11 août 2007
RDC : Le Conseil de sécurité accuse …
Menace de
confrontation militaire à l’Est :
© Le Potentiel, le 26 juillet 2007
Les inquiétudes persistent sur une éventuelle reprise des
hostilités en République démocratique du Congo. La IIIème guerre pointe déjà à
l’horizon et tout se passe comme si le décor était déjà planté. Dans sa
dernière déclaration, le président du Conseil de sécurité lance un dernier
rappel à l’ordre et désigne d’un doigt accusateur le gouvernement de Kinshasa,
le général dissident Nkunda et les pays voisins de la RDC, connus pourtant sans
qu’il les cite. Fuite en avant de la part de l’Onu, désengagement de la Communauté
internationale devant des turpitudes alors que l’Onu est co-responsable dans
cette démarche de la restauration de la paix et de la sécurité en RDC ainsi que
dans la région ?
« Le Conseil invite le gouvernement à mettre au point, en
collaboration étroite avec la
Mission de l’Organisation des Nations unies en République
démocratique du Congo (Monuc), un plan global pour garantir la sécurité dans
l’Est du pays, notamment en accomplissant de nouveaux progrès dans le
désarmement, la démobilisation et la réintégration des combattants congolais et
le désarmement, la démobilisation, le rapatriement, la réinstallation et la
réintégration des combattants étrangers, ainsi qu’en mettant fin à l’impunité,
en promouvant la réconciliation, la cohésion sociale, le relèvement et le
développement dans la région ». Ces propos sont ceux du président du Conseil de
sécurité contenus dans sa déclaration du 23 juillet.
Déclaration qui relève des insuffisances dans l’action du
gouvernement dans la perspective de ramener effectivement la paix au Kivu. Le
Conseil de sécurité tient à démontrer ainsi à la face du monde qu’il revient en
premier lieu au gouvernement congolais, et à lui seul, d’assurer la sécurité
sur son territoire, de s’impliquer positivement dans l’opération de
démobilisation, désarmement et réinsertion, de promouvoir la réconciliation
nationale, la cohésion sociale et de relancer le développement du pays. Le
Conseil de sécurité s’empresse ici de mettre le gouvernement congolais devant
ses responsabilité s pour que les choses soient bien dites et comprises.
En plus, le Conseil de sécurité accuse le gouvernement
congolais de ne pas proposer « un plan global de collaboration étroite avec la Monuc pour garantir la
sécurité dans l’Est du pays ». Accusation grave, comme si le Conseil de
sécurité venait de prendre note de la passivité du gouvernement congolais à ne
pas résoudre dans l’immédiat cette question d’insécurité. Aussi, s’empresse-t-
il de se donner de la voix et de « laver les mains » pour qu’en cas de
confrontation militaire, avec des effets d’entraînement sur toute la région, le
gouvernement congolais en assume la responsabilité devant la Communauté
internationale.
Nkunda et le Rwanda
accusés aussi
Poursuivant dans le même élan, comme s’il voulait se
disculper avant que les choses ne se gâtent, le Conseil de sécurité accuse
également Nkunda et le Rwanda. « Le Conseil s’inquiète vivement du recrutement
de combattants, y compris d’enfants, en violation du droit international
applicable, à l’intérieur et en dehors de la République démocratique
du Congo, en particulier par le forces fidèles à Laurent Nkunda.
Le Conseil engage les Etats voisins concernés à faciliter
davantage la réinsertion effective des ex-combattants rentrant dans leur pays
et à empêcher toute activité de recrutement sur leur territoire. Il reconnaît
que de bonnes relations régionales, en particulier entre la République démocratique
du Congo et le Rwanda, sont un facteur important pour résoudre la crise dans
les Kivu », précise encore le président du Conseil de sécurité dans cette même
déclaration.
Les choses sont claires. L’Onu est bien informée que Laurent
Nkunda continue à recruter des combattants, non pas seulement à l’intérieur de la RDC, mais également dans un
pays voisin, le Rwanda en l’occurrence. Malheureusement, le même Conseil de
sécurité n’évoque aucune sanction, bien qu’il ait brandi la violation du droit
international, contre Laurent Nkunda. Moins encore à l’endroit du Rwanda qui
est en train de violer également le droit international, en plus de la Charte de sécurité, de
stabilité et de développement de la région des Grands Lacs qui l’est également
violée. Le Conseil de sécurité laisse faire, peut-être par complaisance,
préférant s’acharner contre le gouvernement congolais, convaincu certainement
de « l’absence d’un leadership fort ».
La paix ou rien !
Evidemment, le gouvernement congolais est placé ici devant
ses responsabilité s. Quoi que l’on dise, il est condamné à relever le défi. Le
Conseil de sécurité le fait savoir sans état d’âme. En aurait-il marre des
turpitudes du gouvernement congolais ? Possible.
Il est vrai qu’il existe réellement une divergence
d’approches pour ramener la paix au Kivu entre le gouvernement congolais et
l’Onu soutenue par des partenaires extérieurs qui viennent d’accréditer la
thèse de l’International Crisis Group. C’est-à-dire qu’il faut donner des
signaux forts d’un leadership fort au sommet de l’Etat et de s’engager dans la
voie du dialogue pour une solution politique. Le recours à la solution
militaire ne peut être envisagée que dans un contexte international sous
l’égide de la Monuc
et des pays de l’Union européenne dans l’évidence où la faiblesse des FARDC en
pleine restructuration ne peut conduire à une victoire militaire. La mise en
place d’un « Plan global de désarmement » des groupes armés achoppe justement à
ce niveau.
Il n’empêche que le Conseil de sécurité ne doit nullement se
dédouaner, ni se disculper en ces moments précis. A cause justement du
caractère dubitatif de certains de ses membres pour reconnaître l’agression
contre la RDC, la
crise congolaise a mis autant de temps que tout le monde connaît pour parvenir
à un compromis. Preuve incontestable que la crise en RDC est au centre des
intérêts régionaux et internationaux.
Voilà que l’on ré-assiste quasiment à un même scénario que
celui qui a précédé les deux premières guerres d’agression contre la RDC. Comment
interpréter autrement ce traitement de faveur à l’endroit de certaines
personnalités qui font déjà l’objet d’un mandat d’arrêt international et
quelques Etats de la région, si ce n’est que la politique de deux poids, deux
mesures ? Scénario qui intervient toujours curieusement au moment où les bruits
de bottes au Kivu annoncent déjà le déclenchement d’une troisième guerre en
République démocratique du Congo.
Et pourtant, le Conseil de sécurité, en sa qualité de
co-partenaire de paix et de développement, sait pertinemment bien qu’en ces
instants cruciaux, il n’y a qu’une alternative : la paix ou rien. C’est le défi
à relever ensemble avec le gouvernement congolais.
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