10 août 2007
Les ressources aux occidentaux, la misère aux congolais
Congo - Brazzaville
Principal producteur de pétrole au Congo Brazzaville, avec
130.000 barils équivalent pétrole par jour en 2006, Total annonce ce
mercredi 08 Août 2007 la quatrième découverte de pétrole sur une zone
d'exploration en eau profonde au large des côtes de la République du Congo.
Malgré les importantes ressources pétrolières de leur pays, la population
congolaise, minée par le chômage, vit dans des conditions extrêmement
difficiles, et pourtant l'économie reste absente de la campagne des
législatives, dont le second tour a lieu dimanche. "Le Congo est un pays
riche (...) capable de mobiliser des ressources. Mais personne ne voit où vont
ses richesses".
"Actuellement, les ressources sont
impressionnantes", notamment en raison du prix élevé du baril de brut,
souligne un diplomate en poste à Brazzaville, qui vante la capacité de l'Etat à
payer ses fonctionnaires à échéance.
Mais ce diplomate, qui a requis l'anonymat, constate aussi
un système sanitaire en déshérence, une distribution chaotique de l'eau et de
l'électricité (à un prix pourtant élevé), des routes en mauvais état... Au
Congo, 70% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté.
Ce pays de trois millions d'habitants compte 70.000
fonctionnaires pour seulement 20.000 personnes dans le secteur privé. "Mais
combien sont-ils dans le secteur informel?".
A Brazzaville, sur le grand marché Total du quartier
populaire de Bacongo, Joséphine vend du vin de palme pour subvenir aux besoins
de ses six enfants. "Nos enfants n'ont pas de travail (...) Ici au Congo,
il y a beaucoup d'argent et pourtant nous souffrons", explique cette veuve
de 40 ans.
"Il y a des problèmes d'eau, d'électricité. Il faut au
minimum 10.000 francs CFA (15 euros) quand on arrive à l'hôpital pour être
soigné. Ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter les médicaments se fournissent
dans la rue", raconte Esther, 46 ans, pharmacienne ... au chômage.
"On a même du mal à enterrer nos morts",
ajoute-t-elle, expliquant qu'à la morgue les corps restent parfois plusieurs
semaines, le temps que les familles puissent financer les obsèques.
"Qui peut investir dans un tel pays? Le cadre
macro-économique ne permet pas (au secteur privé) d'investir et créer des
emplois", souligne le directeur de Présence économique, alors qu'un
militant associatif dénonce de son côté le "vrai problème" de la
"répartition des richesses".
"Pour connaître la répartition des richesses, il
faudrait savoir ce que le Congo gagne vraiment. Quelle est la production du
Congo en matière de cacao, de café, de bois? Quels revenus tirons-nous
réellement du pétrole?", nuance un journaliste, dénonçant notamment les
clauses de confidentialité des contrats pétroliers.
30% du budget seulement est mobilisable: où
vont les 70% restants?
"Paradoxalement les gens ne voient pas l'importance de
l'économie dans leur vie. Jusqu'à aujourd'hui, il y a un primat du politique
sur l'économique", note sous couvert de l'anonymat un militant associatif.
Il ajoute: l'opposition est "inaudible" parce qu'elle "ne prend
pas en charge les vrais problèmes que vivent les Congolais au quotidien".
La liberté ne se donne pas, nous avons le devoir d'arracher
notre dignité et notre liberté d'action car eux qui ont des privilèges à
protéger n'accepterons jamais que nous les leur coupons.
Ce pays est le nôtre !
© Patrick Eric Mampouya
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