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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

10 août 2007

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

sarkozy_afriquePlusieurs écrivains africains se joignent à Raharimanana pour répondre au président français

Monsieur le Président,

Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler — nous les Africains —, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également.

Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons.

Vous étiez donc venu — vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort.

Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître.

Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf.

Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ?

Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous.

Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des «justes».

Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances — dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une «renaissance africaine», venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates.  

Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ?

Sincèrement et franchement à vous.

Raharimanana et les écrivains
Boubacar Boris Diop (Sénégal),
Abderrahman Beggar (Maroc, Canada),
Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis)
Koulsy Lamko (Tchad),
Kangni Alem (université de Lomé),
et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).

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Educating a new generation of african leaders

Patrick_Ahuwa















Vidéo

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Les Africains sont-ils des marchandises ?

africa_not_for_saleDéraillement d’un train marchandises : 120 morts. Que faisaient autant de personnes dans un train destiné au transport du fret ?

© Cameroun-online | Actualités | samedi 4 août 2007

Deux drames en ce début du mois d’août. L’un là-bas, à Minneapolis au nord des Etats-Unis, l’autre, en Afrique, à Tshibahu, quelque part dans la province du Kassaï en République démocratique du Congo. Deux accidents qui ont eu, du fait de l’hégémonie médiatique occidentale, des visibilités différentes.

Mais, là-dessus, rien de nouveau sous le soleil : l’actualité nous donne quotidiennement la preuve qu’à la bourse des souffrances des individus et des peuples de la planète terre, les hommes n’ont ni la même côte ni le même prix.

D'abord le 1er août. En fin d’après midi, un pont vieux de 40 ans s’effondrait à Minneapolis sur le fleuve Missisipi aux Etats-Unis. Malgré des images spectaculaires vite relayées par les télévisions américaines, et grâce à la promptitude des opérations de sauvetage, l’effondrement spectaculaire a pour l’instant fait plus de blessés que de morts (à peine une dizaine)

Ensuite. Le 3 août. A des dizaines de milliers de kilomètres de là, dans l’immense Congo Kinshasa (RDC), un train marchandises, comme c’est l’habitude dans ce pays, sortait des rails sur une pente et finissait sa course dans une rivière. A Tshibahu, à 170 km au nord de Kananga, dans le centre du pays. Vite, on peut penser que comme pour l’effondrement du pont de Minneapolis qui a coupé en deux un train de fret (train-marchandises) circulant sous le pont à cet instant, on n’a pas à craindre pour un lourd bilan humain.

Il ne s’agit que de marchandises …

C’est pourtant vite oublier qu’en Afrique, et en matière de transport comme d’ailleurs pour beaucoup d’autres domaines, les hommes et les marchandises, c’est exactement la même chose. Pas étonnant donc qu’un train qui transportait des marchandises marchandes et des marchandises humaines fasse jusqu’à pas moins de 120 morts dans son déraillement survenu à proximité d’une rivière.

A Minneapolis, le pont long de 160 mètres et posé au dessus du fleuve sur 20 mètres avait, malgré le drame, été inspecté en 2005 et 2006 et n’avait alors révélé aucun défaut structurel.  

Sarkozy avait-il raison ?

Le chemin de fer de la province du Kassaï occidental à l’est de la RDC, lui était vieux de plus de 70 ans et peu ou pas entretenu. Une vraie relique vioque. Et ce ne sont pas les quatre ministres dépêchés par le gouvernement Congolais sur place (par avion, bien sûr, c’est plus sûr) et les médicaments qu’ils ont apporté qui changeront quoique ce soit au fond.

Ce n’est non plus l’enquête (comme d’habitude) ouverte pour déterminer des responsabilités qui viendront redonner la vie à ces 120 personnes tuées gratuitement sur le champ des négligences criminelles, de l’irresponsabilité administrative et politique, et pour finir, de quelques mesquines corruptions.

L’accident du 3 août était le deuxième du genre, en trois semaines seulement. Et pour comprendre ce qui s’est passé, il faudra quand même, pour faire comme en Occident, s’en remettre à une commission d’enquête qui s’activera à rechercher d’évidentes évidences : vétusté du chemin de fer, des trains, et corruption des agents de la Société Nationale des Chemins de Fer du Congo qui font embarquer des individus dans des wagons marchandises.

« Jamais [l’Africain] ne s’élance vers l’avenir, lançait justement Nicolas Sarkozy lors de sa récente visite au Sénégal. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin, […] l’africain doit entrer davantage dans l’histoire ».

En clair, l’Africain doit accepter le progrès en sortant de la ritournelle de la répétition, voulait dire le président français. Avant de récuser vertement la belle excuse de la colonisation porte-malheur de l’Afrique : « La corruption, les dictateurs, les génocides, ce n'est pas la colonisation. On ne peut pas tout mettre sur le compte de la colonisation. ».

On y voit l’arrogance bien connue de la France dans les anciennes colonies africaines. On est choqué comme l'ont été les étudiants sénégalais à l’Université Cheikh Anta Diop le 26 juillet dernier.

Cependant, on a du mal à ne pas applaudir ces rationnelles railleries du sémillant chef d’Etat français, tant la répétition semble être en effet…le destin de l’Afrique contemporaine. Les mêmes causes qui produisent les mêmes effets.

Demain encore, il y aura fatalement un autre déraillement qui se répètera, avec les mêmes conséquences, et la même componction de dirigeants qui laissent allumer le feu pour mieux venir jouer les héros, comme des pompiers.

Depuis ce drame en RDC, on attend la démission du ministre des transports du pays, in fine, responsable de la mort de 120 de ses concitoyens. On attendra sans doute longtemps.

© François BIMOGO

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Tintin au Congo, réservé aux seuls adultes ou interdit ?

tintin_2007Le Parquet belge vient de confirmer la plainte de Mbutu Mondondo Bienvenu
© Pierre Bénazet

Les préjugés des adultes sont souvent nés dans des têtes d'enfants : c'est pour cette raison que la Commission britannique pour l'égalité des races a jugé « dépassant l'entendement » que l'album Tintin au Congo soit toujours disponible pour les enfants, alors qu'il « contient des images ou des dialogues porteurs de préjugés racistes abominables ».

C'est aussi pour cette raison qu'un étudiant congolais vient de porter plainte à Bruxelles, ne demandant rien moins que le retrait pur et simple de l'album. Alors que beaucoup de fans dénoncent la dictature du politiquement correct et un débat disproportionné, d'autres prennent l'affaire très au sérieux.

« L'album Tintin au Congo est raciste et doit être retiré de la vente ». C'est pour cette raison que Bienvenu Mbutu Mondondo s'est adressé au Parquet de Bruxelles fin juillet ; cet étudiant originaire de République démocratique du Congo porte plainte contre X et contre la société Moulinsart, propriété des ayants-droits d'Hergé, qui édite les 23 albums de Tintin.

Publiée il y a 77 ans, cette deuxième aventure du petit reporter l'a entraîné au coeur du Congo belge d'alors. Les représentations des Congolais sont empreintes au minimum du paternalisme et de la condescendance qu'on imagine chez les coloniaux de l'époque.

En ce centième anniversaire de la naissance d'Hergé, c'est la deuxième fois que "Tintin au Congo" fait parler de lui. Il y a un mois, un grand groupe de distribution en langue anglaise a décidé de transférer l'album du rayon "enfant" au rayon "adulte" dans ses magasins britanniques et américains, après la sévère condamnation de la commission britannique pour l'égalité raciale. Hergé avait déjà été critiqué pour les préjugés racistes de cet album ainsi que pour les références antisémites de "l'Etoile mystérieuse" notamment ; le dessinateur avait d'ailleurs modifié les planches les plus contestables de ces deux albums dans des rééditions plus récentes.

Posté par CDF Afrique à 13:08 - Racisme - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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