marranes du Portugal, qui ont maintenu des
pratiques juives en se cachant pendant des siècles.
Dulce David, une chanteuse capverdienne qui écrit et compose
des chansons magnifiques, se souvient de son enfance quand sa grand-mère
allumait des bougies le vendredi soir. Elle n’allumait jamais de feu le samedi.
Son père faisait des prières en portugais et prononçait quelques mots en
hébreu. Des familles pratiquaient la circoncision.
On ne parlait pas de circoncision mais de baptême. C’est
donc le « prêtre » qui faisait la circoncision. Dulce n’a jamais entendu parler
de Hanoukka mais de fête de fin d’année. Tout était caché et maquillé.
Elle ne
comprenait pas pourquoi elle n’allait pas à la messe à Noël. Sa tante
expliquait qu’ils faisaient la messe chez eux et qu’ils n’avaient pas besoin
d’aller à l’église. Il faut comprendre que le mot « juif » était un mot lourd,
difficile, honteux et dangereux. Le père de Dulce raconte que
l’arrière-grand-père de son grand-père fabriquait des bateaux, les Juifs du
Cap-Vert étaient des marins. Le jour où il fut surpris à allumer des bougies,
sa fabrique a été brûlée.
Cette situation est le fait de plusieurs siècles
d’inquisition et de dizaines d’années de fascisme portugais suivi par un
gouvernement indépendant marxiste, pro-soviétique et pro-arabe. C’est seulement
maintenant, à l’heure de la démocratisation, des avions, du tourisme et de la
télévision que l’on peut prononcer le mot « juif » au Cap-Vert, que l’on doit
le prononcer sinon l’histoire disparaîtra.
Une association d’amitié Israël-Cap-Vert a été fondée avec
la participation principale de Juifs marocains. Au dix-neuvième siècle, il y
eut une deuxième immigration juive au Cap-Vert, composée de Juifs marocains qui
faisaient commerce. Ils passaient par Gibraltar où les Britanniques leur
délivraient des passeports. L’identité des Juifs du Cap-Vert est marquée par
leur détermination transmise comme un héritage et aussi par une nostalgie pour
une culture perdue, la nostalgie des îles et la nostalgie de l’exil. Il existe
bel et bien un accent juif dans la mélodie de la «saudade» portugaise que
chante Dulce avec sa belle voix.
Après ce périple au sein des peuples noirs,
interrogeons-nous sur la nature des attaches qui lient les peuples noirs au
peuple juif et les éléments sur lesquels les Africains s’appuient quand ils se
découvrent juifs.
La Bible est le premier miroir qui leur est offert.
La Bible ne désigne pas les Noirs en tant que tels,
elle nomme les Ethiopiens. Le pays de Kouch désigne l’Ethiopie et l’Afrique par
extension. Kouch est le fils de Ham, un des trois fils de Noé. L’Ethiopie est
présente dans l’histoire de l’Israël ancien. Au-delà des fleuves de Kouch,
c’est une expression que l’on entend dans Isaïe (XVIII,1) et Sophonie (III,10).
La considération pour Kouch s’exprime encore dans la bouche du prophète Amos :
Ô fils d’Ethiopie vous êtes pour moi comme les fils d’Israël dit le Seigneur (IX,7).
Kouch symbolise la force et aussi la soif de spiritualité. On trouve cette idée
dans le psaume LXVIII verset 32 : Kouch tendra les mains vers Dieu, un verset
mis souvent en avant par les Rastafaris.
Les Africains se reconnaissent dans la Bible. Ils éprouvent en
la lisant un sentiment de familiarité. Léon Askenazi, appelé régulièrement au
Cameroun par le Président Paul Biya pour l’initier aux lectures juives, disait
en parlant des Africains : Ils sont plus bibliques que nous. C’est dans la Bible que l’on trouve le
récit de la rencontre du roi Salomon et de la reine de Saba. Selon une légende
éthiopienne, ils auraient eu un fils, Ménélik. La dynastie éthiopienne en
revendique la descendance.
Même si la
Bible n’est pas un livre d’histoire, on y apprend la
destruction du royaume d’Israël avec les exils et les déportations qui ont
conduit à la disparition des dix tribus d’Israël, une réalité historique qui a
donné naissance à nombre de mythes. Selon un commentaire talmudique, les tribus
perdues se trouveraient en Afrique.
Pour l’historien Nahum Slouchz, la première
apparition des grandes colonies juives sur le littoral africain date de l’an
320 avant l’ère commune, lorsque Ptolémée Soter envahit la Judée et transplanta plus de
cent mille captifs juifs en Afrique.
Revenons à notre époque et posons-nous la question de savoir
en quoi le modèle juif correspond à l’attente des Africains. Il y a d’abord eu
l’idée que le christianisme était la religion importée par le colonisateur,
l’homme blanc, tandis que l’événement majeur qui fonde le judaïsme est la
libération de l’esclavage et la révélation du
Beaucoup ont vu une analogie entre la condition juive et la
condition noire. Senghor inclut les Juifs dans sa trilogie des peuples
souffrants constituée par les Négro-africains, les Juifs et les Berbères. Les termes
de ghetto, diaspora, déportation appartiennent maintenant à l’histoire des
Juifs et des Noirs. Cependant, à notre avis, la solidarité des persécutés n’a
pas d’existence tangible, c’est plutôt une profession de foi et une illusion.
En outre, la souffrance n’est pas une valeur juive, ce n’est pas là qu’il faut
chercher ce qui peut attirer les uns vers les autres. A l’inverse, il y a la
réussite des Juifs. La création de l’Etat d’Israël a frappé l’imagination des
Africains.
Cela a été un modèle pour tous les hommes politiques africains y
compris Mandela qui lisait les Mémoires de Begin dans sa prison.
Qu’un peuple aussi abattu que le peuple juif ait pu
retrouver son indépendance était un exemple à suivre. Il y eut des relations privilégiées
entre Israël et l’Afrique à l’époque des indépendances.
Quelques mots sur l’accueil réservé aux Juifs noirs par les
autres Juifs. Généralement c’est un étonnement suivi d’enthousiasme, mais aussi
des réactions négatives que l’on ne peut passer sous silence. Le sujet est
déplaisant. On entend des Juifs se poser la question de savoir si ce n’est pas
par intérêt que des Noirs veulent devenir juifs.
Le propos est inadmissible et révèle une surdité désolante.
Attribuer à ceux qui viennent vers vous une arrière-pensée intéressée traduit une
étroitesse d’esprit et un mépris proches du racisme.
C’est par ailleurs le fait
d’une minorité souvent éloignée du judaïsme et ; prônant la tolérance. Pourtant,
il suffit de mesurer les difficultés rencontrées par les Africains qui
choisissent la conversion pour savoir que le bonheur d’être Juif n’est pas
d’ordre matériel.
Certainement, ce ne sont ni la souffrance ni la réussite qui
aimantent les relations judéo noires, mais une attraction profonde animée de confluences
souterraines. Sans doute, existe-t-il une conception de la vie commune, une
façon d’aller vers l’autre en restant soi-même.
Ce rapprochement commence à s’exprimer dans les domaines
culturel, cinématographique, musical. Citons Ben Zimet, ce chanteur et conteur
yiddish installé à Dakar pour enrichir son inspiration, se produisant à Paris
en compagnie du chanteur et conteur guinéen
Evoquons une afro-semitic-party lors d’une soirée à la Cigale où un Nigérian en
costume traditionnel chanta A yddish mamme sur un air d’afrobeat.
Tout cela est l’effet de rencontres multiples. Ces
rencontres ne se font pas seulement au-delà du fleuve de Kouch mais encore
au-delà de l’Atlantique. Des rencontres entre Juifs africains et Juifs afro-américains
se tiennent régulièrement tous les deux ans au cours d’un colloque à San
Francisco.
Il semble donc que l’on assiste à l’émergence d’une identité culturelle
judéo noire dans le sens où l’on parle d’un judaïsme américain ou d’un judaïsme
marocain.
C’est une branche nouvelle du peuple juif qui repose sur des
fondements anciens. Souhaitons-lui de croître et d’enrichir notre diversité.
© Maurice
Dorès
(1) Haï Ben Daniel et Chimchon Adeshina ont été interviewés dans
le film Black Israël réalisé par l’auteur.
(2) Tudor Parfitt, ethnologue, enseigne l’histoire moderne
du peuple juif à l’Université de Londres. Il est l’auteur de The Lost Tribes of
Israël. The History of a Myth, éditions Weidenfeld & Nicolson, Londres,
2002
* Conférence donnée lors du Colloque sur les Juifs noirs, le
3 décembre 2006, à l’Alliance Israélite Universelle, à Paris.
Commentaires
Israel est un grand mystère - il serait intéressant d'avoir des photographies de l'ensemble des groupes mentionnés
Israel est un grand mystère - il serait intéressant d'avoir des photographies de l'ensemble des groupes mentionnés
golfe du Bénin et juifs
Bonjour,
Je vous remercie de votre article interessant. J'aimerais savoir si vous aviez connaissance d'une éventualité de peuples noirs notamment les fon d'Abomey du groupe EVE, les mina d'origine ashanti anê Akan du groupe kwa, et peut être yorouba ou nago qui se seraient convertis au judaisme dans des siècles plus reculés. Certaines croyances de ces peuples pourraient laisser penser qu'ils étaient soit juifs soit egyptiens ou qu'ils auraient subi un syncrétisme du judaisme et des cultes egyptiens et aussi des apports d'autres peuples noirs et européens avec lesquels ils auraient été en contact. En effet, certaines de ses tribus selon des historiens proviendraient d'Egypte; si tel est alors le cas, peut on penser qu'ils aient eu un contact avec les tribus d'Israel en Egypte? Par ailleurs, il semblerait que des juifs portugais ou des marranes (juifs convertis au christianisme) soient descendus dans le golfe du Bénin notamment au Bénin ancien dahomey et qu'ils auraient eu des relations physiques avec des noirs, ou encore que certaines esclaves noirs auraient eu des maîtres marranes au Brésil. Qu'en pensez vous et auriez vous des informations sur le sujet? Merci
Bien vouloir me répondre par cet email waldemarsouz@yahoo.fr
Stupid article!What is the meaning of this?For god sake why are africans so stupids?
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