11 août 2007
Et si Kabila ne gagne pas cette guerre ?
Plusieurs sources concordantes font état ces dernières semaines de mouvements
de troupes des FARDC à l’Est du pays et en particulier au Nord Kivu.
Une telle mobilisation de forces militaires ne peut signifier qu’une chose :
l’imminence d’une guerre.
La question fondamentale n’est pas tant celle de savoir contre Qui nos FARD
vont engager les hostilités mais quel est le but réel de cet engagement militaire
car aujourd’hui rares sont les congolais qui sont capables de décrypter ce qui
se passe dans nos provinces de l’Est tant est complexe la nature des acteurs en
présence :
- Les Maï-Maï, à la fois alliés et ennemis du gouvernement, martyrisent une population
dont ils sont pourtant l’émanation,
- Les FDLR sponsorisés par Kabila et combattus par les brigades mixées ayant
reçu cette mission du représentant de Kabila,
- Les banyamulenge qui crient au génocide de leur peuple alors que l’un deux,
Laurent Nkunda, est entrain de vider des villages entiers pour y installer ses
frères banyamulenge,
- La Monuc qui
approvisionne en armes les Fdlr alors que dans le même temps elle les considère
comme de forces négatives,
- Le gouvernement de Gizenga qui se comporte comme si cette situation
sécuritaire concernait un autre pays là où Kabila envoie des émissaires à
Kigali pour prendre langue avec nos bourreaux,
- Les ougandais et les rwandais qui sont sortis par la porte pour entrer par la
fenêtre sur notre territoire afin d’y continuer leurs crimes de
déstabilisation,
- Un peuple dont la traîtrise de ses fils les plus influents est légendaire.
La seule vérité dans tout ceci étant que nos compatriotes du Kivu vivent un
calvaire sans nom d’où la question fondamentale de cette guerre que Kabila va
engager lorsqu’on sait pertinemment que l’armée congolaise, toujours en
restructuration, aura beaucoup de mal à remplir pleinement son rôle dans des
combats de l’ampleur et de la nature de ceux qui s’annoncent.
Qu’adviendrait-il si Kabila ne gagne pas cette guerre, cela ne signifierait-il
pas la fin du Congo avec le Kivu comme partie intégrante ?
Est-ce cela l’objectif de Kabila, offrir les provinces de l’Est à ceux qui les
réclament depuis plus de dix ans maintenant au travers d’une guerre sans
pertinence dont l’issue est connue de tous ?
Sinon, pourquoi alors avoir mixé les troupes rebelles de Nkunda à l’armée
nationale si c’est pour combattre ce même Nkunda quelques mois plus tard ?
Sinon pourquoi faire une guerre alors que les moyens de l’Etat n'assurent déjà
pas le minimum vital à la population ?
Sinon comment expliquer le double jeu de la Monuc qui à Kinshasa supplie les autorités
congolaises de ne pas se lancer dans une nouvelle guerre et au Kivu met sa
logistique à la disposition de ces mêmes autorités pour faire la guerre ?
Au Kivu, il y a peut-être une autre vérité qui est en marche, celle de la
balkanisation de notre pays dont Kabila n’est pas le seul artisan.
Jean-Eric Badibanga,
Vendredi 10 août 2007
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Un groupe d'experts de l'ONU dénonce des trafics illégaux en RDC
© AFP | 11 août 07 -
12h19
Rapport Complet
Un groupe d'experts de l'ONU dénonce
les trafics illégaux impliquant des bandes armées "mafieuses" en
République démocratique du Congo (RDC) dans un rapport publié début août et
dont l'AFP a obtenu copie vendredi.
Ce rapport fait suite à la résolution 1493 (2003) du Conseil de sécurité
imposant un embargo sur les armes s'appliquant à la partie orientale de la RDC notamment en Ituri et dans
les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Par sa résolution 1596 (2005), le Conseil a étendu cet embargo à l'ensemble du
pays, explicité son régime de dérogation, renforcé le dispositif de
surveillance et décidé que tous les gouvernements des pays de la région, en
particulier ceux des Etats voisins du Congo, devraient veiller à ce que les
mesures énoncées dans les résolutions soient appliquées. La RDC, indique
le rapport, "n'a toujours pas fourni les immatriculations de tous les
appareils opérant actuellement sur son territoire".
Le rapport comporte des enquêtes sur le transfert illicite d'articles visés par
l'embargo, sur la facilitation de violations telles que les activités aux
mouvements transfrontières, à l'aviation civile et aux activités financières,
les violations des normes internationales en matière d'aviation civile, ainsi
que sur les individus qui recrutent ou utilisent des enfants en violation du
droit international et sur les dirigeants de groupes armés qui empêchent leurs
combattants de déposer leurs armes.
Selon le texte, "la situation en RDC est caractérisée par une violence,
une insécurité et une instabilité constantes tant dans l'est du pays que dans
la capitale".
"La voie vers la paix dans le pays est semée d'incidents fréquents d'une
violence mortelle, comme on l'a vu à Kinshasa en août et octobre 2006 et à
nouveau en mars 2007, à Sake (est) en novembre 2006, au Bas-Congo (ouest) en
janvier 2007 et à Kanyola (est) en mai 2007, une liste qui n'est pas
exhaustive", explique le groupe présidé par le Sénégalais Ibra Déguène Ka.
Pour les experts de l'ONU, les "faiblesses" et les
"retards" dans l'intégration des Forces armées de RDC (FARDC) se
traduisent par "une autorité de l'Etat insuffisante pour assurer la
sécurité du territoire".
Ils estiment que la combinaison de ces éléments menace la paix et la sécurité
non seulement du pays mais de l'ensemble de la région.
Les experts de l'ONU se plaignent en outre du fait que des demandes
d'information sur le transit de matériaux et pierres précieux et semi-précieux
en provenance de la RDC
présentées aux autorités du Burundi, du Kenya, du Rwanda et de la Tanzanie sont
"restées sans réponse".
Par ailleurs, ils dénoncent le refus opposé notamment par les autorités du
Burundi, de la Guinée
équatoriale, de la
République centrafricaine, de la RDC, de la République du Congo et
de l'Ukraine de fournir des informations sur l'aviation civile.
L'ONU souhaite pour cela "la participation des autorités congolaises à la
surveillance des mouvements d'articles visés par l'embargo" et tient ces
dernières "responsables" de non application des sanctions imposées.
Lettre de Roger Puati au Conseiller Fédéral Suisse concernant la Traite des Esclaves Noirs
Monsieur le Conseiller fédéral,
LAUSANNE – ( Suisse) -
La presse fait état de propos que vous auriez tenus à l’égard des Africains,
lors d’une séance d’une commission du Conseil National, s’agissant de l’aide au
développement accordée aux pays africains. J’ose croire que ces propos ne sont
pas de vous. Car dans l’hypothèse contraire, je trouverais gravissime un tel
dérapage verbal, de la part d’un ministre du gouvernement. Je crois savoir que
vous êtes une référence pour un certain nombre de citoyens de ce pays. De ce
fait, vos propos peuvent avoir de lourdes conséquences en termes de paix
civile.
Soit ! Monsieur le Conseiller fédéral, je ne me
permets pas d’enseigner une histoire connue, juste la rappeler.
Je rappelle que depuis 1441, des
pays comme le Portugal, l’Espagne puis la France ont pratiqué la traite des Noirs vers
l’Europe pour leurs travaux agricoles, dans la construction et dans la
domesticité. Vers le milieu du 16ème siècle, la traite avait pris une telle
ampleur que 10% de la population de Lisbonne était noire. Je passe outre la
période de la présence arabe et le travail des Noirs dans la partie méridionale
de l’Europe.
Je rappelle que dès 1503, après la
découverte de l’Amérique, jusqu’à la fin du 19ème siècle, les Européens ont
pratiqué la traite des Africains et les ont asservis dans les plantations
américaines. Je rappelle qu’après 1713, parmi les actionnaires de la Compagnie des mers du
Sud, société à laquelle l’Angleterre revendit le monopole de la traite des
Noirs, il y avait entre autres, des membres de la famille royale anglaise,
Isaac Newton et … le canton de Berne. Cette Compagnie « traitait » 4'800 Noirs
par an.
Je rappelle qu’en 1675, l’hôpital
de Genève n’acheta qu’un kilo de sucre pour toute l’année. En 1750, un Genevois
consommait entre quatre et cinq kilos de sucre par an. Cette augmentation de la
consommation concerne aussi le café, le cacao, le coton et l’indigo. Monsieur
le Conseiller fédéral, pourriez-vous me dire si vous avez des ancêtres qui
plantaient la canne à sucre, travaillaient jour et nuit pour augmenter ainsi la
production du sucre, et ravitailler Genève ou d’autres villes européennes ?
Je rappelle que l’Europe, après
avoir massacré près de 80 millions d’Amérindiens, a déporté plus de 25 millions
de Noirs vers les Amériques comme main d’œuvre gratuite pour les besoins de son
économie. Et que sur un Noir arrivant en Amérique, entre cinq et sept Noirs
mourraient en route. Multiplions 25 millions (hypothèse la plus basse faute de
statistiques) par 5 et non par sept, et vous avez le génocide le plus
effroyable que l’humanité ait jamais connu.
Je rappelle que le capitalisme
européen est né et s’est nourri du travail des Noirs aux Amériques pendant
quatre siècles et plus tard, après l’abolition de l’esclavage, en Afrique
pendant un siècle. Ce sont les larmes, le sang et la sueur des Noirs qui
produisaient les denrées coloniales dont l’Europe avait besoin. Leur chair
était une marchandise. L’essor économique de l’Europe, meurtrie par la peste,
tient au commerce négrier. Ce ne sont pas les Africains qui ont recherché
l’Europe, ce sont les Européens qui ont profité de l’Afrique.
Monsieur le Conseiller fédéral, voyez-vous à
quel point l’Europe est empêtrée dans le crime jusqu’au cou par rapport à
l’Afrique ? Après avoir mis en pièces tout un continent, jugez par vous-même,
qu’il n’y a aucune grandeur morale de la part de l’Europe de vouloir s’en tirer
à moindre frais. Les Africains ont travaillé pour vous comme des Nègres ! Et si
aux yeux de certains ils déméritent, ce n’est pas parce qu’ils fainéantisent,
mais parce qu’ils sont noirs des pieds jusqu’à la tête, comme l’écrit
Montesquieu. L’Europe est indéfendable et doit répondre de ses crimes vis-à-vis
de l’Afrique noire.
« Il ne vaut
pas la peine d’investir de
l’argent sur le continent africain. » Ici, je suis d’accord avec
vous, Monsieur le Conseiller fédéral. Pas parce que les Africains seraient des
paresseux. Parce que votre « aide » ne sert pas aux Africains, mais à renforcer
les dictatures de vos amis. Non, l’Afrique n’a pas besoin d’argent, elle a soif
de liberté. Les Africains veulent que l’Europe leur fiche la paix ! Que les
Etats européens cessent leur discours cynique qui veut que les Africains se
prennent en main, et dans le même temps soutiennent à coup d’argent et d’armes,
souvent à l’insu de leur opinion publique, des régimes que les Européens
exècrent sur leur sol. Plus vite vous cesserez de donner votre argent, plus tôt
l’Afrique trouvera sa voie. Ceci étant dit, je ne vous conteste nullement le
rôle de gardien de l’argent suisse, mais je vous dénie le droit à l’outrage.
Pour terminer, permettez-moi, Monsieur le
Conseiller fédéral, de vous demander où en est le dossier des millions
détournés par Monsieur Mobutu, l’ami de la Suisse, et laissés sur des comptes bancaires en
Suisse ? Ce retour de l’aide au développement dans des coffres suisses et du
produit des matières premières, avec la complicité des officiels suisses, fait
le miel de tous sauf des enfants du Congo. Pendant ce temps, leurs parents
travaillent dans les mines comme des Nègres, pour un salaire de misère. Les
joailliers européens, quant à eux, attendent le fruit du travail de ces
malheureux pour soutenir leur activité lucrative.
Monsieur le Conseiller fédéral, comme je ne vous
imagine pas tenir les propos irresponsables rendus publics par la presse, je
vous prie de montrer que vous êtes correctement informé sur les relations entre la Suisse et
l’Afrique.
Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Conseiller fédéral, mes salutations distinguées.
© Roger Puati,
Théologien congolais et
spécialiste sur la question de la traite négrière
Madilu System est décédé ce samedi à Kinshasa
L’artiste musicien Madilu Bialu, patron de « Ok System »
s’est éteint samedi aux Cliniques universitaires de Kinshasa (Cuk)
Jean Bialu
Madilu ou « Ramsès II » ou encore « Le Grand Ninja » est décédé ce
samedi à 6 heures 45 aux Cliniques universitaires de Kinshasa (Cuk) qui n’a pas
toutefois donné des précisions sur la maladie qui vient de l’emporter, se
limitant juste à parler d’une mort subite.
Mais selon son collègue Dinastar
Shango qui évolue à Mulhouse en France et qui confirme cette information
puisqu’ayant reçu lui-même un appel de la veuve de Madilu à partir de Paris,
il avait quelques problèmes de diabète et d’hypertension. A Kinshasa la veille,
certaines chaînes de télévision ont diffusé les clips de cet artiste.
Peut-être
qu’elles étaient informées de l’aggravation de sa situation. Madilu qui a élu
domicile en Europe où il résidait depuis quelques temps se trouve à Kinshasa
depuis le mois d’avril dernier dans le cadre de la promotion de son nouvel
album « Bonne Humeur » qui compte 8 titres.
Ancien de l’orchestre Tp Ok jazz de Franco Luambo Makiadi, il est le beau-
frère du comédien Matondo Mateya « Sans souci » dont il a pris
en mariage la sœur.
« Non » qu’il a chanté en duo avec Luambo Makiadi est la chanson qui
l’a fait découvrir au grand public. Mais l’on reconnaîtra aussi sa voix dans
les chansons « Mamou , Mario » de Franco, « Daty
pétrole, Eau bénite » de Simaro Lutumba ou encore « Boma ngai
na Boma yo tobomana » qui est sa composition.
Après la mort de Franco, suite au problème de leadersheap qui ont surgi dans le
Tp Ok Jazz, il entamera une carrière solo en créant son propre groupe
d’accompagnement, d’abord sans nom mais qui après portera la dénomination de
« Ok System ».
Dans sa carrière solo il a composé des tubes à succès dont « Ya
Jean ». Mais basé à Kinshasa, « Ok System » a évolué comme un
simple groupe d’accompagnement avec lequel il animait des productions
scéniques.
Pour enregistrer la plupart de ses œuvres, il bénéficiait rarement du concours
ses musiciens se contentant de grandes pointures de la musique congolaise
installées en Europe ou encore à Kinshasa. C’est le cas de Canta Nyboma et
Chicco Mawatu de Lofombo avec « Bonne Humeur ».
Avec ses collègues musiciens, Madilu avait plusieurs projet qui ne se
matérialiseront plus. C’est le cas de l’album collectif qu’il devait réaliser
avec Liutumba Simaro et dont les fruit de la vente devait permettre
d’aménager la tombe de Franco au cimetière de la Gombe où repose à jamais son
âme.
Son jeune frère Dinashango qui va réagir sur digitalcongo.net dans les
prochaines heures a pour sa part l’avait sollicité pour la réalisation de son
album. La rédaction de digitalcongo.net présente ses condoléances à la famille
du défunt ainsi qu’à l’ensemble de la corporation des musiciens
congolais.
© Boni Tsala | MMC
Nzanga Mobutu évoque le retour de la dépouille de son père
C’est pour la première fois depuis qu’il a fait alliance
avec le Chef de l’Etat dans le cadre de l’AMP que Nzanga Mobutu parle de ses
relations avec Joseph Kabila, Jean-Pierre Bemba, des avoirs de son père
Renversé le 17 mai 1997 par
Laurent-Désiré Kabila, décédé le 7 septembre de la même année à Rabat, où il
avait choisi de s’exiler, Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Zabanga reste très
présent dans la mémoire collective. Début septembre, ses proches commémoreront
le dixième anniversaire de sa disparition au Maroc, où il repose encore
aujourd’hui. De Gbadolite à Kinshasa, des hommages au Maréchal seront
certainement organisés à l’instigation de ses fidèles qui souhaitent désormais
lui offrir une sépulture en terre congolaise. C’est également le souhait de
François-Joseph Nzanga Mobutu, fils aîné de l’ex-président, et de Mama Bobi
Ladawa.
En 2002, après cinq années d’exil, Nzanga regagne Kinshasa où il s’établit
l’année suivante en prévision des échéances électorales. En 2005, il fonde
l’Union des démocrates mobutistes (Udemo), bannière sous laquelle il se
présente à l’élection présidentielle. Crédité de 4,7 % des voix au premier
tour, il appelle à voter Kabila au second. Après la victoire du chef de l’Etat,
il rejoint la coalition formée autour du vainqueur. Entre au gouvernement en
février 2007, Nzanga Mobutu est ministre d’Etat en charge de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Elevage. Et
travaille aujourd’hui avec ceux qui ont renversé son père …
Dix ans après le décès du maréchal Mobutu, qu’est-ce qui empêche
aujourd’hui de rapatrier sa dépouille mortelle ?
Nous sommes à quelques semaines du dixième anniversaire de sa disparition. Je
serai personnellement à Rabat aux côtés des membres de ma famille, de proches
et certainement de quelques collègues du gouvernement pour me recueillir devant
sa sépulture. Je pense que cet anniversaire sera l’occasion de nous interroger
sur ce que le Maréchal a réellement légué à son pays. Mais il ne m’appartient
pas de faire le travail des historiens.
En ce qui concerne le retour de la dépouille, c’est acquis, nous la ramènerons.
Mais je ne peux pas vous donner de date. Il y aura une concertation au sein de
ma famille et avec le Chef de l’Etat bien sûr. Nous en avons déjà parlé avec
lui, et il a donné son accord. Les choses devraient se faire progressivement,
et je pense que les Congolais, dans leur grande majorité, sont d’accord sur le
principe de ce rapatriement. Mais cela ne s’est pas encore fait parce que nous
devons, au préalable, réunir certaines conditions matérielles. Le site qui doit
accueillir sa dépouille n’est pas prêt. Mon père a toujours souhaité reposer à
Gbadolite, sa terre natale. Mais une rébellion a sévi dans cette région de l’Equateur
pendant plusieurs années : plusieurs tombes de ma famille ont été
profanées, et la chapelle a été mise à sac. Il va donc falloir remettre tout
cela en état. Ce n’est que depuis mars dernier que la situation s’est assainie,
après que Jean-Pierre Bemba, qui continuait à entretenir des forces militaires
dans la province, a quitté le pays.
Le retour de la dépouille de votre père donnera-t-il lieu à des obsèques
nationales ?
Le président Kabila me l’a dit sans ambiguïté lorsqu’il m’a invité à revenir au
Congo en 2002 : il souhaite qu’il y ait des obsèques nationales. J’imagine
que cela s’accompagnera d’une forme de réhabilitation, quelles que soient les
faiblesses dont il a fait preuve à la tête du pays. Et je ne crois pas que les
autres institutions iront à l’encontre du souhait du président de la République. Le Maréchal lui-même avait organisé des obsèques nationales pour son prédécesseur,
Joseph Kasa-Vubu. Pourquoi n’en ferait-on pas autant pour lui ?
Dix ans après le renversement de votre père par Laurent-Désiré Kabila,
ressentez-vous votre entrée au gouvernement comme une revanche ? Ou comme
un juste retour des choses ?
Je ne considère pas cela comme une revanche, car je n’éprouve aucune rancune.
Je le prends comme une leçon de la vie, en toute humilité. Lorsque vous avez
grandi sans jamais manquer de rien et qu’un jour tout s’arrête, c’est la
descente aux enfers. Vous vous remettez en question, et vous réalisez que vous
devez remonter la pente par vos propres moyens. Pour tout homme, c’est une expérience
formidable que de se refaire. Ce qui est intéressant, c’est que je ne suis plus
regardé comme un fils à papa.
Que reste-t-il du mobutisme ?
Tout n’était pas mauvais en cet homme, et je considère que le traitement qui
lui a été réservé a souvent été réducteur : l’histoire du roi nègre sorti
de la jungle pour régner dans un grand palais. Par respect pour nos
compatriotes, par respect pour l’Afrique, il est nécessaire de faire une lecture
un peu moins fantasmatique et plus approfondie de cette période. Je ne crois
pas qu’on se maintienne trois décennies à la tête d’un pays tout simplement par
la brutalité. Certains ministres du gouvernement actuel, qui ont combattu le
président Mobutu sur le plan politique, reconnaissent aujourd’hui qu’il avait
réalisé l’unité du pays : ça fait plaisir à entendre.
Lorsque l’on me demande ce que représente la dénomination de mon parti, l’Union
des démocrates mobutistes (Udemo), je réponds qu’il s’agit d’une simple
référence à ce que le président Mobutu nous a légué. A savoir le principe de
l’intangibilité du territoire congolais, l’attachement à la paix et le
patriotisme. Sur le plan économique, cela n’a certes pas été une grande
réussite. Mais il y a quand même des acquis difficiles à lui denier. Il nous
revient d’en faire bon usage pour dessiner le visage du Congo de demain.
En tant que membre du gouvernement, vous travaillez avec ceux qui ont
renversé votre père. Comprenez-vous que cela puisse surprendre ?
Effectivement, le fait de me voir associé à ce gouvernement suscite des
polémiques. Mais après les élections que notre pays a connues il y a un an et
suite à mon ralliement au président Kabila, le plus important à mon avis est de
réunifier le pays. Par cette alliance, l’ouest du pays, représenté par le
Premier ministre Gizenga et par moi-même, et l’Est, qui a fortement soutenu le
président Kabila, se sont rapprochés. Les résultats du premier tour ont laissé
apparaître des fractures importantes qu’il était nécessaire de réduire. De ce
point de vue, je pense toujours que cette coalition gouvernementale était
salutaire pour le Congo.
Comment se passe votre collaboration avec le président Kabila, dont le
père a causé la chute du vôtre ?
Ce sont des relations de respect par rapport à la hiérarchie. J’ai été élevé
dans le respect des institutions et de nos traditions africaines : on doit
respecter le chef. Un an après son avènement à la présidence de la République, Joseph
Kabila est entré en contact sans intermédiaire avec ma famille. Il a envoyé un
émissaire au Maroc, en France voir les principaux membres de la famille pour
établir des ponts. Nous avons apprécié cette volonté de réconciliation. Dès
notre première rencontre, les choses sont allées dans le bon sens. Qu’il
s’agisse du président Kabila ou de moi-même, nous avons pris l’option de nous
assumer. De ne rien renier. Et de donner ce que nous avons de meilleur pour
notre pays.
Quelles sont vos relations avec Jean-Pierre Bemba ?
J’ai choisi l’option politique, il a choisi l’option militaire. Il a fini par
accepter de collaborer avec le président de la République et les
autres leaders politiques au sein d’un gouvernement de transition. En tant que
vice-président, il a participé à l’élaboration des textes qui ont été soumis au
référendum constitutionnel. L’adhésion du peuple à la Constitution a permis
de mettre en œuvre le processus électoral. Mais entre les deux tours de la
présidentielle, les troupes de ce monsieur ont tenté de m’assassiner. Je pense
que Bemba et moi n’avons rien en commun. S’agissant des poursuites qui sont
lancées contre lui, je pense que nul n’est au-dessus de la loi, et qu’il est
important que les responsables de violences, de viols et de pillages soient
jugés, que ce soit en RDC ou dans un autre pays. On le doit aux victimes et à
leurs familles. Que ce soit pour Jean-Pierre Bemba ou pour les autres, il est
important que justice soit faite.
La famille Mobutu est-elle encore riche ?
Ecoutez, elle est riche parce qu’elle est nombreuse et ça, je crois, c’est la
plus grande richesse. Plus sérieusement, pour avoir eu un père président de la République, nous avons
eu des facilités. Mais en même temps, nous avons connu des difficultés. Et ces
difficultés-là
Et votre fortune ?
C’est un fantasme. Et cela a été une arme politique. Je l’ai toujours
dit : que ceux qui parlent des milliards de Mobutu nous expliquent où est
cet argent et d’où il proviendrait… Les autorités congolaises peuvent obtenir
sans aucune difficulté des renseignements plus sérieux auprès des instances
internationales compétentes. Pour moi, ce débat est sans objet. Pour le reste,
c’est vrai que, si le président Mobutu a fait de grandes choses, comme tout
homme, il a eu aussi ses moments de faiblesse.
© Georges Dougueli | Le Palmarès
Madilu System n'est plus
RDC
| © radiookapi.net | 11 Août 2007 à 12:48:37
L’artiste musicien congolais Jean de Dieu Bialu Makiese, alias Madilu Multi
système, s’est éteint ce samedi matin aux Cliniques universitaires de Kinshasa.
Il était agé de 55 ans, déplore radiookapi.net
Madilu vient de sortir son dernier album « Bonne humeur ».
Il laisse ainsi un héritage riche à la musique congolaise. La nouvelle de la
mort de Madilu a plongé la famille des mélomanes et surtout des musiciens dans
un émoi profond.
Rochereau Tabu Ley s’est dit consterné par cette mort. « J’ai appris avec
beaucoup de consternation et je suis stupéfié… les mots me manquent, émotionné
et choqué, de la disparition combien brusque de mon jeune chanteur Madilu. Les
mots me manquent parce que je savais qu’il était ici, qu’il devait donner
quelques concerts. Et avoir entendu qu’il a tiré sa révérence… Vraiment, je ne
sais pas où donner de la tête. Nous sommes en pleine préparation de comment
organiser ses funérailles. »
Comment faire participer les expatriés congolais au développement de leur pays ?
Kä Mana, philosophe et théologien congolais nous offre les fruits de son étude
08 juillet 2007 - Sur ce que représente aujourd'hui la diaspora congolaise dans
sa capacité d'action et dans ses possibilités réelles de transformer notre pays
en profondeur, deux visions se chevauchent et s'enchevêtrent. Elles se modulent
publiquement et se mélangent sans qu'il soit possible de dire laquelle rend
vraiment compte de ce que nos compatriotes expatriés sont fondamentalement dans
leur être ou de ce qu'ils peuvent exactement faire dans la situation actuelle
que nous vivons.
12 juillet 2007- A vision la plus répandue est la vision pessimiste
et désespérante. Elle caractérise un certain discours des chercheurs, penseurs,
universitaires ou hommes politiques étrangers qui observent nos compatriotes
expatriés et analysent leurs comportements quotidiens en relation avec les
attitudes des autres diasporas qui vivent actuellement dans le monde
occidental.
Quand on lit les discours que ces personnes consacrent de temps à autres aux
Congolais de l'étranger, six caractéristiques ressortent clairement de leur
analyse et dominent la vision qu'elles ont de notre diaspora.
1. Selon eux, les congolaises et congolais expatriés sont globalement des
maîtres du discours creux et des paroles en l'air, des hommes et des femmes
incapables de s'organiser concrètement pour s'atteler à des tâches de
transformation profonde de leur pays, à travers des projets politiques,
économiques ou culturels susceptibles de redonner une espérance à leur peuple.
Un texte caractéristique de cette vision de la diaspora congolaise circule
actuellement sur l'Internet. Ecrit par un Belge qui a longtemps vécu dans notre
pays et qui prétend mieux connaître les Congolais que n'importe quel congolais,
il présente nos compatriotes expatriés comme des êtres sans consistance, qui ne
se distinguent que par des critiques verbeuses adressées à des prétendues
forces de l'ombre qui détruisent leur nation alors que ce pays est lui-même
responsable de ses malheurs. Responsable de tous ces déboires dont la cause la
plus profonde est dans l'attitude des Congolaises et Congolais eux-mêmes, ce
peuple qui a besoin d'être mis sous tutelle et dirigé de l'étranger par les
étrangers, comme c'est le cas aujourd'hui.
2. Dans ce même texte, notre diaspora congolaise est présentée comme un repaire
d'esclaves du ventre et du bas-ventre, un monde de réfugiés économiques qui
sèment des bâtards partout pour profiter des services sociaux d'autre pays au
lieu de travailler à réussir leur exil par des réalisations dignes des êtres
intelligents et créateurs. Cette vision est véhiculée également par des milieux
de l'Extrême Droite française qui nous traite souvent des profiteurs et
n'hésitent pas à encourager son gouvernement à radicaliser sa politique de
refus de visas aux ressortissants congolais qui n'ont rien à faire en France et
devront plutôt rester dans leur maudit pays qu'ils ont détruit eux-mêmes par
leur inintelligence et leur imbécillité. Depuis le triste scandale causé par
Papa Wemba qui s'est servi de son statut d'artiste pour faire entrer
illégalement des congolais et congolaises dans l'espace Schengen, la diaspora
de notre pays est a priori considérée comme la diaspora de misérables que la
faim a chassés de leurs tanières. C'est la diaspora « racaille » qui ne peut ni
enrichir son pays d'accueil ni promouvoir le développement de son propre pays
d'origine.
3. « Cette racaille n'a rien d'autre à faire qu'à
s'adonner à la magouille, au vol et aux coups fourrés de toutes sortes », m'a
un jour affirmé un sociologue français de ma connaissance. Il jubilait presque
de me raconter tout ce que les Congolaises subtilisaient dans les grandes
surfaces commerciales de grandes villes françaises sous le fallacieux prétexte
de faire rembourser aux Blancs l'infinie dette coloniale qu'ils doivent à
l'Afrique. Il jouissait de me révéler en même temps tout ce qu'il savait sur le
système de nos arnaques congolaises partout en Europe : les crédits non
remboursés, le vol des voitures et des cartes bancaires, les faux mariages, les
faux passeports, les faux visas, la fausse monnaie et tout ce qui peut
s'imaginer de tordu pour pouvoir vivre dans un monde féroce comme celui de nos
anciens colonisateurs.
4. « Tout ce que votre pays est parvenu à imposer en Occident comme image,
c'est la SAPE,
le goût du clinquant facile pour jeter la poudre dans les yeux de vos
compatriotes restés au pays ». Ainsi s'exprime une militante des droits de
l'homme, outrée de constater l'incohérence de ces Congolais capables de
s'habiller avec les grandes marques vestimentaires de Paris ou de Londres, et
de rouler dans de grosses voitures au vu et au su de leurs hôtes, tout en étant
à tout moment devant les portes des organisations humanitaires pour mendier à
longueur de journées. A ses yeux, on ne peut pas compter sur une diaspora aussi
inconséquente pour sauver le Congo. Cette personne en est maintenant à douter
systématiquement de tous les récits que les Congolais et Congolaises racontent
pour obtenir le statut de réfugié politique. « Des affabulations pour
entretenir le système bête et irrationnelle de la SAPE », dit-elle.
5. Notre diaspora est aussi perçue comme la diaspora de l'imbécillité
religieuse. Avec sa multitude d'églisettes délirantes et ses nombreux pasteurs
de pacotille qui prétendent faire des miracles à longueur de prière et se
spécialisent dans la recherche des maris blancs pour les filles et les femmes
congolaises, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, elle développe une
mentalité d'idiotie collective et donne de notre nation l'image d'un pays en
pleine folie spiritualiste mystificatrice, qui déverse partout en Occident des
êtres irrationnels et désaxés dont il faudra de plus en plus se méfier et
renvoyer sans pitié dans leur pays.
6. De tels êtres sont incapables de tirer profit de leur présente en Occident
pour apprendre ce qui compte vraiment pour l'Afrique : la rationalité par
laquelle l'Occident nous a vaincus et grâce à laquelle nous pouvons arriver à
nous libérer pour construire un pays puissant et prospère, à la hauteur des
possibilités et des atouts que lui procurent ses immenses richesses. « Alors
que la diaspora chinoise, vietnamienne ou japonaise aux Etats-Unis a pu
s'imposer comme une force sociale de première importance, votre diaspora ne
semble pas prendre le même chemin », m'a dit une économiste africaine
américaine, membre d'une église méthodiste qui aide beaucoup le Congo. A la
question de savoir pourquoi notre diaspora ne prend pas ce chemin, elle m'a
répondu : « Tout se joue dans la tête ». Je n'ai jamais su si elle voulait dire
que nous sommes bêtes ou que nous sommes fous. Je crois même qu'elle voulait
dire les deux.
Deux anecdotes
J'aurais peut-être minimisé ce discours des autres sur nous si je n'avais pas
pris le temps et la peine d'observer moi-même notre diaspora congolaise pendant
mon séjour en Europe. Deux anecdotes restent gravées dans mon esprit. Elles
confortent en moi l'idée que notre diaspora donnait d'elle-même aux populations
européennes au temps où je vivais chez nos ex-colonisateurs.
La première anecdote m'a été rapportée par un ami congolais avec qui j'animais
une association africaine dans le cadre de la Mission intérieure de
l'Eglise évangélique luthérienne en France : l'Association Afrique-Avenir. Un
jour que cet ami se reposait tranquillement chez lui à l'heure où il était
censé être à notre bureau, un groupe de femmes congolaises vinrent voir sa
femme pour lui proposer d'intégrer un groupe de voleuses « spécialisées » dans
les grandes surfaces commerciales. Devant la résistance de cette femme qui
invoqua les risques qu'elle prenait si jamais son mari était au courant, nos
intrépides congolaises répondirent par un argument sidérant :
Yo, muassi kitoko boye, ondimi ko vivre na moto ya logique ? Bato ya logique
bazali na mayele te. Ba zoba, penza. Bolole. Tika kopesa biso ba arguments ya
bozoba. Traduction pour ceux qui ne comprennent pas le lingala : " Toi une
si belle femme, comment peux-tu accepter de vivre avec un homme qui raisonne
selon la logique normale des choses. Ces gens-là qui ont étudié ne sont pas
intelligents. Ce sont des vrais étourdis. N'utilises donc pas des arguments
d'étourdis pour masquer ton manque de courage pour intégrer notre groupe »).
Grâce à cette anecdote, j'appris ainsi qu'il y avait une différence radicale
entre d'une part les « bato ya logique », les intellectuels dont je faisais
parti, qui croient qu'il existe une éthique à respecter quand on est accueilli
dans un pays étranger dont on doit respecter les lois, et d'autre part les «
bato ya mayele », les Congolais « intelligents », qui savent qu'avec les
Blancs, il n'y a pas d'éthique possible et qu'il faut leur faire payer la dette
coloniale à tout prix, par tous les moyens possibles. J'apprenais aussi que «
bato ya logique » sont des étourdis et qu'il ne faut pas se plier à leur
logique tandis que « bato ya mayele » sont les seules ressources sur lesquelles
le pays doit compter parce qu'ils savent spolier leurs hôtes en détruisant tous
les principes moraux dans les relations avec eux.
Jusqu'à ce jour, je me demande si le malheur de notre diaspora n'est pas dans
le fait que ce sont les « bato ya mayele », ces compatriotes d'une intelligence
sans morale, qui construisent l'image que les autres ont de nous, tandis que
les « bato ya logique », s'ils ne subissent pas le phénomène d'involution qui
les conduit à rassembler aux autres compatriotes, restent dans l'ombre et au
fond d'un inquiétant silence.
La deuxième anecdote qui est gravée dans mon esprit est celle d'un chercheur
congolais dont la situation sociale s'était subitement dégradée suite à
l'effondrement de l'économie de notre pays au temps de Mobutu et à l'incapacité
de notre gouvernement à assumer ses responsabilités financières à l'égard de
ses boursiers vivant en Belgique. Alors qu'il croyait que son épouse avait
trouvé un petit travail de gardienne de vieilles personnes, il perdit presque
l'esprit quand, suite à des informations d'amis proches, il découvrit qu'en
fait, sa femme se prostituait et qu'elle s'exposait presque nue dans les
vitrines de la gare du Nord à Bruxelles, pour aguicher les clients et gagner
ainsi de quoi nourrir sa famille.
La tragédie de cet homme et de cette femme donne une autre idée de l'Europe et
des conditions auxquelles elle condamne certains et certaines de nos
compatriotes dont le moral se brise et se décompose complètement. Ecrasés dans
leur être même par des malheurs inattendus, ces hommes et ces femmes deviennent
des loques à l'intérieur de leur personnalité. Ils perdent le sens de la
dignité et s'effondrent dans leur humanité. L'image qu'ils donnent du pays se
grave dans les esprits des autres et forge chez nos hôtes l'idée qu'ils se font
de nous et du poids de notre être.
Depuis que j'ai appris cette tragique histoire qui n'est que l'arbre qui cache
la forêt de la prostitution des congolaises en Europe, je crois que beaucoup de
membres de notre diaspora souffrent, consciemment ou inconsciemment, d'une
véritable inversion du sens des réalités et des valeurs de la vie. Ils sont
prêts à tout pour rester en Europe et y vivre, envers et contre tout. Cette
inversion conduit le commun de nos expatriés à se comporter selon des principes
qui n'ont rien à voir avec l'impératif de défendre l'image de la nation partout
dans le monde. Plus grave : une sorte de perversion de l'être s'instaure et
devient une pathologie profonde dont tout le monde parle actuellement.
A force de côtoyer l'inversion des valeurs et la perversion de l'être chez nos
compatriotes, même les « Bato ya logique » finissent par être entraînés dans la
même dynamique pathologique, surtout quand ces « hommes de la logique » se
retrouvent dans des situations de précarité, d'exclusion et de désespoir et
plongent dans la débrouillardise de survie qui est le lot de beaucoup de
Congolaises et Congolais en Europe. Même aux Etats-Unis où les possibilités de
s'affirmer sont de loin supérieures à celles de l'Europe, il ne semble pas que
la diaspora congolaise échappe vraiment aux phénomène d'inversion et de
perversion qui m'ont frappés par leur vigueur pendant mon séjour en Belgique et
en France.
Une diaspora d'espérance
Sous cet angle, il existe une extraordinaire puissance intellectuelle
congolaise partout dans le monde. Trois hommes et une femme en sont des
symboles : V.Y. Mudimbe (USA), Elikia M'Bokolo (France), Pius Ngandu Nkashama
(USA) et Madiya Faïk-Nzuji (Belgique). Derrière ces personnalités se profile
tout un monde de chercheurs, universitaires et créateurs de première
importance, dont les ouvres montrent combien il serait aujourd'hui imprudent et
précipité de désespérer du Congo et de son avenir. Ce qui me frappe, c'est le
fait que tous ces hommes et toutes ces femmes qui vivent loin de notre pays
suivent au jour le jour l'évolution de la situation de la Rdc et sont disposés, si
l'occasion s'offre, à s'engager clairement et fortement dans la réimagination
du destin de notre pays et dans l'invention de son avenir. Il existe aujourd'hui
un forum des Congolais de l'Etranger que dirige Tshiyembe Mwayila : je vois
dans cette organisation le cadre d'un travail de fond pour la renaissance et la
reconstruction du Congo à partir de la sa diaspora. Une organisation du même
type existe en Amérique du Nord. Beaucoup d'autres initiatives sont en train de
se structurer pour la rupture avec les logiques actuelles de la crise et pour
le renouveau des mentalités et des comportements sociaux. Grâce à ses forces de
l'intelligence qui existent aujourd'hui partout, une immense espérance
s'enfante. Il s'agit actuellement de mieux l'organiser, de mobiliser ses
énergies et de vitaliser ses atouts pour la construction d'un Congo de
l'espoir.
Il y a lieu d'être frappé aujourd'hui par la qualité des Congolais et
Congolaises qui ont travaillé ou qui travaillent encore dans les grandes
organisations internationales où leur génie est reconnu dans l'ensemble du
génie créateur de grandes intelligences de notre temps. Lorsqu'on connaît la
production théorique de Kankwenda Mbaya dans la remise en question des logiques
des « marabouts » du développement entretenus par la Banque Mondiale ou
le FMI ; lorsqu'on est tant soit peu informé de l'efficacité organisationnelle
et de la fécondité productive d'une femme telle que Marie-France Kabedi Malangu
au sein de ces mêmes institutions ; lorsqu'on s'est donné la peine de
rencontrer nos compatriotes qui, à l'Unicef, à l'Unesco ou dans d'autres
structures des Nations Unies, on peut considérer que notre pays dispose de tous
les atouts pour maîtriser l'ordre mondial actuel, le remettre en question et le
rénover en prenant notre propre sol national comme un laboratoire pour de
nouvelles idées d'invention du futur économique du monde.
Au cours du processus électoral que notre nation a douloureusement traversé,
nous avons pu nous rendre compte de la présence de fortes personnalités
politiques issues de la diaspora congolaise. N'eût été le jeu délirant qui a
transformé nos élections en un véritable bobard tragi-comique, nous aurions pu
nous rendre compte que parmi les programmes proposés, les meilleurs et les plus
solides venaient des hommes comme Alafwele Mbuyi Kalala et Oscar Kashala. Nous
n'avons pas pu bénéficier de l'imagination politique et de la richesse humaine
que ces hommes venus des Etats-Unis avaient à nous apporter, notamment en
matière de gestion organisationnelle d'un pays et de l'intelligence
géostratégique des réalités politiques dans un monde où rien ne se fait plus
selon les à peu près de l'amateurisme ou les irrationalités et les incohérences
des partis politiques sans solidité idéologique ni connaissance profonde du
monde tel qu'il est.
Il ne servirait à rien de rappeler ici tout ce que les
Congolais de la diaspora ont imposé en matière de la créativité artistique.
Tout le monde reconnaît actuellement le génie de Ray Lema et de Lokua Kanza,
dont le style a donné au monde une musique congolaise profondément différente
de celle de nos tonitruantes stars de premier plan que sont Olomidé, Wemba,
Werrasson ou Nyoka. Ces stars seraient-elles d'ailleurs ce qu'elles sont sans
le souffle de tous nos talents expatriés. Sait-on aussi que le Coupé Décalé
n'aurait pas pris l'envol qu'il a pris et n'aurait pas rayonné comme il rayonne
sans la puissance de nos « Atalaku », ces animateurs géniaux dont les cris en
lingala et les trépidations furieuses font de ce style de musique une véritable
invention ivoiro-congolaise ?
Je voudrais aussi attirer l'attention sur les grands sportifs congolais comme
Mutombo Dikembe, Shabani Nonda ou Claude Makelele. Dans leur brillance
médiatique et leur maîtrise professionnelle du champ de leurs talents, ils sont
des semeurs de rêves dans l'imaginaire de notre jeunesse. Ils libèrent des
utopies, forgent des volontés et canalisent des espoirs chez nos jeunes qui
pourront un jour ou l'autre s'affirmer eux aussi pour le rayonnement mondial de
notre pays dans le futur.
Tous ces Congolais et toutes ces Congolaises sont des signes qui tranchent avec
le pessimisme concernant l'avenir de la Rdc. Leur action et leur destin indiquent que
notre pays n'est pas condamné à être une nation sans souffle ni perspective de
développement et de progrès. Nous ne sommes pas un peuple sans ressorts
internes. Au contraire, nous sommes une nation semblable à d'autres nations.
Nous sommes même un peu plus que beaucoup d'autres nations si l'on tient compte
de toutes les richesses de notre sol, de notre sous-sol et de toutes nos
intelligences dispersées dans le monde.
Comment se fait-il donc que tant d'atouts ne se concrétisent pas dans des
dynamiques novatrices pour la construction d'une nation à la hauteur de ses
propres atouts ? Comment se fait-il que tout donne l'impression d'aller à
vau-l'eau chez nous et que nous en soyons encore à affronter sans succès les
problèmes vitaux les plus élémentaires : l'eau, l'électricité, l'hygiène, la
santé, la nutrition, les infrastructures et l'emploi ? Qu'est-il arrivé à notre
intelligence pour qu'elle soit à ce point bloquée dans ses capacités de trouver
des solutions aux préoccupations vitales de notre pays ?
Face à ces questions, la tentation est grande de s'acharner à rechercher des
causes visibles de notre ruine soit dans la position de notre pays au sein de
la géostratégie et de la géopolitique de l'ordre politique international qui
nous sont défavorables depuis le règne de Léopold II jusqu'à ce jour, soit dans
les tares mentales et organisationnelles qui nous ont rendus apathiques et nous
ont plongés dans une léthargie chronique.
Si ces réalités sont telles qu'on les présente aujourd'hui, la vraie question
n'est pas de les ressasser indéfiniment dans des jérémiades sans fin, mais de
créer des conditions de possibilité pour sortir de la crise dans laquelle elles
nous ont précipités.
Une diaspora pour le développement de notre pays La condition sur
laquelle j'aimerais attirer notre attention aujourd'hui, c'est le réveil de
notre diaspora comme force de promotion du développement de notre pays.
Vous aurez remarqué que parmi les grands noms qui font rayonner l'image de
notre pays dans le monde au sein de notre diaspora, il n'y a pas à ce jour de
grands industriels, pas d'hommes d'affaires de niveau mondial, pas
d'entrepreneurs capables d'entrer en compétition avec des caïmans de grands
conglomérats internationaux. Cette absence de notre diaspora sur la scène
économique est significative. Elle traduit un état d'esprit : une certaine
vision de la richesse et de son utilisation.
Jusqu'ici, on peut noter que les grandes fortunes de notre nation sont
essentiellement d'origine politique. Elles sont liées au pillage de nos
richesses par une oligarchie que le régime de Mobutu avait constituée. Avec
cette classe politiquement créée de toutes pièces, il n'a pas été possible pour
nous de produire une véritable élite économique et une énergie de créativité
financière ayant une ambition mondiale. Au lieu d'une mentalité de créativité
dans ces domaines, notre pseudo élite s'est perdue dans un esprit de
thésaurisation qui a plus enrichi les banques étrangères que notre pays. Avec
un tel esprit, nous ne pouvions ni disposer des conditions réelles de
prospérité dans la compétition mondiale ni nous doter d'une volonté de devenir
un pays riche au sens créatif du terme. Tout notre peuple ne pouvait mouler sa
vision de l'économie et de la production des richesses que selon le modèle de
l'oligarchie mobutiste dans l'étroitesse de ses perspectives. Ce modèle n'a pas
été seulement celui du principe du « voler et thésauriser » ou du « piller et
mettre en banque » le butin politiquement acquis, mais aussi celui d'accumuler
pour dépenser de manière ostentatoire et impressionner le petit peuple que les
hommes du pouvoir ont appauvris de fond en comble.
Alors que notre diaspora a pu innover et s'imposer dans le domaine de la
pensée, de la créativité artistique et des sports, elle n'a pas eu la même
réussite dans le domaine de la créativité artistique. En fait, elle n'a pas de
bases mentales pour s'engager économiquement dans la compétition mondiale en
vue de rentabiliser nos atouts nationaux pour reconstruire économiquement notre
pays. C'est pour cette raison que les entreprises étrangères font main basse
sur nos richesses et que les grands conglomérats mondiaux se jettent sur nous
comme des oiseaux de proie.
Puisque nos expatriés sont dans des conditions de mieux observer et de mieux
apprendre la logique par laquelle s'organise le jeu économique et financier par
lequel les pays riches s'imposent dans l'ordre mondial actuel, on devra
attendre d'eux une révolution mentale et des initiatives d'une autre dimension
que celle des petits hommes d'affaires dont nos musiciens ont pris l'habitude
de vanter les fortunes dérisoires. Si nous voulons un développement concret de
notre pays aujourd'hui, nous devons savoir qu'une impulsion décisive devra
venir de notre diaspora et que celle-ci devrait s'organiser pour se constituer
en pôle de puissance, à la manière de la diaspora juive, par exemple. Il ne
s'agit plus de s'enfermer dans la logique de petites aides aux familles ou de
la récupération de vieilles voitures à envoyer pour vente au pays, mais plutôt
d'entrer dans la logique de la construction des fortunes communes pour des
projets sur le terrain. Des initiatives de grande envergure devraient être
prises dans ce sens. Sans cette dynamique, nous aurons une diaspora qui ne sera
d'aucune utilité pour notre nation.
Le deuxième domaine dans lequel la diaspora congolaise devrait s'investir
radicalement est celui du renouveau et de l'innovation politique en Rdc. A
l'heure actuelle, tous les signaux indiquent qu'une dictature cherche à
s'installer par la terreur. Dans un contexte où les gouvernants prennent
conscience de leur incompétence, de leurs limites dans la gestion des affaires
et de leur incapacité à mener une politique de développement concret et
durable, la perspective de dictature est le seul moyen dont ils disposent pour
se maintenir au pouvoir et assumer tant soit peu le rôle de marionnettes
capables de servir tranquillement les seigneurs qui les agitent. S'il n'y a pas
dans la diaspora des réseaux de résistance, de dénonciation et de recherches
d'alternatives crédibles, le pays sera bientôt totalement sous le règne d'un
kabilisme de fer, comme il fut dans le temps sous la coupe d'un mobutisme de
plomb.
Le fait que le président de la République n'ait déjà
plus d'autre alternative que le pouvoir dictatorial exercé par son oligarchie
est le signe que les dirigeants manquent d'imagination politique. Il faudra que
la diaspora, face à notre peuple écrasé par la misère et brisé par le nouveau
despotisme tropical qui s'installe, trouve la force de s'organiser et de
lutter, non pas par les armes et la violence destructrice, comme le pensent les
Congolais de l'Institut Kadhafi en Libye, mais par de nouvelles idées
mobilisatrices et par la construction d'organisations politiquement créatives
reliés en réseaux de réflexion et d'action, autour de nouveaux leaders qui
assument le rôle de réelle alternative, en relation avec les forces de
résistance à l'intérieur du pays. J'insiste sur le fait que le combat doit être
politique et non militaire. Nous n'avons plus le droit de nous perdre dans de
nouvelles guerres qui ne feront que plonger la nation au fond du gouffre et
donneraient aux forces de la violence l'occasion de détruire plus encore qu'ils
n'ont détruit le pays et de libérer leur voracité prédatrice dont nous
connaissons actuellement l'infinie capacité de nuisance.
La faiblesse de nos dirigeants actuels est politique,
psychique et intellectuelle. Leur talon d'Achille, c'est leur déficit de
pensée, leur incapacité à se faire prendre au sérieux par notre peuple et leur
incurie politico-organisationnelle. Sur ce plan, les forces politiques de la
diaspora, si elles s'organisent en un mouvement qui puisse incarner vraiment
l'espérance, peuvent conduire la nation à des combats non violents, capables de
briser l'étau de la dictature qui se met en place. En clair, il faut amener le
peuple congolais à perdre foi en nos dirigeants actuels et à faire ce qui a été
fait pour fragiliser Mobutu dans le temps : ignorer complètement le pouvoir politique
qui nous gouverne et organiser de nouveaux lieux de politique à la base, aux
échelles locales de l'action citoyenne. La diaspora pourra mobiliser intensivement
cette base en nourrissant ses ambitions créatrices.
On comprend que la bataille idéologique et l'investissement de l'imaginaire de
notre peuple par des structures de production de nouvelles représentations de
nous-mêmes sont essentiels. Le pays n'a plus de moteur pour le conduire à
penser son avenir et à nourrir son imaginaire en vue de sortir de la misère
actuelle qui l'accable. Les forces intellectuelles de la diaspora ont le devoir
de nouer des liens d'idées libératrices avec notre peuple grâce à une
production intellectuelle et à une animation culturelle à partir des moyens
qu'offre aujourd'hui l'espace mondial de diffusion et d'action. Beaucoup
d'initiatives existent dans ce domaines : sites sur l'Internet, maisons
d'éditions, feuilles d'informations, etc. Ce qu'il convient de faire, c'est de
creuser des canaux de travail sur le terrain au pays pour une révolution des
esprits. Les églises et les organisations de la société civile peuvent devenir
des courroies de transmission entre l'innovation politique de la diaspora et
les forces locales de créativité. Plus clairement : il faut gagner la bataille
de l'imaginaire dans le contexte actuel où notre peuple comprend de pus en plus
que le pouvoir qui nous dirige n'a rien d'autre à offrir que le délire et le
vertige d'une nouvelle dictature insensée.
Le dernier domaine sur lequel il est bon d'attirer l'attention de notre
diaspora, c'est celui du lobbying auprès de toutes les organisations que le
destin du Congo intéresse dans le sens positif du terme. Si notre disposa
s'organise au point de devenir une communauté socialement et politiquement significative,
capable d'avoir des lobbies efficaces comme le lobby juif au Etats-Unis et en
Europe, par exemple, nous pourrons peser sur les politiques étrangères des nos
pays hôtes et nouer des liens avec leurs organisations de lutte pour les droits
humains. Nous pourrions ainsi montrer à la face du monde ce qu'est réellement
le pouvoir qui dirige la Rdc.
Nous pourrions aussi avoir un impact décisif sur les opinions publiques
d'Europe et d'Amérique afin de montrer la vraie face du soutien que leurs
gouvernements apportent à la dictature naissance en Rdc. Lobbying et action sur
l'opinion publique seraient ainsi des leviers pour détruire dans l'ouf les
velléités de despotisme tropical qui agitent l'esprit de Kabila Kabange et de
ses faucons assoiffés de violence, de sang et de pouvoir absolu.
Conclusion
Face à la situation globale de notre pays, j'interpelle donc toutes les forces
vives de la diaspora congolaise pour une action de transformation profonde de
l'image du Congolais et du Congo à l'étranger. J'en appelle à leur attachement
au pays pour que naissent des mouvements d'engagement politique,
d'investissement économique, d'animation culturelle, de plaidoyer efficace et
d'impact sur l'opinion publique à l'étranger en vue de faire vivre une
alternative crédible à la ligne politique qui s'impose en Rdc aujourd'hui. Si
un travail de fond ne se fait pas dans ce sens dès maintenant, qu'on ne
s'étonne pas quand notre nation deviendra bientôt une nation d'esclaves et
d'abrutis. Est-ce là l'avenir que nous voulons ?
© Kä Mana,
Philosophe et théologien congolais
Site internet de l'Archidiocèse de Kinshasa
L'archidiocèse de Kinshasa, en République Démocratique du
Congo, RDC, a ouvert son site auquel toute personne peut accéder par cette
adresse : www.archikinshasa.org
Le mot de bienvenu dans le site Internet a été fait par l'administrateur apostolique
de Kinshasa, Mgr Daniel Nlandu Mayi
Une sorte de portail domine ce site à son beau milieu
comportant le mot de bienvenue de l'administrateur apostolique de Kinshasa, Mgr
Daniel Nlandu Mayi. Le prélat affirme dans son mot entre autre ce qui suit :
"(…) Notre site internet de l'Eglise de Dieu qui est à Kinshasa veut être
le lieu de communion avec notre diocèse pour tant d'hommes et de femmes en
vivant des moments de prière, de réflexions et de fraternité."
Ce portail est supplanté par le logo du site dont le
soubassement pour ainsi dire est constitué par les 6 grands ensembles ou
"plages" dénommés "Archidiocèse" (administration
apostolique, évêques auxiliaires, etc.), "Centre pastoral Lindonge",
"Paroisses" (régions apostoliques Kin-Est, Kin- Ouest et Kin-centre),
"Oeuvres diocésaines", "Agenda" (sanctuaire, conseils
diocésains, etc.) et "Historique" (archidiocèse, cardinaux Malula et
Etsou…).
De part et d'autre du grand "encart" avec le mot
de bienvenue de Mgr l'administrateur apostolique, le site a reparti des
"fenêtres" sur les congrégations, l'évêque ("l'évêque nous
parle), la spiritualité, les réflexions pastorales, les documents, les
informations et les nouvelles publications. Ces fenêtres concernent aussi les
événements, les mouvements d'action catholique, le Bureau diocésain des œuvres
médicales, le personnel ecclésiastique et la carte de l'archidiocèse.
Sur le site des "fenêtres" offrent d'utiles
renseignements sur les séminaires (ordination des diacres), le Centre Nganda,
les nouvelles de l'Eglise, la préparation du dimanche, les messes, les
informations pratiques, la
Radio Elikya, etc. à ceux qui accèdent au nouveau site
("Nous écrire"). A la base du portail ont été prévus les espaces
réservés à la clôture de l'année pastorale 2006/2007, aux ordinations
diocésaines du 15 juillet 2007, à la Commission diocésaine Justice et paix, au message
des évêques de la RDC
et aux hommages "à nos morts " (le cardinal Etsou, Mgr l'évêque
émérite de Buta Mbali, les pères scheutistes Du Vernay et Mambu).
Retour de Jean-Pierre Bemba Gombo : l'Union africaine et l’Union européenne s’impliquent
Les prochains jours seront fertiles en rebondissement pour la République démocratique
du Congo
La recherche d’une solution politique tant en ce qui concerne la
situation à l’Est du pays que pour le retour au pays du sénateur Jean-Pierre
Bemba est très suivie au plan tant interne qu’externe. En ce qui concerne le
président national du Mouvement de libération du Congo, un véritable
chassé-croisé diplomatique est engagé auprès des chefs d’Etat africains et au
sein de l’Union européenne.
Le compte à rebours a commencé pour le retour de Jean-Pierre Bemba, sénateur et
président national du Mouvement de libération du Congo, MLC. Conformément
au Règlement intérieur du Sénat, Jean-Pierre Bemba devra regagner le pays au
plus tard le 15 septembre. Cette date est celle de la rentrée parlementaire
pour la session ordinaire du mois d’octobre.
Or, il se fait que le sénateur Jean-Pierre Bemba, ayant quitté Kinshasa, le 11
avril 2007, n’a jamais participé à une quelconque session ordinaire du Sénat.
Certes, il s’est rendu au Portugal pour des raisons de santé, avec
l’autorisation du Bureau provisoire du Sénat. Et ce pour une durée de 60 jours
qui a été prolongé et pris fin le 30 juillet. C’est donc à partir de ce 15
septembre, avec la rentrée parlementaire, que le Bureau du Sénat aura à
constater son absence, s’il advenait qu’il ne rentrait pas. Devant cette hypothèse,
le Bureau du Sénat sera bien obligé de constituer une commission spéciale afin
d’examiner son cas car, à partir de ce moment Bemba aura totalisé deux sessions
ordinaires d’absence.
Du Portugal où il séjourne en ces moments, Jean-Pierre Bemba s’impatiente et
multiplie des appels. Il tient à rentrer. Bien entendu qu’il continue à poser
des conditions sur sa sécurité et veut être rassuré avant de débarquer à
nouveau à Kinshasa.
Il est un fait que le président national du Mlc est conscient de la suite des
évènements dans l’hypothèse où il n’assisterait pas à la prochaine session
ordinaire du Sénat. Vraisemblablement qu’il sera déchu de son immunité
parlementaire et exposé à des poursuites judiciaires dès lors que l’épée de
Damoclès continue à être suspendue sur sa tête. Et ce, en rapport avec les
incidents tragiques du mois de mars 2007, en plus de la procédure engagée
depuis Bangui au regard des événements qui se sont produits à l’époque de
Patassé. Soit. Par ces temps qui courent, c’est le retour hypothétique de Bemba
qui est au centre de plusieurs entretiens tant à Kinshasa qu’à l’extérieur du
pays.
Ua et l’Ue : la facilitation
Evidemment, le sénateur Jean-Pierre Bemba est en train de prendre la mesure de
ce qui pourrait se passer. D’où les démarches qu’il vient d’entreprendre auprès
de certains chefs d’Etat africains afin qu’ils intercèdent et obtiennent des
assurances du président de la
République pour son retour au pays.
Certainement que le président de la Commission africaine, Omar Konare, est également
saisi en vue de faciliter une solution politique heureuse. D’une façon
générale, l’Union africaine, autant que l’Onu, est saisie en vue d’une solution
africaine durable pour ne pas perturber le processus politique en République
démocratique du Congo.
Quant à l’Union européenne, elle a reçu un rapport de Louis Michel, Commissaire
européen au Développement et à l’Aide humanitaire. Pas plus tard qu’au mois de
juillet dernier, Louis Michel s’était rendu à Faro, au Portugal, en vue de
rencontrer le sénateur Jean-Pierre Bemba. Après les entretiens, le président
national du MLC a pris des engagements de n’entreprendre aucune action
militaire visant à déstabiliser les institutions en place. Bien plus, il
reconnaît ces institutions et souhaite rentrer au pays poursuivre son exercice
politique dans une opposition républicaine.
A Kinshasa, Louis Michel s’était entretenu avec le chef de l’Etat, Joseph
Kabila. Sa démarche consistait à obtenir du président de la République des
assurances sur un retour sans problème de son adversaire politique principal.
Par ricochet, l’abandon des poursuites judiciaires dans l’hypothèse où elles
seraient maintenues.
Aussitôt rentré en Europe, Louis Michel a adressé son rapport aux 27
pays européens. Cette implication se justifie par le fait que l’Union
européenne a pris une part active à l’organisation des élections en RDC. Tout
dérapage concerne au plus haut point l’Union européenne et pourrait être
interprété comme un échec de sa contribution.
L’Union européenne a donc toutes
les raisons de s’inquiéter et d’offrir sa méditation pour éviter le moindre
dérapage significatif qui influerait négativement sur le processus politique
actuellement en cours. Comme on peut le constater, chaque partie s’emploie à
manoeuvrer habilement dans le but d’éviter les récifs.
Le schéma ivoirien
Que Bemba prenne la communauté nationale et internationale à témoin, cela ne
constitue nullement un point positif. Telle éventualité signifierait que toutes
les initiatives ont échoué, ouvrant ainsi la porte à la moindre opportunité aux
conséquences imprévues. Ce qui se traduirait par un retour à la case départ
avec ce spectre de la 3ème guerre en République démocratique du Congo au regard
de la situation préoccupante à l’Est.
Cependant, la question fondamentale est celle de savoir si en cas d’échec, à
qui l’on ferait porter le chapeau, et pour qui l’Union africaine et l’Union
européenne joueraient ? Tout le problème de la suite des événements se situe à
ce niveau. En fait, tout doit être mis en œuvre pour que l’on ne ressuscite
point la rivalité « Mobutu – Tshisekedi », à travers
« Kabila-Bemba ».
Les choses ont évolué. Bemba soupçonné jusque-là de
radical, désarmé, s’attire subitement la sympathie maintenant de certains
partenaires extérieurs
Serait-ce une autre lecture du processus politique en RDC que l’on est en train de faire ? La question reste posée.
En attendant, il serait préférable de jouer le « schéma ivoirien »
dans le but d’éviter d’autres situations inextricables. En effet, dans un élan
patriotique, Laurent Gabgbo et Guillaume Soro ont supplanté tout le monde pour
signer la paix des braves.
Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est engagée sur la voie
irréversible de réconciliation nationale, loin de toute influence extérieure.
Si c’est le prix à payer, il revient au président de la République et au
sénateur Jean-Pierre Bemba de jouer franc jeu. La patrie leur en sera
reconnaissante.
RDC : Le Conseil de sécurité accuse …
Menace de
confrontation militaire à l’Est :
© Le Potentiel, le 26 juillet 2007
Les inquiétudes persistent sur une éventuelle reprise des
hostilités en République démocratique du Congo. La IIIème guerre pointe déjà à
l’horizon et tout se passe comme si le décor était déjà planté. Dans sa
dernière déclaration, le président du Conseil de sécurité lance un dernier
rappel à l’ordre et désigne d’un doigt accusateur le gouvernement de Kinshasa,
le général dissident Nkunda et les pays voisins de la RDC, connus pourtant sans
qu’il les cite. Fuite en avant de la part de l’Onu, désengagement de la Communauté
internationale devant des turpitudes alors que l’Onu est co-responsable dans
cette démarche de la restauration de la paix et de la sécurité en RDC ainsi que
dans la région ?
« Le Conseil invite le gouvernement à mettre au point, en
collaboration étroite avec la
Mission de l’Organisation des Nations unies en République
démocratique du Congo (Monuc), un plan global pour garantir la sécurité dans
l’Est du pays, notamment en accomplissant de nouveaux progrès dans le
désarmement, la démobilisation et la réintégration des combattants congolais et
le désarmement, la démobilisation, le rapatriement, la réinstallation et la
réintégration des combattants étrangers, ainsi qu’en mettant fin à l’impunité,
en promouvant la réconciliation, la cohésion sociale, le relèvement et le
développement dans la région ». Ces propos sont ceux du président du Conseil de
sécurité contenus dans sa déclaration du 23 juillet.
Déclaration qui relève des insuffisances dans l’action du
gouvernement dans la perspective de ramener effectivement la paix au Kivu. Le
Conseil de sécurité tient à démontrer ainsi à la face du monde qu’il revient en
premier lieu au gouvernement congolais, et à lui seul, d’assurer la sécurité
sur son territoire, de s’impliquer positivement dans l’opération de
démobilisation, désarmement et réinsertion, de promouvoir la réconciliation
nationale, la cohésion sociale et de relancer le développement du pays. Le
Conseil de sécurité s’empresse ici de mettre le gouvernement congolais devant
ses responsabilité s pour que les choses soient bien dites et comprises.
En plus, le Conseil de sécurité accuse le gouvernement
congolais de ne pas proposer « un plan global de collaboration étroite avec la Monuc pour garantir la
sécurité dans l’Est du pays ». Accusation grave, comme si le Conseil de
sécurité venait de prendre note de la passivité du gouvernement congolais à ne
pas résoudre dans l’immédiat cette question d’insécurité. Aussi, s’empresse-t-
il de se donner de la voix et de « laver les mains » pour qu’en cas de
confrontation militaire, avec des effets d’entraînement sur toute la région, le
gouvernement congolais en assume la responsabilité devant la Communauté
internationale.
Nkunda et le Rwanda
accusés aussi
Poursuivant dans le même élan, comme s’il voulait se
disculper avant que les choses ne se gâtent, le Conseil de sécurité accuse
également Nkunda et le Rwanda. « Le Conseil s’inquiète vivement du recrutement
de combattants, y compris d’enfants, en violation du droit international
applicable, à l’intérieur et en dehors de la République démocratique
du Congo, en particulier par le forces fidèles à Laurent Nkunda.
Le Conseil engage les Etats voisins concernés à faciliter
davantage la réinsertion effective des ex-combattants rentrant dans leur pays
et à empêcher toute activité de recrutement sur leur territoire. Il reconnaît
que de bonnes relations régionales, en particulier entre la République démocratique
du Congo et le Rwanda, sont un facteur important pour résoudre la crise dans
les Kivu », précise encore le président du Conseil de sécurité dans cette même
déclaration.
Les choses sont claires. L’Onu est bien informée que Laurent
Nkunda continue à recruter des combattants, non pas seulement à l’intérieur de la RDC, mais également dans un
pays voisin, le Rwanda en l’occurrence. Malheureusement, le même Conseil de
sécurité n’évoque aucune sanction, bien qu’il ait brandi la violation du droit
international, contre Laurent Nkunda. Moins encore à l’endroit du Rwanda qui
est en train de violer également le droit international, en plus de la Charte de sécurité, de
stabilité et de développement de la région des Grands Lacs qui l’est également
violée. Le Conseil de sécurité laisse faire, peut-être par complaisance,
préférant s’acharner contre le gouvernement congolais, convaincu certainement
de « l’absence d’un leadership fort ».
La paix ou rien !
Evidemment, le gouvernement congolais est placé ici devant
ses responsabilité s. Quoi que l’on dise, il est condamné à relever le défi. Le
Conseil de sécurité le fait savoir sans état d’âme. En aurait-il marre des
turpitudes du gouvernement congolais ? Possible.
Il est vrai qu’il existe réellement une divergence
d’approches pour ramener la paix au Kivu entre le gouvernement congolais et
l’Onu soutenue par des partenaires extérieurs qui viennent d’accréditer la
thèse de l’International Crisis Group. C’est-à-dire qu’il faut donner des
signaux forts d’un leadership fort au sommet de l’Etat et de s’engager dans la
voie du dialogue pour une solution politique. Le recours à la solution
militaire ne peut être envisagée que dans un contexte international sous
l’égide de la Monuc
et des pays de l’Union européenne dans l’évidence où la faiblesse des FARDC en
pleine restructuration ne peut conduire à une victoire militaire. La mise en
place d’un « Plan global de désarmement » des groupes armés achoppe justement à
ce niveau.
Il n’empêche que le Conseil de sécurité ne doit nullement se
dédouaner, ni se disculper en ces moments précis. A cause justement du
caractère dubitatif de certains de ses membres pour reconnaître l’agression
contre la RDC, la
crise congolaise a mis autant de temps que tout le monde connaît pour parvenir
à un compromis. Preuve incontestable que la crise en RDC est au centre des
intérêts régionaux et internationaux.
Voilà que l’on ré-assiste quasiment à un même scénario que
celui qui a précédé les deux premières guerres d’agression contre la RDC. Comment
interpréter autrement ce traitement de faveur à l’endroit de certaines
personnalités qui font déjà l’objet d’un mandat d’arrêt international et
quelques Etats de la région, si ce n’est que la politique de deux poids, deux
mesures ? Scénario qui intervient toujours curieusement au moment où les bruits
de bottes au Kivu annoncent déjà le déclenchement d’une troisième guerre en
République démocratique du Congo.
Et pourtant, le Conseil de sécurité, en sa qualité de
co-partenaire de paix et de développement, sait pertinemment bien qu’en ces
instants cruciaux, il n’y a qu’une alternative : la paix ou rien. C’est le défi
à relever ensemble avec le gouvernement congolais.


